Affichage des articles dont le libellé est Interview. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Interview. Afficher tous les articles

vendredi 23 novembre 2012

Philippe Roser, DNA/Rue89 : Une prière pour des affaires

Bonjour à tous !

Fin de la semaine dernière, la presse régionale alsacienne (d'abord dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, repris par Rue89 Strasbourg avec des échos très positifs à chaque fois) a publié l'interview de Philippe Roser, un chef d'entreprise de la région de Saverne qui témoigne sans détours que son entreprise a été sauvée de la crise économique... grâce à Dieu ! Ce patron croyant, impliqué dans le réseau "Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens", raconte comment il a choisi de mettre Dieu aux commandes de son entreprise et explique les principes qu'il tire de sa foi et de la lecture de la Bible pour sa vie professionnelle et ses choix d'entrepreneur. Cette interview m'a touchée, je la partage donc ici.

Lire la suite


Philippe Roser, chef d'entreprise (Photo : DNA)
Il en est convaincu : Dieu a sauvé son entreprise de la crise. Depuis, il prie au boulot tous les jours et avant chaque décision importante. Membre de l’antenne savernoise d’Entrepreneurs et dirigeants chrétiens avec une douzaine de confrères, Philippe Roser témoigne d’un quotidien qui concilie foi et business. Ou comment Dieu sauve le monde… des affaires. Dans le hall d’entrée de la société R & D Project Managing, à Dossenheim-sur-Zinsel, pas de croix ni de citation biblique. Aucun signe « ostentatoire. On n’est pas dans le démonstratif. » Rien ne laisse croire qu’ici, le big boss, c’est Dieu.

Âgé de 47 ans, Philippe Roser a fondé l’entreprise en 1996, rejoint ensuite par ses deux frères.
À la tête de 20 salariés, les trois frères Roser exportent dans le monde des solutions pour l’automatisation de processus industriels dans les secteurs agro-alimentaire, biomédical ou automobile, pour un chiffre d’affaires de 4M € en 2011. Joli résultat pour une société qui, en 2009, a failli succomber face à la crise économique, et qui se prépare aujourd’hui à investir 300 000 € pour doubler sa capacité de production. Un miracle ? Philippe Roser en a la certitude : pour lui, après sa « conversion » fin 2009, Dieu a sauvé R & D.

Membre de l’antenne savernoise d’Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) – créée fin 2011 et septième du type en Alsace, pour 230 antennes en France, elle regroupe des dirigeants catholiques et protestants –, il dit ce que la foi fait à sa boîte au quotidien.

DNA : Vous dites que c’est la crise économique qui a conduit à votre « conversion ».
Je suis né à Weislingen dans une famille chrétienne, mais je n’étais pas attiré par ça, contrairement à mes deux frères. En 2008-2009, ça a été une période très difficile pour l’entreprise, on a failli mettre la clef sous la porte. J’avais beaucoup de pression et de questionnements : est-ce que j’ai bien fait de créer mon entreprise, comment je vais continuer à faire vivre mes salariés ? À Noël, mon frère m’a prêté un livre : ça a été un virage à 180 degrés. Je me suis rendu compte que Dieu n’était pas seulement dans la vie privée, mais aussi dans la vie professionnelle, là où on passe le plus clair de notre temps.

Et ça a changé quelque chose ?
On a prié, on a clairement mis notre entreprise dans les mains de Dieu, comme un contrat. On a tenu encore six mois, puis les commandes sont rentrées, dans un volume jamais vu. Ça nous a permis de sortir du rouge sur le bilan de l’année.

Depuis, comment ça se passe au quotidien ?
Chaque jour, nous remettons notre entreprise à Dieu par la prière, avant un coup de fil, le matin en salle de réunion, chacun pour soi ou les trois frangins ensemble. Quand nous avons un rendez-vous, on prie pour que ça se passe bien. Quand il y a un problème ou une décision stratégique à prendre, on se réfère à la Bible, notre manuel d’utilisation. On prie, on médite et on attend la révélation. Mais ce n’est pas de l’attentisme béat, c’est pratique et concret. »

Qu’en disent les salariés ?
Ça a été clairement annoncé en réunion avec l’ensemble des salariés. Nous sommes ouverts à leur faire partager ça, mais il faut que ça vienne d’eux. On est très attentifs à ne pas aller trop loin pour que personne ne se sente obligé ou mal vu.

Cela n’implique-t-il pas des préférences à l’embauche ou pour les promotions ?
Pas du tout. Ceux qui partagent nos opinions ne sont pas mieux vus que les autres. Les embauches sont faites selon les compétences et les qualités humaines, sans étiquette religieuse : on a déjà eu des salariés musulmans. Moi-même, je suis protestant, mais je préfère aller dans le sens des églises primitives, où il n’y avait pas d’étiquette. Ce qui est clair, par ailleurs, c’est qu’on est disponible pour nos salariés s’ils sont dans une détresse quelconque.

Comment un chef d’entreprise chrétien envisage-t-il le business ?
On doit être exemplaire. Payer les impôts, ne pas chercher à tromper l’État. Les pots de vin, les enveloppes pour qu’une commande soit passée, c’est niet. Il y a aussi un certain nombre de choses que je ne fais plus : je suis incapable de mentir, même par omission. On ne cherche pas non plus à démolir nos concurrents. C’est à nous de faire pour être meilleurs.

Dans un monde des affaires parfois féroce, ne risquez-vous pas de passer pour un enfant de chœur ?
C’est une question de confiance. On se dit que Dieu éclairera notre client.

Qu’en est-il du rapport à l’argent ?
C’est l’amour de l’argent que Dieu condamne. S’il n’y a plus de richesse, comment est-ce qu’on fait tourner un pays ou des entreprises ? C’est hypocrite que de ne pas chercher à gagner de l’argent, parce que plus on en a, plus on peut en donner. Et quand on en a, il faut donner.

Finalement, la foi, ça vous rapporte ?
À titre personnel, indéniablement. L’objectif, nouveau pour moi, est aussi d’apporter autant aux autres. À titre financier, je peux dire que je vais mieux qu’il y a deux ans et que l’entreprise va mieux qu’il y a deux ans.

EDC, est-ce un réseau ? Et y a-t-il un côté sectaire ?
Un réseau, pourquoi pas. Quand on fait partie d’une association où la solution se trouve, on ne va pas la chercher à l’extérieur. Et tous les moyens qui sont mis en œuvre sont légaux et honnêtes. Par ailleurs, EDC est multi-confessionnel et n’est pas sectaire du tout : on n’oblige personne. Notre objectif, c’est de véhiculer des valeurs. Il n’y a vraiment rien de caché, tout est visible et ouvert. Chez R & D, les profits restent majoritairement dans l’entreprise. Ils vont aussi vers les salariés par l’intéressement, vers des dividendes pour les actionnaires. Pour partie aussi, ils vont en dehors, sous forme de dons. Pas pour une étiquette d’église, mais pour une action ponctuelle, au profit d’une association ou d’un mécénat d’artiste, qui nous est révélée par Dieu d’une manière ou d’une autre.

dimanche 24 avril 2011

Jesus Freaks : Interview de Soko et Thomas

Salut tout le monde !

Les Jesus Freaks sont un mouvement international qui a à cœur de développer une présence chrétienne dans le monde alternatif. Inspiré des Jesus people, un mouvement de redécouverte de la foi chrétienne parmi les hippies dans les États-Unis des années 70, le mouvement actuel est né en Allemagne en 1991 et s'est étendu aux États-Unis et dans d'autres pays européens... dont, récemment, la France. Il s'agit de chrétiens qui refusent de se laisser couler dans le moule des églises institutionnelles et veulent vivre leur foi d'une manière radicale, informelle et créative, tout en étant culturellement proche des différentes cultures alternatives, punks, hippies, skins, etc, et en général des paumés et des laissés pour compte de la société.

Je connaissais le mouvement depuis plusieurs années par Internet, et quand il y a près de 2 ans une famille est venue s'installer près de Dijon où je faisais mes études à ce moment-là, j'ai rapidement pris contact avec eux et je me suis intéressé à ce qu'ils font. Début juin dernier j'ai participé à un week-end de rencontre qu'ils ont organisé (cf photo), et ça m'a permis de mieux les connaître. J'y ai découvert une grande diversité, beaucoup de choses que j'ai beaucoup aimées, certaines aussi avec lesquelles je suis moins d'accord (et là, j'ai pu librement en parler avec eux, dans l'ouverture et le respect), mais surtout ce qui m'a le plus marqué, c'est la fraternité naturelle et chaleureuse dans leurs relations et leur façon profondément authentique et sincère de vivre leur foi. Une fraternité et une authenticité que j'ai encore rarement trouvée ailleurs dans la société... y compris, malheureusement, rarement dans l'Église. Pourtant c'est la base même du message de Christ... peut-être est-ce effectivement nécessaire de sortir des structures organisées pour la retrouver ? peut-être la société moderne organisée avec ses carrières et ses institutions a-t-elle effectivement tué les relations humaines authentiques ? ou peut-être plutôt ces originaux pourront-ils renouveler les églises conventionnelles, et par extension la société ? Quoi qu'il en soit, qu'on soit d'accord avec tout ce qu'ils font ou non, l'Église a énormément à apprendre d'eux. C'est pourquoi j'ai eu envie d'interviewer deux d'entre eux pour mon blog.

Lire la suite

Alexandre Sokolovitch dit Soko (à droite) et Thomas (à gauche) sont deux des pionniers du mouvement Jesus Freaks en France. Je connais Soko depuis son arrivée dans la région de Dijon et je le rencontrais régulièrement pour discuter quand il était de passage sur la ville. J'ai fait la connaissance de Thomas et de sa fiancée Laurène lors du week-end de rencontre chez la famille Soko, à la ferme de la Chaux. Je les remercie tous les deux d'avoir accepté de répondre aux questions que je leur ai envoyées par mail.

Salut Soko ! Salut Thomas !
Vous faites partie du mouvement Jesus Freaks en France, un collectif de chrétiens qui veulent vivre leur foi dans le monde alternatif.
Pour commencer, pourriez-vous raconter brièvement vos vies avant d'être chrétiens, et comment vous vous êtes convertis ?
Soko : Je n'ai jamais eu besoin de croire en Dieu de toute mon enfance ou mon adolescence, par contre j'ai toujours cru dans l'homme et dans des valeurs humanistes. Je suis issu d'un milieu rock alternatif/black metal.
C'est vers l'âge de vingt ans que j'ai rencontré ce Dieu incarné en Jésus à travers la lecture des Évangiles. Ça a renouvelé ma confiance dans l'humanité et mon espérance en un autre monde ici et maintenant. Ça m'a apporté des nouvelles valeurs (la confiance, la simplicité volontaire, la reconnaissance de notre vulnérabilité pour s'appuyer sur Dieu, l'omniprésence de Dieu...)
Thomas : Pour ma part j'ai été élevé dans une famille chrétienne, et je me suis toujours dit chrétien. Sauf que jusqu'à ma "conversion", je n'avais pas vraiment la foi. Dieu pour moi c'était une réalité, certes, mais il n'avait aucune place dans ma vie... Un peu comme "la terre est ronde", ok, t'y crois, mais ça ne change rien dans ton quotidien.
Et puis vers 13 ans je me suis engagé dans une association : "Les Identitaires". Pour aller vite, c'est classé à l'extrême droite au niveau politique. J'ai été militant pendant environ 6 ans. Mais petit à petit je me suis rendu compte que c'était en paradoxe avec le fait de se dire chrétien. Je me suis retrouvé avec un choix à faire en quelque sorte, alors on peut dire que j'ai examiné les vraies valeurs de la vie, la moëlle de la vie comme dirait Thoreau, et je me suis lancé, je me suis converti quoi.

Un freak qui débarque dans une église ça doit faire un sacré choc culturel ! Comment ça s'est passé pour toi Soko ?
Soko : Je pense que le choc est le même que pour toute personne qui n'a pas grandi dans ce milieu particulier. Beaucoup d'églises évangéliques se sont développées en rupture avec la société ce qui a souvent créé une "microculture" avec son vocabulaire propre, ses rites d'initiés, ses valeurs conservatrices, sa structure pyramidale voire patriarcale... Au début, j'ai fait tous mes efforts pour rentrer dans le moule (il faut dire que la découverte de la foi était tellement euphorique que je m'en foutais) mais, au fur et à mesure, mon investissement faisait souvent grincer des dents les chrétiens conventionnels.

Thomas, toi tu as grandi dans une église évangélique, comment est-ce que ta différence du "chrétien classique" et ton engagement chez les Jesus Freaks est perçu autour de toi ?
Thomas : Pas très bien. Je pense que le milieu Jesus Freaks est perçu par les évangéliques comme provocant et trop libéral. Forcément ça ne plaît pas.

Comment avez-vous entendu parler du mouvement international des Jesus Freaks ?
Soko : En me baladant sur internet puis en allant à des rencontres en Allemagne.
Thomas : Moi c'est en entrant en contact avec le mouvement Jesus Freaks de France, je me suis renseigné sur les origines de ce mouvement et je suis tombé sur les Jesus Freaks International et leur fameux festival chrétien : le Freakstock. Je conseille c'est vraiment énorme !

Qu'est-ce qui vous plaît dans la vie de freak ?
Soko : Freaks veut dire passionnés, extravagants, alternatifs... Bref, ce qui me plaît c'est la créativité et l'énergie qu'il y a dans les personnes issues des milieux alternatifs. "Vis tes rêves au lieux de rêver ta vie" en est un bon résumé.
Thomas : Difficile de répondre à cette question, si j'ai choisi cette vie c'est que tout me plaît (ou presque). Mais si je devais vraiment faire ressortir quelque chose c'est la simplicité volontaire. En résumé, c'est le fait de diminuer ses besoins, pour pouvoir diminuer son temps de travail, et avoir plus de temps pour développer des activités non lucratives et durables (comme par exemple l'amitié).

Qu'est-ce que Jésus peut apporter de plus à un freak ?
Thomas : Jésus, en le laissant agir en nous, nous permet d'avancer dans des choses qui sont impossible à la nature humaine, comme l'amour de son prochain par exemple.

Quelle est la vision des Jesus Freaks ?
Soko : Une Tribu Chrétienne Hétéroclite Altermondialiste Autogérée de Prière (TCHAAP).
Donc, une Tribu, un collectif, gang,bande d'amis... bref nous sommes un groupe où les relations, humaines et avec Dieu, passent avant tout. Jean 17 v21
Chrétiens, c'est autour du Christ que nous nous unissons parce que Sa puissance est à la mesure des problèmes de notre temps et que Sa force triomphe dans notre faiblesse. La confiance en Jésus, guidée par le Saint Esprit, nous délivre de toute forme d'aliénation sociale et religieuse.
Hétéroclites : Nous voulons rejeter tout esprit sectaire et nous relier à l'ensemble des spiritualités chrétiennes, en reconnaissant comme frères et soeurs tout catholique, protestant, évangélique, orthodoxe, en recherche de vérité... qui aime Jésus et Son évangile. Marc 4 v40
Altermondialistes : Face au matérialisme, au capitalisme et au monde égoïste de la finance, nous pensons que d'autres mondes sont possibles, notamment le monde du coeur. Nous sommes solidaires avec les exploité(e)s et les différentes luttes pour plus de justice, une répartition équitable des richesses et la non exploitation de l'homme par l'homme... Matthieu 5 v6
Autogérée : Un seul Maître et Berger, Dieu. Nous essayons de fonctionner de manière horizontale en nous appuyant sur la responsabilité de chacun(e), et la soumission mutuelle. Que celui qui veut être le plus grand soit le serviteur de tous. Luc 22 v25
Prière : De manière créative ou traditionnelle, bruyante ou silencieuse, des temps collectifs sont réservés à une écoute et à une relation au divin. La prière est le coeur et le moteur de nos actions. Mathieu 18 v19
Thomas : Il y a pas mal de textes sur notre site qui clarifie bien notre vision, mais pour résumer je dirais qu'on cherche à construire un réseau d'amis, qui cherchent à vivre leur foi de manière libre et créative, en dehors de la vision conventionnelle de l'Église, mais toujours avec Jésus au centre.

Combien de personnes y a-t-il environ dans votre réseau de Jesus Freaks en France ?
Soko : Une trentaine référencée mais des centaines de contacts occasionnels. En France, c'est vraiment un réseau, pas un mouvement structuré.
Thomas : Une trentaine mais on grandit chaque année. D'ailleurs on organise un week-end de rencontre le 29-30 avril cette année, vous pouvez retrouver l'affiche sur la page d'accueil de notre site.

En général, font-ils partie d'une église "conventionnelle" ?
Soko : Pour certains oui, cathos, réformés, évangéliques, etc. D'autres non, soit il n'y ont jamais mis les pieds, soit ils n'étaient pas adaptés à ces structures.

Quand j'ai participé une fois début juin dernier à une rencontre de votre réseau chez toi Soko, j'ai été frappé par la diversité des gens qui s'y retrouvaient : des babacools, des métalleux, des punks, des dreadeux, des skinheads, des goths, des teuffeurs, et même tout simplement des chrétiens qui ne sont pas spécialement freaks mais ne se sentent juste pas à l'aise dans les églises telles qu'elles sont habituellement. Comment vivez-vous une telle diversité ?
Soko : Le seul point commun, c'est notre foi, c'est ce qui nous relie quelle que soit notre culture, notre style, nos idées (bien qu'il y ait une majorité de gauchistes en tous genres).
Thomas : On pense justement que cette diversité est une force. Surtout la diversité sur le plan de la foi. Ça nous rappelle en permanence qu'on ne détient pas la Vérité, et puis c'est dans la confrontation à l'autre (confrontation dans le sens des idées, pas confrontation physique) qu'on s'affermit ou qu'on se remet en question.

En plus de la Bible, il y a un autre livre qui a beaucoup marqué votre réseau de Jesus Freaks : Vivre comme un simple radical, de Shane Claiborne. Qu'est-ce que ce livre vous a apporté personnellement ?
Soko : En fait c'est une des premières personnes qui a interpelé le milieu évangélique américain d'aujourd'hui face à ses choix éthiques et son positionnement face à la société. C'est le renouveau du christianisme social. Du coup, ce livre apporte de la crédibilité à notre démarche dans les milieux évangéliques français.
Thomas : Moi ça m'a donné envie d'aller encore plus loin dans ma radicalité pour vivre l'Évangile. Au quotidien quoi. Ce qui m'a le plus marqué dans le livre par rapport à ça c'est quand Shane et sa bande se font arrêter pour avoir organisé un repas partagé avec des SDF dans un parc de leur ville.

Qu'est-ce que vous faites pour partager votre foi dans le monde alternatif ?
Soko : On essaye de vivre notre foi concrètement dans nos choix de tous les jours ainsi que dans nos choix de vie. Pas de prosélytisme, juste un autre style de vie qu'on veut plus simple, plus attentif à l'autre. Bref, se demander régulièrement : "Que ferait Jésus à ma place ?"
Thomas : On ne fait rien dans le seul but de "partager notre foi". On vit tout simplement ce qu'on a envie de vivre, en allant à la rencontre de l'autre (à travers les festivals, en visitant des éco-hameaux, etc...) et notre foi on la partage naturellement...

Pourriez-vous me raconter chacun un exemple concret de comment ce témoignage porte des fruits ?
Soko : Le réseau TCHAAP avec toutes ses nouvelles amitiés qui met en lien des personnes qui n'étaient pas forcément dans un cheminement de foi.
Thomas : Cet été il y a une fille (Marie) qui a été particulièrement touchée par l'accueil qu'on lui a fait sur les festivals, et l'attention qu'on lui a portée. Après ça serait plus à elle de dire qu'est ce qui l'a touchée mais je pense que c'est à peu près ça.

Chaque été, vous faites les tours de plusieurs festivals en France en caravane, pour participer d'une façon créative selon les dons de chacun et proposer un espace de rencontre et de discussion. Comment ça se passe ?
Soko : Nous aimons les festivals et voulons faire la fête de manière participative en prenant soin de nos amis. Nous restons sobres pour proposer un espace de rencontre conviviale autour d'un café ou d'un repas, du bénévolat, de l'écoute, de la musique... Ma femme, Marie, s'occupe des enfants quand leurs parents sont défoncés. Chacun participe selon ses dons, toutes les idées sont les bienvenues.
J'aurais d'ailleurs bien aimé participer moi aussi l'été dernier, mais ce n'était pas possible à cause de mon stage. Et cet été comme j'ai passé une année à l'étranger je préfère passer les vacances avec mes parents et pas trop bouger. Ce sera peut-être pour une autre année ?

Soko, avec ta femme Marie et tes 2 enfants (et un 3° en route d'ailleurs, félicitations ;-) ), vous vivez depuis quelque temps à Goshen, une ferme collective d'accueil et d'agriculture solidaire près de Dijon. Quelle est la vision de cette ferme ?
Soko : Face à l'individualisme et à la dictature de l'argent, nous agissons ensemble pour un monde solidaire, équitable et écologique. Nous choisissons comme projet créatif, un éco-hameau chrétien, participatif et festif, où habite un collectif de familles et d'amis dans une démarche de simplicité volontaire et d'autonomie qui pratique l'hospitalité, une agriculture naturelle et une économie alternative.

Tu es aussi engagé dans diverses organisations écologistes et altermondialistes, qui militent pour une société plus juste, qui ne serait plus dirigée par l'argent. Tout comme beaucoup d'autres Jesus Freaks d'ailleurs. Pourquoi penses-tu que c'est important pour un chrétien de s'impliquer dans des combats de société ?
Soko : Je crois que la lutte contre l'avidité, le matérialisme, l'égoïsme, le "toujours plus" est le sujet le plus récurrent dans les enseignements du Christ alors que, à contrario, ces valeurs consuméristes sont celles qui sont valorisées dans notre société. J'encourage chaque chrétien à ne pas se réfugier derrière des luttes moralistes inutiles mais bien dans des luttes politiques et personnelles pour encourager la solidarité, le partage des richesses, le respect de l'homme et de la création, à investir du temps dans nos relations (famille, ami, voisin..) plutôt que dans le "gagner plus" ou une carrière professionnelle.

Notamment, je me rappelle qu'il y a quelque temps, tu as participé à la lutte contre la Loi Loppsi II. Peux-tu expliquer pourquoi tu es opposé à cette loi ?
Soko : Encore une nouvelle loi en France qui lutte contre ce qui est différent et qui opprime une fois de plus les couches sociales les plus pauvres. La société aime ce qui est uniforme, nous on aime la diversité ;-) .

J'ai vu il y a quelque temps sur ton Facebook que tu te présentais aux élections générales dans ton canton, sur la liste d'Europe Écologie. J'avoue que ça m'a étonné de toi. Qu'est-ce qui t'a donné envie de le faire ?
Soko : Le manque d'éthique et la corruption dans les partis traditionnels. J'ai choisi donc le parti qui porte le mieux mes idées (l'écologie politique) et les personnes politiques en qui j'ai le plus confiance (Eva Joly, Philippe Mérieux, José Bové). Après, les élections ne changent pas tout, ils faut lutter à tous les niveaux.

Qu'est-ce que tu reproches aux églises classiques ?
Soko : Qu'elles sont classiques, donc leur manque de créativité.

Thomas, tu as terminé tes études l'été dernier et tu travailles comme infographiste freelance. D'ailleurs, c'est toi qui as créé le site web des Jesus Freaks français. Comment comptes-tu servir Dieu par ce boulot ?
Thomas : Houla vaste question... Déjà je ne pense pas que ça soit ma vocation de faire des sites. Dans le sens où j'aime bien mais ce n'est pas ce qui va guider ma vie non plus, donc à partir de là c'est difficile de projeter un service de Dieu dans ce cadre. Tout simplement je fais des sites pour les associations que j'ai à cœur et qui en ont besoin.

Après tes études, tu as choisi de vivre pendant un temps dans un camping-car pour pouvoir faire le tour de différentes communautés chrétiennes que tu soutiens. Pourquoi ce choix de la vie nomade ?
Thomas : Pour être plus libre, plus dans le mouvement, tant que je le peux. Ça permet de se forger, d'acquérir de l'expérience sur différents lieux de vie communautaire ou collective, etc...

Pour ta part, tu milites surtout contre les dérives sécuritaires de plus en plus fréquentes dans notre société. Pourquoi est-ce important pour toi en tant que chrétien ?
Thomas : Je pense juste que trop de chrétien ne se bougent pas, à cause du verset de Paul "Soumettez-vous aux autorités", alors que Paul a écrit ce verset pour appeler les chrétiens à aimer les êtres humains du gouvernement qui les persécutaient.
Mais après vers quoi les chrétiens doivent militer, ou même est ce qu'ils doivent militer, ce n'est pas à moi de le dire. C'est à chacun de faire son chemin.

Toi, quelles critiques fais-tu aux églises telles qu'elles sont généralement ?
Thomas : Je pense qu'elles sont trop figées dans des traditions et des modes de fonctionnement qui ne laisse pas assez la place à l'autre, à celui qui est "différent".
Après chaque église a ses défauts et ses qualités, mais il y a des choses récurrentes qui ne sont pas bibliques. Par exemple les membres d'églises qui accordent une autorité suprême au pasteur, en lui demandant son avis même pour changer de maison, ça craint.

Tu te maries cet été avec Laurène. Quels sont vos projets pour les prochaines années ?
Thomas : À chaque jour suffit sa peine.
(J'ajoute que depuis quelque temps à force de parler de ce sujet sur Facebook et de prier l'un pour l'autre Thomas est devenu un peu mon conseiller sentimental ^^.)




Dernière question, pour tous les deux : en conclusion, quel message voudriez faire passer à ceux qui liront cette interview ?
Soko : Vis tes rêves avec confiance, la vie est courte !!
Thomas : N'oubliez pas que la Vérité est un chemin.

Merci beaucoup pour vos réponses les mecs ! On aura sûrement l'occasion de se revoir à mon retour en France, en tout cas je compte repasser à Goshen de temps à autres. Et je viendrai bien évidemment à ton mariage Thomas !!! :-)

samedi 2 avril 2011

Hamoud Saleh al Amri

Salut tout le monde !

L'Arabie Saoudite est le pays le plus strictement islamique au monde et le site des lieux saints de la religion musulmane. Tous les Saoudiens sont officiellement musulmans et il n'existe aucun lieu de culte non musulman dans le pays. L'apostasie y est légalement passible de la peine de mort. Pourtant, même dans le pays où est né l'islam, certains osent encore passer par-dessus les immenses barrières religieuses, sociales et légales, et en viennent à croire que Jésus, Issah al-Masih, est tellement plus qu'un Prophète ; le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. Hamoud Saleh al Amri est l'un d'entre eux, probablement le plus connu, et c'est son histoire que j'ai eu envie de vous faire découvrir aujourd'hui.

Lire la suite

Hamoud Saleh al Amri est né en Arabie Saoudite, dans une famille arabe musulmane ordinaire, conservatrice mais pas extrémiste. C'est pendant ses études dans un autre pays arabe qu'il a des doutes sérieux sur l'islam, qui le conduisent à lire la Bible. Il raconte lui-même comment il a fait la découverte de l'Évangile, dans cette interview vidéo en 3 parties, dans laquelle il répond aux questions du missionnaire marocain Brother Rachid, surnommé le "télévangéliste du monde arabe", ex-musulman lui aussi, qui après avoir été directeur d'une société informatique dans son pays, est devenu animateur de la chaîne télévisée chrétienne arabe Al-Hayat. L'interview est en arabe, les sous-titres anglais ne sont pas très bons mais ils permettent de comprendre. Bon visionnage :-)







Hamoud Saleh al Amri n'a toujours pas le droit de quitter son pays. Il a été emprisonné plusieurs fois en raison de sa foi et de ses critiques à l'encontre du système politique et judiciaire saoudien, mais la pression internationale a permis à chaque fois d'obtenir sa libération. Il tient un blog (en arabe, mais je mets le lien quand même pour vous donner une idée) sur lequel il raconte à ses compatriotes l'histoire de sa conversion et explique les raisons de son choix.

mardi 15 mars 2011

Interview d'un chrétien marocain

Salam aleikoum tout le monde !

Je suis depuis quelque temps en contact avec un chrétien marocain qui vit dans une ville du Maroc. Comme beaucoup de vous savent déjà, je suis fasciné de cultures orientales et le Maroc est un pays qui ne tient particulièrement à coeur. Je réfléchissais donc à un moyen de faire connaître à d'autres ce que ce frère me partage quant à la vie des chrétiens marocains, sans pour autant le mettre en danger. Finalement, après avoir réfléchi et parlé avec lui, j'ai choisi de lui poser quelques questions, et de publier ses réponses, mais de manière anonyme et sans mentionner l'endroit au Maroc où il se trouve. Voici donc cette interview d'un chrétien marocain.

Lire la suite

1. Vous êtes citoyen marocain et vivez au Maroc. Vous êtes aussi un ancien musulman devenu chrétien, ce qui dans votre pays a de quoi surprendre. Comment avec-vous connu Jésus ?

- J'avais beaucoup de questions à pro
pos de l'islam vu la grande contradiction entre ce qui est dit et ce qui est fait, et c'est ce qui m'a poussé à quitter l'islam et à m'intéresser plus à mes études, et à un certain moment de ma vie j'avais senti un vide spirituel croissant, ce qui m'a poussé à chercher la vérité. Et grâce à un ami, j'ai pu rencontré des Chrétiens (marocains et étrangers), ce qui m'a poussé à connaître Jésus plus profondément.

2. Comment a réagi votre famille à votre décision ?

- Bien sûr ma famille quand elle l'a su a été contre au début, elle a essayé même de faire une certaine pression sur moi pour que j'abandonne ma foi. Mais en vain... ce qui l'a poussée à devenir mon premier protecteur contre les autorités et contre la famille élargie.
En gros, le problème des familles marocaines ce n'est pas la foi en elle-même, mais elles sont plus intéressées par leur image, leur situation et ce que les autres diront !!!!!

3. Le véritable nombre de chrétiens marocains est évidemment impossible à
connaître puisque beaucoup d'entre eux gardent leur foi secrète. Combien y en a-t-il de connus ? Combien environ pensez-vous qu'il pourrait y en avoir en tout ?

- Ceux qui sont connus représentent quelques milliers, un peu plus de 4000, mais je crois que ceux qui suivent Jésus-Christ, grâce à Internet et aux satellites, dépassent les dizaines de milliers et même plus, et c'est ce qui a poussé le gouvernement marocain à s'acharner contre les chrétiens marocains ainsi qu'étrangers, même si certains étrangers étaient sur le sol marocain pour leur business ou autre.

4. Quel est le plus souvent leur profil (sexe, âge, classe sociale, urbains/ruraux, etc) ?

- Les chrétiens marocains viennent de toutes les classes sociales, des 2 sexes, berbères et arabes, des citadins en grande majorité à cause de la marge de liberté dans les villes, il y a des docteurs, des fonctionnaires, des jeunes diplômés, des gardiens, des maçons.... tous égaux en Jésus-Christ. La plupart sont jeunes, mais pas exclusivement.

5. Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous avez à faire face en tant que chrétiens autochtones au Maroc ?

- Le grand problème c'est l'É
tat qui essaye de monopoliser la religion selon sa guise et son intérêt (d'ailleurs même les autres musulmans différents de la doctrine officielle du Royaume souffrent et sont eux aussi réprimés et emprisonnés ! ), et qui donc à travers les différents services secrets officiels et non officiels attaquent les chrétiens marocains et les répriment, certains sont même emprisonnés !!!!!
En plus, différents services secrets montent la société contre nous et lui demandent de nous attaquer ou autre...
6. De quelle manière partagez-vous l'Evangile avec vos compatriotes ?
- De la manière la plus directe, c'est-à-dire leur parler de Jésus-Christ et du vrai chemin de Dieu. Avec certains ils faut juste parler de Jésus, de sa vie de ses miracles. Avec d'autres il faut faire la comparaison avec ce qu'ils croient et les pousser à utiliser leurs cerveaux afin de choisir le vrai Dieu.

7. En Algérie, on constate qu'avec la renaissance de la culture berbère, beaucoup de Berbères qui redécouvrent leurs racines s'intéressent aussi à l'Evangile, notamment parmi les Kabyles. Observez-vous la même chose parmi les Berbères du Maroc ?

- Pas spécialement car au Maroc il y a un grand mixage ethnique et tous les Marocains sont au moins en partie berbères (sauf si on considère que seuls ceux qui parlent berbère le sont).

8. Quand on parle du Maroc, on pense toujours à la majorité de la population, arabo-berbère et musulmane. Pourtant, il y a une autre communauté religieuse qui est présente au Maroc depuis les siècles : les Juifs marocains, qui ont une riche culture et sont une minorité respectée. Y a-t-il des chrétiens parmi eux ? En connaissez-vous ?

- Oui bien sûr, même si leur nombre n'est pas grand à cause de la réaction brutale, dans la majorité des cas, de leurs familles.

9. Quelles conséquences pensez-vous que la vague de changements qui bouleverse actuellement tout le monde arabe aura sur les chrétiens dans ces pays, et tout particulièrement dans votre pays ?

- Je prie pour que ces changements amènent la vraie démocratie (pour quitter à jamais ces entités religieuses actuelles très fermées ! ), et c'est là et seulement là qu'on pourra parler de liberté religieuse tant souhaitée, et c'est notre espoir.

10. Avez-vous déjà commencé à expérimenter ces changements ?

- Sûrement. Le changement viendra tôt ou tard et c'est le moment maintenant, et l'Église marocaine y participe fortement, pour un pays démocratique, civil et laïc !

11. Quelles sont les relations entre les chrétiens marocains et les chrétiens étrangers résidant dans le pays ?

- En général de bonnes relations !

12. Que pensez-vous que les chrétiens en France et en Occident peuvent faire pour vous aider ?

- On demande, SVP, plus de prières pour la situation ici et plus d'actions politiques pour faire pression sur le régime marocain.

13. En conclusion, quel message voudriez-vous faire passer aux jeunes chrétiens français qui vous liront ?

- Notre Seigneur nous demande d'être soit chauds, soit froid, mais pas tièdes !!!!! Ne soyons pas tièdes et proclamons Jésus-Christ haut et fort là où notre Seigneur nous ouvre les portes !

Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Merci beaucoup et soyez béni.

vendredi 6 août 2010

Interview sur ma protestation contre la Journée Internationale Brûle un Coran

Salut tout le monde !

Une église américaine de Floride est à l'origine d'une initiative profondément irrespectueuse et scandaleuse : le 11 septembre prochain, brûler des exemplaires du Coran dans l'enceinte de l'église, pour "commémorer les victimes des attentats et s'opposer au fléau de l'islam". Soi-disant, brûler le livre saint de l'islam pour montrer symboliquement que l'islam mène dans les flammes de l'Enfer...

Pour protester, j'ai donc créé un autre groupe Facebook pour les chrétiens opposés à cette initiative. Je suis persuadé qu’une majorité de chrétiens, même Américains, sont opposés à cette initiative abominable, sans aucun amour, et totalement anti-chrétienne ! Nous pouvons le prouver si le nombre de membres du groupe dépasse celui des fans de leur page. Merci de le rejoindre si vous avez Facebook, et d’inviter vos amis !!!

Dans le cadre de ce groupe, une journaliste qui écrit un reportage sur ce projet m'a contacté pour me poser des question sur pourquoi je m'y opposais. Je publie ici l'interview (en anglais, j'ai la flemme de traduire maintenant, je le ferai peut-être plus tard si je suis motivé) ^^. Ca vous permettra de mieux comprendre ma démarche.

Lire la suite

- Please, tell me your full name, occupation, where you are from and religion orientation.

My name Is Philip, I'm 20 years old and I'm French. I study foreign languages, English, Spanish and Arabic, at Dijon University, France, in order to become an interpretor. I was raised up in a Christian family, so I had a Christian education, and I personally dedided to accept Christ as my Saviour while I was a teenager. I belong to an evangelical church.

- How did you hear about the International Burn a Koran Day?
Through a link a friend put on his Facebook wall to denounce it. I immediately posted the link on my own Facebook wall, in order to ask my friends to report the group to Facebook at "Hate language", and I also did so myself.

- How was your reaction at the time, as a Christian like them?
I found it absolutely horrifying that other Christians can fall so low. I can't see any Christian love in such an event. I thought it was answering extreme Islamists in the same way as they do - by hatred. I believe God calls us Christians to love Muslims and to share with them his offer of Salvation through Jesus' sacrifice on the cross.
In the Gospel, Jesus says, "In all things, do to others what you would want them to do to you." That's what Christians call the Golden Rule. As we Christians don't want Muslims to burn the Bible, we shouldn't burn their Holy Book, the Koran - although this book means nothing to me.
I believe what worried me most of all was the terrible testimony this would be to Muslims if they saw it.
I also believe it is important to show extreme Islamists that the world won't bow down before them. It is very important to stand firm in front of Islamic terrorism. But this is certainly not the right way to do it - and it can also be easily understood as an amalgam assimilating all Muslims to terrorism. And I know most Muslims in the Western world today hate terrorism just as much as we do.

- How were the reactions among people that you know about this day? Do you know somebody Muslim that got offended?
In fact, the very first person who saw my link was a Berber Moroccan friend from my university. She is a Muslim, although she is not very practicing, and she was shocked. But she also was happy to see that as a Christian was against it, and considered it as being against Christianity and Christian love.
Since than, several other Muslim friends saw it, and they all felt offended - which I completely understand.
By the way, some of the wictims of 9/11 attacks were Muslim, and they surely would feel deeply hurt if they knew that a book which means so much for them will be burnt "in their memory".
As for Christians, I have spoken with many of my Christian friends about it, and all except one single person were against it, and agreed with me that it was completely contrary to Christian love.

- What made you open a group on Facebook against this event? When was it?
Just after I saw the group, I immediately wanted to do something to protest against this event. I wanted this for two main reasons: show the organizers that the Church in its vast majority disapproves of them - I read today the National Association of Evangelicals, the largest evangelical body in the United States, called on the organizers to cancel the event - and show Muslims, who are disgusted by such a sort of Christianity, that there are Christians who are different, who don't act like that.
I spent time in prayer, asking God what he wanted me to do, and the idea of a Facebook group came the next day. I thought it was the best way to do what I wanted to do. So, I created the group on Sunday 1st of August, at the beginning of the afternoon.

- How many people support your cause until now and which is their profile?
At this moment, the group has 51 members, including myself, my father and my sister, which is quite good as the group is only 3 days old. At the beginning, most members were my personal friends, but now as I have posted links on different pages, more and more people I don't know personally are joining. About all are evangelical Christians. Members are Christians from all over the world: USA, Canada, UK, France, Switzerland, Germany, Italy, India, Algeria, South Africa, Ghana, French-speaking Africa, etc - it's the Church in the whole world testifying they are against International Burn a Koran Day. Right now, I'm thinking about reaching Eastern Christians: they are the Christians who suffer the more directly under Islamic extremism, yet from what I heard they also are against this idea.
A few members of the group are Muslims. They are welcome, if they want to discuss faith questions. But the group is firstly there for Christians, to express their disagreement.

- Did you have a chance to talk to the people from this church in Florida? Would you like to?
I didn't speak to them. If they want to contact me, they're welcome, but I don't wish to speak to them. If our group has more members than their page before September 11th, I will write to them on their website, to tell them the worldwide Church condemns what they're doing.
But I am completely aware my group will in no way stop them from doing what they plan to do. So it's not my aim to convince them to cancel the event, I know I would fail. But as I know by far most Christians are against such events, I want to show the world, and the organizers, that we as Christians disagree with people who call themselves Christians and act like this.

- What do you thing about this people from the International Burn a Koran Day? Are they on their right of free speech?
I have thought much about it, and I don't really know if it is their right. Thet fact is, according to American law, which includes in freedom of speech the freedom to insult, what they are doing is legal. According to French law, it would be considered as defamation, and so be illegal.
Anyway, I'm not sure if it should be allowed by the law or not, but I'm sure as Christians they should not act like this. We should be different of our society, and love our neighbors as ourselves. This way of doing is wrong, because it isn't commanded by love, but by fear - and the Bible says true love banishes fear. I read an interview of the pastor who is organizing this event, and he was calling Christians who were against it to share the Gospel with Muslims - I have to ask, how can he ever dream any Muslim would listen to the Gospel if he preaches it, after he will have burnt the Koran? His preaching will be completely useless.
Moreover, there is another point the organizers haven't thought of: Muslim extremists will surely want to avenge themselves, which means even more suffering for Christians in Muslim countries. And I believe God will hold them for accountable for whatever happens to those who believe in him because of their stupid event.

- Should the liberty that exists in America, and other places, allow any kind of manifestation, even if it promotes the increasing of prejudice?
That is an important point - I believe such manifestations should at least be forbidden because they favour prejudice, if not for other reasons. That's why I reported their Facebook page.
There is actually a debate on whether Islam is by nature a violent religion, or whether Islamist terrorism is against the real Islam. I have my opinion on this question, but I think it is far more important to look at what people calling themselves Muslims who live around us are living, than what would be a hypothetical "original Islam". And a large majority of Muslims in Europe and in the Middle-East are very peace-loving, respectful people, who abhor violence and wish to live in a world of religious tolerance. And they claim to find these ideas in the Koran. This event, this useless provocation, deeply hurts them, and also makes it more difficult to share the Gospel with them, by profanating something that is very important in their lives. That's why as a Christian, I am against this event, and I don't believe it glorifies God.
If you allow me to conclude with a message for Brazilian Christians: if you agree with me, please join my group! It is called: Christians AGAINST International Burn a Koran Day.