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mardi 16 octobre 2012

Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : L'avenir en rose, perspectives pas très gay pour la famille...

Salut tout le monde !

C'était une promesse de campagne de François Hollande et elle est en passe de devenir réalité : le 31 octobre, le Conseil des Ministres examinera un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe et permettant à ces couples d'adopter des enfants. Le gouvernement à donc décidé d'avancer dans le sens de cette réforme à hauts risques, malgré les inquiétudes des maires, qui devront célébrer ces unions (et qui demandent au moins une clause de conscience, ce qui serait effectivement la moindre des choses...), du Conseil supérieur de l'adoption, de psychologues, de professionnels de l'enfance, de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, de juristes, de journalistes comme le fondateur de Reporters sans frontières, des différentes églises chrétiennes (catholique, orthodoxes, protestantes, évangéliques) et des autres communautés religieuses, voire même... des homosexuels eux-mêmes ! Alors, n'en déplaise aux nouveaux Inquisiteurs de la pensée unique qui au nom d'une fausse laïcité voudraient que la liberté d'expression soit pour tous les citoyens, à l'exception de ceux d'entre eux qui sont croyants, je vais moi aussi prendre position pour exprimer mon opposition à cette dangereuse évolution de la société.

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Parler le langage de son temps
Dans la première partie de ma réflexion sur ce thème, j'ai évoqué les perspectives bibliques sur l'homosexualité en général. Évidemment, le croyant sait qu'il ne vit pas dans une société 100% croyante et que son entourage n'a a priori aucune raison d'accepter une perspective biblique du monde seulement parce qu'elle refléterait soi-disant une volonté divine révélée. De même, il sait que Dieu a doté chacune de ses créatures d'un cadeau inaliénable : la liberté. Par conséquent, le croyant va d'une part accepter le droit des autres personnes à vivre d'une façon qu'il désapprouve et respecter et aimer ces personnes, et d'autre part, défendre ses convictions par des arguments non plus purement théologiques, mais aussi scientifiques, philosophiques, moraux, sociaux, politiques, juridiques, psychologiques, etc. Ce que je chercherai à faire dans cet article.

Le droit d'être différent
Aux débuts du militantisme gay moderne, qui a véritablement pris de l'ampleur à la suite de la "révolution sexuelle" de la fin des années 60, les homosexuels revendiquaient avant tout un droit à la différence. La reconnaissance de ce droit passait par la fin de toute forme de pénalisation du comportement homosexuel et l'acceptation par la société de ce mode de vie, au nom de la liberté individuelle, ainsi que par la lutte contre les discriminations dont les homosexuels pouvaient être victimes (à l'embauche, pour trouver un logement, etc). Il s'agissait de revendiquer le droit de vivre ainsi. Ces revendications sont tout à fait légitimes en elles-mêmes... à condition que ceux qui réclament la tolérance pour leurs choix de vie tolèrent aussi eux-mêmes la liberté des autres de ne pas être d'accord avec ceux-ci et d'exprimer leur désapprobation.
Mais avec le temps, les revendications des militants homosexuels ont pris un tournant : plutôt que de revendiquer un droit à la différence, ils ont commencé à vouloir copier le modèle de la famille hétérosexuelle. Pour résumer : après avoir réclamé, et assez largement obtenu, le droit d'être différents, ils ont voulu redevenir comme les autres... Après avoir choisi un mode de vie par lequel ils s'excluaient eux-mêmes de la définition naturelle et juridique de la famille, ils ont voulu dénaturer la famille pour qu'elle les inclue. Alors que les lois biologiques les empêchent d'être parents de par leur choix de vie, ils ont voulu le devenir par des moyens artificiels. L'ordre naturel du monde, qui veut que pour faire un enfant il faut un spermatozoïde ET un ovule, peut-il être modifié pour se plier aux fantasmes de quelques individus ?

Qu'est-ce que l'homophobie ?
La loi française ne donne pas de définition claire de ce qu'est l'homophobie. Elle est généralement définie comme la peur, la haine ou le rejet des personnes homosexuelles. En pratique, la loi condamne à la fois toutes les agressions physiques, verbales ou autres à l'encontre de personnes homosexuelles ou bisexuelles. A mon sens l'homophobie va cependant plus loin que cela : elle englobe tout sentiment, exprimé ou non, de haine, de rejet, de peur ou de gêne à l'encontre de ces personnes. Dans ce sens, ce sentiment doit être combattu, partout où il se trouve, y compris dans l'Eglise où il n'est que trop présent : les personnes homosexuelles sont des êtres humains qui ont droit au même respect et à la même considération que toute autre personne.
Il y a quelque temps, un ami chrétien m'a dit qu'il avait du mal à discuter avec une personne homosexuelle, parce qu'au cours de la conversation il se demandait sans cesse si son interlocuteur n'était pas en train d'essayer de le séduire. Dans cette réticence irrationnelle, j'ai cru discerner une peur homophobe inconsciente. Pourquoi, s'il n'y a rien de spécialement suspect dans la situation, mon ami s'imaginerait-il que son interlocuteur veuille le séduire ? Je lui ai répondu : "Et quand une fille hétérosexuelle t'adresse la parole, tu as forcément l'impression qu'elle veut te séduire aussi ?"
La loi punit également les discriminations à l'égard d'une personne en raison de son orientation sexuelle. L'orientation sexuelle a été ajoutée récemment à la liste des motifs de discrimination, avec notamment le sexe, les origines, la couleur de peau, l'âge, le handicap, la religion et les opinions politiques. Quelque chose me gène quelque peu dans cette liste : la plupart des autres éléments mentionnés sont des caractéristiques (non choisies) d'une personne. L'orientation sexuelle, en tout cas la pratique sexuelle qui est à distinguer de l'attirance, est un choix de vie (de même que la religion et les opinions politiques d'ailleurs). Il me paraît important de distinguer les deux. Toutefois, il n'y a aucune raison pour laquelle les personnes homosexuelles ne puissent pas accéder aux mêmes conditions de vie que les autres, pour l'emploi par exemple, tant que leur homosexualité n'affecterait pas leur capacité de travail (ou autre), ce qui n'est a priori pas le cas.
En tout cas, il me paraît urgent de donner une définition légale de l'homophobie. A la fois pour définir ce qu'elle est, et ce qu'elle n'est pas. L'homophobie n'est PAS de considérer le choix de vie homosexuel comme mauvais et condamnable, tout en respectant la personne des homosexuels et leur liberté de choisir ce mode de vie : là, il s'agit de liberté de pensée. Pourtant, il est tellement fréquent que dès que quelqu'un s'exprime dans ce sens, ou même seulement émet la moindre petite réserve à-propos du mariage homosexuel et de l'homoparentalité, il se fait aussitôt taxer d'homophobe et insulter... voire pire. (Oui ça sent le vécu là !) L'intolérance de la pensée unique : critiquer les actions de l'Etat d'Israël c'est forcément être antisémite, un musulman est forcément un dangereux terroriste et exprimer son patriotisme est forcément xénophobe, c'est bien connu... Ou encore : émettre la moindre réserve sur le mariage homosexuel est forcément homophobe. Alors, je profite de ma liberté d'expression (de laquelle, quoi qu'on en dise, nous jouissons encore, quoi qu'elle soit de plus en plus entravée par la pensée unique) pour clamer haut et fort que personne n'a le droit de m'interdire de penser comme je pense ! 

Qu'est-ce que le mariage ? 

Quand on parle de mariage, il est important de commencer par définir de quoi il s'agit. J'explique dans un article de mon blog quelle est ma vision, chrétienne, du mariage : une alliance pour la vie, fondée sur l'amour et l'engagement réciproques, librement consenti et concrétisée par un acte public, officiel.
Pour la société, c'est bién évidemment le Code civil, pas la Bible, qui détermine ce qu'est le mariage. L'article 12 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme affirme que le droit de se marier et de fonder une famille constitue un droit fondamental de chaque personne. En France, le Code civil énonce que le mariage est une "union d'un homme et d'une femme, ayant tous deux 18 ans révolus, qui s'unissent pour vivre en commun et se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance". C'est cet article que les partisans du mariage homosexuel veulent changer. Comme l'explique la spécialiste de droit constitutionnel Anne-Marie le Pourhiet (membre de l'UNI, syndicat universitaire de droite, et de la fondation Res Publica de Jean-Pierre Chevènement) dans cette interview, la finalité juridique du mariage est de garantir la stabilité du couple fondé sur l'altérité dans la différence sexuelle, et la protection de sa descendance. Donc, la notion de mariage homosexuel est un non-sens. Comme le dit avec beaucoup d'humour Mme le Pourhiet, prétendre que l'interdiction du mariage entre personnes de même sexe est discriminatoire, "c’est comme si l’on disait que la marche est discriminatoire parce qu’elle consiste à se déplacer en mettant un pied devant l’autre et que ceci n’est pas accessible aux unijambistes." Les homosexuels ne sont pas discriminés par l'impossibilité de se marier : ils s'excluent eux-mêmes de la définition de ce qu'est le mariage par leur choix de vie.

Il y a eu, dans le passé, des civilisations qui accordaient une grande place à l'homosexualité. Mais il n'y a JAMAIS, dans toute l'histoire, eu de reconnaissance officielle de couples homosexuels au même rang que les couples mariés hétérosexuels : le consensus universel de toutes les civilisations de l'histoire de notre monde est qu'une famille est une union de l'homme ET de la femme.
A noter que s'il s'agit uniquement des avantages fiscaux, je ne vois aucune raison pour laquelle les couples homosexuels ne puissent jouir des mêmes droits fiscaux que les couples hétérosexuels. Pour ça, pas besoin de mariage : un réaménagement du PACS suffirait.
La reconnaissance du "mariage gay" poserait problème aussi au vu de la filiation : actuellement, en vue du principe juridique de "présomption de paternité", lorsqu'un enfant naît d'une femme mariée, le mari de celle-ci est automatiquement considéré comme le père (même lorsqu'il ne l'est pas... mais ça c'est un autre débat ^^) et n'a pas besoin de déclarer l'enfant. Donc, si une femme lesbienne mariée à une autre femme a un enfant... qui serait le "père" légal ? Sa compagne ? Là, l'homoparentalité serait légalisée de fait. Et le père biologique qu'est-ce qu'on en fait ? La loi lui reconnaîtra-t-elle le statut de "goutte de sperme officielle" ? C'est dans ce sens qu'il devient extrêmement difficile pour les partisans du mariage opposés à l'homoparentalité de défendre leur position, parce que le mariage est intrinsèquement lié à la filiation.

Mariage civil, pas religieux !
Une des réparties les plus fréquentes de ceux qui veulent tuer le débat en se contentant de me demander poliment de fermer ma gueule : "On parle du mariage civil, pas du mariage religieux, un croyant n'a rien à dire sur le mariage civil !"
Outre le sympathique sous-entendu que je le seul droit que j'ai est celui de me taire, cette remarque fait état d'une profonde ignorance de la diversité des milieux chrétiens. Du fait qu'en France le catholicisme a eu pendant longtemps le quasi-monopole du paysage religieux, beaucoup de Français non croyants mais habitués au fonctionnement de cette institution religieuse ont encore du mal à comprendre que les choses ont changé. Si la personne savait de quoi elle parle, elle saurait que contrairement à l'Eglise catholique, le "sacrement de mariage" n'existe pas dans le protestantisme, desquelles font partie les églises évangéliques dont je suis issu. Pour nous, le mariage civil est le seul qui existe, généralement suivi d'un culte à l'église et d'une fête entre amis, mais ce n'est pas obligatoire et ça n'a aucune valeur officielle. Donc oui, c'est bien du mariage civil que je parle, pas du mariage religieux qui n'existe pas pour moi. Le mariage civil concerne les citoyens. Or, jusqu'à nouvel ordre, il n'existe aucune loi déchoyant les croyants de leur citoyenneté ! Conclusion : j'ai autant le droit de m'exprimer sur ce sujet que ceux qui veulent me l'interdire.

L'adoption : droit à l'enfant... ou droit de l'enfant ?
Pour ce qui est de l'adoption, son ouverture aux couples de même sexe aurait des conséquences encore plus tragiques que le mariage parce qu'elle impliquerait une tierce personne, qui devient une fois de plus la victime innocente de l'égoïsme des adultes : l'enfant.
Ce qui me frappe le plus dans tous les arguments des partisans de l'adoption par les couples homosexuels, c'est qu'il ne mettent systématiquement en avant QUE le droit de ces personnes d'avoir des enfants. Le droit À l'enfant, plutôt que le droit DE l'enfant... sauf que le "droit d'être parent" n'existe dans aucun code juridique au monde ! L'adoption a TOUJOURS été un droit DE L'ENFANT : celui de grandir dans un foyer équilibré, entouré de parents aimants... le droit d'avoir un papa et une maman. Or, à entendre les partisans de l'homoparentalité, l'enfant serait simplement un objet destiné à satisfaire les désirs parentaux des homosexuels.
N'importe quel psychologue confirmera que, de même que l'équilibre biologique fait qu'il faut un homme et une femme pour concevoir un enfant, pour son équilibre psychologique un enfant a besoin d'être élevé par un papa ET par une maman, dont la complémentarité dans l'éducation lui permettra de construire sa propre identité. Lorsque cet équilibre est rompu, par exemple par le décès ou l'abandon d'un des parents, l'enfant n'est évidemment pas perdu pour autant, il lui sera possible de se reconstruire autrement, mais il reste que le déséquilibre causé à la fois par la déchirure et par le manque d'altérité sexuelle dans l'éducation se fera ressentir. Personne ne doute qu'un couple homosexuel est capable de donner à un enfant tout l'amour dont il aura besoin, mais là n'est pas la question : un couple composé de deux papas ou de deux mamans ne pourre jamais offrir à un enfant l'équilibre essentiel duquel il aura besoin pour se construire. C'est pour cette raison que toutes les demandes dans ce sens en France ont jusqu'ici été refusées au nom de l'intérêt supérieur de l'enfant. Le refus d'adoption en raison de l'incompatibilité du mode de vie des parents avec les intérêts supérieurs de l'enfant est une disposition tout à fait légale, prévue par la loi et qui n'est en rien un jugement de valeur sur les choix de vie des parents potentiels.
Le besoin d'un père et d'une mère est particulièrement visible chez les enfants de moins de 5 ans, mais il reste réel par après. Particulièrement à l'adolescence, lors de l'éveil à la sexualité : comment deux pères expliqueront-ils le fonctionnement du cycle menstruel à leur fille de 12 ans qui a ses premières règles ? comment deux mères aborderont-elles avec leur fils de 15 ans la question de la masturbation ? Ces choses ont toujours fait partie de la complicité particulière père-fils et mère-fille.
L'adoption par un(e) célibataire est elle aussi différente de l'adoption par un couple homosexuel, puisqu'il reste la possibilité d'un futur partenaire pour compléter la cellule familiale.

A l'extrême limite, on pourrait considérer que les enfants seraient plus heureux s'ils étaient élevés par un couple homosexuel qui les aime, qu'enfermés dans un orphelinat. Mais même cet argument ne tient pas non plus, dans la mesure où il y a aujourd'hui en France davantage de familles en attente d'adoption que d'enfants à adopter.
En écrivant ceci, je n'ignore pas que l'homoparentalité de fait existe déjà : environ 250 000 enfants d'après les associations LGTB, entre 20 000 et 40 000 d'après l'Institut National des Etudes Statistiques, sont aujourd'hui élevés par des couples homosexuels. Peu importe les chiffres exacts, le fait est que ces enfants existent même si on peut regretter leur situation et qu'ils doivent être reconnus officiellement d'une façon ou d'une autre. Certaines de ces personnes témoignent sur ce site, que je consulte régulièrement parce que leur vécu m'intéresse. La plupart d'entre eux sont en réalité nés d'une précédente union hétérosexuelle avant qu'un de leurs parents n'adopte un mode de vie homosexuel, et sont toujours en contact avec leur autre parents ; la question du manque d'altérité sexuelle dans l'éducation ne se pose donc pas. Mais pour certains d'entre eux, par ex. ceux nés par insémination artificielle ou d'une mère porteuse (pratiques illégales en France, mais pas dans d'autres pays et certains homosexuels français vont le faire à l'étranger), le compagnon/la compagne de leur parent biologique est le seul autre adulte référent qu'ils auront eu pendant toute leur vie et dans ce cas, il est évident que ce lien ne peut pas être tout simplement ignoré. Le problème peut même tout à fait se poser un jour dans une église : imaginons qu'un couple homosexuel qui élève ensemble un enfant dont l'un serait le parent biologique, se joigne à une église et se convertisse ; que lui conseillerait-on alors de faire pour leur enfant ? Je suis donc tout à fait favorable à une forme de reconnaissance, différente de l'adoption, du statut du beau-parent homosexuel (et du beau-parent hétérosexuel), statut qui lui permettrait aussi d'avoir la garde de l'enfant en cas de décès du parent biologique. Mais en tout cas, ce cas particulier ne peut servir à justifier l'adoption d'orphelins par des couples homosexuels.

D'ailleurs... est-ce réalisable ? 
Aujourd'hui, 80% des adoptions en France sont des adoptions internationales. Or, la quasi-totalité des pays ayant signé un agrément avec la France, notamment l'ensemble de l'Afrique noire, Haïti, la Chine, le Vietnam, la Colombie, l'Europe de l'Est y compris la Russie, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils refuseraient de laisser leurs enfants être adoptés par des couples de même sexe. En France même, il n'y a que peu d'enfants adoptables. Cette loi, si elle passe, risque donc de provoquer encore plus de souffrance et de frustration pour ces couples, dont le profond désir d'avoir un enfant (que je comprends tout à fait, même si je n'y souscris pas) ne pourra de toute façon, pour la plus grande partie d'entre eux, pas se réaliser faute de trop peu d'enfants adoptables.

Et après ?
Les lobbys LGTB ont déjà fait entendre que les réformes prévues par le gouvernement ne vont pas assez loin. Ils réclament notamment l'accès à la procréation médicalement assistée (qui engendrerait une inégalité de fait entre couples homosexuels féminins et masculins dans l'accès à la parentalité) et la légalisation de la gestation pour autrui ("mères porteuses"), qui sont selon eux la "suite logique" du droit à l'adoption. Cela signifie que si ce projet de loi est adopté, le gouvernement pourrait se voir par la suite obligé de céder aux pressions d'autoriser ces pratiques auxquelles il est pourtant opposé...
Et quelles seraient les conséquences ? L'enfant né d'une mère porteuse n'aurait plus seulement deux, mais même trois "parents". Le corps des femmes servant de mères porteuses deviendrait un outil à procréer pour le compte de quelqu'un d'autre... une nouvelle forme d'esclavage. On ne joue pas à l'apprenti-sorcier avec la filiation.

Combat droite-gauche ?
Il est vrai qu'historiquement, la cause d'une plus grande reconnaissance de l'homosexualité dans la société a le plus souvent été défendue par la gauche, voire l'extrême-gauche, la droite étant plus réservée à l'encontre de telles évolutions (parfois d'ailleurs plus par conservatisme social que par conviction morale).
Mais aujourd'hui, le débat sur ces questions est beaucoup plus complexe qu'un simple clivage droite-gauche.
En France, alors que le gaullisme historique a toujours été attaché à la famille comme fondement de la société, l'UMP n'a pas aujourd'hui de position officielle sur le mariage homosexuel et l'homoparentalité et ses membres sont divisés : de plus en plus de personnalités importantes du parti sont favorables à ces évolutions (Chantal Jouanno, Yves Jégo, Franck Riester), ou du moins à la première (Nathalie Kosciusko-Morizet) ; y compris des personnalités qui y ont toujours été opposées et ont changé d'avis récemment (Luc Chatel). Il ne faut pas oublier qu'un des plus grands lobbys LGTB en France, GayLib, est rattaché à l'UMP.
Le centre aussi est sceptique : Franck Meyer, maire MoDem de Sotteville-sous-le-Val dans le 76 et candidat aux dernières législatives (dans la circonscription de Laurent Fabius), est le président fondateur du Collectif Maires pour l'Enfance, la fronde des maires opposés à la réforme.
Logo du mouvement des Poissons Roses
A gauche, si une nette majorité y est acquise, une minorité influente de personnalités socialistes (Lionel Jospin, Michel Rocard, Dominique Potier, Gérard Collomb, Bernard Poignant, Georgina Dufoix), alliées au PS (Jean-Pierre Chevènement) ou du Front de Gauche (Patrice Carvalho) continue cependant de s'y opposer. De même que le courant des Poissons Roses. Une opposition particulièrement forte dans les départements d'outremer puisque l'ensemble des élus de gauche (de la majorité et du FdG) de Guadeloupe et de Martinique sont fermement opposés à ces réformes.

Un sujet politique ?!
Logo du Collectif pour l'enfant,
qui regroupe tous les organismes
opposés au projet de loi
J'ai toujours eu pour principe sur mon blog de ne pas prendre position sur des questions politiques, comme je l'ai expliqué dans mon article sur les élections présidentielles. Cet article vient-il enfreindre ce principe ?
J'ai déjà montré que, même si on trouve encore davantage de partisans du mariage gay et de l'homoparentalité à gauche qu'à droite et davantage d'opposants à droite qu'à gauche, le clivage droite-gauche n'était plus aujourd'hui le seul facteur déterminant pour ce débat.

Quoi qu'il en soit, là n'est pas la question : je considère qu'il ne s'agit pas ici d'un sujet politique, mais d'une question de société, une question morale, qui dépasse tout engagement politique partisan. En m'y opposant, je ne soutiens pas un camp politique par rapport à un autre mais j'appelle les élus de toutes tendances confondues à écouter la voix de la raison plutôt que celle des intérêts particuliers d'une petite minorité.
Non : le mariage gay et d'adoption pour ces couples ne sont pas des questions politiques, mais des questions d'ordre moral et social, de première importance ! La famille est le fondement de toute société humaine, l'élément de base sur laquelle cette société se construit. Alors, j'appelle tous les Français, quelle que soit leur appartenance politique, croyants ou non, hétérosexuels ou homosexuels, à s'opposer à sa dénaturation qui aurait des conséquences tragiques pour notre avenir à tous !

dimanche 14 octobre 2012

Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : Perspective chrétienne contemporaine sur l'homosexualité

Salut tout le monde !

C'était une promesse de campagne de François Hollande et elle est en passe de devenir réalité : le 31 octobre, le Conseil des Ministres examinera un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe et permettant à ces couples d'adopter des enfants. Le gouvernement à donc décidé d'avancer dans le sens de cette réforme à hauts risques, malgré les inquiétudes des maires, qui devront célébrer ces unions (et qui demandent au moins une clause de conscience, ce qui serait effectivement la moindre des choses...), du Conseil supérieur de l'adoption, de psychologues, de professionnels de l'enfance, de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, de juristes, de journalistes comme le fondateur de Reporters sans frontières, des différentes églises chrétiennes (catholique, orthodoxes, protestantes, évangéliques) et des autres communautés religieuses, voire même... des homosexuels eux-mêmes ! Alors, n'en déplaise aux nouveaux Inquisiteurs de la pensée unique qui au nom d'une fausse laïcité voudraient que la liberté d'expression soit pour tous les citoyens, à l'exception de ceux d'entre eux qui sont croyants, je vais moi aussi prendre position pour exprimer mon opposition à cette dangereuse évolution de la société.

Ma réflexion sur ce sujet est assez longue. Je la publierai donc en deux parties : aujourd'hui j'expose la pensée chrétienne sur l'homosexualité en général, dans la deuxième partie que je publierai dans deux jours j'aborderai plus concrètement les questions du mariage homosexuel, de l'adoption et de l'homoparentalité.

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Une perspective biblique
Puisque c'est le thème sur lequel je m'exprime sur mon blog, je vais commencer par montrer ce que dit la Bible sur le mariage, la famille et l'homosexualité, avant d'élargir aux enjeux moraux, juridiques et sociaux.
Adam et Eve, dessinés par Rubens
La fondation de la famille intervient très tôt dans la Bible : immédiatement après la Création et avant l'avènement du péché, alors que l'humanité est encore en entière harmonie avec Dieu. En fait, déjà dans le récit de la Création il est fait mention de l'altérité homme-femme : "Dieu créa l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu ; il le créa homme et femme." Ce qui est souligné est que l'homme et la femme (en hébreux "ish" et "isha", terminaison masculine et féminine de la même racine) sont à la fois égaux et distincts dans l'ordre de la création, qu'ils ne sont pas identiques mais ont la même dignité et ont tous deux en eux l'image de Dieu. Le chapitre suivant, considéré comme fondateur du mariage et de la famille, aborde plus spécifiquement les raisons de cette altérité : "Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul, aussi je lui créerai une aide qui soit son vis-à-vis. [...] Et l'homme [lorsqu'il aperçoit la femme pour la première fois] dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! On l'appellera femme [isha] parce qu'elle a été prise de l'homme [ish]. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair." L'homme avait déjà auparavant fait la connaissance des autres êtres vivants et des animaux, mais aucun d'entre eux ne satisfaisait ce dont il avait réellement besoin : "une aide qui soit son vis-à-vis". Mais quand il voit la femme, il sent que "cette fois", il a trouvé celle qu'il cherchait : cette "alter ego", semblable à lui mais en même temps différente, un vis-à-vis et un miroir, deux moitiés distinctes prêtes à se réunir pour former un nouveau tout. L'union du mariage suppose l'altérité, la différence de laquelle découle la complémentarité, c'est cette différence qui donne à la relation amoureuse toute sa profondeur. Dès lors, une relation dans laquelle cette différence serait absente n'a pas sa place dans ce plan.
La destruction de Sodome et Gomorre
par Joachim Patinir
Il y a 4 types de textes dans la Bible qui évoquent directement les pratiques homosexuelles, sous diverses formes. Deux dans l'Ancien Testament et deux dans le Nouveau.
Le plus connu est l'épisode de la destruction de Sodome et Gomorre (auquel fait écho celui de Guibéa, dans le livre des Juges) : il s'agit de deux villes réputées dans tous les environs pour leur débauche, que Dieu a détruites pour les punir de leur immoralité. Le péché de ces deux villes a traditionnellement été interprété comme étant l'homosexualité (d'où le terme de "sodomie") ; en regardant le texte plus attentivement il est clair que c'était beaucoup plus que ça, certainement un ensemble de violence et de perversions sexuelles en toute sorte, dont l'homosexualité faisait seulement partie.
Il y a ensuite les deux passages de la loi de Moïse qui traitent des pratiques homosexuelles (Lévitique 18:22 et 20:13). Dans les deux cas, ces versets sont inclus dans une série de lois qu'on pourrait qualifier de droit commun, qui évoquent la vie sexuelle. Le manque de précisions montre qu'il s'agit des pratiques homosexuelles en général, pas d'une pratique particulière de cette époque. Dans les deux cas, cette pratique est très fermement condamnée : "c'est une abomination" et "une chose infâme".
Passons au Nouveau Testament : dans le premier chapître de la lettre qu'il a écrite aux chrétiens de la ville de Rome, l'apôtre Paul dresse le portrait peu flatteur de la société (de culture gréco-latine) de son époque, qui se désagrège à force d'accepter comme normales de nombreuses choses que Dieu condamne (dont les relations homosexuelles). Sa conclusion : "Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous." Pour ma part, je lui réponds : "Se vantant d'être sages, ils sont devenus folles !"
Enfin, le dernier passage est au chapitre 6 de l'Epître de Paul aux Corinthiens : il s'agit d'une liste de péchés, liés au caractère, à l'argent ou à la sexualité, dont ceux qui les pratiquent "n'entreront pas dans le Royaume de Dieu". Deux des termes de la liste font référence à la pratique de pédérastie, entre éphèbes (adolescents pubères) et leurs maîtres adultes. Cette pratique, qui avait avant tout une portée pédagogique d'initiation à la sexualité, est cependant très différente des couples homosexuels tels qu'on les connaît aujourd'hui.
Pour un croyant qui considère la Bible comme étant la Parole de Dieu, l'homosexualité est et demeurera à tout jamais inacceptable, parce qu'elle est en totale contradiction avec les plans de Dieu révélés dès la création du monde et parce qu'elle est clairement condamnée par tous les textes bibliques qui l'abordent directement.
Ceci dit, ce sujet n'a pas une importance fondamentale dans le message biblique. Il n'y a que 4 courts passages qui en parlent et Jésus lui-même n'a jamais
directement évoqué le sujet (sans doute parce que l'homosexualité était quasi-inexistante en Israël à son époque et ne préoccupait donc pas ses auditeurs). Il s'agit d'un thème totalement secondaire dans le message biblique (ce qui ne signifie pas que son enseignement dessus n'est pas clair). Aujourd'hui, ce phénomène a pris une grande ampleur dans la société, qui s'oppose à ce que la Bible dit sur le sujet. Par conséquent, on en parle beaucoup dans les églises alors qu'à-travers les siècles l'homosexualité était assez peu évoquée (car marginale), ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi car l'Eglise doit savoir interpeler la société sur ses dérives... mais ce faisant, il est important de ne pas donner à ce sujet une importance exagérée, surtout aux dépens d'autres tout aussi importants.

Parler le langage de son temps
Évidemment, le croyant sait aussi qu'il ne vit pas dans une société 100% croyante et que son entourage n'a a priori aucune raison d'accepter une perspective biblique du monde seulement parce qu'elle refléterait soi-disant une volonté divine révélée. De même, il sait que Dieu a doté chacune de ses créatures d'un cadeau inaliénable : la liberté. Par conséquent, le croyant va d'une part accepter le droit des autres personnes à vivre d'une façon qu'il désapprouve et respecter et aimer ces personnes, et d'autre part, défendre ses convictions par des arguments non plus purement théologiques, mais aussi scientifiques, philosophiques, moraux, sociaux, politiques, juridiques, psychologiques, etc. Ce que je chercherai à faire dans la deuxième partie de mon article.

Gay et chrétien...
Dans l'histoire récente, influencés par l'évolution de la société par rapport à l'homosexualité, un certain nombre de mouvements ont voulu réconcilier foi chrétienne et homosexualité en prétendant que les textes bibliques qui condamnent celle-ci sont mal interprétés ou contextuels à leur époque. Le plus célèbre mouvement "chrétien gay" est le mouvement David et Jonathan qui "regroupe des homosexuel-le-s en recherche spirituelle". Ce mouvement se base sur l'amitié entre le futur roi David et Jonathan, le fils de son prédécesseur le roi Saül, pour prétendre que leur relation était homosexuelle... une simple survol du passage en question prouve que cette interprétation ne tient pas debout. Il est vrai que lorsque Jonathan meurt, David en deuil dit littéralement que "son amitié m'était plus précieuse que l'amour des femmes"... pure figure de poésie hébraïque qui n'exprime absolument aucun attachement amoureux ou sexuel. Il n'empêche que c'est une idée que j'entends de plus en plus souvent : "On peut être croyant et gay, Dieu (s'il existe) n'a sûrement rien contre deux personnes qui s'aiment." Que des personnes qui ne considèrent pas la Bible comme étant la Parole de Dieu raisonnent ainsi, aucun problème, j'ai presque envie de dire que c'est normal... mais que des personnes qui prétendent considérer la Bible comme étant la Parole de Dieu tiennent un tel discours, ça relève de la schizophrénie ! Les textes bibliques sont clairs : on peut les accepter ou non comme vrais, mais personne n'a le droit de leur faire dire ce qu'ils ne disent pas !!! Dire : "Je suis chrétien, mais je ne pense pas que ce soit mal d'être homo" n'a pas plus de sens que de dire : "Je suis communiste mais je suis pour l'économie de marché."

Dieu aime les homosexuels !
L'association Oser en parler vient en aide aux
personnes croyantes ou non, souffrant de troubles
de l'identité sexuelle tels que l'homosexualité


Un article comme celui-ci qui ne terminerait pas par ce message serait extrêmement incomplet : la personne homosexuelle (ou devrais-je dire, la personne qui ressent une attirance homosexuelle, puisque je suis convaincu qu'il ne s'agit ni d'une nature ni d'une fatalité) a elle aussi été créée par Dieu et Dieu l'aime telle qu'elle est. De par leur sensibilité particulière, les personnes homosexuelles peuvent même apporter un plus indéniable à la société et ce n'est sûrement pas pour rien que de nombreux très grands artistes (tels Léonard de Vinci, Michel-Ange, Rimbaud, Proust, Gide, Oscar Wilde, Elton John et beaucoup d'autres) étaient homosexuels.
Mais attention : cela ne veut pas dire que Dieu a créé son attirance homosexuelle ni qu'il l'approuve ! Il y a de très nombreuses théories sur les origines de l'attirance homosexuelle (prédispositions génétiques, absence affective du parent de même sexe, etc.), personnellement je ne suis pas du tout spécialiste de ce sujet, alors je préfère m'abstenir pour ne pas dire d'absurdités. Ce que je sais c'est qu'elle n'est pas innée, génétique ou autre, et qu'elle n'est pas voulue par le Créateur. Elle n'est pas non plus une maladie psychologique qui dévaloriserait la personne qui ressent une telle attirance.
Ensuite, je sais aussi que cette attirance engendre souvent, sinon toujours, une profonde souffrance intérieure, évidemment à cause du regard des autres mais pas seulement. Enfin, je sais que cette attirance n'est jamais une fatalité, mais qu'il est possible d'en sortir !
Vincent, un de mes amis qui est étudiant en théologie à Aix-en-Provence, en sait quelque chose. Attiré par les hommes depuis son adolescence, il a pris conscience de la nocivité de cette attirance à la suite de sa conversion au christianisme et a d'abord fait le choix de l'abstinence pendant plusieurs années, pensant qu'il devrait cependant continuer de lutter avec ces pulsions pendant toute sa vie. Par la suite, à la suite de discussions avec d'autres chrétiens qui se sont abstenus de le juger et ont exprimé l'espoir que Dieu puisse le délivrer de son homosexualité. Ils lui ont dit : "Si Dieu a créé l'Univers, tu crois qu'il ne peut rien faire pour ta sexualité ?" Puis il a rencontré d'autres personnes souffrant de la même situation et des ministères connaissant très bien ces problèmes et très compétents pour aider ceux qui y sont confrontés. Aujourd'hui, il peut témoigner qu'il s'en est sorti, qu'il ne ressent plus aucune attirance homosexuelle et qu'il commence à découvrir la beauté d'une attirance basée sur l'altérité. La dernière fois que je l'ai vu, lors d'un camp annuel cet été, il a eu le courage de se lever devant une centaine de jeunes pour témoigner publiquement et de sa propre initiative : "L'année dernière, lorsque j'étais ici, j'étais homosexuel. Maintenant, grâce à Dieu, je suis hétérosexuel." Pour lui, il ne s'agissait pas de rentrer dans le moule, mais de mettre en avant que son identité, sexuelle et autre, se restaure depuis qu'il a trouvé son identité en Jésus. Je le remercie d'avoir accepté de relire mon article avant publication et vous propose de découvrir son blog, sur lequel il s'exprime sur ce sujet et sur d'autres en sortant volontiers des sentiers battus de l'évangéliquement correct. Il vous invite aussi chaleureusement à le contacter si vous voulez en savoir plus, il se fera un plaisir de vous répondre.

mercredi 23 mai 2012

Egypte : Ces Coptes qui comptent après la Révolution

Bonjour à tous !

Aujourd'hui a lieu le premier tour de l'élection présidentielle égyptienne, la première depuis la chute du dictateur Moubarak et aussi la première vraiment (bien qu'encore imparfaitement) démocratique de l'histoire du pays. Les principaux candidats sont l'ex-Secrétaire Général de la Ligue Arabe Amr Moussa, l'islamiste et ex-Frère Musulman Abdel Moneim Abou El-Foutouh et l'ex-militaire Ahmed Shafik. Dans les milieux chrétiens occidentaux, ces élections inquiètent et on met volontiers en avant notamment l'hostilité d'Amr Moussa aux accords de paix entre l'Egypte et Israël et l'appartenance encore récente d'El-Foutouh aux Frères Musulmans... mais c'est oublier par exemple qu'Amr Moussa, bien que musulman, a manifesté à plusieurs reprises de la sympathie pour la communauté chrétienne du pays et a participé à un culte de Noël dans une église évangélique copte du Caire, ou encore qu'El-Foutouh a été le tout premier membre important des Frères Musulmans à remettre en cause la position officielle de la confrérie sur la peine de mort pour les apostats en affirmant que tout musulman devait être libre de quitter l'islam. D'accord : je ne mets ici en avant que les infos positives et il est possible que ces gestes et déclarations soient purement électoralistes... mais au moins ça change d'autres qui se focalisent sur le négatif !

Dans un article précédent publié à l'occasion des législatives, je vous présente Rafiq Habib, un chrétien évangélique copte qui a une position pour le moins surprenante : vice-Président du parti politique des Frères Musulmans ! Aujourd'hui, je vous propose aujourd'hui de faire connaissance avec quelques autres chrétiens Coptes qui pourraient jouer un rôle important sur la scène politique et dans la société civile égyptienne après la Révolution. Plus de 70% des chrétiens ont voté aux élections législatives, un chiffre largement supérieur à la moyenne nationale, preuve que les chrétiens ne sont pas intimidés par la montée des islamistes et comptent bien rester engagés dans la société et défendre leurs droits ! Il y a d'ailleurs eu plusieurs Coptes élus.

Voici donc un petit tour d'horizon. Bien sûr, j'ignore ce que signifie leur identité chrétienne pour chacune de ces personnes, si elle représente simplement un élément de leur culture ou une source d'inspiration intellectuelle ou s'il s'agit d'une foi profonde et vivante. Toutefois, qu'ils soient eux-mêmes chrétiens au sens biblique du terme ou non, les valeurs morales qui mènent leur engagement public sont inspirées (entre autres) de leur compréhension du message chrétien et c'est à cela que je veux m'intéresser.

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Boutros Boutros-Ghali :
L'ex-Secrétaire général de l'ONU a aujourd'hui 89 ans, mais il reste une voix influente et respectée en Egypte. Francophone, docteur en droit international et diplômé de Sciences-Po Paris, il a enseigné dans plusieurs prestigieuses universités égyptiennes, américaines et européennes. Ministre des Affaires Etrangères sous la présidence d'Anwar Sadat, il a participé aux négociations pour le traîté de paix de 1979 entre l'Egypte et Israël. Son mandat à l'ONU, de 1991 à 1996, a été marqué par le génocide rwandais et la désintégration de la Yougoslavie, crises graves pour lesquelles il s'est efforcé de trouver des solutions pacifiques (malheureusement avec un succès limité). Par la suite, il est devenu Secrétaire général de la Francophonie de 1997 à 2002, puis depuis 2003, directeur du Conseil National Egyptien des Droits de l'Homme. Ses partisans comme ses critiques se souviennent de lui comme d'un diplomate soucieux de la construction de la paix et peu enclin aux politiques partisanes.

La famille Sawiris :
Il s'agit de la famille la plus aisée en Egypte : le plus jeune frère, Nassef, est l'homme le plus riche d'Egypte avec une fortune de 4,75 milliards de dollars, le frère aîné Naguib est la deuxième fortune du pays (2,9 milliards de dollars), le père Onsi occupe à 81 ans la 3° place (2,6 milliards de dollars) et le frère cadet vient un peu derrière à la 8° place et une fortune de 560 millions. Le père a créé Orascom, le plus grand groupe industriel égyptien, dont les fils se partagent aujourd'hui les trois filiales. Les Sawiris représentent les nouveaux entrepreneurs égyptiens qui veulent créer de l'emploi en Egypte et développer l'économie nationale en l'ouvrant à la loi du marché. En même temps, ils investissent aussi généreusement dans des organismes d'aide humanitaire.
La famille Sawiris est membre engagée de l'Eglise orthodoxe copte, mais en même temps elle est aussi proche des milieux évangéliques égyptiens et les trois frères ont d'ailleurs fait leurs études au lycée évangélique allemand du Caire. Est-ce une simple coïncidence que la première famille de milliardaires du pays soit issue de la communauté chrétienne, ou est-ce une réminiscence des vieux liens établis par Max Weber entre protestantisme, esprit d'entreprise et libéralisme économique ? Je n'ai pas assez approfondi le sujet pour le dire, mais le fait que les Sawiris non seulement affichent leur foi chrétienne comme très importante dans leur vie, mais de plus entretiennent des liens étroits avec les évangéliques égyptiens et occidentaux, me paraît assez intéressant pour être noté.
L'un des trois frères Sawiris joue aussi un rôle important dans la vie politique égyptienne, c'est pourquoi je vais m'intéresser à lui tout de suite.

Naguib Sawiris :
L'aîné des frères Sawiris a hérité du secteur télécommunications du groupe créé par son père. En 1998, il lance le principal opérateur de téléphonie mobile en Egypte. Entrepreneur ambitieux, il fait parler de lui en lançant en 2008  le tout premier opérateur en... Corée du Nord, le pays le plus fermé au monde ! Il est un des rares entrepreneurs égyptiens à n'avoir jamais entretenu de liens occultes avec le régime Moubarak et est respecté des révolutionnaires à cause de son hostilité à la corruption.
Mais depuis la Révolution égyptienne, Naguib délaisse son entreprise pour se consacrer à la politique et contribuer à la formation de l'Egypte de demain. Au lendemain de la fuite de Moubarak, son rôle important dans la société civile égyptienne lui permet d'être choisi comme membres du "Conseil des Sages", chargé de négocier avec l'armée une issue pacifique à la crise et la transition démocratique vers un régime civil élu. Au sein de ce conseil, il se dit favorable à une évolution progressive du système en place vers la démocratie, ce qu'il justifie par le risque de récupération islamiste de la Révolution en cas de changement radical. L'avenir lui a donné raison...

Alors que le pays se prépare aux législatives, Naguib crée un nouveau parti politique : le Parti des Egyptiens Libres, d'inspiration démocrate et libérale à la fois sur les plans politique et économique. Aux législatives, ce parti forme la coalition du Bloc Egyptien avec d'autres partis libéraux et sociaux-démocrates hostiles aux islamistes et attachés à la laïcité et à un Etat civil. L'alliance obtiendra 34 sièges (dont 15 pour le PEL lui-même), soit 9% du total, ce qui en fait la seconde force d'opposition laïque au Parlement, après les nationalistes d'Al-Wafd. Naguib n'a pas été lui-même candidat aux législatives.

Mounir Abdel Nour :
Voici un homme au parcours profondément original : issu d'une vieille famille de riches propriétaires terriens coptes, il est devenu avec un parti d'opposition un des deux seuls députés coptes élus du dernier Parlement sous Moubarak (sachant qu'il y en avait d'autres nommés directement par le chef d'Etat), avant d'être nommé après la Révolution Ministre issu de l'opposition dans le gouvernement de transition, à un secteur d'une importance capitale en Egypte : le tourisme. 
Chez les Abdel Nour, la politique, c'est une affaire de famille : cela fait plusieurs générations qu'ils militent dans le mythique parti Wafd, symbole de la lutte anticolonialiste dans les années 20. Le grand-père, Fakhry, était une figure importante de la Révolution égyptienne de 1919 par laquelle l'Egypte a arraché son indépendance au Royaume-Uni et a été emprisonné deux fois par les autorités coloniales. Par la suite, élu député avec Al-Wafd, il devient un fervent défenseur des fellahs (petits paysans) et meurt en 1942 en plein hémicycle. Depuis, toute la famille est restée politiquement engagée. L'enfance de Mounir Abdel Nour est donc marquée par les discussions politiques incessantes et souvent virulentes entre ses parents et ses oncles.
Mais avec l'avènement du Président Nasser et les politiques socialistes de celui-ci, les grands propriétaires terriens égyptiens (donc beaucoup sont des coptes) sont durement touchés par les réformes : leurs terres sont confisquées et ils sont contraints de venir s'installer en ville.
C'est à l'âge de 50 ans que Mounir Abdel Nour cède à son tour aux sirènes familiales de la politique : constatant que les Coptes délaissent la vie politique depuis plus de 40 ans, préférant s'impliquer dans l'économie ou dans les ONG, il décide de changer cela. C'est ainsi qu'il rejoint le nouveau parti Wafd (qui avait été recréé en 1983) dont il devient le Secrétaire général, et est élu député en 2005, puis réélu en 2010. Et même s'il n'était qu'un des deux seuls Coptes élus dans le dernier Parlement avant la Révolution, cela n'a pas refroidi son zèle mais plutôt renforcé sa combativité.
Après la chute de Moubarak, les nouvelles autorités égyptiennes veulent former un gouvernement de transition avec la partition de l'opposition : c'est ainsi que Mounir Abdel Nour est nommé Ministre du Tourisme, un des ministères les plus cruciaux du moment. Alors que l'économie égyptienne est profondément dépendante du secteur touristique, l'insécurité consécutive à la Révolution a fait chuter le nombre de visiteurs de 45% au premier semestre de 2011 et de 35% au deuxième semestre. C'est donc à un des uniques députés coptes du Parlement qu'est confiée la responsabilité de prendre les mesures nécessaires afin de remettre le tourisme égyptien sur les rails. Lourde tache, de laquelle il s'est cependant bien acquitté puisque même si le nombre de visiteurs est encore loin de celui de 2010, un nouvel élan commence cependant à se faire sentir.
Et après la transition ? Mounir Abdel Nour est Secrétaire général d'Al-Wafd, qui est devenu avec 38 élus le principal parti laïc au Parlement, soutient Amr Moussa aux préidentielles et se définit aujourd'hui comme démocrate, nationaliste et pour un libéralisme économique modéré. Alors que son parti a examiné la possibilité d'une alliance avec le PLJ des Frères Musulmans aux élections, Abdel Nour s'y est fermement opposé, une prise de position qui a certainement été pour beaucoup dans le choix final du parti de quitter cette alliance et de réaffirmer son attachement à la laïcité et à un Etat civil non religieux.


Emad Gad : 
Faisons à présent connaissance avec un des députés coptes élus dans le nouveau Parlement. Emad Gad est un avocat, membre prominent du Parti Social-Démocrate Egyptien (un des partis membres du Bloc Egyptien, cf paragraphe sur Naguib Sawiris) et élu député avec ce parti dans la circonscription Nord du Caire. Farouche défenseur de la démocratie et de la laïcité, virulent dénonciateur des abus de pouvoir de l'armée et des islamistes, il est le nouveau visage politique de ces chrétiens coptes qui refusent de se laisser intimider par la montée des islamistes et par la victoire des Frères Musulmans aux législatives, mais qui continuent de lutter pour défendre leurs droits.

Youssef Sidhom :
Son père, Anton Sidhom, est le fondateur de Watani ("patrie" en arabe), le seul média d'information copte en Egypte (en arabe, français et anglais). Youssef Sidhom lui a succédé en tant que rédacteur en chef. Sa position de journaliste influent lui permet de s'exprimer publiquement pour ceux qui n'ont pas de voix et de prendre position sur des sujets polémiques, comme par exemple les conversions de musulmans au christianisme.

dimanche 6 mai 2012

Message des jeunes chrétiens de France au nouveau Président de la République

Bonjour à tous !

Aujourd'hui, dimanche 6 mai, deux semaines après le premier tour qui a opposé 10 candidats, les Français se rendent aux urnes toute la journée pour décider qui, du sortant Nicolas Sarkozy ou de son adversaire socialiste François Hollande, sera notre nouveau Président pour les cinq années à venir. J'écris cet article quelques jours avant et le paramètre de façon à ce qu'il soit publié automatiquement le jour J à 20h, heure à laquelle les résultats des élections seront annoncés. En écrivant cet article, je ne connais donc pas le nom de celui qui sera très bientôt Président de la République, mais toi quand tu me liras tu le connaîtras.

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Comme mes habitués l'ont remarqué, je me suis volontairement abstenu d'évoquer ce sujet sur mon blog pendant toute la durée de la campagne électorale, essentiellement parce que j'ai trouvé celle-ci extrêmement décevante cette année par rapport aux éditions précédentes. De part et d'autre de l'échiquier politique, beaucoup plus je trouve qu'en 2007 ou 2002, on a plus entendu de démagogie et d'attaques personnelles mesquines (y compris, malheureusement, chez les chrétiens partisans des deux candidats qualifiés pour le second tour...) que de vrais projets de société et de débats de fond, ce qui ne m'a pas donné envie d'y participer. J'ai aussi pour principe de ne pas prendre position sur des questions politiques dans des articles de mon blog. Pourtant, ceux qui me connaissent savent que j'aime beaucoup parler de ces sujets, réfléchir et apporter ma contribution au débat démocratique. Mais je considère que ma foi, qui est le thème essentiel sur lequel je m'exprime ici, doit être au-dessus de la politique partisane et n'a pas à être assimilée à tel candidat, parti ou idéologie. Par conséquent, tout commentaire d'ordre politique partisan sur cet article sera supprimé.
En ce qui me concerne, j'ai réfléchi, prié et choisi, je sais pour lequel des 10 candidats j'aurais voté au premier tour (je parle au conditionnel parce que n'étant pas citoyen français (demande de naturalisation en cours) je n'ai pas le droit de vote), il y a aussi un des candidats restants qui me plaît plus (ou plutôt me déplaît moins) que l'autre et je sais aussi ce que je voterais aujourd'hui, mais je ne souhaite pas le publier sur Internet. J'encourage tout simplement tout un chacun à voter, afin de prendre part au choix de son avenir et de celui de notre nation, mais je ne fais pas de pub pour un candidat.

Pour ceux que ça intéresse, je vous invite à lire cette note que j'avais écrite sur mon ancien blog il y a 5 ans, le jour de l'investiture de Nicolas Sarkozy (c'est-à-dire avant ma majorité). Par ailleurs, je vous laisse le mot d'ordre que l'ex-Ministre Georgina Dufoix a lancé aux chrétiens français en 2007 : engagez-vous dès à présent à continuer de prier pour le nouveau Président, que ce soit ou non celui pour qui vous avez voté.

Pendant la campagne électorale, un groupe de jeunes chrétiens issus de diverses villes et églises en France ont produit une vidéo dans laquelle ils adressent un message au futur Président. Je n'ai pas moi-même participé (par contre j'ai reconnu les visages de 3 amis), mais je souscris entièrement à tout ce qui est dit. Cet appel à mon nouveau Président est aussi le mien, alors, j'ai voulu qu'il lui soit adressé depuis mon blog à l'instant même ou son nom sera dévoilé.


Au futur président from Porte Ouverte Mulhouse on Vimeo.



Votre mission : gouverner tous les Français, dans leur diversité qui fait leur richesse ; défendre, dans nos frontières comme au-delà, les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui sont à la base de notre République, afin que ces idéaux soient portés au plus haut.
Notre mission : vous respecter ; prier pour vous et pour ceux qui vous entourent et dirigent notre patrie ; prendre position pour la justice et la vérité ; nous impliquer dans la société, pour le bien de tous nos concitoyens. 


Monsieur le Président, que Dieu vous bénisse !!!

mercredi 12 janvier 2011

La persécution des chrétiens d'origine musulmane : vidéo de Saïd Oujibou

Salut tout le monde !

Je viens de tomber par le Facebook d'un ami, sur cette vidéo de Saïd Oujibou, pasteur, conférencier et fondateur et Président de la Fédération des Nord-Africains Chrétiens de France. J'avais depuis longtemps envie d'écrire un article sur ce sujet mais je ne savais pas comment l'aborder, alors cette vidéo m'en a donné l'occasion. Il s'agit d'un sujet tabou en France, un fléau que personne ne pense à (ou que personne n'ose) dénoncer : la persécution des chrétiens dans le monde musulman, et plus précisément celle des musulmans qui choisissent de quitter l'islam pour suivre Jésus-Christ.


Le magnifique témoignage du pasteur Saïd
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Précision sur la vidéo : les pays de tradition musulmane (à l'exception de l'Arabie Saoudite dont la Constitution interdit la pratique d'un culte non musulman sur son sol) accordent aux chrétiens étrangers le droit de se réunir et de vivre leur foi, généralement sans trop de problèmes. De même, dans les pays dans lesquels il existe une communauté chrétienne autochtone historique, plus ancienne que l'islam lui-même, ces communautés sont des minorités religieuses reconnues, qui peuvent vivre leur foi et à qui on reconnaît des droits, bien que leurs droits soient inférieurs à ceux de la majorité musulmane et qu'ils n'ont pas le droit d'évangéliser les musulmans (statut de "dhimmis"). Les chrétiens étrangers et les minorités chrétiennes historiques possèdent des lieux de culte et peuvent se réunir en toute légalité, les propos de Saïd Oujibou ne parlent non pas d'eux, mais des chrétiens autochtones issus de la culture islamique dominante, convertis de l'islam au christianisme. Ceux-ci existent bel et bien dans tous les pays du monde musulman, du Maroc au Pakistan, en passant par l'Egypte et la Turquie, et même en Arabie Saoudite et en Iran, mais dans presque tous ces pays, leur conversion est considérée comme illégale, dans les plus extrêmes ils risquent même la peine de mort pour le seul crime d'avoir quitté l'islam, et partout ils sont rejetés, persécutés, emprisonnés, voire tués, par leurs familles musulmanes, la société, le gouvernement ou des groupes terroristes islamistes. Ils sont souvent contraints de garder leur foi cachée et il leur est impossible de vivre leur foi, encore moins d'en parler à d'autres ou de se retrouver entre eux. C'est pour eux que Saïd Oujibou, avec toute l'Eglise en France et en Occident, demande la réciprocité : des mosquées en Europe, des églises en Afrique du Nord et ailleurs, pas pour les chrétiens étrangers ou issus des minorités chrétiennes historiques mais pour les citoyens de ces pays, musulmans, qui choisissent de quitter l'islam pour suivre Issah al-Masih. Saïd Oujibou a affirmé en une autre occasion : "Nous aimons les musulmans, mais nous exigeons la réciprocité : si un occidental a le droit de devenir musulman, un musulman doit avoir de même le droit de devenir chrétien."

Attention toutefois à ne pas tomber dans l'autre extrême, malheureusement une tendance pas totalement absente bien qu'ultra-minoritaire dans les églises en France : vouloir empêcher les musulmans de vivre leur foi dans notre pays, par exemple en empêchant la construction de mosquées. Sinon, eux aussi seraient en droit de demander la réciprocité : au Maroc, en Algérie et en Tunisie, pays desquels sont originaires la majorité des musulmans en France, les chrétiens occidentaux qui y résident ont des lieux de culte et ont le droit de se retrouver pour célébrer des cultes, alors en interdisant aux musulmans originaires de ces pays de faire de même, c'est nous qui enfreignons la loi de la réciprocité.

Un article plus détaillé suivra prochainement, probablement demain, là je suis fatigué alors je vais me coucher.

lundi 19 octobre 2009

Défi Michée

Salut tout le monde !

Hier encore je ne savais pas sur quoi j'allais écrire sur mon blog cette semaine. Dimanche, l'Eglise que j'ai rejointe sur Dijon pour la durée de mes études a organisé un culte spécial pour le "Défi Michée", et ça m'a donné l'idée d'écrire un article sur cette initiative.

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Michée est un prophète dans la Bible, qui a vécu au 7° Siècle avant Jésus-Christ. Son ministère consistait principalement à parler au nom de Dieu contre les injustices sociales de son époque : la corruption des rois d'Israël et des fonctionnaires, et l'exploitation du peuple qui vivait dans la misère.

Le Défi Michée s'inspire de ce prophète. Particulièrement, d'un verset du livre qu'il a écrit, et qui se trouve dans la Bible, au chapître 6 du livre du prophète Michée, verset 8 : On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, et ce que l'Eternel demande de toi c'est que tu PRATIQUES LA JUSTICE, que tu AIMES LA MISERICORDE, que tu marches humblement avec ton Dieu. C'est ce verset qui est à l'origine du Défi Michée, une initiative chrétienne mondiale dont le but est d'agir pour secourir les plus démunis, lutter contre la pauvreté dans le monde, et sensibiliser les chrétiens à ce problème pour les mener à une réflexion biblique sur la solidarité envers les démunis et sur un mode de vie plus respectueux des ressources de la planète.

Le Défi Michée est né suite aux Objectifs du Millénaire pour le Développement qui ont été émis par l'ONU. Dans ce texte, les 191 pays membres de l'ONU s'engagent à réduire de moitié la pauvreté extrême dans le monde entre 2009 et 2015. Le Défi Michée souscrit à ces buts de l'ONU, et se propose d'aller encore plus loin. Aujourd'hui nous sommes 6 ans avant l'échéance fatidique fixée par l'ONU, et plus d'un milliard de personnes vivent encore dans des conditions de pauvreté extrême. A la vitesse actuelle de mise en place de l'aide, les buts de l'ONU ne seront atteints qu'en 2030. Et encore, ces buts ne concernent que la moitié des personnes vivant dans la pauvreté la plus extrême... Alors, le Défi Michée s'engage aussi à parler pour ceux qui n'ont pas de voix, à s'adresser au nom des plus pauvres aux dirigeants des pays, aussi bien ceux des pays développés que ceux des pays du Tiers-monde : par des lettres, des pétitions et divers autres moyens, nous leur rappelons leur engagement d'agir pour lutter contre la pauvreté dans le monde.

La semaine prochaine, je vous proposerai un article avec une réflexion plus approfondie sur ce que devrait être d'après la Bible d'action chrétienne contre la pauvreté et la faim dans le monde.

lundi 27 octobre 2008

Don du sang

Mardi il y a deux semaines, une collecte de sang a eu lieu à l'Université de Dijon, à la Maison de l'Etudiant. Et comme j'y ai participé, et que c'est quelque chose qui me tient à coeur, j'avais envie de vous donner un petit aperçu de cette journée ici.
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Alors, mardi midi, je sors de cours. Je me dirige à toute vitesse vers la Maison de l'Etudiant qui, heureusement, ne se situe pas très loin de la fac de Lettres. J'entre, et je remarque rapidement la queue d'étudiants qui attendent, leur carte de donneur à la main. Je me joins à eux, et d'autres jeunes s'ajoutent rapidement derrière moi. Comme la queue n'avance pas très rapidement, on a l'occasion de discuter, d'échanger sur nos expériences passées au don de sang. Moi c'est la deuxième fois que je donne, la première c'était l'année dernière, lors d'une collecte dans mon ancien lycée.
Enfin j'arrive jusqu'à l'accueil, où on me demande si j'ai déjà donné, quand, où... On recherche mon nom dans leurs dossiers, et on me demande une pièce d'identité pour vérifier que c'est bien moi. Ouf ! Enfin passé la première étape. Mais ce n'est que le début...
Comme on me l'a indiqué, je monte les escaliers, pour me diriger vers la salle indiquée par des panneaux. Arrivé là, on me donne un questionnaire médical que je dois remplir, qui pose des questions sur ma santé, sur mes voyages en-dehors de l'Europe, sur les maladies que j'ai eues dans le passé... Une fois que je l'ai rempli, je me réengage dans la queue, pour un entretien obligatoire avec un médecin. Durant cet entretien, deux points principaux sont évoqués : l'usage de drogues et la vie sexuelle. Pour moi c'est rapide : je n'ai jamais pris de drogue, et je suis vierge. Ça de réglé ! Vite, passons à l'étape suivante.
Je redescends les escaliers, et un infirmier me tend un sachet avec une seringue jointe à tout un appareil d'apparence hyper-compliquée, qui va servir à pomper mon sang, et deux serviettes, "pour stériliser le matelas" m'explique l'infirmier. Enfin arrivée en vue ! Mais je dois encore patienter dans une queue juste devant la salle des dons. A ce moment-là je constate que ça fait déjà deux heures que je suis dans la queue, et qu'à 14h je suis sensé retourner en cours ! Mais tant pis, j'arriverai en retard, je n'ai pas fait tout ça pour rien. Mais étant donné que mon prof était absent la semaine dernière et que du coup c'est le premier TP de l'année avec lui, c'est plutôt embêtant. Mais bon, ce sera un retard justifié, je lui montrerai mon pansement au bras comme preuve. Parce que bon, au bout de trois retards/absences injustifiés j'ai quand même un 0 aux partielles, alors...
Au bout d'une courte éternité, on me fait enfin entrer dans la salle... pour me dire que je dois patienter encore qu'un matelas se libère. Quand enfin une personne se lève, je me précipite sur son matelas... et je dois encore attendre qu'une infirmière trouve le temps de venir me piquer. Mais bon, au moins maintenant c'est mon tour. La piqûre fait un peu mal sur le coup, mais pas longtemps, exactement comme une prise de sang. L'infirmière me donne une petite éponge, qu'elle me demande de serrer-déserrer très fort dans mon poing pendant toute la durée du don. Une fois que le pompage est terminé, l'infirmière vient retirer l'aiguille, me colle un pansement, me dit de les prévenir si je tombe malade dans les prochains jours, et me demande de me lever très lentement. Je m'assieds d'abord sur le matelas, j'attends 5 minutes avant de poser mes pieds par terre, je reste encore assis un petit moment en enfin je me lève. Pour finir, je me dirige vers la collation, obligatoire pour reprendre des forces. On me tend un sandwich et on me demande ce que je veux boire. Je vais m'assoir quelques minutes et je bois mon verre tranquillement, en grignotant quelques biscuits très sucrés (très important pour redonner du sucre au sang). Enfin, j'ai fini, et je sors.
Une fois dehors, je ressens une grosse sensation de soulagement : plus besoin d'attendre. Mais aussi je me sens satisfait, heureux d'avoir pu aider un malade par un geste tellement simple. Ce n'est presque pas douloureux, et ça peut réellement aider quelqu'un qui en a besoin. Et en plus, on te donne à manger gratuitement ! J'ai l'intention de continuer à donner régulièrement.
Déjà 14h40. Je me dirige rapidement vers la salle de cours... et je constate que mon cours a été annulé parce que mon prof est de nouveau absent.

Les collectes sont organisées par l'Etablissement Français du Sang, qui, d'ailleurs, organise actuellement une campagne de sensibilisation au don de sang destinée aux jeunes. Les dons sont utilisés principalement sur des personnes ayant des maladies du sang héréditaires (leucémie notamment), des drépanocytoses, certains types de cancer, ou ayant subi une opération ou un accouchement avec des complications nécessitant une transfusion sanguine. Pour pouvoir donner, trois conditions principales : être majeur, peser plus de 50 kilos, et ne pas avoir le sida, l'hépatite ou la syphilis
. Une femme ne peut pas donner non plus si elle est enceinte ou si elle a accouché depuis moins de 6 mois. Évidemment, un alcoolique ou un toxicomane n'a pas le droit de donner non plus. Pour ce qui est des drogues, la prise de drogue par intraveineuse entraîne une suspension à vie, les drogues dures, ecstasy, LSD, cocaïne, héroïne, etc., prises autrement que par piqûre, empêchent de donner pendant 4 mois, le cannabis pendant 3 jours.

Le seul truc soulant avec le don de sang c'est les courriers qu'ils t'envoient toute l'année pour te prévenir qu'il y a à nouveau une collecte à tel et tel endroit, ou pour te causer de complètement autre chose, par exemple un de mes potes qui a donné pour la première fois avec moi au lycée à qui ils ont envoyé un courrier officiel pour lui confirmer qu'il n'avait pas le sida (là tu penses : "Ben c'est cool mais je le savais déjà bande de gnouff à pougnaid").

Malgré ça, le don de sang est une expérience enrichissante, et qui peut sauver des vies. C'est pourquoi j'encourage tout le monde à faire ce geste très simple, de donner un peu de soi-même pour quelqu'un qui en a réellement besoin. Tous, donneur et malade, en seront profondément satisfaits.

Et je vous donne rendez-vous lundi prochain pour un nouvel article, une comparaison entre ma foi et la pensée communiste...