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samedi 27 juillet 2013

Jayson Casper/A Sense of Belonging : Le blog d'un journaliste américain et chrétien en Egypte

Bonjour chers lecteurs !

Les profonds bouleversements politico-sociaux au Moyen-Orient appelés couramment "Printemps arabe" n'ont décidément pas fini de nous surprendre. En Egypte, pays le plus peuplé de la région, une nouvelle page de l'histoire de la Révolution s'est clairement ouverte : le 3 juillet, le premier Président de la République démocratiquement élu, Mohamed Morsi, issu des Frères Musulmans, a été renversé par l'armée à la suite d'un vaste mouvement protestataire demandant son départ. Le nouveau Président de République par intérim, Adly Mansour, est très peu connu des Egyptiens. La figure de proue de l'opposition laïque et libérale, l'ex-Président de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique Mohamed al-Baradei, obtient le poste de vice-Président. Le nouveau Premier ministre, l'économiste Hazem al-Beblawi, est également issu des rangs de l'opposition. Mais le véritable nouvel homme fort du pays, c'est l'homme qui a renversé Morsi : le général Abdel Fattah al-Sissi, Ministre de la Défense et chef d'Etat-major. Le gouvernement de transition est essentiellement composé de technocrates sans affiliation politique, il compte 3 femmes et 3 coptes... mais pas un seul islamiste, alors que qu'on le veuille ou non, ceux-ci représentent une part importante de la société égyptienne. Les partisans des Frères Musulmans, eux, ne désarment pas : s'estimant victimes d'un coup d'Etat antidémocratique, ils exigent le retour de Morsi et continuent de manifester quotidiennement.

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Alors que des manifestations massives pour et contre le coup d'Etat ont eu lieu ce week-end et que des affrontements entre les deux cortèges ont ensanglanté le pays, je profite de l'actualité pour vous parler d'un blog très intéressant que je consulte régulièrement, d'un journaliste occidental, chrétien, résidant en Egypte : A Sense of Belonging (en anglais).

Jayson Casper, originaire des Etats-Unis et diplômé en économie et en islamologie, vit au Caire en Egypte avec sa femme Julie et leurs trois enfants. Il travaille comme rédacteur pour le magazine Arab West Report et ponctuellement comme journaliste indépendant pour différents médias chrétiens. Sur son blog, il propose des analyses approfondies de la situation politique, sociale et religieuse en Egypte. J'ai découvert son blog lorsque je commençais à m'intéresser à Rafiq Habib (d'ailleurs sa réflexion sur celui-ci (partie 1 et partie 2) vaut vraiment le détour) et depuis, je le visite régulièrement et corresponds aussi avec son auteur. Sur la page de présentation du blog, il écrit (traduit par moi) : "Le souhait de notre famille est d'apprendre à connaître et à apprécier tout ce que l'Egypte a à offrir et de découvrir sa langue, ses habitants, sa culture et ses religions. Nous espérons contribuer, par nos vies, nos amitiés et notre emploi, à la lutte contre les préjugés de nombreux Egyptiens envers les Américains et les chrétiens, et par nos écrits et nos visites aux Etats-Unis, à la lutte contre les préjugés de nombreux Américains envers les arabes, les musulmans et les orthodoxes. Notre prière est que nos vies à l'étranger plaisent à Dieu, qui désire que tous puissent expérimenter sa grâce, vivre en paix et aimer leur prochain." Leur blog s'inscrit tout à fait dans cette démarche.

Pourquoi un tel titre ? Parce que c'est ce qui résume son appel : parce qu'il vit en Egypte, Jayson Casper veut le meilleur pour l'Egypte et les Egyptiens ; parce qu'il n'est pas lui-même Egyptien, il ne sait pas ce qui est le meilleur pour eux et cherche donc à comprendre ce qu'eux-mêmes pensent plutôt que de leur imposer sa propre vision d'avenir d'Occidental. C'est ce qu'il appelle le "foreigner's sense of belonging", le sentiment d'appartenance de l'étranger.

Petit aperçu de quelques-unes de ses analyses les plus intéressantes :
- Le survol le plus complet que je connaisse, en 19 pages (avec un résumé en ligne, le reste étant accessible en PDF), du militantisme copte né de la Révolution égyptienne, avec une description fouillée de tous les principaux mouvements, leur idéologie, leurs alliances et rivalités et leurs relations avec les autres mouvements révolutionnaires.
- Une réflexion pertinente et nuancée sur ce que les chrétiens occidentaux devraient penser du coup d'Etat militaire contre Morsi, entre refus de l'islamisme et attachement aux principes démocratiques.
- Cet interview sur les motivations d'un citoyen égyptien lambda, engagé dans la campagne d'opposition demandant la démission de Morsi.
C'est également Jayson qui a écrit le reportage sur Christianity Today ayant inspiré cet article.

Par ailleurs, tous les vendredis (jour du culte dans l'islam), Jayson publie une prière pour l'Egypte. Ces prières sont rédigées de façon à ce que tout un chacun, quelle que soit sa religion ou son appartenance politique, puisse l'adresser à Dieu. Dans ses prières, il demande à Dieu de faire triompher la paix, la justice et la vérité, pour tous. Exemple : le vendredi suivant le coup d'Etat, alors que la très grande majorité des chrétiens égyptiens (sauf certains mouvements de jeunes révolutionnaires, hostiles aux Frères Musulmans mais inquiets du retour de l'armée) ont soutenu le coup d'Etat (cf la photo de l'annonce du coup d'Etat, sur laquelle on voit le pape copte Tawadros apparaître aux côtés du général al-Sissi et du nouveau Président de la transition), Jayson demandait à Dieu de protéger les Frères Musulmans de toute injustice, des arrestations arbitraires et de la marginalisation ! Parce que même si le projet de société des Frères a de quoi inquiéter, Dieu nous appelle à désirer la justice pour tous, même pour nos ennemis. Hier encore, dans sa dernière prière, il demandait la paix et la protection pour tous les Egyptiens.

Bref, un blog très intéressant d'une personne très intéressante, que, vous l'aurez compris, je recommande chaudement à tous ceux désireux de mieux comprendre les enjeux complexes des événements actuels en Egypte et au Moyen-Orient.

Enfin, puisque j'ai parlé de Rafiq Habib, je termine mon article sur un mot pour ceux qui se demandent ce qu'il est devenu à la suite des événements récents : aux dernières nouvelles, après avoir vainement appelé le Président Morsi (dont il était conseiller) à quitter le pouvoir, il a démissionné de toutes ses responsabilités politiques pour se consacrer à son travail de chercheur.

jeudi 28 février 2013

Démission du pape Benoît XVI : Partir, un choix d'humilité

Bonjour tout le monde !

Aujourd'hui, à 20h, la démission annoncée il y a un mois du pape Benoît XVI en raison de son âge et de sa santé fragile, deviendra effective et le siège de l'évêque de Rome, pontifex maximus, chef suprême de l'Eglise catholique, sera officiellement vacant au Vatican. Je ne compte pas réagir longuement à cet événement qui n'a pas une très grande importance pour moi personnellement, ni pour ma foi ; mais son importance politique et sociale au niveau mondial est telle que je ne pouvais pas ne pas m'exprimer dessus. Je publie donc un article plus court qu'habituellement, dans lequel je m'intéresse essentiellement aux raisons de la décision de Benoît XVI de démissionner.

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Mes sentiments à l'égard de l'Eglise catholique et du Vatican sont très mitigés : des doctrines clairement anti-bibliques où la loi prend le dessus sur la grâce et la tradition humaine sur la Parole de Dieu, certaines pratiques comme le culte de la Vierge et des saints qui mélangent allègrement foi chrétienne, superstitions populaires et paganisme, une morale conservatrice qui ne tient pas face à la réalité du monde, une organisation ecclésiale basée davantage sur l'organisation politique de l'Empire romain antique que sur des principes bibliques, de spectaculaires richesses utilisées pour de luxueux lieux de culte alors que des fidèles meurent de faim, un pouvoir au fond plus politique que spirituel avec tant d'abus dans l'histoire ancienne et même récente, sans compter les nombreux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie... Quant à l'œcuménisme qu'ils promeuvent depuis les réformes de Vatican II... je ne suis jamais fermé au dialogue avec personne, mais si pour eux il s'agit tout simplement de vouloir ramener le « frère égaré » que je suis dans le giron de « l'église mère », très peu pour moi. Mais, je vous rassure, je ne vais pas non plus vous proposer une tirade d'anticatholicisme primaire : je ne fais pas partie de ces évangéliques rageux qui ont besoin de taper sur les cathos pour exister, je suis capable de faire la part des choses et de reconnaître ce qu'il y a de bon ailleurs, par exemple avec un Abbé Pierre qui a fait largement plus pour les pauvres et les sans-abris que n'importe qui d'autre en France.

Mais venons-en aux faits : le 11 février, Benoît XVI annonce qu'en raison de son âge avancé (86 ans) et de sa santé déclinante, il ne se sent plus la force de poursuivre son ministère dans un monde qui traverse de profonds changements. Après un moment de réflexion et de prière, il a donc pris la décision de renoncer à ses responsabilités. Cette annonce a causé un profond choc au sein de l'Eglise catholique : c'est la première fois depuis des siècles que cela arrive.

Alors pourquoi ? Le pape abandonne-t-il le navire en pleine tempête ? Ou bien sa décision est-elle l'aveu que dans la société moderne, la foi et les valeurs qu'il défend sont dépassées ? Ni l'un ni l'autre : je pense que Benoît XVI a tout simplement reconnu et accepté ses limites. Il avait déjà 78 ans lorsqu'il a été élu, ces 8 dernières années ont été profondément éprouvantes pour lui et de son propre aveu, ces derniers temps il sentait de plus en plus ses forces décliner. Benoît XVI a donc compris qu'il n'était plus à la hauteur des responsabilités qui étaient les siennes et décidé qu'il était temps de laisser d'autres continuer. Je trouve que cette humilité l'honore. Ce n'est ni un abandon, ni un aveu d'échec, mais un passage de relais. Dans une société où ce qui compte le plus est la performance et le succès, où les puissants sont si nombreux à s'accrocher désespérément à la moindre miette de pouvoir, la décision à contre-courant de Benoît XVI nous rappelle qu'il n'est pas nécessaire d'en vouloir toujours plus et que choisir de s'arrêter pour que d'autres poursuivent, ce n'est pas échouer mais sortir grandi. Je n'ai pas d'affinités particulières avec Benoît XVI ni avec le système qu'il représente, mais je trouve que sa décision est tout à fait conforme aux valeurs chrétiennes et je le respecte pour cela.

Et quid de la succession ? Là, chacun y va de son prognostic et de ses vœux. Moi, je me tairai sur le sujet : ce choix ne me concerne pas puisque je ne suis pas catholique et rien ne me donne le droit d'exiger un pape selon mes envies (comme le font de nombreux médias français...) à une communauté dont je ne fais pas partie.
Par contre, le choix du pape, chef spirituel de la plus grande communauté religieuse au monde, a évidemment des conséquences très lourdes sur la perception du christianisme, catholique et autre, par l'opinion publique mondiale. Dans ce sens, je me permets tout de même d'exprimer un souhait : puisque le christianisme n'est plus aujourd'hui une foi occidentale (en fait je pense qu'il ne l'a jamais été, mais il a souvent été perçu ainsi à tort), que la grande majorité des chrétiens vivent en-dehors du monde occidental et que c'est dans l'hémisphère Sud que l'Eglise grandit le plus vite, je serais heureux que, pour la première fois dans l'histoire moderne, le prochain pape soit non occidental.

vendredi 15 février 2013

Oscar Pistorius : Un mythe s'effondre

Bonjour à tous !

©Antoine de Ras/AP/Sipa ; image vue dans le Nouvel Obs
Hier, un terrible drame a secoué le monde du sport : Oscar Pistorius, l'athlète sud-africain devenu en 2012 le premier sportif handicapé à avoir participé aux Jeux Olympiques, régulièrement cité en exemple par la presse pour ses performances sportives, sa persévérance malgré les difficultés liées à son handicap et son attitude exemplaire... a été arrêté pour avoir tué sa petite amie, dont le corps criblé de balles a été retrouvé à son domicile. Ironie suprême, cette tragédie conjugale a eu lieu précisément... le jour de la St-Valentin ! Dans un premier temps, on parle d'un accident : Pistorius aurait entendu du bruit, pensé qu'il s'agissait d'un cambriolage, sorti son arme et tiré pour arrêter le cambrioleur... avant de se rendre compte, trop tard, de son erreur. Entretemps, on parle plutôt d'un meurtre, parfaitement conscient et même prémédité ! Lors de sa première audience au tribunal, Pistorius est apparu effondré et a fondu en larmes.
Soyons clairs : je ne prétends pas savoir ce qui s'est réellement passé et ne vais donc pas jouer au justicier dans cet article. J'ose à peine imaginer la souffrance de toutes les personnes impliquées dans cette triste affaire, le terrible désarroi de Pistorius si la thèse de l'accident était vraie, la colère des proches de la victime s'il s'agit bien d'un meurtre. Alors, je vais essayer d'écrire sur ce sujet avec un maximum de sensibilité et sans émettre de jugement... d'autant plus que l'essence de mon message est de dire : quelle que soit la vérité dans cette histoire, je ne suis pas meilleur que Pretorius !



La mort d'un héros
Il y a encore quelques jours, Oscar Pistorius, 26 ans, était une légende du sport, respectée de tous dans le milieu de l'athlétisme et au-delà. Amputé des deux jambes au niveau des genoux, surnommé « the fastest man with no legs » (l'homme sans jambes le plus rapide au monde, mais c'est moins comique en français ^^), il avait défrayé la chronique en se qualifiant avec ses prothèses pour l'épreuve des 400m des Jeux Olympiques de 2012 à Londres, devenant le premier athlète handicapé de l'histoire à avoir participé aux JO. Plus encore : il avait établi un nouveau record du monde en demi-finale, avant de remporter la médaille d'argent ! Dans le monde entier, on loue sa volonté de fer, sa discipline personnelle, sa persévérance. Sa devise : « On n'est pas rendu incapable par son handicap [en anglais, disabled=disability], mais on est rendu capable par ses capacités ! » En plus, il utilise sa célébrité et son argent à bon escient, en soutenant activement des organisations de soutien aux personnes mutilées. Notre monde a tant besoin de héros...

L'envers du décor...
Mais derrière son masque de légende vivante, la réalité de la vie quotidienne de Pistorius est nettement moins glorieuse : ceux qui le connaissent le décrivent comme un « adrenaline freak », un jeune homme sympathique et charismatique mais casse-cou et littéralement accroc aux sensations fortes. En 2009, un grave accident en bateau à moteur lui avait déjà causé 172 points de suture. Voitures de tuning dont les pneus crissent à 250 km/h sur route mouillée, passion pour les films d'action les plus violents, motos de course, chiens dangereux, ou encore couple de tigres blancs élevés dans son appartement en ville... tout y passe, y compris évidemment les armes à feu, qu'il collectionne et dont il enseigne l'usage à ses amis. Ses amis le décrivent aussi comme paranoïaque, obsédé par sa sécurité (alors qu'il réside dans le quartier le plus sûr de son pays). Il a aussi une autre « collection » : les plus belles femmes se succèdent dans ses bras. Sa dernière conquête : la top-modèle Reeva Steenkamp... morte le 14 février 2013 des balles tirées par le pistolet 9mm de notre Don Juan.

Le jour où tout a basculé
Il suffit parfois de quelques instants pour qu'une vie d'apparence épanouie et remplie de succès se transforme en enfer. Pour Pistorius, c'était le 14 février 2013, date à laquelle sa petite amie est morte, chez lui, des balles de sa propre arme ! Ici, il m'est impossible de dire avec certitude ce qui s'est passé : meurtre avec préméditation ? dispute et geste de colère qui aura été fatal ? accident ? Quoi qu'il en soit, une chose est claire : cela faisait déjà longtemps que Pistorius jouait avec le feu. Quel que soit le véritable récit des événements de cette tragique journée, les conséquences sont irrémédiables : Reeva Steenkamp est morte et Oscar Pistorius risque la prison à vie...

Comment est-ce possible ?!
Malheureusement, Pistorius est loin d'être un cas unique : les histoires de célébrités impliquées dans des affaires sordides foisonnent depuis la nuit de temps. Pourquoi ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Et y a-t-il encore un espoir pour les personnes comme Pistorius ?
De toute vraisemblance, même s'il est effectivement coupable de ce meurtre, Pistorius n'a pas eu l'intention de tuer sa petite amie dès le début de leur relation. Mais dès le départ, il était sur une pente glissante : il avait des passe-temps dangereux, était paranoïaque et obsédé par les sensations fortes, et gardait des armes à feu chez lui à portée de main. A force de glisser de plus en plus sur cette pente dangereuse, le pire s'est produit.

Déjà dans l'Antiquité biblique...
Bathshéba au bain, de Rembrandt
Cette affaire me fait penser à une autre affaire, vieille de plusieurs milliers d'années celle-là : une histoire racontée dans la Bible, celle du roi David d'Israël, qui, après avoir couché avec la femme d'un de ses soldats qui est tombée enceinte de lui, a fait assassiner le mari de celle-ci.
Voyez plutôt : au début du récit biblique (qu'on trouve au chapitre 11 du 2° livre de Samuel), l'armée d'Israël est partie en guerre... mais David est resté chez lui, dans son palais, alors que sa position lui confère le devoir de commander ses troupes sur le champ de bataille. Plus précisément, le texte dit que David « se promenait, de nuit, sur le toit de son palais »... un roi qui se la coule douce pendant que son peuple est en train de se battre pour lui ça ne vous choque pas ?! La place de David aurait été au front, avec ses troupes.
Donc, il fait nuit et David se promène sur le toit de son palais... et c'est là qu'il voit une belle femme en train de se baigner ! Au vu de ce qu'on sait de la vie conjugale de David, ce n'était sûrement pas la première fois qu'il voyait un corps féminin... mais là, la vue de cette femme nue lui fait perdre tout bon sens. Alors, David demande d'abord qui est cette femme et apprend qu'il s'agit de Bathshéba, la femme d'Urie, un de ses soldats. Ca tombe bien : il est absent en ce moment, parti à la guerre... Donc, ni vu ni connu, David envoie un serviteur chercher discrètement Bathshéba et passe la nuit avec elle. (L'histoire ne dit pas si elle a eu le choix, mais au vu de ce que représentait l'autorité royale à l'époque elle n'aurait probablement pas eu son mot à dire...)
David se disait que le mari n'en saurait jamais rien... sauf que pas de chance : quelque temps après, Bathshéba lui fait savoir qu'elle est enceinte ! AÏE !!! Son mari n'est pas là et elle est enceinte... les gens vont se poser des questions !
Mari pas là+femme enceinte=problème... solution de l'équation : mari revient=problème résolu. Donc, David envoie un message à son général pour lui demander de lui envoyer Urie, officiellement pour prendre des nouvelles de comment se passe la guerre. Urie revient donc et David lui dit que comme il s'est bien battu il mérite bien un petit congé et d'aller passer un peu de bon temps avec sa femme. Si Urie tombe dans le panneau, tout le monde, y compris Urie lui-même, pensera que c'est le mari qui est le père.
Nouveau problème : Urie est un soldat, et un soldat ça ne couche pas avec sa femme pendant le service ! Urie préfère aller passer la nuit avec les gardes du palais... une nouvelle façon de rappeler à David que lui aussi, devrait être avec ses soldats. Le lendemain soir, David invite Urie à manger et à faire la fête chez lui, s'arrangeant pour que le vin coule à flot : quand il sera ivre, Urie acceptera bien d'oublier son service et de rentrer chez lui pour la nuit. Mais rebelote : Urie repasse la nuit avec les gardes.
C'est alors que David accomplit l'irréparable : il écrit une lettre au général, demandant que lors de la prochaine bataille, Urie soit placé à l'endroit le plus dangereux, pour qu'on soit certain qu'il sera tué par l'ennemi. Le pauvre Urie, en bon soldat loyal, portera lui-même la lettre contenant son arrêt de mort au général, sans se douter de rien... Cette fois-ci, tout se passe comme prévu : Urie meurt lors de la prochaine bataille. Il n'aura jamais su que son roi l'a trahi, puis assassiné. Maintenant, David est libre d'épouser Bathshéba.
Tout ça a commencé par une banale ballade au clair de lune, mais pour finir, un innocent est mort... De fil en aiguille, David, qui dès le départ était dans une situation de compromis, est passé de l'adultère (voire peut-être viol), au mensonge, puis au meurtre. Lorsque la nouvelle de cette affaire se répand parmi le peuple, la royauté est déshonorée.

Un pôv' type comme moi
Il serait facile de montrer du doigt les gens comme Pistorius, ou le roi David, comme des monstres qui méritent d'être haïs pas la société, et c'est ce que certains médias (les mêmes qui il y a quelque temps le couvraient d'honneurs...) n'hésitent pas à faire. Mais moi, je vois les choses différemment : je vois une personne ordinaire qui, à force de petits compromis qui deviennent de plus en plus grands, parfois pour couvrir d'autres manquements passés, en vient finalement à faire des choix aux conséquences destructrices pour elle-même et tous ceux qui l'aimaient. Non, Pistorius n'est pas un monstre inhumain : c'est un homme comme moi, dont la valeur a été à juste titre louée, qui a fait des choix tragiques qui ont causé la mort de la femme qu'il aimait. Attention : je ne fais pas du tout l'apologie de son geste : s'il est coupable de meurtre, il doit être puni par la justice ! Mais moi, je ne suis pas meilleur que lui.
Parce que je crois qu'en fait, nous méritons tous la mort. Le mal que nous commettons, nos fautes, nos mauvais choix... dans la Bible, ça s'appelle le péché, et l'Evangile dit que « Le salaire du péché, c'est la mort. » Moi, je n'ai jamais tué ma petite amie (normal, je n'en ai jamais eue), mais j'ai commis d'autres fautes, fait d'autres mauvais choix, dont certains qui ont blessé des personnes qui comptent beaucoup pour moi, et même si mes mauvais choix n'ont pas eu de conséquences aussi tragiques que ceux de Pistorius, il n'empêche que je ne suis pas moins coupable que lui. Parce que la gravité de nos fautes ne dépend pas de leurs conséquences, mais de ce qu'elles sont mauvaises par elles-mêmes.

Alors... quel espoir ?
Dans un paragraphe précédent, j'ai posé la question : y a-t-il encore de l'espoir pour Pistorius ? Puisque j'ai démontré que je n'étais moi-même pas meilleur que lui, pas plus que chacun de mes lecteurs, je me dois d'élargir la question : y a-t-il encore de l'espoir pour MOI ? pour TOI ???
J'ai cité plus haut un verset biblique qui dit : « Le salaire du péché, c'est la mort. » En fait, le verset complet dit : « Le salaire du péché, c'est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ. »
Ça veut dire quoi ? Pour faire simple : pour avoir la vie, il faut prendre conscience qu'on mérite la mort. Lorsqu'on en prend conscience, on peut voir qu'un autre l'a subie à notre place : Jésus, qui est mort sur la croix pour prendre sur lui la punition que nous méritions.
Renaître... Repartir à zéro... Effacer toutes les erreurs du passé et tout recommencer... Qui n'a jamais rêvé de ça ? Eh bien justement : par la grâce de Dieu, c'est possible. C'est possible pour Pistorius, même maintenant que sa vie est détruite. C'est possible aussi pour moi, et pour toi. C'est la base même du message de l'Evangile : "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles. Cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ." (La Bible, 2 Corinthiens 5:17-18)
Cette nouvelle vie ne signifie pas que les conséquences du passé sont effacées. Quoi qu'il arrive, Reeva Steenkamp restera morte et Oscar Pistorius devra toujours faire face à la justice et être puni pour ses actes. Par contre, pour lui comme pour tout un chacun, il reste possible de recevoir la guérison et une nouvelle vie, une vie transformée.

Le drame de l'affaire Pistorius nous rappelle que si notre monde a tant besoin de héros, les héros humains sont toujours faillibles mais par contre, il y a un héros qui ne déçoit jamais !!!

samedi 1 décembre 2012

SIDA : La méthode ABC

Salut tout le monde !

Aujourd'hui, le 1° décembre, nous célébrons la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA. Depuis plus de 30 ans maintenant, cette redoutable maladie qui détruit le système immunitaire des personnes infectées par le virus a tué plus de 34 millions de personnes dans le monde et est considérée à juste titre comme un des plus grands fléaux de notre époque. Alors, j'ai eu envie de m'associer à tous ceux qui aujourd'hui s'engagent pour soutenir la lutte contre cette tragique épidémie. Pour l'occasion, j'ai voulu faire connaître une méthode de lutte contre la propagation du SIDA qui est très connue et usitée dans le monde, mais beaucoup moins en France : la méthode ABC.

Il y a environ un an, je me promenais un soir au centre-ville quand j'ai été abordé par un militant AIDES qui informait sur le travail de son organisme et proposait aux passants de devenir donateurs. Je me suis arrêté pour discuter quelque temps avec ce jeune homme très sympathique et lui expliquer que je respectais beaucoup le travail de toutes les associations engagées dans la lutte contre le SIDA, mais que j'avais malheureusement l'impression qu'elles ne s'attaquent souvent qu'aux symptômes de l'épidémie et pas au fond du problème. Je pense que le seul et unique moyen de porter un coup fatal à l'épidémie du SIDA est de s'attaquer aux circonstances dans lesquelles la maladie se transmet. Ensuite, il faut venir en aide à toutes les personnes déjà infectées, lutter contre toutes les stigmatisations et discriminations desquelles elles peuvent être victimes, leur fournir les meilleurs soins médicaux pour les aider à vivre une vie la plus normale possible et tout faire pour leur éviter de transmettre le virus à leur entourage. Puisque la voie sexuelle est de très loin le principal facteur de transmission du virus du SIDA, c'est dont à ce facteur qu'il faut s'attaquer en priorité, sans négliger les autres. C'est là qu'intervient la méthode ABC, dont le nom est en anglais un acronyme pour : "Abstinence - Be faithful - Condoms".

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La méthode ABC est une stratégie de lutte contre la propagation du SIDA fondée sur l'éducation sexuelle : elle encourage l'abstinence sexuelle jusqu'au mariage, la fidélité dans le cadre du mariage et l'usage de préservatifs pour les couples mariés. Cet ordre a souvent été compris à tort comme un ordre des priorités : il ne s'agit pas d'encourager l'abstinence comme une vertu en elle-même (un non-sens), la fidélité pour ceux qui ne tiennent pas le coup et le préservatif comme moindre mal pour ceux qui n'arrivent pas à être fidèles ; mais plutôt de poser les trois cadres successifs, aussi importants l'un que l'autre, pour enrayer la pandémie. Originaire des Etats-Unis et populaire surtout dans le monde anglo-saxon, la méthode ABC est une des plus répandues dans le monde pour lutter contre le SIDA, notamment en Afrique qui reste le continent le plus touché par la pandémie. Partout où elle est utilisée, elle a fait ses preuves, l'exemple le plus flagrant étant celui de l'Ouganda, jadis un des pays les plus contaminés d'Afrique qui, de 1980 à 1990 puis 2001, a fait chuter son taux d'infection de 30% à 14%, puis 5% ! Pourtant, en France, elle est très peu connue... d'où mon envie de contribuer à la faire connaître davantage.
Voyons donc les 3 points de la stratégie :

Abstinence
A pour Abstinence, le choix de rester vierge jusqu'au mariage. J'ai déjà beaucoup écrit sur pourquoi je suis persuadé que le choix de se préserver en exclusivité pour la personne avec qui on passera sa vie entière est le meilleur choix qu'on puisse faire dans ce domaine, pour soi-même autant que pour les autres. (Voir notamment ici et ici.) Ici, je me contenterai de rappeler que l'abstinence reste le seul contraceptif vraiment à 100% efficace, qui protège à la fois des grossesses non désirées,  du SIDA et des autres MST.

Be faithful
B pour Be faithful, le choix de la fidélité dans le mariage. Chaque nouveau partenaire sexuel sera peut-être celui qui nous transmettra le virus. Bien sûr que le SIDA n'est pas directement lié à l'infidélité, mais n'empêche que mathématiquement, plus on a de partenaires différents, plus il y a de chances que l'un d'entre eux soit séropositif. Donc, si tu sais que tu ne l'es pas et que ton partenaire ne l'est pas non plus, alors il n'y a qu'un moyen d'être certain de ne jamais le devenir (du moins pas par voie sexuelle) : en partageant ton intimité avec une seul partenaire sexuel. La meilleure façon de te protéger toi-même et de protéger la personne que tu aimes et qui partage ta vie : te consacrer à cette personne en exclusivité.

Condoms
Nous arrivons au troisième point : C pour Condoms, les préservatifs, contraceptifs qui protègent contre le virus. Ce n'est pas une option, c'est exactement aussi important que les deux premiers points : pour lutter contre le SIDA, en plus d'éduquer à l'abstinence jusqu'au mariage et à la fidélité dans le cadre du mariage, il faut aussi encourager l'usage du préservatif, informer sur le principe de la contraception pour corriger toutes les idées reçues qu'il peut y avoir et en expliquer le fonctionnement pour une meilleure utilisation possible.
J'ai parlé plus haut du cas de l'Ouganda, qui a défrayé la chronique en devenant le premier pays au monde à réussir à réduire de façon importante son taux d'infection du SIDA. Ce résultat remarquable a été obtenu en grande partie en appliquant la méthode ABC... mais depuis 2004, on constate que malheureusement, le taux d'infection augmente de nouveau. La principale raison : les points A et B de la méthode sont mis en avant aux dépens du C. Le plus grave pour moi : les principaux coupables sont les églises qui, en insistant dans leur discours moral sur l'abstinence et la fidélité, négligent voire découragent l'usage de préservatifs... Ce triste exemple suffit à nous montrer que A et B ne suffisent pas : le virus du SIDA est transmis aussi par les rapports sexuels des couples mariés ! Par conséquent, lorsque le couple sait qu'un des deux conjoints est infecté ou qu'il n'en a pas la certitude mais que la question se pose, l'usage du préservatif est impératif !
Certains répondront que le préservatif n'est jamais efficace à 100% parce qu'il peut craquer. C'est vrai, mais s'il est bien utilisé ce risque est infiniment faible (d'où l'importance d'informer sur l'usage correct) et surtout, est-ce que parce que le risque 0 n'existe pas, on va rejeter une solution qui marche dans bien plus de 99% des cas ?
A noter qu'il existe aussi des moyens médicaux de limiter très fortement le risque de transmission mère-enfant à la naissance et que si ceux-ci se développent au point d'être accessibles à grande échelle, y compris dans les pays pauvres, il faudra également les promouvoir, pour les mêmes raisons.

Cas particuliers
Il faut penser aussi à un certain nombre de situations spécialement douloureuses, dans lesquelles A et B ne suffisent pas, mais C apporte une réelle solution.
Par exemple, les personnes dont le conjoint est infidèle. Ce problème se pose particulièrement dans certaines cultures africaines, dans lesquelles les hommes sont encouragés à avoir des relations avec de nombreuses femmes, ce qui est d'ailleurs pour beaucoup dans l'avancée galopante de l'épidémie sur ce continent. Grâce au préservatif, une femme elle-même fidèle dont le mari aura été contaminé par une de ses maîtresses pourra éviter d'être infectée à son tour.
Ensuite, il y a ce qu'on appelle les catégories "à risque", ces personnes que leur mode de vie expose à un très grand risque de contamination. Il s'agit essentiellement, mais pas exclusivement, des prostitué(e)s. Ces personnes, qui n'ont le plus souvent pas choisi cette vie mais y sont contraintes par la pauvreté et souvent par la méchanceté des autres, sont victimes de toutes sortes d'injustices en plus du risque permanent d'être infectées par le virus, sans même parler de la honte liée à leur situation. En même temps, tant qu'il restera encore des personnes assez mauvaises pour abuser ainsi de leurs semblables, leur calvaire ne pourra malheureusement pas prendre fin. Par conséquent, si les préservatifs peuvent au moins l'atténuer quelque peu en les protégeant contre cette maladie mortelle, c'est déjà une bonne chose.

Capotes & cathos ?!
Quand on parle de contraception, et encore plus quand c'est un croyant, comme moi, qui en parle, cela suscite toujours des interrogations, à cause des idées vraies ou fausses qu'on se fait sur la vision chrétienne de la contraception. C'est pourquoi, j'ai voulu faire une partie spécifiquement pour expliciter comment je vois la contraception par rapport à ma foi.
Il y a quelques années, les propos du pape Benoît XVI sur le préservatif lors de son voyage en Afrique ont fait beaucoup de bruit. En effet, la position officielle de l'Eglise catholique sur le sujet est un refus de principe de la contraception (position officielle ne signifiant évidemment pas que l'ensemble des catholiques est d'accord). J'en ai d'ailleurs débattu pas plus tard que la semaine dernière avec un groupe de jeunes catholiques traditionalistes qui m'avaient invité à une de leurs rencontres. Leurs arguments sont d'une part que l'usage banalisé de contraceptifs donne une fausse impression de liberté en faisant croire, notamment aux plus jeunes, qu'on peut vivre sa vie sexuelle comme on le souhaite sans conséquences (jusqu'ici je suis d'accord), d'autre part que puisque Dieu a créé la sexualité dans le but de la reproduction, user de moyens artificiels pour contrer la nature et empêcher la fécondation lors de rapports sexuels va à l'encontre des plans divins. Cette position ne me paraît ni juste ni fondée : Dieu nous a aussi dotés d'une intelligence qui nous rend capables de maîtriser notre fécondité et d'inventer des outils techniques nous y aidant. Bien sûr que la sexualité existe pour permettre la reproduction, et heureusement, mais il n'y a rien dans la Bible qui indique que le plaisir sexuel n'est pas une bénédiction en lui-même, qu'il est illégitime d'avoir des rapports sexuels sans chercher à procréer ni qu'il n'est pas permis de contrôler sa fertilité ! Je ne vois donc aucune raison de refuser l'usage de contraceptifs dans le cadre que Dieu a prescrit à la sexualité : les rapports sexuels des couples mariés, par exemple pour éviter provisoirement d'avoir un enfant si la situation sociale du couple ne lui permettrait pas de l'élever dans de bonnes conditions, pour maîtriser la fertilité des couples ayant déjà plusieurs enfants et ne souhaitant plus en avoir d'autres... et bien évidemment pour se protéger mutuellement du virus du SIDA. De plus, pour ceux qui choisissent de ne pas tenir compte des principes d'abstinence et de fidélité, il est préférable qu'ils le fassent en se protégeant eux-mêmes et leurs partenaires (principe du moindre mal).

Et après ?
J'ose affirmer que si la méthode ABC était universellement appliquée, le SIDA disparaîtrait de lui-même en l'espace d'une génération. Je ne suis pas naïf et je sais aussi que ça ne sera jamais le cas. Alors, que faut-il de plus que cette méthode pour combattre la maladie la plus terrible que nous connaissons à notre époque ?
La première priorité est à donner à la médecine, qui fait un travail exceptionnel pour soulager la souffrance des malades et développer des traitements (trithérapie, etc.) de plus en plus efficaces pour en combattre les effets... en attendant l'heureux jour de la découverte d'un remède permettant enfin de guérir de SIDA !!! Alors, en cette Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA, je souhaite rendre un profond hommage à tous ceux qui, dans le monde entier, viennent en aide aux personnes victimes de cette terrible maladie, et pour empêcher d'autres d'être eux aussi infectés. Je cite pèle-mêle, et liste bien évidemment pas du tout exhaustive : le Sidaction, AIDES, Aid for AIDS, Caritas, Samaritan's Purse, Christian Aid Mission, ONE (l'organisme de Bono, le chanteur de U2), etc.
Ensuite, un autre chantier important est celui de la prévention. Ici, je pense particulièrement au travail remarquable de AIDES, qui combat tous les facteurs d'infection. Notamment, grâce à leur travail de sensibilisation à l'usage unique de seringues, le taux d'infection chez les toxicomanes en France a été très considérablement réduit. Bien évidemment, il serait encore plus efficace de lutter contre la toxicomanie, mais nous savons tous qu'il est extrêmement difficile d'arrêter de se droguer et en attendant d'y être parvenu, il vaut mieux continuer en limitant au maximum les risques.
Enfin, c'est le rapport de la société aux personnes malades qui doit changer : les malades du SIDA souffrent, mais ils restent des êtres humains avec la même dignité que tous les autres. Pourtant, combien de fois ne sont-ils pas victimes de préjugés, rejetés, stigmatisés, exclus de la société ? C'est souvent le cas dans les sociétés traditionnelles du Tiers-Monde, surtout dans celles où l'épidémie est la plus forte Mais cela arrive aussi dans nos sociétés occidentales... et même surtout dans les cercles les plus "moraux-bien-comme-il-faut", pour lesquels le SIDA est la maladie des gays, des putes, des libertins et des drogués et qui, même s'ils ne le diront jamais ouvertement, ne sont pas loin de penser au fond d'eux que les malades l'ont de toute façon bien mérité... De loin toutes les personnes malades du SIDA n'ont pas été infectées à cause d'un comportement immoral et d'ailleurs même si c'est le cas, ça ne change absolument rien au fait qu'ils ont le droit tout autant que n'importe qui d'autre d'être aimés, respectés et secourus dans leur souffrance !!! Je conclus donc cet article en disant que personne ne mérite d'être rejeté ou discriminé parce qu'il est malade du SIDA et que tout doit être fait pour leur permettre de vivre une vie normale au sein de la société.

mardi 16 octobre 2012

Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : L'avenir en rose, perspectives pas très gay pour la famille...

Salut tout le monde !

C'était une promesse de campagne de François Hollande et elle est en passe de devenir réalité : le 31 octobre, le Conseil des Ministres examinera un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe et permettant à ces couples d'adopter des enfants. Le gouvernement à donc décidé d'avancer dans le sens de cette réforme à hauts risques, malgré les inquiétudes des maires, qui devront célébrer ces unions (et qui demandent au moins une clause de conscience, ce qui serait effectivement la moindre des choses...), du Conseil supérieur de l'adoption, de psychologues, de professionnels de l'enfance, de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, de juristes, de journalistes comme le fondateur de Reporters sans frontières, des différentes églises chrétiennes (catholique, orthodoxes, protestantes, évangéliques) et des autres communautés religieuses, voire même... des homosexuels eux-mêmes ! Alors, n'en déplaise aux nouveaux Inquisiteurs de la pensée unique qui au nom d'une fausse laïcité voudraient que la liberté d'expression soit pour tous les citoyens, à l'exception de ceux d'entre eux qui sont croyants, je vais moi aussi prendre position pour exprimer mon opposition à cette dangereuse évolution de la société.

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Parler le langage de son temps
Dans la première partie de ma réflexion sur ce thème, j'ai évoqué les perspectives bibliques sur l'homosexualité en général. Évidemment, le croyant sait qu'il ne vit pas dans une société 100% croyante et que son entourage n'a a priori aucune raison d'accepter une perspective biblique du monde seulement parce qu'elle refléterait soi-disant une volonté divine révélée. De même, il sait que Dieu a doté chacune de ses créatures d'un cadeau inaliénable : la liberté. Par conséquent, le croyant va d'une part accepter le droit des autres personnes à vivre d'une façon qu'il désapprouve et respecter et aimer ces personnes, et d'autre part, défendre ses convictions par des arguments non plus purement théologiques, mais aussi scientifiques, philosophiques, moraux, sociaux, politiques, juridiques, psychologiques, etc. Ce que je chercherai à faire dans cet article.

Le droit d'être différent
Aux débuts du militantisme gay moderne, qui a véritablement pris de l'ampleur à la suite de la "révolution sexuelle" de la fin des années 60, les homosexuels revendiquaient avant tout un droit à la différence. La reconnaissance de ce droit passait par la fin de toute forme de pénalisation du comportement homosexuel et l'acceptation par la société de ce mode de vie, au nom de la liberté individuelle, ainsi que par la lutte contre les discriminations dont les homosexuels pouvaient être victimes (à l'embauche, pour trouver un logement, etc). Il s'agissait de revendiquer le droit de vivre ainsi. Ces revendications sont tout à fait légitimes en elles-mêmes... à condition que ceux qui réclament la tolérance pour leurs choix de vie tolèrent aussi eux-mêmes la liberté des autres de ne pas être d'accord avec ceux-ci et d'exprimer leur désapprobation.
Mais avec le temps, les revendications des militants homosexuels ont pris un tournant : plutôt que de revendiquer un droit à la différence, ils ont commencé à vouloir copier le modèle de la famille hétérosexuelle. Pour résumer : après avoir réclamé, et assez largement obtenu, le droit d'être différents, ils ont voulu redevenir comme les autres... Après avoir choisi un mode de vie par lequel ils s'excluaient eux-mêmes de la définition naturelle et juridique de la famille, ils ont voulu dénaturer la famille pour qu'elle les inclue. Alors que les lois biologiques les empêchent d'être parents de par leur choix de vie, ils ont voulu le devenir par des moyens artificiels. L'ordre naturel du monde, qui veut que pour faire un enfant il faut un spermatozoïde ET un ovule, peut-il être modifié pour se plier aux fantasmes de quelques individus ?

Qu'est-ce que l'homophobie ?
La loi française ne donne pas de définition claire de ce qu'est l'homophobie. Elle est généralement définie comme la peur, la haine ou le rejet des personnes homosexuelles. En pratique, la loi condamne à la fois toutes les agressions physiques, verbales ou autres à l'encontre de personnes homosexuelles ou bisexuelles. A mon sens l'homophobie va cependant plus loin que cela : elle englobe tout sentiment, exprimé ou non, de haine, de rejet, de peur ou de gêne à l'encontre de ces personnes. Dans ce sens, ce sentiment doit être combattu, partout où il se trouve, y compris dans l'Eglise où il n'est que trop présent : les personnes homosexuelles sont des êtres humains qui ont droit au même respect et à la même considération que toute autre personne.
Il y a quelque temps, un ami chrétien m'a dit qu'il avait du mal à discuter avec une personne homosexuelle, parce qu'au cours de la conversation il se demandait sans cesse si son interlocuteur n'était pas en train d'essayer de le séduire. Dans cette réticence irrationnelle, j'ai cru discerner une peur homophobe inconsciente. Pourquoi, s'il n'y a rien de spécialement suspect dans la situation, mon ami s'imaginerait-il que son interlocuteur veuille le séduire ? Je lui ai répondu : "Et quand une fille hétérosexuelle t'adresse la parole, tu as forcément l'impression qu'elle veut te séduire aussi ?"
La loi punit également les discriminations à l'égard d'une personne en raison de son orientation sexuelle. L'orientation sexuelle a été ajoutée récemment à la liste des motifs de discrimination, avec notamment le sexe, les origines, la couleur de peau, l'âge, le handicap, la religion et les opinions politiques. Quelque chose me gène quelque peu dans cette liste : la plupart des autres éléments mentionnés sont des caractéristiques (non choisies) d'une personne. L'orientation sexuelle, en tout cas la pratique sexuelle qui est à distinguer de l'attirance, est un choix de vie (de même que la religion et les opinions politiques d'ailleurs). Il me paraît important de distinguer les deux. Toutefois, il n'y a aucune raison pour laquelle les personnes homosexuelles ne puissent pas accéder aux mêmes conditions de vie que les autres, pour l'emploi par exemple, tant que leur homosexualité n'affecterait pas leur capacité de travail (ou autre), ce qui n'est a priori pas le cas.
En tout cas, il me paraît urgent de donner une définition légale de l'homophobie. A la fois pour définir ce qu'elle est, et ce qu'elle n'est pas. L'homophobie n'est PAS de considérer le choix de vie homosexuel comme mauvais et condamnable, tout en respectant la personne des homosexuels et leur liberté de choisir ce mode de vie : là, il s'agit de liberté de pensée. Pourtant, il est tellement fréquent que dès que quelqu'un s'exprime dans ce sens, ou même seulement émet la moindre petite réserve à-propos du mariage homosexuel et de l'homoparentalité, il se fait aussitôt taxer d'homophobe et insulter... voire pire. (Oui ça sent le vécu là !) L'intolérance de la pensée unique : critiquer les actions de l'Etat d'Israël c'est forcément être antisémite, un musulman est forcément un dangereux terroriste et exprimer son patriotisme est forcément xénophobe, c'est bien connu... Ou encore : émettre la moindre réserve sur le mariage homosexuel est forcément homophobe. Alors, je profite de ma liberté d'expression (de laquelle, quoi qu'on en dise, nous jouissons encore, quoi qu'elle soit de plus en plus entravée par la pensée unique) pour clamer haut et fort que personne n'a le droit de m'interdire de penser comme je pense ! 

Qu'est-ce que le mariage ? 

Quand on parle de mariage, il est important de commencer par définir de quoi il s'agit. J'explique dans un article de mon blog quelle est ma vision, chrétienne, du mariage : une alliance pour la vie, fondée sur l'amour et l'engagement réciproques, librement consenti et concrétisée par un acte public, officiel.
Pour la société, c'est bién évidemment le Code civil, pas la Bible, qui détermine ce qu'est le mariage. L'article 12 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme affirme que le droit de se marier et de fonder une famille constitue un droit fondamental de chaque personne. En France, le Code civil énonce que le mariage est une "union d'un homme et d'une femme, ayant tous deux 18 ans révolus, qui s'unissent pour vivre en commun et se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance". C'est cet article que les partisans du mariage homosexuel veulent changer. Comme l'explique la spécialiste de droit constitutionnel Anne-Marie le Pourhiet (membre de l'UNI, syndicat universitaire de droite, et de la fondation Res Publica de Jean-Pierre Chevènement) dans cette interview, la finalité juridique du mariage est de garantir la stabilité du couple fondé sur l'altérité dans la différence sexuelle, et la protection de sa descendance. Donc, la notion de mariage homosexuel est un non-sens. Comme le dit avec beaucoup d'humour Mme le Pourhiet, prétendre que l'interdiction du mariage entre personnes de même sexe est discriminatoire, "c’est comme si l’on disait que la marche est discriminatoire parce qu’elle consiste à se déplacer en mettant un pied devant l’autre et que ceci n’est pas accessible aux unijambistes." Les homosexuels ne sont pas discriminés par l'impossibilité de se marier : ils s'excluent eux-mêmes de la définition de ce qu'est le mariage par leur choix de vie.

Il y a eu, dans le passé, des civilisations qui accordaient une grande place à l'homosexualité. Mais il n'y a JAMAIS, dans toute l'histoire, eu de reconnaissance officielle de couples homosexuels au même rang que les couples mariés hétérosexuels : le consensus universel de toutes les civilisations de l'histoire de notre monde est qu'une famille est une union de l'homme ET de la femme.
A noter que s'il s'agit uniquement des avantages fiscaux, je ne vois aucune raison pour laquelle les couples homosexuels ne puissent jouir des mêmes droits fiscaux que les couples hétérosexuels. Pour ça, pas besoin de mariage : un réaménagement du PACS suffirait.
La reconnaissance du "mariage gay" poserait problème aussi au vu de la filiation : actuellement, en vue du principe juridique de "présomption de paternité", lorsqu'un enfant naît d'une femme mariée, le mari de celle-ci est automatiquement considéré comme le père (même lorsqu'il ne l'est pas... mais ça c'est un autre débat ^^) et n'a pas besoin de déclarer l'enfant. Donc, si une femme lesbienne mariée à une autre femme a un enfant... qui serait le "père" légal ? Sa compagne ? Là, l'homoparentalité serait légalisée de fait. Et le père biologique qu'est-ce qu'on en fait ? La loi lui reconnaîtra-t-elle le statut de "goutte de sperme officielle" ? C'est dans ce sens qu'il devient extrêmement difficile pour les partisans du mariage opposés à l'homoparentalité de défendre leur position, parce que le mariage est intrinsèquement lié à la filiation.

Mariage civil, pas religieux !
Une des réparties les plus fréquentes de ceux qui veulent tuer le débat en se contentant de me demander poliment de fermer ma gueule : "On parle du mariage civil, pas du mariage religieux, un croyant n'a rien à dire sur le mariage civil !"
Outre le sympathique sous-entendu que je le seul droit que j'ai est celui de me taire, cette remarque fait état d'une profonde ignorance de la diversité des milieux chrétiens. Du fait qu'en France le catholicisme a eu pendant longtemps le quasi-monopole du paysage religieux, beaucoup de Français non croyants mais habitués au fonctionnement de cette institution religieuse ont encore du mal à comprendre que les choses ont changé. Si la personne savait de quoi elle parle, elle saurait que contrairement à l'Eglise catholique, le "sacrement de mariage" n'existe pas dans le protestantisme, desquelles font partie les églises évangéliques dont je suis issu. Pour nous, le mariage civil est le seul qui existe, généralement suivi d'un culte à l'église et d'une fête entre amis, mais ce n'est pas obligatoire et ça n'a aucune valeur officielle. Donc oui, c'est bien du mariage civil que je parle, pas du mariage religieux qui n'existe pas pour moi. Le mariage civil concerne les citoyens. Or, jusqu'à nouvel ordre, il n'existe aucune loi déchoyant les croyants de leur citoyenneté ! Conclusion : j'ai autant le droit de m'exprimer sur ce sujet que ceux qui veulent me l'interdire.

L'adoption : droit à l'enfant... ou droit de l'enfant ?
Pour ce qui est de l'adoption, son ouverture aux couples de même sexe aurait des conséquences encore plus tragiques que le mariage parce qu'elle impliquerait une tierce personne, qui devient une fois de plus la victime innocente de l'égoïsme des adultes : l'enfant.
Ce qui me frappe le plus dans tous les arguments des partisans de l'adoption par les couples homosexuels, c'est qu'il ne mettent systématiquement en avant QUE le droit de ces personnes d'avoir des enfants. Le droit À l'enfant, plutôt que le droit DE l'enfant... sauf que le "droit d'être parent" n'existe dans aucun code juridique au monde ! L'adoption a TOUJOURS été un droit DE L'ENFANT : celui de grandir dans un foyer équilibré, entouré de parents aimants... le droit d'avoir un papa et une maman. Or, à entendre les partisans de l'homoparentalité, l'enfant serait simplement un objet destiné à satisfaire les désirs parentaux des homosexuels.
N'importe quel psychologue confirmera que, de même que l'équilibre biologique fait qu'il faut un homme et une femme pour concevoir un enfant, pour son équilibre psychologique un enfant a besoin d'être élevé par un papa ET par une maman, dont la complémentarité dans l'éducation lui permettra de construire sa propre identité. Lorsque cet équilibre est rompu, par exemple par le décès ou l'abandon d'un des parents, l'enfant n'est évidemment pas perdu pour autant, il lui sera possible de se reconstruire autrement, mais il reste que le déséquilibre causé à la fois par la déchirure et par le manque d'altérité sexuelle dans l'éducation se fera ressentir. Personne ne doute qu'un couple homosexuel est capable de donner à un enfant tout l'amour dont il aura besoin, mais là n'est pas la question : un couple composé de deux papas ou de deux mamans ne pourre jamais offrir à un enfant l'équilibre essentiel duquel il aura besoin pour se construire. C'est pour cette raison que toutes les demandes dans ce sens en France ont jusqu'ici été refusées au nom de l'intérêt supérieur de l'enfant. Le refus d'adoption en raison de l'incompatibilité du mode de vie des parents avec les intérêts supérieurs de l'enfant est une disposition tout à fait légale, prévue par la loi et qui n'est en rien un jugement de valeur sur les choix de vie des parents potentiels.
Le besoin d'un père et d'une mère est particulièrement visible chez les enfants de moins de 5 ans, mais il reste réel par après. Particulièrement à l'adolescence, lors de l'éveil à la sexualité : comment deux pères expliqueront-ils le fonctionnement du cycle menstruel à leur fille de 12 ans qui a ses premières règles ? comment deux mères aborderont-elles avec leur fils de 15 ans la question de la masturbation ? Ces choses ont toujours fait partie de la complicité particulière père-fils et mère-fille.
L'adoption par un(e) célibataire est elle aussi différente de l'adoption par un couple homosexuel, puisqu'il reste la possibilité d'un futur partenaire pour compléter la cellule familiale.

A l'extrême limite, on pourrait considérer que les enfants seraient plus heureux s'ils étaient élevés par un couple homosexuel qui les aime, qu'enfermés dans un orphelinat. Mais même cet argument ne tient pas non plus, dans la mesure où il y a aujourd'hui en France davantage de familles en attente d'adoption que d'enfants à adopter.
En écrivant ceci, je n'ignore pas que l'homoparentalité de fait existe déjà : environ 250 000 enfants d'après les associations LGTB, entre 20 000 et 40 000 d'après l'Institut National des Etudes Statistiques, sont aujourd'hui élevés par des couples homosexuels. Peu importe les chiffres exacts, le fait est que ces enfants existent même si on peut regretter leur situation et qu'ils doivent être reconnus officiellement d'une façon ou d'une autre. Certaines de ces personnes témoignent sur ce site, que je consulte régulièrement parce que leur vécu m'intéresse. La plupart d'entre eux sont en réalité nés d'une précédente union hétérosexuelle avant qu'un de leurs parents n'adopte un mode de vie homosexuel, et sont toujours en contact avec leur autre parents ; la question du manque d'altérité sexuelle dans l'éducation ne se pose donc pas. Mais pour certains d'entre eux, par ex. ceux nés par insémination artificielle ou d'une mère porteuse (pratiques illégales en France, mais pas dans d'autres pays et certains homosexuels français vont le faire à l'étranger), le compagnon/la compagne de leur parent biologique est le seul autre adulte référent qu'ils auront eu pendant toute leur vie et dans ce cas, il est évident que ce lien ne peut pas être tout simplement ignoré. Le problème peut même tout à fait se poser un jour dans une église : imaginons qu'un couple homosexuel qui élève ensemble un enfant dont l'un serait le parent biologique, se joigne à une église et se convertisse ; que lui conseillerait-on alors de faire pour leur enfant ? Je suis donc tout à fait favorable à une forme de reconnaissance, différente de l'adoption, du statut du beau-parent homosexuel (et du beau-parent hétérosexuel), statut qui lui permettrait aussi d'avoir la garde de l'enfant en cas de décès du parent biologique. Mais en tout cas, ce cas particulier ne peut servir à justifier l'adoption d'orphelins par des couples homosexuels.

D'ailleurs... est-ce réalisable ? 
Aujourd'hui, 80% des adoptions en France sont des adoptions internationales. Or, la quasi-totalité des pays ayant signé un agrément avec la France, notamment l'ensemble de l'Afrique noire, Haïti, la Chine, le Vietnam, la Colombie, l'Europe de l'Est y compris la Russie, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils refuseraient de laisser leurs enfants être adoptés par des couples de même sexe. En France même, il n'y a que peu d'enfants adoptables. Cette loi, si elle passe, risque donc de provoquer encore plus de souffrance et de frustration pour ces couples, dont le profond désir d'avoir un enfant (que je comprends tout à fait, même si je n'y souscris pas) ne pourra de toute façon, pour la plus grande partie d'entre eux, pas se réaliser faute de trop peu d'enfants adoptables.

Et après ?
Les lobbys LGTB ont déjà fait entendre que les réformes prévues par le gouvernement ne vont pas assez loin. Ils réclament notamment l'accès à la procréation médicalement assistée (qui engendrerait une inégalité de fait entre couples homosexuels féminins et masculins dans l'accès à la parentalité) et la légalisation de la gestation pour autrui ("mères porteuses"), qui sont selon eux la "suite logique" du droit à l'adoption. Cela signifie que si ce projet de loi est adopté, le gouvernement pourrait se voir par la suite obligé de céder aux pressions d'autoriser ces pratiques auxquelles il est pourtant opposé...
Et quelles seraient les conséquences ? L'enfant né d'une mère porteuse n'aurait plus seulement deux, mais même trois "parents". Le corps des femmes servant de mères porteuses deviendrait un outil à procréer pour le compte de quelqu'un d'autre... une nouvelle forme d'esclavage. On ne joue pas à l'apprenti-sorcier avec la filiation.

Combat droite-gauche ?
Il est vrai qu'historiquement, la cause d'une plus grande reconnaissance de l'homosexualité dans la société a le plus souvent été défendue par la gauche, voire l'extrême-gauche, la droite étant plus réservée à l'encontre de telles évolutions (parfois d'ailleurs plus par conservatisme social que par conviction morale).
Mais aujourd'hui, le débat sur ces questions est beaucoup plus complexe qu'un simple clivage droite-gauche.
En France, alors que le gaullisme historique a toujours été attaché à la famille comme fondement de la société, l'UMP n'a pas aujourd'hui de position officielle sur le mariage homosexuel et l'homoparentalité et ses membres sont divisés : de plus en plus de personnalités importantes du parti sont favorables à ces évolutions (Chantal Jouanno, Yves Jégo, Franck Riester), ou du moins à la première (Nathalie Kosciusko-Morizet) ; y compris des personnalités qui y ont toujours été opposées et ont changé d'avis récemment (Luc Chatel). Il ne faut pas oublier qu'un des plus grands lobbys LGTB en France, GayLib, est rattaché à l'UMP.
Le centre aussi est sceptique : Franck Meyer, maire MoDem de Sotteville-sous-le-Val dans le 76 et candidat aux dernières législatives (dans la circonscription de Laurent Fabius), est le président fondateur du Collectif Maires pour l'Enfance, la fronde des maires opposés à la réforme.
Logo du mouvement des Poissons Roses
A gauche, si une nette majorité y est acquise, une minorité influente de personnalités socialistes (Lionel Jospin, Michel Rocard, Dominique Potier, Gérard Collomb, Bernard Poignant, Georgina Dufoix), alliées au PS (Jean-Pierre Chevènement) ou du Front de Gauche (Patrice Carvalho) continue cependant de s'y opposer. De même que le courant des Poissons Roses. Une opposition particulièrement forte dans les départements d'outremer puisque l'ensemble des élus de gauche (de la majorité et du FdG) de Guadeloupe et de Martinique sont fermement opposés à ces réformes.

Un sujet politique ?!
Logo du Collectif pour l'enfant,
qui regroupe tous les organismes
opposés au projet de loi
J'ai toujours eu pour principe sur mon blog de ne pas prendre position sur des questions politiques, comme je l'ai expliqué dans mon article sur les élections présidentielles. Cet article vient-il enfreindre ce principe ?
J'ai déjà montré que, même si on trouve encore davantage de partisans du mariage gay et de l'homoparentalité à gauche qu'à droite et davantage d'opposants à droite qu'à gauche, le clivage droite-gauche n'était plus aujourd'hui le seul facteur déterminant pour ce débat.

Quoi qu'il en soit, là n'est pas la question : je considère qu'il ne s'agit pas ici d'un sujet politique, mais d'une question de société, une question morale, qui dépasse tout engagement politique partisan. En m'y opposant, je ne soutiens pas un camp politique par rapport à un autre mais j'appelle les élus de toutes tendances confondues à écouter la voix de la raison plutôt que celle des intérêts particuliers d'une petite minorité.
Non : le mariage gay et d'adoption pour ces couples ne sont pas des questions politiques, mais des questions d'ordre moral et social, de première importance ! La famille est le fondement de toute société humaine, l'élément de base sur laquelle cette société se construit. Alors, j'appelle tous les Français, quelle que soit leur appartenance politique, croyants ou non, hétérosexuels ou homosexuels, à s'opposer à sa dénaturation qui aurait des conséquences tragiques pour notre avenir à tous !

dimanche 14 octobre 2012

Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : Perspective chrétienne contemporaine sur l'homosexualité

Salut tout le monde !

C'était une promesse de campagne de François Hollande et elle est en passe de devenir réalité : le 31 octobre, le Conseil des Ministres examinera un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe et permettant à ces couples d'adopter des enfants. Le gouvernement à donc décidé d'avancer dans le sens de cette réforme à hauts risques, malgré les inquiétudes des maires, qui devront célébrer ces unions (et qui demandent au moins une clause de conscience, ce qui serait effectivement la moindre des choses...), du Conseil supérieur de l'adoption, de psychologues, de professionnels de l'enfance, de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, de juristes, de journalistes comme le fondateur de Reporters sans frontières, des différentes églises chrétiennes (catholique, orthodoxes, protestantes, évangéliques) et des autres communautés religieuses, voire même... des homosexuels eux-mêmes ! Alors, n'en déplaise aux nouveaux Inquisiteurs de la pensée unique qui au nom d'une fausse laïcité voudraient que la liberté d'expression soit pour tous les citoyens, à l'exception de ceux d'entre eux qui sont croyants, je vais moi aussi prendre position pour exprimer mon opposition à cette dangereuse évolution de la société.

Ma réflexion sur ce sujet est assez longue. Je la publierai donc en deux parties : aujourd'hui j'expose la pensée chrétienne sur l'homosexualité en général, dans la deuxième partie que je publierai dans deux jours j'aborderai plus concrètement les questions du mariage homosexuel, de l'adoption et de l'homoparentalité.

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Une perspective biblique
Puisque c'est le thème sur lequel je m'exprime sur mon blog, je vais commencer par montrer ce que dit la Bible sur le mariage, la famille et l'homosexualité, avant d'élargir aux enjeux moraux, juridiques et sociaux.
Adam et Eve, dessinés par Rubens
La fondation de la famille intervient très tôt dans la Bible : immédiatement après la Création et avant l'avènement du péché, alors que l'humanité est encore en entière harmonie avec Dieu. En fait, déjà dans le récit de la Création il est fait mention de l'altérité homme-femme : "Dieu créa l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu ; il le créa homme et femme." Ce qui est souligné est que l'homme et la femme (en hébreux "ish" et "isha", terminaison masculine et féminine de la même racine) sont à la fois égaux et distincts dans l'ordre de la création, qu'ils ne sont pas identiques mais ont la même dignité et ont tous deux en eux l'image de Dieu. Le chapitre suivant, considéré comme fondateur du mariage et de la famille, aborde plus spécifiquement les raisons de cette altérité : "Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul, aussi je lui créerai une aide qui soit son vis-à-vis. [...] Et l'homme [lorsqu'il aperçoit la femme pour la première fois] dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! On l'appellera femme [isha] parce qu'elle a été prise de l'homme [ish]. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair." L'homme avait déjà auparavant fait la connaissance des autres êtres vivants et des animaux, mais aucun d'entre eux ne satisfaisait ce dont il avait réellement besoin : "une aide qui soit son vis-à-vis". Mais quand il voit la femme, il sent que "cette fois", il a trouvé celle qu'il cherchait : cette "alter ego", semblable à lui mais en même temps différente, un vis-à-vis et un miroir, deux moitiés distinctes prêtes à se réunir pour former un nouveau tout. L'union du mariage suppose l'altérité, la différence de laquelle découle la complémentarité, c'est cette différence qui donne à la relation amoureuse toute sa profondeur. Dès lors, une relation dans laquelle cette différence serait absente n'a pas sa place dans ce plan.
La destruction de Sodome et Gomorre
par Joachim Patinir
Il y a 4 types de textes dans la Bible qui évoquent directement les pratiques homosexuelles, sous diverses formes. Deux dans l'Ancien Testament et deux dans le Nouveau.
Le plus connu est l'épisode de la destruction de Sodome et Gomorre (auquel fait écho celui de Guibéa, dans le livre des Juges) : il s'agit de deux villes réputées dans tous les environs pour leur débauche, que Dieu a détruites pour les punir de leur immoralité. Le péché de ces deux villes a traditionnellement été interprété comme étant l'homosexualité (d'où le terme de "sodomie") ; en regardant le texte plus attentivement il est clair que c'était beaucoup plus que ça, certainement un ensemble de violence et de perversions sexuelles en toute sorte, dont l'homosexualité faisait seulement partie.
Il y a ensuite les deux passages de la loi de Moïse qui traitent des pratiques homosexuelles (Lévitique 18:22 et 20:13). Dans les deux cas, ces versets sont inclus dans une série de lois qu'on pourrait qualifier de droit commun, qui évoquent la vie sexuelle. Le manque de précisions montre qu'il s'agit des pratiques homosexuelles en général, pas d'une pratique particulière de cette époque. Dans les deux cas, cette pratique est très fermement condamnée : "c'est une abomination" et "une chose infâme".
Passons au Nouveau Testament : dans le premier chapître de la lettre qu'il a écrite aux chrétiens de la ville de Rome, l'apôtre Paul dresse le portrait peu flatteur de la société (de culture gréco-latine) de son époque, qui se désagrège à force d'accepter comme normales de nombreuses choses que Dieu condamne (dont les relations homosexuelles). Sa conclusion : "Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous." Pour ma part, je lui réponds : "Se vantant d'être sages, ils sont devenus folles !"
Enfin, le dernier passage est au chapitre 6 de l'Epître de Paul aux Corinthiens : il s'agit d'une liste de péchés, liés au caractère, à l'argent ou à la sexualité, dont ceux qui les pratiquent "n'entreront pas dans le Royaume de Dieu". Deux des termes de la liste font référence à la pratique de pédérastie, entre éphèbes (adolescents pubères) et leurs maîtres adultes. Cette pratique, qui avait avant tout une portée pédagogique d'initiation à la sexualité, est cependant très différente des couples homosexuels tels qu'on les connaît aujourd'hui.
Pour un croyant qui considère la Bible comme étant la Parole de Dieu, l'homosexualité est et demeurera à tout jamais inacceptable, parce qu'elle est en totale contradiction avec les plans de Dieu révélés dès la création du monde et parce qu'elle est clairement condamnée par tous les textes bibliques qui l'abordent directement.
Ceci dit, ce sujet n'a pas une importance fondamentale dans le message biblique. Il n'y a que 4 courts passages qui en parlent et Jésus lui-même n'a jamais
directement évoqué le sujet (sans doute parce que l'homosexualité était quasi-inexistante en Israël à son époque et ne préoccupait donc pas ses auditeurs). Il s'agit d'un thème totalement secondaire dans le message biblique (ce qui ne signifie pas que son enseignement dessus n'est pas clair). Aujourd'hui, ce phénomène a pris une grande ampleur dans la société, qui s'oppose à ce que la Bible dit sur le sujet. Par conséquent, on en parle beaucoup dans les églises alors qu'à-travers les siècles l'homosexualité était assez peu évoquée (car marginale), ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi car l'Eglise doit savoir interpeler la société sur ses dérives... mais ce faisant, il est important de ne pas donner à ce sujet une importance exagérée, surtout aux dépens d'autres tout aussi importants.

Parler le langage de son temps
Évidemment, le croyant sait aussi qu'il ne vit pas dans une société 100% croyante et que son entourage n'a a priori aucune raison d'accepter une perspective biblique du monde seulement parce qu'elle refléterait soi-disant une volonté divine révélée. De même, il sait que Dieu a doté chacune de ses créatures d'un cadeau inaliénable : la liberté. Par conséquent, le croyant va d'une part accepter le droit des autres personnes à vivre d'une façon qu'il désapprouve et respecter et aimer ces personnes, et d'autre part, défendre ses convictions par des arguments non plus purement théologiques, mais aussi scientifiques, philosophiques, moraux, sociaux, politiques, juridiques, psychologiques, etc. Ce que je chercherai à faire dans la deuxième partie de mon article.

Gay et chrétien...
Dans l'histoire récente, influencés par l'évolution de la société par rapport à l'homosexualité, un certain nombre de mouvements ont voulu réconcilier foi chrétienne et homosexualité en prétendant que les textes bibliques qui condamnent celle-ci sont mal interprétés ou contextuels à leur époque. Le plus célèbre mouvement "chrétien gay" est le mouvement David et Jonathan qui "regroupe des homosexuel-le-s en recherche spirituelle". Ce mouvement se base sur l'amitié entre le futur roi David et Jonathan, le fils de son prédécesseur le roi Saül, pour prétendre que leur relation était homosexuelle... une simple survol du passage en question prouve que cette interprétation ne tient pas debout. Il est vrai que lorsque Jonathan meurt, David en deuil dit littéralement que "son amitié m'était plus précieuse que l'amour des femmes"... pure figure de poésie hébraïque qui n'exprime absolument aucun attachement amoureux ou sexuel. Il n'empêche que c'est une idée que j'entends de plus en plus souvent : "On peut être croyant et gay, Dieu (s'il existe) n'a sûrement rien contre deux personnes qui s'aiment." Que des personnes qui ne considèrent pas la Bible comme étant la Parole de Dieu raisonnent ainsi, aucun problème, j'ai presque envie de dire que c'est normal... mais que des personnes qui prétendent considérer la Bible comme étant la Parole de Dieu tiennent un tel discours, ça relève de la schizophrénie ! Les textes bibliques sont clairs : on peut les accepter ou non comme vrais, mais personne n'a le droit de leur faire dire ce qu'ils ne disent pas !!! Dire : "Je suis chrétien, mais je ne pense pas que ce soit mal d'être homo" n'a pas plus de sens que de dire : "Je suis communiste mais je suis pour l'économie de marché."

Dieu aime les homosexuels !
L'association Oser en parler vient en aide aux
personnes croyantes ou non, souffrant de troubles
de l'identité sexuelle tels que l'homosexualité


Un article comme celui-ci qui ne terminerait pas par ce message serait extrêmement incomplet : la personne homosexuelle (ou devrais-je dire, la personne qui ressent une attirance homosexuelle, puisque je suis convaincu qu'il ne s'agit ni d'une nature ni d'une fatalité) a elle aussi été créée par Dieu et Dieu l'aime telle qu'elle est. De par leur sensibilité particulière, les personnes homosexuelles peuvent même apporter un plus indéniable à la société et ce n'est sûrement pas pour rien que de nombreux très grands artistes (tels Léonard de Vinci, Michel-Ange, Rimbaud, Proust, Gide, Oscar Wilde, Elton John et beaucoup d'autres) étaient homosexuels.
Mais attention : cela ne veut pas dire que Dieu a créé son attirance homosexuelle ni qu'il l'approuve ! Il y a de très nombreuses théories sur les origines de l'attirance homosexuelle (prédispositions génétiques, absence affective du parent de même sexe, etc.), personnellement je ne suis pas du tout spécialiste de ce sujet, alors je préfère m'abstenir pour ne pas dire d'absurdités. Ce que je sais c'est qu'elle n'est pas innée, génétique ou autre, et qu'elle n'est pas voulue par le Créateur. Elle n'est pas non plus une maladie psychologique qui dévaloriserait la personne qui ressent une telle attirance.
Ensuite, je sais aussi que cette attirance engendre souvent, sinon toujours, une profonde souffrance intérieure, évidemment à cause du regard des autres mais pas seulement. Enfin, je sais que cette attirance n'est jamais une fatalité, mais qu'il est possible d'en sortir !
Vincent, un de mes amis qui est étudiant en théologie à Aix-en-Provence, en sait quelque chose. Attiré par les hommes depuis son adolescence, il a pris conscience de la nocivité de cette attirance à la suite de sa conversion au christianisme et a d'abord fait le choix de l'abstinence pendant plusieurs années, pensant qu'il devrait cependant continuer de lutter avec ces pulsions pendant toute sa vie. Par la suite, à la suite de discussions avec d'autres chrétiens qui se sont abstenus de le juger et ont exprimé l'espoir que Dieu puisse le délivrer de son homosexualité. Ils lui ont dit : "Si Dieu a créé l'Univers, tu crois qu'il ne peut rien faire pour ta sexualité ?" Puis il a rencontré d'autres personnes souffrant de la même situation et des ministères connaissant très bien ces problèmes et très compétents pour aider ceux qui y sont confrontés. Aujourd'hui, il peut témoigner qu'il s'en est sorti, qu'il ne ressent plus aucune attirance homosexuelle et qu'il commence à découvrir la beauté d'une attirance basée sur l'altérité. La dernière fois que je l'ai vu, lors d'un camp annuel cet été, il a eu le courage de se lever devant une centaine de jeunes pour témoigner publiquement et de sa propre initiative : "L'année dernière, lorsque j'étais ici, j'étais homosexuel. Maintenant, grâce à Dieu, je suis hétérosexuel." Pour lui, il ne s'agissait pas de rentrer dans le moule, mais de mettre en avant que son identité, sexuelle et autre, se restaure depuis qu'il a trouvé son identité en Jésus. Je le remercie d'avoir accepté de relire mon article avant publication et vous propose de découvrir son blog, sur lequel il s'exprime sur ce sujet et sur d'autres en sortant volontiers des sentiers battus de l'évangéliquement correct. Il vous invite aussi chaleureusement à le contacter si vous voulez en savoir plus, il se fera un plaisir de vous répondre.