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lundi 24 novembre 2008

Une réponse chrétienne au communisme 3 : Le christianisme révolutionnaire

Salut à tous ! Comme prévu, cette semaine je vais terminer ma réponse chrétienne au communisme, en expliquant ce qu'est le christianisme révolutionnaire !

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Le communisme se base sur les postulats suivants : il n'y a pas de Dieu, il n'y a rien après la mort, et il n'y a aucun autre monde en-dehors de celui-ci, et il n'y a pas de nature humaine. Il divise l'ensemble de la société en deux classes, celle des capitalistes et celle des prolétaires, et il fait ensuite les constatations suivantes : la société capitaliste telle qu'elle existe aujourd'hui pousse à une lutte des classes, le prolétariat étant exploité par la classe dominante. Se voulant avant tout une philosophie de l'histoire, le marxisme met en lumière la lutte des classes dans différentes époques : les esclaves et les hommes libres dans l'Antiquité gréco-romaine, les serfs et les nobles au Moyen-Âge, et enfin les prolétaires et les capitalistes depuis la Révolution industrielle. Mais aujourd'hui, pense Marx, la société a atteint un stade où cette lutte des classes n'est plus nécessaire : il est possible de concevoir une société égalitaire, dans laquelle tous les moyens de production seraient centralisés entre les mains de l'Etat, pouvoir central fort, qui distribuerait les gains à chacun selon ses besoins, pour une société dans laquelle il n'y aura plus ni riches ni pauvres, mais une égalité des classes. Pour cela, il faut selon Marx passer par une Révolution, un moment où tout le prolétariat, professions confondues, prendra conscience qu'il est exploité et s'unira pour arracher par la force le pouvoir aux capitalistes. Ensuite, les prolétaires instaureront la société communiste, l'égalité totale entre tous les hommes. Le marxisme se base déjà sur les idées du philosophe Jean-Jacques Rousseau, en les poussant encore plus loin : l'homme n'est pas mauvais en lui-même, il n'y a même pas de nature humaine, mais c'est la société, c'est son environnement, qui fait de l'homme un loup pour l'homme. De ce fait, il faut changer la forme de la société, parce que c'est en changeant la société qu'on pourra changer l'homme.

L'Evangile de Jésus-Christ propose une solution radicalement différente, mais encore plus révolutionnaire, au problème des injustices de ce monde. Dieu a créé l'homme... Rien que cette idée change toute la nature du problème de l'homme : si j'ai été créé par Dieu, cela signifie que j'ai été voulu, alors il y a une raison pour laquelle j'existe, pour laquelle je suis ici, et alors ma vie a un but précis. Mais alors se pose la question essentielle : si effectivement l'Univers entier, avec toutes ses lois scientifiques fascinantes et incompréhensibles, la nature si belle, et l'homme, et toi personnellement, si tout ça est l'oeuvre d'un Créateur, d'un Dieu d'amour, parfait et infiniment bon, pourquoi ce Dieu permet-il toute la souffrance, et l'injustice des hommes ? Cette question mérité une réponse, et la Bible, Parole de Dieu, la donne. Réponse absolument pas agréable, mais totalement pertinente. La Bible dit : "Non, la main de l'Eternel n'est pas trop courte pour vous sauver, son oreille n'est pas trop dure pour vous entendre. Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu, ce sont vos péchés qui vous cachent sa face et l'empêchent de vous écouter." (Esaïe 59:1-2.) Ca calme !
Ben oui ! Jusqu'à nouvel ordre, les bombes c'est quand même les hommes qui les larguent, pas Dieu. Dieu a laissé l'homme libre, et les hommes dans leur totalité ont choisi de le foutre dehors, pour diriger eux-mêmes leur vie. Alors Dieu respecte notre liberté, et quand on le vire de notre vie il s'en va ! Normal quoi. L'état catastrophique du monde actuel, c'est bien le résultat de l'action des hommes non ? Dieu nous aime tellement qu'il nous laisse entièrement libre. Tout compte fait, entre Dieu et l'homme, entre Dieu et moi, entre Dieu et toi, je me demande qui c'est le plus injuste...

Le verdict de Dieu sur le coeur de l'homme est radical : il est mauvais, pourri de fond en comble. Face à Dieu qui est saint, pur, sans aucune faute, aucun de nous ne peut tenir. La Bible dit que : "Le coeur de l'homme est tortueux par-dessus tout, et il est mauvais." (Jérémie 17:9.) Peut-être que tu penses ne pas être un trop mauvais gars, par rapport à d'autre. C'est possible, mais face à la perfection de Dieu tu restes mauvais, et sale, et coupable. Et personne ne fait exception : "Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu." (Romains 3:23.) Et Dieu est si saint qu'il ne peut pas supporter le moindre mal en sa présence, et si juste qu'il ne peut pas laisser la moindre faute impunie. Tous, donc, sans exception, nous sommes sous le coup de la colère de Dieu, et son jugement va nous condamner. Ce verdict est sans appel : chaque homme, sans exception, est séparé de Dieu, et il est perdu, sous le coup du jugement de Dieu.

Quand je me regarde moi-même, si je suis honnête je suis bien obligé de me rendre compte que c'est vrai : je suis pourri de fond en comble. Par conséquent, l'utopie communiste qui propose de changer l'homme en changeant la société se montre totalement irréalisable, parce qu'elle a oublié ce point essentiel : le péché gravé dans le coeur de l'homme. Mais c'est justement ici que le message de l'Evangile se montre radicalement révolutionnaire, parce qu'il propose de changer, non pas la société, mais le coeur de l'homme. Parce que Dieu dans son amour n'a pas permis que ses créatures ne soient perdues, mais qu'il a pourvu à la solution la plus radicale, la plus folle, pour nous sauver : il est devenu lui-même un homme, en Jésus. Il est né de la même manière que n'importe quel autre d'entre nous, après avoir été porté pendant neuf mois dans le ventre d'une femme, mais pour montrer sa nature exceptionnelle il est né d'une femme encore vierge. Et l'homme-Dieu, Jésus, à la fois 100% Dieu et 100% homme, a été un enfant, il a grandi, comme tout le monde, il a appris un métier celui de charpentier, et il a travaillé, comme n'importe qui d'autre. Comme tous les hommes il a eu besoin de manger, de boire, de dormir, de chier et de pisser, comme chacun d'entre nous il a été fatigué, il a eu faim, et comme toi et moi il a aussi connu la tristesse, la déception et les difficultés. Mais contrairement à tous les autres hommes, il est le seul à n'avoir JAMAIS rien fait de mal. Et Jésus a accompli l'inimaginable : il est mort de la main de ces mêmes hommes qu'il était venus sauver, mais sur la croix alors que tous le rejetaient il leur a pardonné. Et Jésus, alors qu'il était Dieu et qu'il était parfaitement saint, a pris volontairement sur lui la punition des fautes de tous les hommes, pas parce qu'il y était obligé, il aurait très bien pu nous laisser dans notre merdier, mais rien que par amour pour nous... pour toi est pour moi. Ce jour-là a eu lieu le plus grand miracle de toute l'histoire : Dieu, le Saint, a pris sur lui la punition de tous nos péchés, lui qui n'avait jamais péché a pris sur lui notre péché, pour que par sa mort nous puissions recevoir sa sainteté divine. C'est ce que dit la Bible : "Celui qui n'avait pas connu de péché, Dieu l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu." (2 Corinthiens 5:21.) C'est moi qui aurais dû souffrir tout ce que Jésus a souffert, mais il a accepté d'échanger ma place, mon châtiment, contre la sienne, sa sainteté. Et il n'est pas seulement mort, il est aussi ressuscité, emportant par là la victoire sur la mort, et il est encore vivant aujourd'hui, ici à côté de moi. C'est ça, le christianisme révolutionnaire : par Jésus, ce coeur humain qui est tellement sale et pourri moisi, peut changer. Et le meilleur, c'est que pour ça il n'y a absolument rien à faire !!! Juste accepter que je suis réellement sale, mauvais, et que je suis coupable, mais que Jésus a réellement déjà tout fait pour moi. Rien à faire, juste à accepter. Dès lors, puisque Jésus a déjà reçu ma condamnation, je suis libre, je suis pardonné, et je n'ai plus aucun châtiment à craindre.
La Bible décrit le changement qui s'opère lorsqu'une personne, peu importe sa vie et tout ce qu'il a fait avant, accepte de se mettre à genoux devant la croix de Jésus pour demander pardon : "Je vous enlèverai votre coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair." (Ezéchiel 11:19.) Ou encore : "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles." (2 Corinthiens 5:17.) Un coeur de chair, une nouvelle créatures, toutes choses sont devenues nouvelles... C'est le miracle de l'Evangile, le miracle du christianisme révolutionnaire. Jésus seul peut faire la Révolution dans ton coeur, pour tout laver, virer tout ce qu'il y a de sale dans ta vie, et te permettre de recommencer à zéro. Tu peux lire ici dans un autre article de ce blog comment moi-même j'ai été à faire ce choix, et dans la rubrique "Témoignages" tu découvriras d'autres histoires de vies transformées par cette même puissance révolutionnaire.

Cette société est de toute façon vouée à sa perte, et ce monde sera détruit quand Jésus reviendra pour juger le monde. Mais en Jésus chacun a l'occasion de faire demi-tour, de revenir à ce Dieu que chacun a délibérément rejeté, en choisissant de mener sa vie à sa propre guise sans se soucier de ce que Dieu en pensait. Chacun peut accepter le salut gratuit par le sang de Jésus... mais il faut se rendre compte aussi qu'un jour il sera trop tard, quand tu seras mort ou que Jésus sera revenu.

Et après ? Jésus fait le ménage dans ma vie, et puis je continue à vivre comme avant, puisque de toute façon Jésus a déjà pris la punition de tout ? Je vais être honnête : depuis que je suis chrétien je ne suis pas devenu parfait, loin de là. Mais je peux dire aussi en toute honnêteté que depuis que je suis chrétien je suis revenu meilleur. Ca m'arrive encore de tomber, et ça m'arrivera aussi longtemps que je serai encore un être humain, à ce niveau-là les chrétiens ne sont pas du tout différents des autres, je ne suis pas meilleur que toi. Mais je sais que si je tombe, Jésus a effectivement déjà pris sur lui ma punition, et il a vécu. Mais après avoir reçu un tel cadeau incroyable, alors que je ne le méritais absolument pas, il m'est absolument impossible de continuer à faire n'importe quoi : rien que par reconnaissance envers Dieu pour son amour que je ne mérite absolument pas, je dois faire le maximum d'efforts, évidemment aussi avec l'aide de Dieu, pour éviter de pécher et pour être le meilleur possible. Pour deux raisons : pour honorer Dieu et pour montrer son amour aux autres, et je peux même en rajouter une troisième raison : pour être un bon témoignage envers mon entourage, ma famille et mes amis, qui ne connaissent pas Dieu. Mais pas parce que ça change quoi que ce soit à mon salut : je sais que Jésus m'a sauvé une fois pour toutes, en mourant sur la croix à ma place.

Tout ça dépend évidemment d'un point-clé : la foi, le fait de croire l'improuvable sans preuve. Mais si la foi est effectivement croire sans savoir, croire sans voir, croire sans la raison, elle n'est certainement pas croire sans réfléchir, croire sans vécu, ni croire contre la raison : dans ma vie de tous les jours, je vois Dieu agir, répondre à mes prières, me consoler quand je vais mal, pourvoir à mes besoins, et tous ces signes me montrent qu'il est réellement vivant, et qu'il est là, à mes côtés. L'athéisme, croire en la non-existence de Dieu alors qu'il est impossible de prouver qu'il n'existe pas, est d'ailleurs tout autant une démarche de foi. Mais débattre sur ce terrain-là est stérile. Alors, je conclurai tout simplement sur une idée, que j'emprunte au philosophe C.S. Lewis : professeur de littérature au début du XX° Siècle dans la prestigieuse Université britannique d'Oxford, il s'est intéressé dans sa jeunesse aux mythologies antiques et à l'occultisme, avant de devenir un athée et un libre penseur, qui considérait toute forme de foi comme un fantasme puéril. Mais l'influence de collègues dans l'enseignement, qui étaient des gens instruits et intelligents, tout en étant croyants, il est amené à réfléchir sur le bien-fondé de cette position, et après un long cheminement de réflexion, il se convertit d'abord au théisme (la foi en l'existence d'un Dieu, sans une religion), puis au christianisme, et il est devenu par la suite le plus éminent penseur chrétien du XX° Siècle. Il explique dans un de ses livres que lorsqu'il a lu l'Evangile en détail, il en est arrivé à la conclusion suivante : avec toutes ses connaissances en critique littéraire, il ne pouvait pas prétendre honnêtement que ce livre est une légende, et il en est arrivé à la conclusion qu'il n'y a que deux possibilités : soit Jésus est le plus grand fou, le mythomane le plus dangereux de toute l'histoire de l'humanité, soit il est réellement Dieu venu sur terre dans un corps d'homme. Mais le texte de l'Evangile ne nous laisse vraiment aucune autre alternative ! C'est sur cette idée que je voudrais conclure.

lundi 17 novembre 2008

Une réponse chrétienne au communisme 2 : La religion, opium du peuple ?

Il y a deux semaines, j'ai répondu à Marx qui affirme avoir trouvé dans l'Eglise des premiers chrétiens un modèle de société communiste. Cette semaine je veux répondre aux autres accusations de Marx contre les chrétiens, contre l'Eglise en tant qu'institution et contre la foi en général. (Et au passage : désolé du retard, j'avais beaucoup de travail ces derniers temps.)

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L'arrière-plan de Marx montre qu'il avait sans doute une bonne connaissance intellectuelle de la foi chrétienne : il est né dans une famille Juive Allemande, convertie au protestantisme. Ses grands-pères étaient tous les deux rabbins, et ont renié leurs enfants lors de leur conversion au christianisme. On ne sait pas grand-chose de la foi des parents de Marx, mais on sait qu'à cette époque, pour que des Juifs Européens, qui plus est enfants de rabbins, se convertissent, avec la pression que cela implique de la part de la communauté Juive, cette conversion doit venir d'une réelle conviction profonde. Mais les parents Marx n'ont jamais tourné le dos à leur identité culturelle Juive, et ils ont élevé leur fils dans la foi chrétienne, mais aussi dans la culture et la tradition hébraïque. De par son éducation, Karl Marx connaissait donc la foi chrétienne et la Bible. Dans sa jeunesse, il est attiré pendant un temps par les sciences occultes, avant de renier à la fois son éducation religieuse chrétienne et sa culture Juive, pour un athéisme radical. Mais de par son éducation à la fois Juive et chrétienne, il connaissait l'ennemi auquel il s'attaquait – un net avantage par rapport à certains philosophes athées contemporains, qui adressent des critiques sans fondement à un ennemi duquel ils ne savent rien. La critique de Marx promet donc d'être sérieuse, plus crédible en tout cas que celles qu'on nous adresse aujourd'hui.

Une des phrases les plus célèbres de Marx dit : "La religion, c'est l'opium du peuple." C'est en cette phrase que réside la base de l'accusation de Marx à l'égard des chrétiens. L'opium est une plante qui est utilisée comme une drogue, donc un produit qui procure un bonheur imaginaire. Mais aussi, un des dérivés de l'opium qu'est la morphine, commençait à être utilisé à l'époque de Marx, et l'est encore aujourd'hui, en médecine, comme un puissant anesthésiant contre la douleur. C'est principalement à cet usage de l'opium que pense Marx. Il accuse la religion de donner au peuple un espoir, en une vie meilleure après la mort, qui "anesthésie", comme l'opium, la souffrance de ce peuple exploité. Entendez "peuple" au sens marxiste du terme, "prolétariat" soumis aux capitalistes dans le système de la lutte des classes. Pour pouvoir réaliser sa société communiste, Marx pense qu'il faut donc se débarrasser de cette "chimère" qu'est la foi religieuse en générale, et la foi chrétienne en particulier : le prolétariat doit réaliser qu'il n'y a aucune autre vie après la mort, aucun Sauveur, mais que c'est ici, dans ce monde-ci, qu'ils doivent obtenir eux-mêmes, par la lutte et par la violence si c'est nécessaire, ce que la foi offre pour la vie après la mort. Le prolétaire doit donc se "sauver" soi-même. C'est ce que disent aussi deux vers de l'Internationale, hymne communiste écrit durant guerre des Communes de Paris : "Il n'est pas de Sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun, Producteurs sauvons-nous nous-mêmes, décrétons le salut commun." Selon Marx, la religion, opium qui donne au peuple un espoir en la réalisation de leurs rêves dans une autre vie, doit disparaitre pour que la société communiste puisse se réaliser. Marx définit sa société communiste par rapport à la pensée chrétienne comme "la réalisation du Paradis sur Terre."
Remarquons d'ailleurs au passage que Marx ne reproche jamais à la foi de proposer un Paradis imaginaire : la "chimère" du Paradis après la mort doit disparaitre, non pas parce qu'elle est fausse, mais même si elle est vraie, parce qu'elle entrave la route à la réalisation de la société communiste. Il est clair que pour un Marx profondément athée, ce Paradis n'existe évidemment pas, mais il ne se focalise pas sur ce point, cela lui est indifférent. Par ailleurs, le deuxième grand penseur communiste, Jean-Paul Sartre, a dit : "Que Dieu existe ou non ne change en rien le problème de l'humanité." Que Dieu existe, ou pas, peu importe : c'est à l'homme de prendre son destin en main.

Que répondre à cette critique ? Evidemment, la foi assure une espérance ferme en une vie après la mort, dans laquelle il n'y aura plus de souffrance, et dans lequel chacun qui aura cru recevra la consolation de ce qu'il aura souffert durant sa vie. La Bible, dans l'Apocalyspe, décrit ce nouveau monde en ces mots : "Voici la demeure de Dieu parmi les hommes. Il habitera avec eux, et ils seront sont peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu." (Apocalypse 21:3-4) Et cette espérance a effectivement, tout au cours de l'histoire, fortifié des hommes et des femmes face à des souffrances atroces : pensons par exemple au milliers d'esclaves Noirs qui, sous les coups de fouet, tout en travaillant chantaient à Dieu l'espérance qu'ils avaient trouvée en Jésus, par ces chants qu'on appelle aujourd'hui les gospels, ou negro-spirituals, et qui se situent encore aujourd'hui au premier rang du répertoire de bien des Eglises. D'un point de vue chrétien, la pensée d'instaurer le Paradis sur Terre est irréaliste, à cause du péché dans le coeur de l'homme. Donc, tout compte fait, je suis même presque d'accord avec Marx lorsqu'il affirme que la religion est l'opium du peuple ! (J'entends, "opium" dans le sens anesthésiant.) L'espérance est l'essence même de ma foi. Mais par contre, lorsqu'il prétend que cette espérance en une vie après la mort empêche l'homme de profiter de la vie terrestre, et de vouloir agir pour que ce monde-ci devienne plus juste, là, je proteste énergiquement ! Il y a bien assez d'exemple dans l'histoire, avant et après Marx de personnes qui justement au nom de leur foi ont lutté contre les fléaux du monde de leur époque : Martin Luther King, héros de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis, Henri Dunant qui a fondé la Croix Rouge, la jeune fille Hollandaise Corrie ten Boom qui a caché des Juifs chez elle durant la II° Guerre mondiale, et avant Marx on peut citer François d'Assise, Raymond Lulle... Marx connaissait sans aucun doute ces contre-exemples.

En plus de cela, Marx accuse l'Eglise chrétienne de favoriser les riches, en incitant les pauvres à se résigner à leur sort. Il cite pour justifier cela des passages des Évangiles tels que : "Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume de Dieu est à eux." Cette critique est-elle justifiée ?
Pour comprendre, il faut se projeter dans l'esprit de l'époque dans laquelle Marx a vécu : près d'un Siècle après la Révolution française, c'est actuellement le règne de Napoléon Ier en France, et la plus grande partie de l'Europe est encore soumise à des régimes plus ou moins féodaux. Dans chaque Etat européen, il y a une Eglise d'Etat officielle, catholique, protestante ou orthodoxe selon les régions, de laquelle chaque citoyen est plus ou moins obligé de faire partie, du moins par le nom. Et l'Eglise établie, alliée au pouvoir politique féodal, est de ce fait gardienne de la société en place, et son alliée. Il est clair de ce fait qu'elle favorise les puissants, desquels elle détient son pouvoir. C'est pour cette raison qu'encore aujourd'hui l'Eglise est souvent assimilée, de façon totalement absurde d'ailleurs, au conservatisme. La critique de Marx envers les institutions ecclésiastiques de son époque est donc justifiée. Mais, est-ce réellement là ce que l'Eglise devrait être ? Jésus a toujours parlé de l'Eglise non pas comme d'une institution quelconque, mais comme l'ensemble de tous ceux qui, dans tous les peuples et toutes les époques, ont placé leur confiance en lui. Mais parce que pour l'instant nous sommes sur Terre, il est nécessaire de nous regrouper dans des institutions visibles, nécessairement imparfaites. Mais même là, l'Eglise était à l'origine constituée d'adhérents librement convaincus, d'individus qui avaient choisi d'en faire partie et qui étaient prêts à assumer pleinement leur foi, et même à leur payer de leur vie si nécessaire, et c'est d'ailleurs arrivé à bon nombre d'entre eux. Ce n'est qu'avec la pseudo-christianisation de l'Empire romain que le concept d'Eglise d'Etat est apparu, concept qui faisait perdre à l'Eglise toute sa raison d'être.

La semaine prochaine (j'espère ^^, sauf si je n'ai de nouveau pas le temps), je clôturerai en expliquant en quoi l'Evangile est un message révolutionnaire, radicalement différent puisqu'il propose la révolution des coeurs.

lundi 3 novembre 2008

Une réponse chrétienne au communisme 1 : L'Eglise primitive était-elle communiste ?

J'avais depuis longtemps prévu d'écrire un texte sur ce sujet, une réponse chrétienne à la pensée communiste, était donné que cette idéologie est très en vogue parmi les étudiants et que j'y ai déjà eu souvent affaire. Marx, le fondateur du communisme, a appelé la religion "l'opium du peuple", Jean-Paul Sartre, un autre éminent philosophe communiste, disait qu' "il n'y a au Ciel ni Dieu ni Diable ni personne pour me commander", et les héros révolutionnaires communistes comme Lénine ou Che Guevara (je ne parle pas de gens comme Staline, Castro, Pol Pot ou Mao Zedong qui n'avaient rien de réellement communiste et n'ont fait que de se servir de cette cause pour servir leurs intérêts personnels) ont férocement persécuté et assassiné les chrétiens dans leurs pays. De tous temps, les penseurs et militants d'extrême-gauche ont reproché aux chrétiens d'opprimer l'humanité en l'asservissant à une puissance supérieure qui maintient l'homme dans l'esclavage. Alors, j'avais envie de leur répondre sur divers points, et surtout d'expliquer quel type de Révolution, radicalement différente de la Révolution communiste, propose Jésus. Mais comme ce texte sera trop long, j'ai décidé de le poster sur trois semaines. Cette semaine, je veux commencer par répondre aux affirmations de Marx qui prétend avoir trouvé la première société communiste dans l'Eglise primitive.

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Lorsque le philosophe Karl Marx a exposé pour la première fois ce qu'il a appelé l'économie commu
niste, il s'est référé aux chrétiens du I° Siècle, tels qu'ils sont décrits dans la Bible. Il a expliqué que dans l'Eglise primitive, régnait déjà un système communiste. La référence est pour le moins surprenante, quand on sait que Marx est par ailleurs un philosophe radicalement athée, qui considérait la foi en Dieu comme une aliénation, "l'opium du peuple" comme il le dit lui-même. Mais qu'en est-il en réalité de cette affirmation ? L'Eglise des apôtres était-elle communiste ? Voyons donc ce que dit la Bible, Parole de Dieu, sur les premiers disciples de Jésus.

L'histoire des premiers chrétiens nous est connue par les Actes des Apôtres, un livre historique contenu dans la Bible. Et dans les Actes des Apôtres, effectivement, on peut lire, au sujet de la toute première Eglise, celle de Jérusalem, composée exclusivement de croyants d'origine Juive : "La multitude de ceux qui ava
ient cru n'était qu'un coeur et qu'une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais tout était en commun entre eux. [...] Il n'y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin." (Actes 4:32, 34-35.) Les premiers chrétiens mettaient tous leurs biens en commun... effectivement ça ressemble bien à du communisme ça. Et la Bible précise bien qu'il n'y avait personne parmi les chrétiens qui manquait du nécessaire pour vivre.
On a même un peu plus loin un exemple concret, celui d'un chrétien de Jérusalem, Joseph surnommé Barnabé. "Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé, ce qui signifie fils d'encouragement, Lévite, originaire de Chypre, vendit un champ qu'il possédait, apporta l'argent, et le déposa aux pieds des apôtres." (Actes 4:36-37.) Barnabé n'est pas un inconnu dans la première Eglise : il a très certainement connu Jésus durant sa vie sur terre, on suppose qu'il faisait partie de la foule qui suivait Jésus partout où il allait sans faire partie des 12 apôtres, et en tout cas il était très proche des apôtres. On apprend ici que c'était un Juif de la diaspora, originaire de l'île de Chypre, mais qui vivait à Jérusalem. Le surnom que les apôtres lui ont donné, Barnabé, signifie "fils d'encouragement", "celui qui encourage", ce qui montre l'importance que les apôtres lui attachaient : Barnabé était manifestement réputé dans l'Eglise comme quelqu'un à qui on pouvait faire confiance, qui avait le don d'encourager les autres. Par ailleurs, on apprend qu'il était Lévite, c'est-à-dire qu'il faisait partie de la tribu Juive de Lévi : cette tribu n'est pas des moindres, puisqu'elle n'est autre que la tribu des prêtres ! Enfin, Barnabé était un homme assez riche, un propriétaire terrien, puisqu'il possédait un champ. Le statut social du propriétaire terrien dans la société de l'époque correspond à peu près à celui d'un médecin ou d'un avocat aujourd'hui. Mais même s'il était riche, il n'attachait apparemment pas une trop grande importance à l'argent, puisqu'il a été prêt à donner généreusement. Et qu'est-ce qu'il a donc fait, notre ami Barnabé ? Il a vendu un champ qui lui appartenait, et il a donné tout l'argent aux apôtres, pour qu'ils distribuent l'argent aux plus pauvres parmi les chrétiens. Et l'exemple de Barnabé n'était sûrement pas un cas isolé. Effectivement, à première vue, c'est du communisme tout craché. (L'image est une peinture de Barnabé tel qu'on le représente habituellement.)

Mais il y a un point que Marx a oublié de prendre en compte : c'est qu'absolument personne n'était obligé de donner quoi que ce soit, que tous ceux qui donnaient de l'argent le faisaient de leur plein gré. Barnabé a choisi volontairement de vendre son champ pour donner l'argent aux apôtres : il aurait très bien pu garder son champ, et une fois qu'il l'avait vendu il avait tout à fait le droit de garder l'argent pour lui. Si quelqu'un vendait de ses richesses et déposait l'argent aux pieds des apôtres, il le faisait de façon tout à fait volontaire, et si quelqu'un ne donnait rien, personne ne le lui reprochait. Et les riches parmi les chrétiens donnaient de leurs richesses, librement, avec pour seule motivation leur amour pour leurs frères. Donc, il y a là une différence radicale avec le Tout à l'Etat du communisme marxiste, basé sur la Révolution communiste qui confisque de force les moyens de production aux capitalistes pour répartir équitablement les richesses entre les prolétaires. Si on peut effectivement considérer qu'il s'agit là d'une forme de communisme, c'est un communisme très différent du communisme marxiste, un communisme basé entièrement sur le volontariat. Et ce système s'est préservé dans les Eglises jusqu'à l'Edit de tolérance de l'Empereur romain Constantin, moment auquel l'Eglise a perdu sa raison d'être originelle puisqu'elle n'était plus composée d'adhérents librement convaincus, étant donné qu'il y avait dorénavant des avantages à en faire partie...

La semaine prochaine, je répondrai plus exactement aux accusations que Marx adresse aux chrétiens...