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mercredi 8 décembre 2010

C.S. Lewis

Salut chers lecteurs !

Alors voici comme promis l'article prévu depuis longtemps sur C.S. Lewis, l'auteur des Chroniques de Narnia. On en a beaucoup parlé ces dernières années, puisque Disney est en train d'adapter ses œuvres au cinéma, et il y a eu beaucoup de polémiques autour des films. Surtout, au sujet de l'inspiration chrétienne de ces "histoires pour enfants"... certains allant jusqu'à s'inquiéter de la production par Disney d'un "outil de prosélytisme" par lequel nos chères têtes blondes qui ne sont pas encore en âge d'en comprendre le danger de cette manipulation seraient "endoctrinés" au christianisme... alors comme ça le cinéma a le droit de s'inspirer de tout et n'importe quoi, ça ne choque personne, mais pas de l'Evangile, là c'est choquant... Mais effectivement, on ne peut pas nier que l'inspiration chrétienne est omniprésente dans les Chroniques de Narnia, et même J.R.R. Tolkien, le meilleur ami de Lewis par lequel celui-ci est devenu chrétien (et accessoirement l'auteur du Seigneur des Anneaux) lui reprochera la présence de symboles chrétiens trop évidents dans L'Armoire magique. J'avais depuis longtemps prévu d'écrire un article sur la vie de C. S. Lewis, et sur comment il a découvert cette foi chrétienne qui est devenue la source d'inspiration de son œuvre. Je profite donc de la sortie aujourd'hui du 3° film pour écrire cet article.

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Clive Staples Lewis est né le 29 novembre 1898 à Belfast en Irlande du N
ord. Il était professeur de littérature dans une des deux plus prestigieuses universités britanniques : l'Université d'Oxford. Il est considéré comme un des plus grands écrivains et philosophes britanniques du XX° Siècle, et il est surtout connu dans le milieu chrétien comme un fameux théologien et apologète. Pourtant, rien ne le destinait a priori à devenir connu dans le monde entier comme philosophe chrétien ! Au contraire, à l'âge de 30 ans alors qu'il était jeune professeur à Oxford, il était athée convaincu. Comment donc a-t-il pu changer aussi radicalement ? Il raconte son cheminement d'une façon très détaillée dans son autobiographie, Surpris par la Joie... enfin, je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça une autobiographie, dans la mesure où les 3/4 ne parlent pas de sa vie mais des livres qu'il a lus à différents moments de sa vie. Il y aurait énormément de choses à dire, pas facile du tout de résumer... je vais néanmoins essayer de faire une synthèse pour que mon article ne soit pas trop long.

Sa famille appartient à l'Eglise anglicane, et Lewis est élevé dans la foi chrétienne, mais il écrit dans son autobiographie que ses parents ne participaient à la vie de l'église que d'une façon formelle, parce qu'ils considèrent que la religion fait partie des devoirs de la vie publique comme le service militaire ou le payement des impôts, mais sans avoir de réelle foi personnelle. C'est toutefois par les cantiques de l'Eglise anglicane qu'alors que Lewis n'est qu'un enfant naîtra sa passion pour la littérature et la poésie. Pendant son adolescence, il découvre les mythologies, d'abord nordique puis celte et grecque, et il est fasciné par ses nouveaux mondes merveilleux. C'est durant cette période qu' il s'éloigne de la foi chrétienne, et à l'âge de 15 ans il devient athée.

Immédiatement après, le jeune Lewis passera par une courte période où il s'intéresse à l'occultisme, notamment à la Rose-Croix. Il expliquera plus tard que même s'il ne croyait désormais plus en l'ex
istence d'un quelconque Dieu, il avait encore besoin de spirituel dans sa vie. Toutefois cette période ne durera que très peu de temps : très vite, il en arrivera à la conclusion que puisqu'il n'existe ni Dieu ni rien d'autre en-dehors du monde matériel, toute forme de spiritualité est vaine.

Pendant ses années d'études à Oxford, puis pendant ses premières années en tant que professeur dans la même Université, Lewis est athée par conviction. En même temps, il reste fasciné de mythologie, et il passe des heures a rêver à ces univers grandioses. Et presque paradoxalement, ce sont ces rêves qui, sans qu'il ne s'y attende lui-même, vont le conduire à la foi chrétienne.

L'évolution de la pensée de Lewis dure plusieurs années, et plusieurs dizaines de pages dans son autobiographie, il serait donc beaucoup trop long de la décrire en détail ici. Une personne, en particulier, jouera un grand rôle dans la conversion de Lewis : son collègue à Oxford qui est rapidement devenu son meilleur ami, J.R.R. Tolkien. Tolkien est catholique pratiquant, et en même temps il est lui aussi fasciné par les mondes mythologiques... et même, il pense que toutes ces mythologies préfigurent l'Evangile chrétien. Par ses longues discussions avec Tolkien, et par de multiples lectures à-travers les années, l'athéisme de Lewis est de plus en plus ébranlé.

C'est en 1929, à l'âge de 32 ans, que C.S. Lewis se met à genoux dans sa chambre pour la toute première fois de sa vie, et qu'il prie pour confier sa vie à ce Dieu dont il a pendant si longtemps nié l'existence. Toutefois, ce Dieu n'est pas encore pour lui le Dieu chrétien, le Dieu de la Bible : il s'agit uniquement d'une conversion au théisme, à un Dieu inconnu et inconnaissable, totalement étranger à l'humanité, qui ne se trouve dans aucune religion et dans aucun Livre saint. A partir de ce moment-là, Lewis participera régulièrement aux cultes de la chapelle anglicane de l'Université, pas parce qu'il se considère comme chrétien mais seulement parce qu'il estime qu'il a le devoir d'une façon ou d'une autre de rendre un culte à ce Dieu qu'il a découvert. Mais le temps passe, et petit à petit, au fur et à mesure qu'il redécouvre les fondements de la foi chrétienne, Lewis se rend compte que le personnage de Jésus est radicalement différent de tous les autres personnages mythologiques. Dans un de ces livres, il écrit : Il n'y a que deux possibilités : ou bien Jésus-Christ est le plus grand fou, le psychopathe le plus dangereux de toute l'histoire de l'humanité, ou bien il est réellement le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. Le texte des Evangiles ne nous laisse pas d'autre choix."
Lewis affirme qu'il n'y a pas un instant précis auquel il est devenu chrétien, sa conversion au christianisme est le fruit d'un long cheminement de pensée. Mais c'est 3 ans environ après avoir découvert la foi en Dieu, à 35 ans donc, qu'il en arrive à la certitude que l'Evangile est la vérité et qu'il déclare ouvertement qu'il est chrétien.

Lewis devient un membre fidèle de l'Eglise anglicane (à la déception de son ami Tolkien qui espérait qu'il se convertisse au catholicisme). Vers la fin de sa vie, il se rapproche de la tendance "high Anglican", une branche de l'Eglise anglicane qui est restée proche de la théologie catholique. Et il passe la plus grande partie de son temps libre à écrire des livres qui parlent de la foi chrétienne, tout en restant le plus large possible pour éviter les particularismes des différentes tendances et dénominations. Son idée : rendre le message de l'Evangile facilement compréhensible à tous, en le débarrassant de toutes les notions secondaires pour se concentrer uniquement sur l'essentiel : Jésus-Christ mort sur la croix à notre place. Les Chroniques de Narnia, une série de 7 livres fantastiques pour enfants, sont ses œuvres les plus connes aujourd'hui.

Puisque cet article est déjà long, je vais très prochainement en écrire un autre, plus spécifiquement sur Les Chroniques de Narnia.

lundi 8 novembre 2010

Le Seigneur des Anneaux

Bonjour chers lecteurs !

J'ai passé ce week-end chez une amie, et samedi soir on a regardé l'Épisode 1 du Seigneur des Anneaux. Ceux qui me connaissent savent que je suis fasciné par l'Univers de Tolkien, j'ai énormément d'admiration pour cet écrivain, qui a réussi à inventer un monde imaginaire, mais pourtant totalement cohérent, avec une géographie qui pourrait exister dans la réalité, des peuples avec chacun leurs coutumes, plusieurs langues totalement inventées mais pourtant avec une grammaire qui tient debout, une histoire de plusieurs siècles... Un génie ! Revoir le film La Communauté de l'Anneau m'a permis de me replonger dans le fabuleux univers de la Terre du Milieu... et là, je me rends compte que je n'ai encore jamais publié d'article à ce sujet sur mon blog ! Alors je me dis qu'il faut absolument remédier à cet oubli au plus vite. Je crée même une catégorie, parce qu'il pourrait y avoir plusieurs articles sur le Seigneur des Anneaux dans le futur.

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Sur les sources d'inspiration de l'auteur, J.R.R. Tolkien, on a dit tout et n'importe quoi. Y compris dans le milieu chrétien. Certains se sont acharnés à absolument vouloir faire du Seigneur des Anneaux, et des autres oeuvres de Tolkien, une grosse métaphore de l'Evangile du début à la fin, voire même un gigantesque projet d'évangélisation. Tolkien était effectivement un philosophe d'inspiration chrétienne : son père étant décédé alors qu'il avait 4 ans, sa mère entre dans l'Eglise catholique contre l'avis de sa famille protestante, et l'élève dans un catholicisme strict, et il est resté catholique profondément pieux tout au long de sa vie, alors même que les catholiques sont plutôt mal vus à son époque au Royaume-Uni. Le meilleur ami de Tolkien était C.S. Lewis, l'auteur des Chroniques de Narnia, et c'est par Tolkien que Lewis, auparavant athée convaincu, s'est converti au théisme puis plus tard au christianisme (un article sur lui est prévu aussi, mais... j'ai tellement d'idées en tête, il faut juste que je trouve le temps de m'y mettre ^^) (L'article sur Lewis a été écrit entretemps, le voici). A-propos de sa rencontre avec Tolkien, Lewis à écrit dans son autobiographie, Surpris par la Joie : "Dès ma naissance, on m'a averti de ne jamais faire confiance à un papiste [càd un catholique], et dès mon arrivée dans l'Université anglaise, de ne jamais faire confiance à un philologue. Tolkien était les deux, et pourtant, je n'ai pas pu ne pas lui faire confiance." Et effectivement, puisque l'auteur était chrétien, on peut discerner plusieurs éléments de sa pensée chrétienne dans ses oeuvres, et faire plusieurs parallèles avec l'Evangile. Les 3 personnages principaux de la trilogie du Seigneur des Anneaux, Frodon, Gandalf et Aragorn, ont tous les deux par moment certains traits de caractère qui ressemblent à ceux du Christ, l'exemple le plus flagrant étant évidemment Gandalf le Gris qui meurt pour sauver le Porteur de l'Anneau du Balrog, et qui revient à la vie et devient Gandalf le Blanc. Tolkien lui-même a expliqué que sa foi chrétienne a été une source d'inspiration pour son oeuvre, et y transparaît plusieurs fois. Malheureusement, ces parallèles se voient beaucoup mieux dans las livres que dans les films... et je pense d'ailleurs que c'est volontairement qu'ils ont été enlevés.

Par contre,
vouloir faire du Seigneur des Anneaux une métaphore chrétienne du début à la fin est faux, et dangereux. Tolkien n'a jamais affirmé ça, il était même en désaccord avec son ami Lewis, parce qu'il trouvait que les symboles chrétiens dans Les Chroniques de Narnia, surtout dans Le Lion et la Sorcière Blanche, étaient beaucoup trop forts. Le Seigneur des Anneaux est un roman de fiction, Tolkien disait que ses oeuvres étaient "des contes de fées pour adultes". Il faut le prendre pour ce que c'est, un roman très bien écrit, une fiction, absolument pas pas une métaphore de quoi que ce soit. Par ailleurs, Tolkien s'est inspiré de la Bible, mais aussi de toutes sortes de mythologies païennes, notamment nordique. La création du monde selon Tolkien (qui est surtout explicitée dans le Silmarillion) est très différente du récit biblique de la Création : le Dieu Créateur, Eru Iluvatar, crée le monde en général, puis confie aux Valar la tâche de continuer la création, en leur confiant à chacun une partie de son Chant. Cette idée ressemble davantage à la conception polythéiste des mythologies germaniques qu'à ce que dit la Bible. De plus, comme Tolkien était catholique convaincu, plusieurs des idées anti-bibliques du catholicisme se retrouvent aussi dans son oeuvre.

De plus, comm
e Tolkien s'inspire de mythologies païennes (et Lewis aussi, plutôt nordique et germaine pour Tolkien, plutôt celte et grecque pour Lewis), il y a dans ses oeuvres des elfes, des nains, des mages et des sortilèges. Ce qui fait que, alors que certains chrétiens ensensent le Seigneur des Anneaux et le font passer pour une "oeuvre chrétienne" (quelle absurdité qui dégoûterait son auteur !), d'autres le condamnent et le rejettent en bloc parce qu'il parle de magie. Contrairement aux absurdités qu'on peut entendre parfois, Tolkien n'a JAMAIS été attiré par l'occultisme et la sorcellerie, au contraire, il a toujours très clairement averti ses amis contre les dangers de ces pratiques (alors que beaucoup d'intellectuels britanniques de son époque s'intéressaient à ces choses). Mais il était professeur de littérature, et donc il connaissait très bien les différentes mythologies desquelles il s'inspire, et même s'il ne pouvait pas approuver leur côté spirituel, il admirait énormément la richesse littéraire et culturelle de ces légendes, et c'est de cette richesse qu'il s'est inspiré dans son oeuvre. Est-ce qu'on peut pour autant considérer comme acceptable une histoire qui met en scène de la sorcellerie ? A ce niveau-là, je pense qu'il s'agit en grande partie d'une question de sensibilité personnelle : certains seront très sensibles à la magie et ça les mettra mal à l'aise, alors que d'autres sauront apprécier l'histoire, et même en tirer des idées bibliques, sans que le côté magique ne leur pose aucun problème. Si les livres du Seigneur des Anneaux ne me posent personnellement aucun problème, c'est vrai que certaines scènes du film, qui n'ont aucun parallèle dans la livre, me gênent beaucoup, je pense notamment à la scène du combat entre Gandalf et Saroumane au début de la Communauté de l'Anneau, ou encore à celle de la création des Uruk-Hai par Saroumane.

Bref, en conclusion je dirais qu'il faut tout simplement savoir trouver l'équilibre entre idéaliser l'oeuvre de Tolkien, et la diaboliser. On peut remarquer quelques parallèles avec l'Evangile voulus par l'auteur, et s'en réjouir et y réfléchir, sans chercher à voir la Bible partout. On peut laisser de côté les idées anti-bibliques qui s'y trouvent, tout en se rendant compte qu'il s'agit d'une oeuvre de fiction.
Et surtout, on peut apprécier l'histoire, fascinante, pleine de suspense et de rebondissements, et admirer le génie de son auteur.

mardi 19 janvier 2010

Harry Potter

Bonjour à tous !

Je vous l'avais dit, ce blog n'est pas mort. Je réfléchissais juste à comment le continuer. Et finalement, je pense que le mieux est d'écrire tout simplement un article une fois de temps en temps, quand j'ai une idée précise en tête. Je rappelle que si tu as toi-même un compte Blogspot, tu peux t'abonner à mon blog pour être informé des nouveaux articles.

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Pour
aujourd'hui j'ai un nouvel article en tête. Je viens de terminer de lire les 7 romans Harry Potter en anglais. J'avais déjà lu les 4 premiers tomes quand j'étais au collège, et à l'époque ils me fascinaient... mais je n'avais aucun recul sur ce que je lisais, j'étais trop jeune pour vraiment tout comprendre, et l'atmosphère de plus en plus obscure me gênait. J'ai arrêté après le 4°, et avec le recul je me rends compte qu'à l'époque ça m'a fait du mal.

Maintenant que j'ai plus de recul et de maturité pour savoir faire la part des choses, je voulais les lire tous une fois, pour y réfléchir sérieusement. Et j'en ai profite pour les lire dans leur version originale, en anglai
s, ce qui me fait une bonne préparation pour mes exams. Je les ai empruntés à la BS Lettres, et donc je viens de finir le dernier.

Cette série est bien écrite, comme des romans pour enfants. J'ai trouvé le procédé d'écriture intéressant : la série a 7 volumes, qui correspondent aux 7 années de cours du héros à Poudlard, l'école de magie et de sorcellerie, ce qui fait que dans chaque tome le personnage a un an de plus, et les livres sont sortis avec plus ou moins un an d'intervalle, parce que l'intention de l'auteur était que l'âge du personnage évolue avec celui du lecteur. Après, quand j'entends une camarade de promo dire que Harry Potter est "le plus grand chef-d'oeuvre littéraire du XX° Siècle", ça me fait tout de même un peu peur... même en restant dans le même genre littéraire, il y a par exemple la trilogie du Seigneur des Anneaux, et les autres oeuvres de Tolkien, qui sont de loin meilleures que Harry Potter, à tous les niveaux et sans aucune comparaison possible.

Mais ce n'est pas v
raiment de la qualité littéraire (très limitée) des romans que je voulais parler. J'ai voulu lire cette série pour y réfléchir plus en détail, maintenant que j'ai assez de maturité pour tout comprendre. Et effectivement, il y a des choses très intéressantes à en tirer. Je passe sur tout le côté magique, et très sombre (le premier est tout gentillet, enfantin, mais après chaque tome devient de plus en plus obscur), qui est une façon de faire passer l'occultisme et la sorcellerie comme quelque chose d'inoffensif aux yeux de lecteurs qui sont pour la plupart des enfants, c'est clair que ça me gène et que c'est une des premières raisons pour laquelle, sans vouloir tomber dans une diabolisation forcenée, je n'aime tout de même pas beaucoup Harry Potter. La vision de la sorcellerie dans Harry Potter est la même que celle des Wiccans : la magie est une force qui se trouve à l'intérieur de nous. Mais si on arrive à faire abstraction de tout ça, on voit qu'il y a plein de choses très intéressantes à retenir.

Je ne vais pas entrer dans les détails de toutes les idées dans ces livres que j'ai trouvées intéressantes, c
e serait trop long. Mais il y a une chose qui m'a donné envie d'écrire un article sur Harry Potter : les inscriptions sur les tombes d'Ariana, la soeur d'Albus Dumbledore, et de James et Lily Potter, les parents de Harry. Ces inscriptions n'apparaissent que dans le dernier volume.

Ariana Du
mbledore est la soeur du directeur de Poudlard Albus Dumbledore, et aussi son terrible secret. A l'âge de 6 ans, elle fut attaquée par 3 jeunes Moldus (nom que les sorciers donnent aux non sorciers) qui l'avaient vue faire de la magie, et elle en est restée traumatisée. Son père Perceval à vengé sa fille en tuant ces 3 Moldus, et pour cela il fut emprisonné à Azkaban, la terrible prison des sorciers, où il est mort. Pour protéger sa fille, la mère décide de déménager à Godric's Hollow, un village où avait jadis vécu Godric Gryffondor, un des 4 fondateurs de Poudlard, et où vécurent aussi par la suite les parents de Harry. Le traumatisme a rendu Ariana incapable de maîtriser ses pouvoirs magiques, et à l'âge de 14 ans elle tua accidentellement sa mère dans une crise de fureur. Quelque mois à peine après, c'est à son tour de mourir accidentellement lors d'une bagarre entre ses deux frères, Albus et Abelforth, et le futur mage noir Gellert Grindelwald. Personne ne sait qui des trois l'a tuée. Lors de l'enterrement de leur soeur, Abelforth frappe son frère au visage et lui casse le nez, il pense que c'est la faute d'Albus si elle est morte, parce que celui-ci s'est lié d'amitié avec Grindelwald sans réaliser le personnage maléfique qu'il était réellement. Albus Dumbledore, terriblement malheureux de la mort de sa soeur, gardera ce secret profondément enfoui en lui toute sa vie, et regrettera toujours d'avoir fait confiance à Grindelwald, d'avoir été leurré par son intelligence et ses idées grandioses au point d'ignorer sa conscience qui l'avertissait bel et bien que ce sorcier était un être profondément mauvais.
Dans le 7° volume, Harry Potter se rend à Godric's Hollow, pour voir la maison de ses parents où Voldemort les a tués avant de disparaître. En cherchant la tombe de ses parents, Harry qui ne connaît pas encore toute l'histoire de la famille Dumbledore, voit la tombe d'Ariana, avec cette inscription : "Where your treasure is, there will your heart be also", en français "Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur". Quand j'ai lu cette phrase, j'ai été surpris, parce qu'il s'agit d'une citation tirée... de la Bible, en Matthieu 6 verset 21. C'est Jésus qui dit cette phrase à ses disciples. Et je me permets de supposer que l'auteur le savait et a volontairement choisi une citation biblique. En même temps, cette citation correspond tellement bien à la situation d'Albus Dumbledore : la tombe de sa soeur est son plus grand trésor.

Enfin, lors de cet
te visite à Godric's Hollow, Harry trouve finalement la tombe de ses parents. Sur la pierre tombale, il voit une autre inscription : "The last enemy to be destroyed is death.", "Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort." Là encore, cette phrase se trouve mot pour mot dans la Bible, dans 1 Corinthiens 15:26, un passage qui parle de la Résurrection des morts. De plus, le dernier livre de la Bible, l'Apocalypse, parle des événements de la fin des temps, et l'Apocalypse dit également que tout à la fin, la mort, le plus vieil ennemi de l'homme, sera détruite à jamais. En voyant cette phrase, Harry est décontenancé : "N'est-ce pas une idée de Mangemort ? Pourquoi est-ce ici ?" demande-t-il à son amie Hermione qui est avec lui.Hermione explique : "Ca ne veut pas dire vaincre la mort au sens où les Mangemorts l'entendent, Harry. Ca veut dire... tu sais... la vie au-delà de la mort. La vie après la mort."

Voilà ! J'avais envie de partager ces deux idées tirées à la fois de Harry Potter et de la Bible : "La où est ton trésor, là aussi sera ton coeur", et "Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort".

lundi 8 juin 2009

Blaise Pascal : Témoignage

Salut à tous ! Et désolé du retard, je n'ai pas pu poster d'article la semaine dernière.

Mes deux derniers articles parlaient de Blaise Pascal. J'y explique quelques traits de la pensée de mon philosophe préféré. Mais qui était-il réellement, quelle était sa vie ? Comment en est-il venu à écrire ces Pensées, comment en est-il venu à cette profondeur de connaissance de Dieu, qu'il appelle "Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, non des philosophes et des savants" ? Qui est cet "effrayant génie" (Chateaubriand), un esprit scientifique absolument génial qui pourtant méprise la science, prétendant que la connaissance de Jésus-Christ vaut beaucoup mieux que tout le reste ? Car, demande-t-il, que signifie un savoir qui ne jette pas l'homme aux pieds de la Croix ? Je vous propose de découvrir cette semaine sa vie, son histoire, sa rencontre avec Jésus-Christ qui est devenu son Sauveur.

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Pascal est né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand en Auvergne. Son père, Etienne Pascal, est un noble, juge, Président de la Cour de Clairmont et conseiller du Roi. Sa mère, Antoinette, meurt quand Blaise a 3 ans. Il a deux soeurs, Gilberte et Jacqueline. A partir du décès de son épouse, son père élève seul ses enfants. En 1631, entré en disgrâce auprès du Roi qui lui retire toute fonction politique, il déménage avec toute sa famille à Paris, pour se consacrer exclusivement à sa grande passion : les mathématiques et les sciences. Le jeune Blaise Pascal a donc dès son enfance l'occasion de fréquenter les plus grands savants de cette époque. Son père décide d'assurer lui-même l'éducation de ses enfants, et très tôt il se rend compte des capacités intellectuelles extraordinaires de son fils. A 11 ans, Blaise est surpris par son père en train de démontrer la 32° proposition euclidienne. Son père réagit en lui interdisant les mathématiques jusqu'à ses 15 ans, pour qu'il ait le temps d'apprendre le latin et le grec ! Malgré l'interdiction, Blaise continue de travailler seul sur la géométrie, et à 12 ans, il découvre que la somme des angles d'un triangle est égale à 180°. A 16 ans, il écrit un Essai sur les Coniques, dans lequel il énonce le théorème de Pascal, encore utilisé aujourd'hui en géométrie. (Je file le lien Wikipédia au cas où ça intéresse quelqu'un, moi je n'y comprends strictement rien ^^ !) A 18 ans, il invente la toute première calculatrice mécanique, appelée la Pascaline (cf photo), afin d'aider son père dans son travail.

Pourtant, tout ne va pas si bien que ça pour le jeune Blaise Pascal. Dès son enfance, il a une santé fragile, il est souvent malade, et il fait des crises d'épilepsie qui tiennent toute sa famille en alerte autour de lui. Le grand génie scientifique est d'un caractère susceptible et râleur, difficile à supporter pour ses proches. A partir de 18 ans, sa santé se détériore de plus en plus, il a fréquemment des migraines et des maux de ventre, il a des problèmes de circulation sanguine. C'est tout cela qui conduira Dieu à frapper la première fois à la porte de son coeur.

En 1646, son père, qui entretemps a retrouvé les faveurs du Roi et est devenu commissaire délégué aux impôts à Rouen, a un accident : il s'est démis la cuisse en glissant sur la glace. Il est soigné par deux médecins réputés, La Bouteillerie et Deslandes, qui sont jansénistes. Le jansénisme est un mouvement de réveil au sein de l'Eglise catholique né au XVII° Siècle, hostile à l'absolutisme royal et au catholicisme officiel. Ce serait trop long d'expliquer en détail ce qu'est le jansénisme, mais on peut résumer en disant qu'il s'agit d'un mouvement d'intellectuels, qui a redécouvert les mêmes vérités que le protestantisme, tout en restant résolument au sein de l'Eglise catholique et profondément fidèles au Pape. Son père découvre par ces deux médecins que, par Jésus, Dieu offre sa grâce gratuitement à tous les pécheurs qui se repentent, ce qui est un message totalement nouveau pour lui, et il se convertit. Blaise a 23 ans. Il lit les livres d'auteurs jansénistes que lui prêtent les nouveaux amis de son père, et ces ouvrages le touchent profondément, particulièrement le Discours de la réformation de l'homme intérieur, du fondateur du jansénisme, le Hollandais Cornelius Jansen. Il découvre que marcher sur les traces de Copernic et de Galilée pour libérer la physique du poids d’Aristote et de la Scolastique n’est que la démarche d’une vaine raison, impliquée dans la souillure de l’humanité tout entière, et que tout ce génie qui bouillonne en lui ne le conduit qu’à le divertir de la Révélation de Dieu. Il se met dès lors à écrire sur des sujets théologiques. Difficile de savoir s'il s'est déjà converti à ce moment-là, en tout cas c'est son premier contact avec l'Evangile. Ses deux soeurs en tout cas se convertissent.

En 1647, Blaise Pascal, toujours de santé fragile, est atteint d'une attaque de paralysie qui fait qu'il ne peut plus marcher sans béquille. Il se rend alors à Paris avec sa soeur Jacqueline. Sa santé s'améliore mais son système nerveux est définitivement perturbé. Mais il s'éloigne de Dieu et passe par ce qu'il appellera par la suite sa "période mondaine" (1647-1654). Il délaisse totalement tout ce qui a trait à la foi, et se consacre exclusivement à ses travaux scientifiques. C'est de cette période que datent ses travaux sur le vide, qui lui permettent d'établir la loi générale des équilibres des liquides. Son père meurt en 1651, et Blaise prend possession de sa part d'héritage et de celle de sa soeur Jacqueline, qui y renonce et décide d'entrer au couvent de Port-Royal, le siège des jansénistes en France. Pascal est donc immensément riche. C'est à cette époque qu'il fréquente les milieux libertins (cf article précédent), et qu'il se fait plusieurs amis dans ce milieu avec qui il restera en contact toute sa vie, parmi lesquels le Duc de Roannez, qui se convertira par Pascal, et le Chevalier de Meré. C'est pour ces amis qu'il écrira ses Pensées. Pour eux, il développe le calcul des probabilités, afin de les aider dans leurs jeux de hasard. Il s'inspirera de ses propres calculs de probabilités pour son fameux pari.
Pascal, tout en fréquentant les libertins, ne se joindra jamais à leur vie de débauche, mais il en oublie totalement les choses de Dieu. Sa soeur Jacqueline met en garde Pascal contre ce mode de vie, et le supplie de revenir à Dieu. Elle prie pour qu'il change de vie.

C'est plutôt Dieu qui est revenu à Pascal. Malgré sa sympathie pour les milieux libertins, Pascal n'a jamais oublié les écrits des jansénistes qui l'avaient tellement touché. Et Dieu va se servir d'un événement-clé pour ramener Pascal à lui : fin 1954, à 31 ans, Pascal a un accident sur le pont de Neuilly. Les chevaux de son magnifique carrosse plongent par-dessus de parapet du pont et tout le carrosse est sur le point de tomber dans le vide. Au dernier moment, l'attelage se rompt, et le carrosse reste en équilibre sur le bord du pont. Pascal s'en sort sain et sauf, mais il est hypersensible et, terrifié par la proximité de la mort, il s'évanouit et ne revient à lui que 15 jours plus tard, le 23 novembre. Ce jour sera pour Pascal un nouveau départ avec Dieu. Le 23 novembre 1654, entre 10h et demie et minuit et demie, Pascal a une vision intense, il ressent la présence de Dieu sur lui et lui remet toute sa vie. Peut-être s'est-il déjà converti avant lors de sa lecture des écrits jansénistes, mais cette nuit, qu'il appelle la "Nuit de feu", devient le véritable nouveau départ de sa vie chrétienne. Lors de cette nuit mémorable, il griffonne rapidement quelques mots sur un bout de papier. Ce bout de papier, appelé le Mémorial de Pascal, ne le quittera plus jamais.

Suite à cette "Nuit de feu", Pascal s'engage tout entier à faire connaître le message du salut en Jésus-Christ. Les jansénistes, persécutés par l'Eglise catholique officielle, notamment les Jésuites, cherchaient depuis longtemps un défenseur, capable de répondre aux attaques de leurs adversaires par une argumentation sans faille. Ils l'ont trouvé en Pascal, qui publie ses Provinciales, des lettres qui défendent le jansénisme et leur doctrine de la grâce face aux attaques du clergé, et s'attaquent à la morale laxiste "politiquement correct" de ses adversaires les Jésuites. En même temps, il ne délaisse pas ses travaux scientifiques, il désire se rendre utile à l'humanité en faisant progresser la science. Il est impossible de faire la liste de tout ce qu'il a apporté à la science. Mais maintenant, il sait que le plus important est ailleurs. Et enfin, après la parution de la dernière de ses Lettres Provinciales, il se lance dans le plus important projet de sa vie : une Apologie de la religion chrétienne, destinée à montrer aux Libertins qu'ils ne trouveront ce qu'ils cherchent nulle part d'autre qu'en Jésus. Cette oeuvre sera inachevée au moment de sa mort. Les notes qu'il avait écrites pour son Apologie, et laissées derrière lui sans ordre précis, seront publiées après sa mort, et on les connaît aujourd'hui sous le titre des Pensées.

En 1659, Pascal, dont la santé n'a jamais été bonne, tombe sérieusement malade. En 1661, Louis XIV interdit le jansénisme. La même année, sa sœur Jacqueline, de laquelle il a toujours été très proche, meurt. En 1662, sa maladie devient encore plus violente, mais il n'a pas peur de la mort, parce qu'il sait que c'est par elle qu'il rejoindra Dieu. Il meurt le 19 août 1662, à tout juste 39 ans. Ses derniers mots : "Puisse Dieu ne jamais m'abandonner." Après sa mort, l'autopsie révèlera des lésions cérébrales, ainsi que de graves problèmes à l'estomac et aux abdominaux. Sa mort est probablement due à une combinaison de la tuberculose et d'un cancer de l'estomac. De plus, des travaux récents ont démontré une insuffisance rénale. La maladie fut la compagne de toute sa vie, au point qu'il en vint a considérer la souffrance comme normale. Mais malgré tout cela, et peut-être même grâce à tout cela, sa vie est un témoignage de confiance en Dieu.

lundi 25 mai 2009

Le pari de Pascal

Salut !

Comme promis, cette semaine je vous propose de découvrir le "Pari de Pascal"...

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Pascal, dans ses Pensées, ne donne jamais aucun argument en faveur de l'existence de Dieu, ou de la véracité de la foi chrétienne, même si pour sa part il en est entièrement convaincu. Il propose tout simplement à son lecteur de "faire comme si" Dieu existait. C'est la très célèbre idée du "pari de Pascal" : Pascal s'adressait à des nobles libertins, les tout premiers athées "libres penseurs", disciples du marquis de Sade. et gens qui menaient la belle vie. Ils étaient notamment grands amateurs de jeux de hasard, l'idée du pari est donc parlante pour eux. Pascal leur propose un pari : parier pour, ou contre, l'existence de Dieu. L'enjeu, c'est la vie du joueur. Ensuite, il explique son raisonnement : si je parie que Dieu existe, et qu'il existe effectivement, j'ai gagné la vie éternelle ; si je parie qu'il existe, et qu'en fait il n'existe pas, j'ai perdu mon pari, mais en réalité je ne perds rien, je ne me rendrai même jamais compte de mon erreur ; si je parie qu'il n'existe pas, et qu'il n'existe pas, j'ai gagné mon pari, mais en fait je ne gagne rien ; si je parie qu'il n'existe pas, et qu'il existe, je perds tout, ma vie sur Terre et l'Éternité. Puisqu'il s'agit de foi, donc d'improuvable, rien de permet de déterminer laquelle des deux possibilités est la plus probable. J'ai donc tout intérêt à parier pour l'existence de Dieu, à "faire comme si" il existait. Évidemment, Pascal ne croit pas en l'existence de Dieu que parce que s'il n'y croit pas et qu'il se trompe, il perdra tout, il est convaincu que Dieu existe bel et bien. Mais il ne cherche pas à argumenter en faveur de sa foi, il préfère inviter son lecteur à "faire comme si" Dieu existait, et tout le reste des Pensées montrent ce qu'est la vie si Dieu existe réellement, et si la foi chrétienne est vraie, si Jésus est réellement Dieu, le Sauveur du monde mort sur la croix pour nous. Les Pensées sont dès lors un voyage auquel Pascal invite son lecteur, un voyage à-travers l'espérance chrétienne. Durant ce voyage, le lecteur découvre comment serait la vie "si c'était vrai", et ensuite, chacun a la liberté de faire ce choix de la foi, ce "grand saut dans le vide" comme Pascal l'appelle : croire que tout cela est vrai.

Si vous voulez lire les Pensées, je vous avertis d'abord que c'est une lecture difficile : Pascal faisait partie des plus grands intellectuels de son époque, et il écrit dans un niveau de langage très élevé. De plus, il s'agit de français ancien. Mais je vous encourage tout de même tous à cette lecture, ce voyage au coeur de la foi chrétienne auquel Pascal vous invite, voyage duquel vous ne pourrez que revenir transformés.

Et la semaine prochaine, je vous proposerai de découvrir le témoignage de Pascal, sa vie, et sa découverte du Sauveur.

lundi 9 mars 2009

La Force d'aimer : extraits

Salut à tous !

Je vous propose cette semaine de lire quelques extraits du livre La Force d'aimer, de Martin Luther King. Ce livre contient ses principales prédications, remplies de références philosophiques et de rhétorique exceptionnelle, mais surtout pleines de la Parole de Dieu. Au centre de ce livre, se trouve la croix. Pour découvrir, à-travers les prédications d'un homme de Dieu exceptionnel, mais qui était cependant un homme tout à fait ordinaire, outil dans les mains d'un Dieu extraordinaire, cette force d'aimer qui peut transformer ta vie, et cette société : l'Evangile de Jésus-Christ, l'Evangile de l'amour. Le livre se trouve à la BU Sciences de Dijon, pour ceux que ça intéresse et qui sont Dijonnais comme moi.

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Jésus a souvent montré les caractéristiques de l'homme au coeur dur. Le riche insensé fut condamné, non parce qu'il était d'esprit débile, mais plutôt parce qu'il n'avait pas un coeur tendre. Pour lui, la vie était un miroir où il se contemplait lui-même et non une fenêtre ouverte sur les autres. Le mauvais riche s'en alla en enfer, non parce qu'il était fortuné, mais parce que son coeur n'était pas assez tendre pour voir Lazare et qu'il ne fit aucun effort pour franchir l'abîme entre lui-même et son frère.
Jésus dit dans l'Evangile : "Soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes." [Matthieu 10:16] Il nous rappelle que la vie bonne combine la fermeté du serpent et la tendresse de la colombe. Avoir les qualités du serpent sans celles de la colombe, c'est être sans ardeur, vil et égoïste. Avoir les qualités de la colombe sans celles du serpent, c'est être sentimental, anémique et sans but. Nous devons combiner les antithèses fortement marquées.



La grandeur de Dieu tient du fait qu'il est à la fois ferme d'esprit et tendre de coeur. Il possède les deux qualités d'austérité et de douceur. Toujours prête à souligner l'un ou l'autre des attributs de Dieu, la Bible exprime sa fermeté d'exprit dans sa justice et sa colère, sa tendresse de coeur dans son amour et sa grâce. Dieu a les deux bras étendus. L'un est assez fort pour entourer de justice, l'autre est assez doux pour nous embrasser de grâce. D'une part, Dieu est un Dieu de justice qui punit Israël de son obstination ; d'autre part, il est le Père qui pardonne et dont le coeur se remplit d'une joie indicible au retour de l'enfant prodigue.



"Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence." [Romains 2:12] Cet ordre de ne pas se conformer au siècle présent ne vient pas seulement de Paul, mais aussi de notre Seigneur et Maître, Jésus-Christ, le non-conformiste le plus engagé du monde, dont le non-conformisme moral lance encore aujourd'hui son dédi à la conscience de l'humanité.
Si une société opulente veut nous enjôler et nous amener à croire que le bonheur est la dimension de nos automobiles, l'aspect impressionnant de nos maisons et le coût de nos vêtements, Jésus nous rappelle : "La vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l'abondance." [Luc 12:15]
Si nous sommes soumis à la tentation d'un monde dominé par la promiscuité sexuelle et rendu fou par une philosophie de self-expression, Jésus nous dit que "celui qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur." [Matthieu 5:28]
Si nous refusons de souffrir pour la justice et choisissons de suivre le chemin du confort plutôt que de la conviction, nous entendons Jésus dire : "Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux." [Matthieu 5:10]
Si dans notre orgueil spirituel nous nous glorifions d'avoir atteint le sommet de l'excellence morale, Jésus nous avertit : "Les publicains et les prostituées vous devanceront dans le Royaume des cieux. [[[Matthieu 21:31]
Si, par un détachement sans compassion et un individualisme arrogant, nous laissons sans réponse les besoins des défavorisés, le Maître nous dit : "Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." [Matthieu 25:40]
Si nous permettons à l'étincelle de la revanche d'allumer dans nos coeur la haine pour nos ennemis, Jésus enseigne : "Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraîtent et qui vous persécutent. [Matthieu 5:43]
En tous temps et en tous lieux, la morale d'amour de Jésus est une lumière rayonnante qui révèle la laideur de notre conformisme sans élan.



Nulle part la tragique tendance au conformisme n'est plus évidente que dans l'Eglise, une institution qui a souvent servi à cristalliser, conserver et même bénir les conceptions de l'opinion majoritaire. La reconnaissance par l'Eglise autrefois de l'esclavage, de la Ségrégation raciale, de la guerre et de l'exploitation économique témoigne du fait qu'elle a prêté l'oreille à l'autorité du monde plus qu'à l'autorité de Dieu. Appelée à être la gardienne morale de la communauté, l'Eglise a parfois préservé ce qui était contraire à la morale. Appelée à combattre les maux sociaux, elle est restée silencieuse derrière ses vitraux. Appelée à conduire les hommes sur les grand-routes de la fraternité et à les inviter à dépasser les bornes de race et de classe, elle a énoncé et pratiqué l'exclusivisme racial.
[...]
Il nous faut retrouver la flamme évangélique des premiers chrétiens, qui furent non-conformistes au sens le plus vrai du mot et refusèrent de régler leur témoignage sur les perspectives du monde. Volontairement, ils sacrifièrent réputation, fortune, vie même à une cause qu'ils savaient être juste. Petits par le nombre, ils furent des géants par la qualité. La puissance de leur Evangile mit fin à des plaies barbares comme l'infanticide et les combats sanglants contre les gladiateurs.



"Alors Jésus dit : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." [Luc 23:34 ; Jésus dit ces mots alors qu'il est cloué sur la croix] Nous ne comprenons pleinement le sens de cette prière de Jésus qu'après avoir remarqué que le texte débute par le mot "alors". Au verset précédent nous lisons : "Arrivés au lieu-dit du Calvaire, ils l'y crucifièrent, ainsi que deux malfaiteurs, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. Alors Jésus dit : "Père, pardonne-leur." Alors qu'il allait mourir d'une mort ignominieuse. Alors que les mains perverses de la créature avaient osé crucifier le Fils unique du Créateur. Alors Jésus dit : "Père, pardonne-leur." Cet "alors" aurait fort bien pu être tout autre. Il eût pu dire : "Père, tire vengeance d'eux", ou "Père, déchaîne la foudre puissante de ta juste colère et détruis-les, ou encore "Père, ouvre les écluses de la justice et permets à l'avalanche étourdissante de la rétribution de déferler sur eux." Mais rien de tout cela ne fut sa réponse. Bien que soumis à une agonie indicible, souffrant d'une douleur atroce, méprisé et rejeté, néanmoins il s'écria : "Père, pardonne-leur."



La lumière est venue dans le monde. Une voix qui crie à-travers les âges invite les hommes à marcher dans la lumière. La vie terrestre devient une tragique élégie cosmique si l'homme ne prend pas garde à cette voix. "Ce jugement," dit Jean, "c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière."



Pourquoi aimerions-nous nos ennemis ? La première raison est bien évidente. Rendre haine pour haine multiplie la haine, ajoutant une obscurité plus profonde encore à une nuit déjà privée d'étoiles. L'obscurité ne peut chasser l'obscurité ; seule le peut la lumière. La haine ne peut chasser la haine ; seul le peut l'amour. La haine multiplie la haine, la violence multiplie la violence, la brutalité multiplie la brutalité, en une spirale descendante de destruction. Aussi, quand Jésus nous dit "Aimez vos ennemis", il promulgue un avertissement profond, auquel en fin de compte on ne peut échapper. Dans le monde moderne, ne sommes-nous pas acculés à une impasse où il n'y a plus d'autre issue que d'aimer nos ennemis... ou sinon quoi ? La réaction en chaîne du mal - la haine enfantant la haine, les guerres produisant d'autres guerres - doit être brisée, ou nous serons plongés dans les sombres abîmes de l'anéantissement.


Bon, j'aurais bien envie de citer tout le livre, mais j'aurais des problèmes avec l'éditeur ^^. En plus mes doigts commencent à fatiguer à force de taper les citations, alors j'arrête... en vous recommandant chaudement à tous de lire ce livre, profondément enrichissant.

lundi 12 janvier 2009

Evangile ? Kézako ?

Yep ! Alors cette semaine j'avais envie de faire un petit article d'étymologie, en bon littéraire que je suis. Je vais étudier l'étymologie du mot : "Evangile", son étymologie a beaucoup de choses à nous apprendre. Et j'illustre mon article par le graff d'un ami d'enfance, le graffeur ScRaZ. (Clic sur l'image pour l'agrandir.)

L'Evangile, c'est le plan de Dieu pour le salut de hommes. Mais, en fait, qu'est-ce que l'Evangile ?

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L'Evangile vient du grec "ευανγελιον", lisez "Evangelion". Ce mot peut se traduire par "bonne nouvelle", "bon message".

Mais l'Evaggelion n'était pas utilisé par les Grecs anciens pour n'importe quelle bonne nouvelle. Ils utilisaient ce mot dans trois contextes très précis :
- la nouvelle de la naissance d'un héritier au trône royal,
- la nouvelle d'une victoire militaire,
- la nouvelle de l'avènement d'un nouveau roi, d'un nouveau dirigeant.

Lorsque l'apôtre Paul a repris ce mot pour désigner la Bonne Nouvelle du salut et Jésus-Christ, ils ne l'ont pas choisi au hasard. En effet :
- L'Evangile, c'est l'annonce de la venue sur Terre du Roi des Rois : Dieu Lui-même est venu habiter parmi les hommes pour prendre sur lui notre faiblesse.
- L'Evangile, c'est la nouvelle de la plus grande victoire de tous les temps : Jésus, en mourrant sur la croix à la place des hommes, a détruit et vaincu le péché qui régnait en maître sur le coeur des hommes. Maintenant, pour tous ceux qui l'acceptent comme étant le seul Sauveur, Jésus peut remporter dans leur vie la victoire sur tout leur péché.
- Enfin, l'Evangile, c'est la nouvelle de l'avènement du plus grand Roi : Jésus-Christ règne, aujourd'hui et éternellement, et son Royaume est dans le coeur de tous ceux qui croient en Lui.

Et toi ? L'Evangile est-il déjà devenu pour toi une Bonne Nouvelle, dans les trois sens dits plus haut ? Ou bien, est-il encore pour toi une nouvelle de mort, de châtiment ?

Pour moi c'est la meilleure des nouvelles.