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mercredi 5 septembre 2012

C'est pas du Chinois !

Bonjour tout le monde ! 你 好 ! (Ni hao... et non je ne le savais pas, j'ai triché, j'ai cherché sur Google ^^.)

Pendant mon année Erasmus à Cordoue en Espagne, j'ai fait la connaissance de Yebin, un étudiant chinois. Nous avons sympathisé autour d'un café, échangé sur la vie étudiante en Chine et en Espagne et convenu de rester en contact par Facebook, il m'avait dit qu'il utilisait son nom, pas un pseudo, et que je n'aurais donc aucun mal à le trouver. J'ai donc cherché son nom sur Facebook, mais je ne l'ai pas trouvé. J'en ai déduit qu'il avait paramétré son compte pour que le moteur de recherche ne le trouve pas et j'ai donc regardé dans la liste d'amis de quelqu'un d'autre qui le connaissait, mais là encore son nom était introuvable. Finalement, j'ai parcouru toute la liste d'amis de cet ami commun et c'est là que j'ai fini par le trouver, en dernière position de la liste : comme il me l'avait dit, il était effectivement inscrit sur Facebook sous son nom... mais son nom était écrit en caractères chinois, que je ne sais évidemment pas lire. LOL ! L'information que je cherchais était bien là... mais je n'y avais pas accès parce qu'elle était écrite dans une langue que je ne comprends pas.
Parfois, quand je parle de ma foi avec des potes de promo, j'ai l'impression d'être confronté au même problème : j'explique clairement ce en quoi je crois, mais ces notions sont tellement étrangères à l'esprit de mes interlocuteurs qu'ils ont l'impression que... je parle chinois ! C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle je tiens ce blog : exprimer ma foi d'une façon clairement compréhensible pour des étudiants français qui dans leur grande majorité n'ont plus de culture religieuse.
Alors je me dis : peut-être que les gens comprendraient mieux si je parle vraiment chinois ! C'est ce que je vais faire dans cet article.

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"Jésus est Seigneur" en caractères chinois
Il y a quelque temps, je suis tombé sur une vidéo : une conférence d'un pasteur de Singapour, à l'occasion du Nouvel An chinois, qui explique le message de l'Evangile à l'aide de symboles chinois. La vidéo étant assez longue, je n'avais pas le temps au moment où je l'ai découverte de la regarder en entier, mais j'ai regardé le premier quart d'heure environ et je me souviens que j'avais trouvé ça vraiment très intéressant. Cette semaine, j'ai participé à un camp d'été des Groupes Bibliques Universitaires et jeudi, le dernier soir du camp, Peiguang, une amie chinoise qui fait ses études à Bordeaux, a fait une très belle et émouvante présentation sur l'Eglise en Chine, son histoire et ses besoins. Dans cette présentation, elle a aussi montré plusieurs caractères chinois dont elle a expliqué le sens pour illustrer le rapport de l'écriture chinoise à la foi chrétienne. J'ai beaucoup apprécié ce moment et ça m'a rappelé cette vidéo que j'avais vue. Je l'ai donc regardée samedi après-midi et finalement, j'ai même eu envie de la partager sur mon blog ! Cette vidéo est longue, tu n'auras peut-être pas le temps de la regarder en entier, mais chaque minute est un régal.

La Chine est un Empire et une civilisation millénaire qui, après plusieurs siècles d'un relatif déclin, est plus que jamais un acteur qui compte dans le monde d'aujourd'hui. Sa culture fait partie des plus anciennes et des plus riches de l'histoire de l'humanité. Près d'un cinquième des habitants de la planète sont Chinois et leur langue est la plus parlée au monde et la plus utilisée sur Internet ! Alors, je me réjouis de pouvoir apporter ma contribution pour faire connaître ce que cette noble nation a de magnifique... d'autant plus si je peux le faire à la lumière du message le plus exceptionnel qui soit, message dont la Chine, de même que les Chinois qui vivent en Europe autour de nous, ainsi que le monde entier (et toi aussi !!!) a absolument besoin !!!



DISCLAIMER : En publiant cette vidéo, je suis au courant que Kong Hee qui y apparaît est un personnage hautement controversé à Singapour, je suis conscient des aspects douteux de sa théologie et de son ministère et je connais ses démêlés judiciaires. Je n'approuve certainement pas tout ce qu'il dit et fait, mais j'ai trouvé cette vidéo intéressante et je pense qu'il est possible d'apprécier le message pour lui-même en faisant abstraction du messager, d'autant plus qu'une grande partie des éléments qu'il évoque étaient aussi dans la présentation de mon amie.

mercredi 23 mai 2012

Egypte : Ces Coptes qui comptent après la Révolution

Bonjour à tous !

Aujourd'hui a lieu le premier tour de l'élection présidentielle égyptienne, la première depuis la chute du dictateur Moubarak et aussi la première vraiment (bien qu'encore imparfaitement) démocratique de l'histoire du pays. Les principaux candidats sont l'ex-Secrétaire Général de la Ligue Arabe Amr Moussa, l'islamiste et ex-Frère Musulman Abdel Moneim Abou El-Foutouh et l'ex-militaire Ahmed Shafik. Dans les milieux chrétiens occidentaux, ces élections inquiètent et on met volontiers en avant notamment l'hostilité d'Amr Moussa aux accords de paix entre l'Egypte et Israël et l'appartenance encore récente d'El-Foutouh aux Frères Musulmans... mais c'est oublier par exemple qu'Amr Moussa, bien que musulman, a manifesté à plusieurs reprises de la sympathie pour la communauté chrétienne du pays et a participé à un culte de Noël dans une église évangélique copte du Caire, ou encore qu'El-Foutouh a été le tout premier membre important des Frères Musulmans à remettre en cause la position officielle de la confrérie sur la peine de mort pour les apostats en affirmant que tout musulman devait être libre de quitter l'islam. D'accord : je ne mets ici en avant que les infos positives et il est possible que ces gestes et déclarations soient purement électoralistes... mais au moins ça change d'autres qui se focalisent sur le négatif !

Dans un article précédent publié à l'occasion des législatives, je vous présente Rafiq Habib, un chrétien évangélique copte qui a une position pour le moins surprenante : vice-Président du parti politique des Frères Musulmans ! Aujourd'hui, je vous propose aujourd'hui de faire connaissance avec quelques autres chrétiens Coptes qui pourraient jouer un rôle important sur la scène politique et dans la société civile égyptienne après la Révolution. Plus de 70% des chrétiens ont voté aux élections législatives, un chiffre largement supérieur à la moyenne nationale, preuve que les chrétiens ne sont pas intimidés par la montée des islamistes et comptent bien rester engagés dans la société et défendre leurs droits ! Il y a d'ailleurs eu plusieurs Coptes élus.

Voici donc un petit tour d'horizon. Bien sûr, j'ignore ce que signifie leur identité chrétienne pour chacune de ces personnes, si elle représente simplement un élément de leur culture ou une source d'inspiration intellectuelle ou s'il s'agit d'une foi profonde et vivante. Toutefois, qu'ils soient eux-mêmes chrétiens au sens biblique du terme ou non, les valeurs morales qui mènent leur engagement public sont inspirées (entre autres) de leur compréhension du message chrétien et c'est à cela que je veux m'intéresser.

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Boutros Boutros-Ghali :
L'ex-Secrétaire général de l'ONU a aujourd'hui 89 ans, mais il reste une voix influente et respectée en Egypte. Francophone, docteur en droit international et diplômé de Sciences-Po Paris, il a enseigné dans plusieurs prestigieuses universités égyptiennes, américaines et européennes. Ministre des Affaires Etrangères sous la présidence d'Anwar Sadat, il a participé aux négociations pour le traîté de paix de 1979 entre l'Egypte et Israël. Son mandat à l'ONU, de 1991 à 1996, a été marqué par le génocide rwandais et la désintégration de la Yougoslavie, crises graves pour lesquelles il s'est efforcé de trouver des solutions pacifiques (malheureusement avec un succès limité). Par la suite, il est devenu Secrétaire général de la Francophonie de 1997 à 2002, puis depuis 2003, directeur du Conseil National Egyptien des Droits de l'Homme. Ses partisans comme ses critiques se souviennent de lui comme d'un diplomate soucieux de la construction de la paix et peu enclin aux politiques partisanes.

La famille Sawiris :
Il s'agit de la famille la plus aisée en Egypte : le plus jeune frère, Nassef, est l'homme le plus riche d'Egypte avec une fortune de 4,75 milliards de dollars, le frère aîné Naguib est la deuxième fortune du pays (2,9 milliards de dollars), le père Onsi occupe à 81 ans la 3° place (2,6 milliards de dollars) et le frère cadet vient un peu derrière à la 8° place et une fortune de 560 millions. Le père a créé Orascom, le plus grand groupe industriel égyptien, dont les fils se partagent aujourd'hui les trois filiales. Les Sawiris représentent les nouveaux entrepreneurs égyptiens qui veulent créer de l'emploi en Egypte et développer l'économie nationale en l'ouvrant à la loi du marché. En même temps, ils investissent aussi généreusement dans des organismes d'aide humanitaire.
La famille Sawiris est membre engagée de l'Eglise orthodoxe copte, mais en même temps elle est aussi proche des milieux évangéliques égyptiens et les trois frères ont d'ailleurs fait leurs études au lycée évangélique allemand du Caire. Est-ce une simple coïncidence que la première famille de milliardaires du pays soit issue de la communauté chrétienne, ou est-ce une réminiscence des vieux liens établis par Max Weber entre protestantisme, esprit d'entreprise et libéralisme économique ? Je n'ai pas assez approfondi le sujet pour le dire, mais le fait que les Sawiris non seulement affichent leur foi chrétienne comme très importante dans leur vie, mais de plus entretiennent des liens étroits avec les évangéliques égyptiens et occidentaux, me paraît assez intéressant pour être noté.
L'un des trois frères Sawiris joue aussi un rôle important dans la vie politique égyptienne, c'est pourquoi je vais m'intéresser à lui tout de suite.

Naguib Sawiris :
L'aîné des frères Sawiris a hérité du secteur télécommunications du groupe créé par son père. En 1998, il lance le principal opérateur de téléphonie mobile en Egypte. Entrepreneur ambitieux, il fait parler de lui en lançant en 2008  le tout premier opérateur en... Corée du Nord, le pays le plus fermé au monde ! Il est un des rares entrepreneurs égyptiens à n'avoir jamais entretenu de liens occultes avec le régime Moubarak et est respecté des révolutionnaires à cause de son hostilité à la corruption.
Mais depuis la Révolution égyptienne, Naguib délaisse son entreprise pour se consacrer à la politique et contribuer à la formation de l'Egypte de demain. Au lendemain de la fuite de Moubarak, son rôle important dans la société civile égyptienne lui permet d'être choisi comme membres du "Conseil des Sages", chargé de négocier avec l'armée une issue pacifique à la crise et la transition démocratique vers un régime civil élu. Au sein de ce conseil, il se dit favorable à une évolution progressive du système en place vers la démocratie, ce qu'il justifie par le risque de récupération islamiste de la Révolution en cas de changement radical. L'avenir lui a donné raison...

Alors que le pays se prépare aux législatives, Naguib crée un nouveau parti politique : le Parti des Egyptiens Libres, d'inspiration démocrate et libérale à la fois sur les plans politique et économique. Aux législatives, ce parti forme la coalition du Bloc Egyptien avec d'autres partis libéraux et sociaux-démocrates hostiles aux islamistes et attachés à la laïcité et à un Etat civil. L'alliance obtiendra 34 sièges (dont 15 pour le PEL lui-même), soit 9% du total, ce qui en fait la seconde force d'opposition laïque au Parlement, après les nationalistes d'Al-Wafd. Naguib n'a pas été lui-même candidat aux législatives.

Mounir Abdel Nour :
Voici un homme au parcours profondément original : issu d'une vieille famille de riches propriétaires terriens coptes, il est devenu avec un parti d'opposition un des deux seuls députés coptes élus du dernier Parlement sous Moubarak (sachant qu'il y en avait d'autres nommés directement par le chef d'Etat), avant d'être nommé après la Révolution Ministre issu de l'opposition dans le gouvernement de transition, à un secteur d'une importance capitale en Egypte : le tourisme. 
Chez les Abdel Nour, la politique, c'est une affaire de famille : cela fait plusieurs générations qu'ils militent dans le mythique parti Wafd, symbole de la lutte anticolonialiste dans les années 20. Le grand-père, Fakhry, était une figure importante de la Révolution égyptienne de 1919 par laquelle l'Egypte a arraché son indépendance au Royaume-Uni et a été emprisonné deux fois par les autorités coloniales. Par la suite, élu député avec Al-Wafd, il devient un fervent défenseur des fellahs (petits paysans) et meurt en 1942 en plein hémicycle. Depuis, toute la famille est restée politiquement engagée. L'enfance de Mounir Abdel Nour est donc marquée par les discussions politiques incessantes et souvent virulentes entre ses parents et ses oncles.
Mais avec l'avènement du Président Nasser et les politiques socialistes de celui-ci, les grands propriétaires terriens égyptiens (donc beaucoup sont des coptes) sont durement touchés par les réformes : leurs terres sont confisquées et ils sont contraints de venir s'installer en ville.
C'est à l'âge de 50 ans que Mounir Abdel Nour cède à son tour aux sirènes familiales de la politique : constatant que les Coptes délaissent la vie politique depuis plus de 40 ans, préférant s'impliquer dans l'économie ou dans les ONG, il décide de changer cela. C'est ainsi qu'il rejoint le nouveau parti Wafd (qui avait été recréé en 1983) dont il devient le Secrétaire général, et est élu député en 2005, puis réélu en 2010. Et même s'il n'était qu'un des deux seuls Coptes élus dans le dernier Parlement avant la Révolution, cela n'a pas refroidi son zèle mais plutôt renforcé sa combativité.
Après la chute de Moubarak, les nouvelles autorités égyptiennes veulent former un gouvernement de transition avec la partition de l'opposition : c'est ainsi que Mounir Abdel Nour est nommé Ministre du Tourisme, un des ministères les plus cruciaux du moment. Alors que l'économie égyptienne est profondément dépendante du secteur touristique, l'insécurité consécutive à la Révolution a fait chuter le nombre de visiteurs de 45% au premier semestre de 2011 et de 35% au deuxième semestre. C'est donc à un des uniques députés coptes du Parlement qu'est confiée la responsabilité de prendre les mesures nécessaires afin de remettre le tourisme égyptien sur les rails. Lourde tache, de laquelle il s'est cependant bien acquitté puisque même si le nombre de visiteurs est encore loin de celui de 2010, un nouvel élan commence cependant à se faire sentir.
Et après la transition ? Mounir Abdel Nour est Secrétaire général d'Al-Wafd, qui est devenu avec 38 élus le principal parti laïc au Parlement, soutient Amr Moussa aux préidentielles et se définit aujourd'hui comme démocrate, nationaliste et pour un libéralisme économique modéré. Alors que son parti a examiné la possibilité d'une alliance avec le PLJ des Frères Musulmans aux élections, Abdel Nour s'y est fermement opposé, une prise de position qui a certainement été pour beaucoup dans le choix final du parti de quitter cette alliance et de réaffirmer son attachement à la laïcité et à un Etat civil non religieux.


Emad Gad : 
Faisons à présent connaissance avec un des députés coptes élus dans le nouveau Parlement. Emad Gad est un avocat, membre prominent du Parti Social-Démocrate Egyptien (un des partis membres du Bloc Egyptien, cf paragraphe sur Naguib Sawiris) et élu député avec ce parti dans la circonscription Nord du Caire. Farouche défenseur de la démocratie et de la laïcité, virulent dénonciateur des abus de pouvoir de l'armée et des islamistes, il est le nouveau visage politique de ces chrétiens coptes qui refusent de se laisser intimider par la montée des islamistes et par la victoire des Frères Musulmans aux législatives, mais qui continuent de lutter pour défendre leurs droits.

Youssef Sidhom :
Son père, Anton Sidhom, est le fondateur de Watani ("patrie" en arabe), le seul média d'information copte en Egypte (en arabe, français et anglais). Youssef Sidhom lui a succédé en tant que rédacteur en chef. Sa position de journaliste influent lui permet de s'exprimer publiquement pour ceux qui n'ont pas de voix et de prendre position sur des sujets polémiques, comme par exemple les conversions de musulmans au christianisme.

mardi 24 janvier 2012

Rafiq Habib : Un évangélique chez les Frères Musulmans !

Bonjour à tous mes lecteurs !
L'actualité de ces dernières semaines a été marquée par les élections législatives en Egypte : nées du Printemps arabe, rendues possibles par la chute de l'ex-Président Hosni Moubarak, les premières élections libres, démocratiques et transparentes de l'histoire du plus peuplé des pays arabes (parce que oui, j'en suis convaincu, elles étaient vraiment démocratiques et quoi qu'on en pense leurs résultats reflètent la volonté du peuple égyptien) ont été remportées par... des partis religieux, partisans d'un islam politique. La victoire (avec 47% des sièges de la nouvelle Assemblée) du Hizb al-hurriya wa al-adala (Parti de la Liberté et de la Justice), créé par les Frères Musulmans, le plus grand mouvement islamiste au monde, n'est une surprise pour personne puisque les Frères (dont vous pouvez voir le logo), persécutés sous Moubarak, ont réalisé une énorme montée en puissance depuis la Révolution (alors qu'ils avaient été très hésitants à la soutenir à ses débuts) en se présentant comme tenants d'un "islamisme modéré". Par contre, personne ne s'attendait à ce que la deuxième place revienne aux salafistes, mouvement religieux radical et ultraconservateur, dont le parti Al-Nour (La Lumière) a obtenu 24% des sièges. Avec Al-Wasat (Le Milieu), parti composé de dissidents plus libéraux des Frères Musulmans, les islamistes occuperont donc en tout 74% des sièges. L'ensemble des partis laïcs n'en occuperont que 26%.

Pendant la période électorale, plusieurs médias français (par exemple Le Point et La Croix, ou encore le site Actualité chrétienne du journaliste évangélique Paul Ohlott) ont évoqué un détail pour le moins surprenant : le vice-Président du Parti de la Liberté et de la justice, branche politique des Frères Musulmans, est... un chrétien copte égyptien ! Plus encore : il s'agit d'un protestant évangélique ! Qui est donc cet homme, Rafiq Habib (RafiQ, pas RafiK, un peu de respect pour la belle langue arabe s'il vous plaît !) ? Son nom ne dit sans doute rien à la plupart d'entre vous, mais moi je le connaissais et m'intéressais déjà à lui depuis longtemps, avant même la chute de Mubarak.

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Rafiq Habib, 52 ans, psychologue de formation, est un Copte, c'est-à-dire un chrétien égyptien et un descendant des Egyptiens de l'Antiquité avant les invasions arabes. Il n'y a pas de statistiques fiables sur le nombre de chrétiens coptes, les estimations vont de 5% à 12% de la population égyptienne, voire plus, soit entre 5 et 20 millions de personnes. La communauté chrétienne copte existe en Egypte depuis avant même la naissance de l'islam et a subsisté à-travers les siècles en restant attachée à la foi chrétienne, elle est donc totalement indépendante du christianisme occidental. La majorité d'entre eux appartiennent à l'Eglise orthodoxe copte, dont le patriarche, actuellement Shenouda III, est basé à Alexandrie. Une petite minorité a récemment rejoint des églises protestantes évangéliques d'origine occidentale, les relations entre ces groupes et l'Eglise orthodoxe sont généralement bonnes.

Et c'est de ce dernier groupe, celui des Coptes protestants, que Rafiq Habib est issu. Son père Samuel Habib (cf photo) était un pasteur de l'Eglise anglicane égyptienne. Samuel Habib (1928-1997) est une personnalité chrétienne importante en Egypte : il s'agit du fondateur du Coptic Evangelical Organization for Social Services (Organisation Copte Evangélique pour l'Aide Sociale), une association créée en 1960 afin de venir en aide aux couches les plus pauvres de la population égyptienne et de travailler au développement de l'agriculture, de l'éducation, de la santé et du logement. Parce qu'il faut savoir qu'en Egypte, si presque toute l'aide sociale aux plus démunis est le fait des organisations religieuses, chrétiennes comme musulmanes, cette aide est presque toujours déterminée par la religion : les musulmans ne viennent en aide qu'aux pauvres musulmans et l'Eglise ne soutient que les pauvres parmi les chrétiens. Le CECOS fait exception à cette règle : c'est même le tout premier organisme chrétien à venir en aide aux pauvres en Egypte sans distinction de religion. Alors que chrétiens et musulmans en Egypte sont souvent hostiles l'un à l'autre (la persécution que subissent les chrétiens coptes dans ce pays est épouvantable mais il ne faut pas oublier que face à de telles injustices, certains chrétiens, surtout ceux qui ne le sont que par tradition culturelle, peuvent être tentés de se venger et réagir eux aussi de façon très violente), Rafiq Habib a donc été élevé par un père qui était le pionnier d'un mouvement qui luttait pour réduire le gouffre entre les deux communautés et promouvoir l'amour et le respect du prochain musulman dans l'Eglise.Après sa scolarité, le jeune Rafiq Habib est venu faire ses études au Caire, la capitale égyptienne. Au Caire, il reste un chrétien engagé. Il a obtenu un doctorat en psychologie en 1988. Bien qu'il ait tenté plusieurs fois de trouver un travail dans une Université ou un centre de recherche, ses candidatures n'ont jamais été acceptées, ce qui s'explique à la fois par la discrimination en raison de sa foi chrétienne et le manque de relations haut-placées dans une société égyptienne gangrénée par la corruption et le népotisme. Il a aussi publié une vingtaine d'ouvrages (aucun d'entre eux n'a été traduit), dont Psychologie de la religiosité des Coptes d'Egypte. Au fil des années, il est devenu un intellectuel chrétien respecté en Egypte. Ainsi, il a été le premier non-musulman a être interviewé sur pour Jamaa al-Islamiya, le site officiel des Frères Musulmans.

Au fil de sa carrière, Rafiq Habib a toujours recherché le dialogue avec des personnalités musulmanes sur des questions liées à la place des chrétiens dans une société majoritairement islamique. Ses idées sont profondément influencées par l'enseignement de Jésus sur l'amour des ennemis : les chrétiens égyptiens voient souvent les musulmans comme leurs ennemis, mais Habib croit que Dieu les appelle à aimer les musulmans égyptiens et qu'ils doivent construire l'Egypte ensemble, non pas l'un contre l'autre. Dans Psychologie de la religiosité des Coptes d'Egypte, il distingue deux formes principales d'amour qu'il considère comme tout aussi authentiques et importantes l'une que l'autre : l'amour qui se sacrifie pour protéger l'être aimé de l'ennemi ; et l'amour qui franchit les barrières pour aller vers cet ennemi... même si cela représente un risque. C'est cet amour-là qui inspire Habib à franchir les barrières sociales et religieuses égyptiennes.
Il dialogue même avec les musulmans les plus radicaux : cela fait longtemps déjà qu'il est très proche des Frères Musulmans (cf la photo, où on le voit en discussion avec l'ancien Guide suprême de la confrérie, Mohamed Mehdi Akef). Et, chose surprenante pour un chrétien convaincu, il se reconnaît dans le projet de société proposé par les Frères Musulmans.Rafiq Habib n'a jamais cherché à rejoindre la confrérie, mais il a milité dans plusieurs organisations politiques qui en dépendent, et à présent il est vice-Président de leur parti : il pense en effet que les organisations religieuses sont pour ceux qui appartiennent à cette religion, mais que les organisations politiques sont ouvertes à tous ceux qui partagent leur projet de société.

Qu'est-ce donc qui peut attirer un chrétien convaincu dans le programme politique des Frères Musulmans ? Je vais à présent expliquer ses idées point par point, tout en donnant à chaque fois mon appréciation personnelle.

Le cheminement intellectuel de Rafiq Habib part du constat d'une profonde différence entre les sociétés occidentales et la société égyptienne, valable aussi pour la plupart des autres sociétés arabo-musulmanes : alors qu'en Occident, même chez les croyants convaincus, la pratique religieuse est dissociée de la vie publique et l'Etat et la société sont laïcs, dans sa culture la religion est omniprésente dans tous les domaines de la vie quotidienne, publique et privée. Et ce pour les chrétiens comme pour les musulmans. Il et déduit que la laïcité à l'occidentale est une imposition coloniale et un concept étranger à sa culture. Habib est culturaliste : il pense que les systèmes politiques doivent refléter les valeurs dominantes des sociétés qu'ils régulent. Dans ce cas contraire, comme pour les dictatures arabes laïques comme celles de Moubarak, le pouvoir est illégitime et sera obligé de recourir à la force pour s'imposer. Mais s'il est en accord avec les valeurs de la société, il sera respecté par celle-ci et n'aura pas besoin de recourir à la force. Or, la société égyptienne est profondément religieuse, la population chrétienne comme musulmane attache énormément d'importance aux valeurs religieuses et la religion fait encore partie intrinsèque de la vie publique, sur ce point le récent échec des partis laïcs aux élections lui donne raison. Par conséquent, la société égyptienne a besoin d'un pouvoir religieux. Et, parce que l'islam est la religion majoritaire numériquement (il n'émet ici aucun jugement de valeur, il fait simplement ce constat), il doit d'agir d'un Etat islamique.
Ici, je le rejoins jusqu'à un certain point : je suis très profondément attaché à la laïcité en France, mais je ne pense pas que ce concept soit forcément universel et valable partout. Ou plutôt : le fond l'est oui, le principe d'égalité de toutes les religions et de séparation du pouvoir religieux et politique, temporel et spirituel ; mais la forme peut, et doit, être adaptée aux différentes cultures. Je pense d'ailleurs que vouloir imposer notre version de la laïcité dans des sociétés où ce concept est étranger peut être assimilé à une forme de néo-colonialisme.
Par contre, le programme des Frères Musulmans est sur bien des points contraire aux droits humains les plus élémentaires, universellement reconnus dans toutes les sociétés. Par conséquent, même si depuis que j'en ai entendu parler pour la première fois j'ai toujours eu énormément de respect pour Rafiq Habib, ses idées et son action, je pense qu'il est vraiment allé trop loin après la Révolution en rejoignant ce parti. Il a dit aussi qu'il approuve la position des Frères Musulmans d'interdire aux Coptes l'accès à la Présidence de la République dans la nouvelle Egypte, parce que selon ses propos, "la démocratie, c'est le pouvoir de la majorité et en Egypte, la majorité est musulmane" : là je ne suis évidemment pas du tout d'accord !!!

Rafiq Habib distingue ceux qu'il appelle les "militants", c'est-à-dire ceux qui ont recours à l'action violente pour arriver à leurs fins, des "prêcheurs" qui proposent un projet de société. Avec les premiers le dialogue est impossible et il faut les combattre, mais avec les seconds il est toujours possible d'échanger. Ainsi, il pense que les Frères Musulmans étaient à l'origine une organisation "militante" selon sa définition du terme, qui a organisé notamment l'assassinat de l'ex-Président égyptien Anwar Sadat, mais qu'après ce meurtre, ils sont devenus une organisation de "prêcheurs" avec une aile "militante" minoritaire et combattue par la hiérarchie du mouvement. Quand on regarde l'historique du mouvement c'est en grande partie vrai, cela s'explique facilement par des considérations stratégiques.

Mais, quelle serait la place de l'Eglise chrétienne dans une telle société égyptienne islamique ? Les chrétiens ne seraient-ils pas tout simplement menacés d'extinction ? En fait, et contrairement à l'écrasante majorité des Coptes et des chrétiens occidentaux, Rafiq Habib pense que le plus grand danger pour les chrétiens d'Orient n'est pas l'islamisation : c'est la laïcisation de la société, qui les fait perdre leurs racines et ouvre la voie au matérialisme. Dans une Egypte laïque, l'influence de l'Eglise sur la société serait limitée. Dans ce sens, un islamisme qui reconnaîtrait et protégerait les minorités religieuses comme le Coran stipule que l'Etat islamique doit le faire (mais en faisant d'eux des citoyens de second rang...) serait en réalité la meilleure protection pour les chrétiens d'Orient.
Il croit par ailleurs que, dans une culture théocratique islamique, il y aurait de la place pour une sous-culture théocratique chrétienne. Il pense que les problèmes entre chrétiens et musulmans en Egypte (et ailleurs en Orient) aujourd'hui ne sont pas dus à la nature de l'islam et du christianisme, mais à l'imposition de la laïcité qui a divisé ces communautés (il est tout à fait exact que les régimes laïcs de Nasser, Sadat et Moubarak ont souvent joué sur les dissentions entre communautés religieuses pour renforcer leur pouvoir). Si la société redevenait islamique au sens où les Frères Musulmans le veulent, les chrétiens pourront eux aussi revenir à leurs propres valeurs religieuses, former une sous-société régie non pas par la charia mais par une loi religieuse chrétienne que l'Etat islamique reconnaîtrait, et les deux communautés coexisteraient pacifiquement.
Et qu'est-ce que j'en pense moi, de tout ça ? Bien évidemment, je ne souhaite SURTOUT PAS un retour de l'Egypte à une société islamique fondamentaliste ! MAIS, dans le cas si peu souhaitable mais malheureusement pas impossible où c'est ce qui arriverait, les idées de Rafiq Habib ne seraient-elles pas justement la clé pour permettre à l'église de s'intégrer à une telle société, y survivre... et y être un témoin de l'Evangile !!! A chacun d'en juger, moi je pense que c'est tout à fait possible.

Enfin, Rafiq Habib a toujours cru en la démocratie. Et il croit que l'islamisme "modéré" des Frères Musulmans est compatible avec la démocratie. Il est convaincu que les revendications démocratiques de la confrérie sont sincères. Il souhaite en convaincre la communauté chrétienne égyptienne qui dans son immense majorité ne le croit pas du tout et redoute par-dessus tout que leur situation devienne encore plus précaire si les Frères prennent le pouvoir.
Qu'en penser ? Il faut d'abord remarquer que ce n'est que tout récemment que les Frères Musulmans ont commencé à se réclamer de la démocratie, qu'ils avaient auparavant toujours décriée comme anti-islamique, arguant que la pouvoir appartient à Dieu et non au peuple. Les Frères ont tout simplement pris le train en marche (tardivement en plus) lors de l'émergence des revendications démocratiques de la jeunesse arabe. Le renversement de Moubarak est exclusivement le fait de jeunes proches des milieux politiques libéraux et de gauche, les Frères n'y ont aucunement participé. Cela suffit à se douter qu'il s'agit d'une manoeuvre purement opportuniste. Donc, avec tout le respect que je dois à Rafiq Habib, sur ce point son attitude est empreinte d'un aveuglement flagrant... et qui plus est, elle permet à un mouvement islamiste dangereux de se servir de lui comme vitrine pour rassurer l'Occident et comme "cheval de Troie" pour faire entendre sa voix dans la communauté copte qui leur a toujours été hostile. Certes, il est important d'avoir un témoignage chrétien dans toutes les catégories de la société, même les plus difficiles ; cependant n'est-ce pas compromettre ce témoignage que de cautionner un programme politique qui ne respecte pas les droits de l'homme ?
Mais tout espoir de réel progrès démocratique est-il perdu pour autant ? Je ne pense pas, parce que si l'ensemble des leaders de la confrérie sont effectivement des religieux rigoristes n'ayant que faire de la démocratie et des droits de l'homme, il n'en est pas de même pour leurs militants de base. La majorité de l'électorat des Frères Musulmans (comme des salafistes) est un électorat rural, pauvre et souvent analphabète, qui est reconnaissant aux Frères Musulmans pour leurs réseaux d'aide sociale partout dans le pays. Mais leurs militants actifs, ce sont des jeunes, éduqués, qui s'inspirent des valeurs de justice et de liberté qu'ils trouvent dans leur compréhension de l'islam et qui souhaitent concilier islam politique et démocratie moderne. Ils ont manifesté côte-à-côte avec des jeunes musulmans laïcs et chrétiens pour exiger le départ de Moubarak et réclamer des réformes démocratiques. Après s'être battus pour la liberté, ils n'imposeront certainement pas une nouvelle tyrannie à leurs frères de lutte. Même si je n'ai aucune confiance dans les membres influents des Frères Musulmans (en tout cas la grande majorité d'entre eux, je veux bien croire qu'il y ait quelques exceptions, des "Pharisiens sincères"), leurs militants de base sont de vrais démocrates, surtout les jeunes. Par conséquent, même si la hiérarchie n'est pas démocrate par conviction, elle pourrait se voir contrainte au fil du temps de le devenir par opportunisme et par électoralisme, faute de quoi elle perdra le soutien de ses propres militants.

Et comment l'engagement de Rafiq Habib est-il perçu au sein de la communauté copte ? Très très mal : il est rejeté de toutes parts, considéré comme un traître. Même sa propre mère, qui l'a toujours soutenu dans ses initiatives de dialogue, désapprouve son choix de rejoindre ce parti politique. Et lors des récentes élections, les chrétiens ont très majoritairement votés pour des partis libéraux et laïcs. "Rafik Habib ne nous représente pas. Son choix va être utilisé par les islamistes pour masquer les discriminations," affirme Naguib Gabriel (photo), avocat chrétien, responsable d'une église du Caire et Président de la Fédération Egyptienne des Droits de l'Homme.

Un dernier point, sur lequel je conclurai : la vision de Rafiq Habib sur la place des chrétiens dans une société islamique prend en compte les communautés chrétiennes historiques, présentes depuis des siècles dans les sociétés majoritairement musulmanes et numériquement importantes. Mais il oublie totalement l'existence des chrétiens d'origine musulmane, qui sont exclus de cette communauté et considérés comme des traîtres par leur propre communauté d'origine. C'est la toute première question que j'aimerais beaucoup poser à Habib : quelle est leur place dans une société islamique telle qu'il la propose, sachant que d'après la doctrine officielle des Frères Musulmans, l'apostasie est un crime passible de la peine de mort ? Comment en tant que chrétien Rafiq Habib peut-il accepter une telle position ?
En 2007, le musulman converti au christianisme Mohammed Hegazy (cf photo) a défrayé la chronique en devenant le premier à engager une procédure judiciaire pour que sa conversion soit officiellement reconnue et que la mention "Musulman" sur sa carte d'identité soit remplacée par la mention "Chrétien". Aujourd'hui, même après la Révolution égyptienne, il ne l'a toujours pas obtenue et son combat courageux l'a même contraint à vivre dans la clandestinité. Un autre ex-musulman, Maher al-Gohary, a fait la même démarche en 2009 avec sa fille de 16 ans, Dina... et ils se sont vus contraints de quitter leur pays en 2011 parce qu'ils étaient menacé de mort. Ces deux cas sont révélateurs d'un grave état de fait : en Egypte, avant et même après la Révolution, les chrétiens d'origine musulmane n'ont pas le droit d'exister. Est-ce un gouvernement dominé par les Frères Musulmans qui leur donnera ce droit ? Difficile à concevoir... Comment donc Rafiq Habib peut-il accepter de s'allier à des hommes qui veulent la mort de ses frères ???

Voici donc les idées de Rafiq Habib, qui le poussent à militer pour les Frères Musulmans. Sa nomination comme vice-Président du parti a reçu une forte couverture médiatique (souvent de façon assez caricaturale d'ailleurs, notamment pour l'article du Point), mais peu de médias se sont pris la peine d'analyser plus en détail ses idées, et (à ma connaissance) aucune source chrétienne ne l'a fait. J'estime que ces idées sont novatrices et méritent d'être connues et comprises, notamment par les chrétiens qui ont dans l'ensemble été très surpris d'apprendre la nouvelle et n'ont pas compris sa position. D'aucun font des raccourcis simplistes et l'accusent de relativisme avec l'islam, ou encore de "préférer la gloire des hommes à la gloire de Dieu" (alors que ses choix lui ont plutôt valu la colère et le rejet des hommes qui comptent le plus pour lui, ceux de sa propre communauté). D'autre part, pour quelques-uns de ses (rares) défenseurs, il serait auréolé d'une sorte d'"amour supérieur", mystique, pour les musulmans alors que tous ceux qui s'opposent à lui sont forcément aveuglés par leur haine.... Quoi qu'on en pense, il faut lui reconnaître le courage d'oser avancer à contre-courant tout en s'attirant la haine et l'opposition de toutes parts. A-t-il raison, se trompe-t-il de combat ? A chacun d'en juger, mais pour juger il faut connaître.

Pour ceux qui ont envie d'en savoir plus, je recommande cette excellente analyse de Religioscope, un site de référence en matière de sociologie des religions, duquel je me suis d'ailleurs beaucoup inspiré pour cet article. Et si vous lisez l'anglais, je recommande encore plus chaudement, d'un point de vue chrétien, la réflexion en deux parties (partie 1 et partie 2) d'un chrétien occidental qui vit en Egypte, sur la pensée de Habib et notamment la notion d'amour des ennemis.

Et dans mon prochain article, je compte vous parler de plusieurs autres Coptes qui vont probablement jouer un rôle important dans l'ère post-Moubarak.

jeudi 21 avril 2011

El clasico - Real Madrid vs FC Barcelone Barça : 2 Brésiliens, chrétiens, sur le terrain

Salut tout le monde !

Cette semaine a été marquée par deux événements importants dans la scène sportive en Espagne, où je vis cette année : les deux plus prestigieux clubs de football du pays, et éternels rivaux, le Real Madrid et le FC Barcelone, se sont affrontés... deux fois dans la même semaine ! La première fois, c'était samedi, dans le cadre de la Ligue espagnole. Et la deuxième, hier soir, en finale de la Copa del Rey, la Coupe d'Espagne des clubs. Les rencontres Real-Barça, surnommées "El clasico", sont toujours un événement national en Espagne, parce qu'au-delà des deux clubs c'est la rivalité entre l'Espagne castillane, attachée à Madrid et au Roi, et les nationalismes régionaux, notamment le nationalisme catalan qui monte de plus en plus, qui s'expriment sur le terrain. Et moi, j'ai eu la chance de vivre ça en live !!! Et de le regarder, avec un groupe d'espagnols composé de fans des deux équipes !!! Autant vous dire que l'ambiance était énorme ! Samedi, les deux équipes se sont séparées sur un score nul de 1-1, après des buts de l'Argentin Messi pour le Barça et du Portugais Cristiano Ronaldo pour le Real. Hier soir, après une interminable attente, c'est le Real qui s'est assuré le titre de Champion d'Espagne cette année, en prenant l'avantage dans les prolongations grâce à un magnifique but de la tête de Cristiano Ronaldo.
Et j'ai voulu profiter de l'occasion pour vous parler de deux joueurs, qui jouent chacun dans un de ces deux grands clubs, mais même s'ils sont adversaires sur le terrain, ils partagent quelque chose de bien plus important...

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Il s'agit de Ricardo Izecson dos Santos Leite Kaká et d'Adriano Correia. Ces deux joueurs ont deux points communs. Tout d'abord, ils sont tous les deux Brésiliens et jouent dans leur équipe nationale, le premier comme milieu de terrain offensif, le second comme défenseur. Et le deuxième point commun : il
s sont tous les deux chrétiens.

Champion du Monde avec le Brésil en 2002, Ballon d'Or en 2007, Kaká est considéré comme un des meilleurs footballeurs actuels au monde, même s'il a un peu baissé de niveau ces dernières années, notamment à cause de la percée d'autres stars plus jeunes, comme Messi et Cristiano Ronaldo. Son parcours est assez atypique par rapport à celles d'autres stars du football brésilien : né dans la capitale Brasilia dans une famille de la classe moyenne aisée, d'un père ingénieur et d'une mère enseignante, arrivé à Sao Paulo à l'âge de 7 ans, il n'a jamais connu les favelas, banlieues pauvres où beaucoup de ses coéquipiers, dont le fameux Ronaldo, ont tiré leurs premiers ballons. Comme ses parents sont chrétiens, il entend parler de Dieu depuis tout petit, et c'est à l'âge de 12 ans qu'il décide que cette foi de ses parents sera aussi la sienne. Mais sa foi sera durement éprouvée quand à 18 ans, il se casse une vertèbre lors d'un accident de plongée, une blessure qui compromet gravement son avenir sportif. Heureusement, alors que les médecins craignaient qu'il serait peut-être paralysé à vie, il guérit totalement et atteint quelques années plus tard les sommets du football. Pour Kaká, ça ne fait aucun doute : c'est Dieu qui l'a sauvé.
Alors, à partir de là, c'est décidé : sa carrière sera consacrée à rendre gloire à Jésus et il utilisera sa célébrité pour le faire connaître. En peu de temps, il devient l'apôtre des terrains de football, l'icône de tous les footballeurs qui ont Jésus dans leur vie. Lors de la victoire du Brésil à la Coupe du Monde de 2002, après la finale dans laquelle il a brillé, il jubile, rit, crie, enlève son maillot... et fait voir à tout le stade, et aux caméras de télévision du monde entier, le T-Shirt qu'il portait en-dessous, sur lequel est écrit : "I belong to Jesus" Les réactions vont abonder, ça plaît ou ça ne plaît pas, mais maintenant le monde entier le sait : Kaká appartient à Jésus. Et ça devient une habitude : de plus en plus de footballeurs chrétiens, surtout brésiliens parce qu'il s'agit d'un peuple avec une culture très extravertie et expressive, commencent à porter des vêtements avec un message de foi en-dessous de leurs maillots, qu'ils exhibent à leur public lorsqu'ils marquent des buts pour partager avec eux leur foi.
Kaká a très à coeur de partager sa foi avec ses fans. Sur ses pages Facebook et Twitter, il poste régulièrement de courts messages de réflexion spirituelle, et il met un point d'honneur à toujours répondre personnellement à ses fans s'ils ont envie d'en savoir plus sur ce qu'il croit. Mais les fans ne sont pas les seuls à avoir besoin de Jésus, les autres footballeurs aussi. Ici, le témoi
gnage de Kaká commence par sa discipline sur le terrain, il refuse de tricher, garde son calme quelles que soient les circonstances. Et quand les autres voient ça, ça les interpelle. Et souvent, des footballeurs viennent lui poser des questions sur sa foi, lui parlent d'eux, de leurs problèmes, et demandent ses conseils et ses prières. Pendant qu'il jouait à l'A.C. Milan, Kaká a demandé à tous ses fans chrétiens de prier pour Andreï Shevshenko, la star ukrainienne qui apparemment lui posait très souvent beaucoup de questions sur sa foi en Jésus. Et depuis qu'il est au Real Madrid, son amitié très proche avec le jeun
e joueur portugais Cristiano Ronaldo, connu pour son talent exceptionnel mais aussi pour son sale caractère, son manque de discipline et son orgueil, sur le terrain comme dans la vie, a été abondamment commentée, et beaucoup, dont moi, pensent que si Cristiano Ronaldo s'est effectivement beaucoup calmé depuis son arrivée au Real, c'est en grande partie grâce à l'influence positive de son "grand frère" brésilien.
Alors que Kaka vieillit, et sait que ses meilleures années sportives sont sur le point de se terminer, il pense à l'après-carrière : il a pour projet de devenir... pasteur !


Adriano Correia (à ne pas confondre avec son homonyme et coéquipier dans l'équipe nationale brésilienne, l'avant-centre Adriano Leite Ribeiro qui est lui aussi chrétien) est un joueur plus jeune, plus modeste, mais néanmoins talentueux. Il est arrivé au Barça cette saison, suivant les traces de son ami et mentor Daniel Alves. Doté d'un physique impressionnant, il est aussi ambidextre, ce qui est un grand atout sur le terrain. Et, comme un autre défenseur brésilien qui est passé au Barça quelques années avant lui, Edmilson, il est également chrétien et veut baser sa vie, et sa carrière de footballeur, sur sa foi. Jouer dans un club aussi prestigieux que le FC Barcelone est pour lui la réalisation d'un rêve... et il répète à longueur d'interviews qu'il remercie Dieu qui l'a rendu possible.

Les footballeurs brésiliens et Dieu, c'est toute une histoire. Parce que le Brésil, c'est tout simplement la première nation du football au monde, même si son équipe n'est actuellement pas au sommet de sa gloire, et parce qu'il s'agit d'une nation avec énormément de chrétiens, dans laquelle la foi chrétienne a une très grande influence. Et surtout parce que les footballeurs brésiliens qui sont chrétiens n'ont pas peur de le montrer. Outre les joueurs évoqués dans cet article, il y en a encore beaucoup d'autres, les plus connus étant l'ex-gardien de but Claudio Taffarel, le meilleur défenseur central du monde Lucio, le défenseur Cafu (joueur le plus capé de l'histoire du football brésilien), Jorginho (surnommé "l'évangéliste de la Bundesliga" pendant sa carrière au Bayern de Munich), le milieu de terrain offensif du club de Hambourg en Allemagne Zé Roberto, etc. Et en Europe, plusieurs des stars du ballon rond qui font le plus parler d'eux pour leur foi sont souvent d'origine brésilienne eux aussi : en Allemagne, l'attaquant Kevin Kuranyi qui est né au Brésil de parents diplomates allemands ou l'international Cacau, brésilien naturalisé allemand ; en Espagne, le milieu de terrain d'origine brésilienne Marcos Senna, champion d'Europe en 2008 et nommé meilleur joueur de la compétition (mais malheureusement absent du Mondial 2010 pour blessure). Mais penser qu'il n'y a que les Brésiliens qui parlent de Dieu sur le terrain de sport, ce serait très incomplet. Plus proche de chez nous, en Europe, il y a les internationaux allemands Marco Bode, Arne Friedrich, Gerald Asamoah, Patrick Owomoyela, le gardien Marco Rose ; en Italie, le défenseur de l'équipe nationale Nicola Legrottaglie (A.C. Milan) ; en Angleterre, plusieurs ; en Espagne, Juan Carlos Valeron (Deportivo la Corogne) ; au Portugal, le milieu défensif retraité José Luis Vidigal... En Asie, il y a les Coréens Lee Won Yae, Du Ri Cha et Lee Youn Po (Tottenham). En Amérique, à part le Brésil, on peut citer José Chamot en Argentine, Edinson Cavani en Uruguay, l'avant-centre Winston Antonio Parks au Costa Rica, le meneur de jeu équatorien Ivan Kaviedes, le Colombien Yesid Trujillo, ou bien Tim Howard aux Etats-Unis. Enfin, en Afrique (continent au football talentueux qui mériterait d'être davantage mis en valeur), il y a le Ghanéen de Chelsea Michael Essien, l'Ivoirien Cyrille Domoraud, le Togolais Emmanuel Adebayor, la star Nwankwo Kanu au Nigéria, un autre nigérian Taribo West, plusieurs internationaux d'Afrique du Sud, ou encore le Congolais Oscar Ewolo (capitaine de son équipe nationale et qui joue dans la L1 française, à Brest, auparavant à Lorient).
En en France alors ?! Ben, pour commencer, nous aussi on a nos Brésiliens évoluant dans des clubs français : Claudio Caçapa, quintuple champion de France avec l'Olympique lyonnais, Demetrius Ferreira ou Brandao à Marseille, Marcos Ceara au PSG. Oui, d'accord, mais des purs français ?! Eh bien, à défaut d'en avoir (à ma connaissance) dans l'équipe nationale, il y a bien Jean-Marc Chanelet, ex-défenseur à Lyon et champion de France en 2002 et 2003.

samedi 2 avril 2011

Hamoud Saleh al Amri

Salut tout le monde !

L'Arabie Saoudite est le pays le plus strictement islamique au monde et le site des lieux saints de la religion musulmane. Tous les Saoudiens sont officiellement musulmans et il n'existe aucun lieu de culte non musulman dans le pays. L'apostasie y est légalement passible de la peine de mort. Pourtant, même dans le pays où est né l'islam, certains osent encore passer par-dessus les immenses barrières religieuses, sociales et légales, et en viennent à croire que Jésus, Issah al-Masih, est tellement plus qu'un Prophète ; le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. Hamoud Saleh al Amri est l'un d'entre eux, probablement le plus connu, et c'est son histoire que j'ai eu envie de vous faire découvrir aujourd'hui.

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Hamoud Saleh al Amri est né en Arabie Saoudite, dans une famille arabe musulmane ordinaire, conservatrice mais pas extrémiste. C'est pendant ses études dans un autre pays arabe qu'il a des doutes sérieux sur l'islam, qui le conduisent à lire la Bible. Il raconte lui-même comment il a fait la découverte de l'Évangile, dans cette interview vidéo en 3 parties, dans laquelle il répond aux questions du missionnaire marocain Brother Rachid, surnommé le "télévangéliste du monde arabe", ex-musulman lui aussi, qui après avoir été directeur d'une société informatique dans son pays, est devenu animateur de la chaîne télévisée chrétienne arabe Al-Hayat. L'interview est en arabe, les sous-titres anglais ne sont pas très bons mais ils permettent de comprendre. Bon visionnage :-)







Hamoud Saleh al Amri n'a toujours pas le droit de quitter son pays. Il a été emprisonné plusieurs fois en raison de sa foi et de ses critiques à l'encontre du système politique et judiciaire saoudien, mais la pression internationale a permis à chaque fois d'obtenir sa libération. Il tient un blog (en arabe, mais je mets le lien quand même pour vous donner une idée) sur lequel il raconte à ses compatriotes l'histoire de sa conversion et explique les raisons de son choix.

lundi 21 mars 2011

Sadhou Sundar Singh

Une très belle vidéo qui raconte avec simplicité et profondeur la vie du plus célèbre de tous les chrétiens en Inde : le Sadhou (titre religieux de savant-mystique) Sundhar Singh. Très touchant. Un seul inconvénient : la vidéo est en anglais ^^.

L'auteur précise que la vidéo est dédiée à tous les chrétiens indiens qui souffrent à cause de leur foi dans leur pays.

Né dans une riche famille sikh, Sundhar Singh a appris très tôt les des religions hindoue et sikh. Mais après le décès de sa mère, il passe par une grave crise et ne trouve pas la paix dans la religion de son peuple. Désespéré, il supplie tous ses dieux de lui montrer la voie vers la paix... mais à sa grande surprise, c'est Jésus qui se révèle à lui.

mardi 15 mars 2011

Interview d'un chrétien marocain

Salam aleikoum tout le monde !

Je suis depuis quelque temps en contact avec un chrétien marocain qui vit dans une ville du Maroc. Comme beaucoup de vous savent déjà, je suis fasciné de cultures orientales et le Maroc est un pays qui ne tient particulièrement à coeur. Je réfléchissais donc à un moyen de faire connaître à d'autres ce que ce frère me partage quant à la vie des chrétiens marocains, sans pour autant le mettre en danger. Finalement, après avoir réfléchi et parlé avec lui, j'ai choisi de lui poser quelques questions, et de publier ses réponses, mais de manière anonyme et sans mentionner l'endroit au Maroc où il se trouve. Voici donc cette interview d'un chrétien marocain.

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1. Vous êtes citoyen marocain et vivez au Maroc. Vous êtes aussi un ancien musulman devenu chrétien, ce qui dans votre pays a de quoi surprendre. Comment avec-vous connu Jésus ?

- J'avais beaucoup de questions à pro
pos de l'islam vu la grande contradiction entre ce qui est dit et ce qui est fait, et c'est ce qui m'a poussé à quitter l'islam et à m'intéresser plus à mes études, et à un certain moment de ma vie j'avais senti un vide spirituel croissant, ce qui m'a poussé à chercher la vérité. Et grâce à un ami, j'ai pu rencontré des Chrétiens (marocains et étrangers), ce qui m'a poussé à connaître Jésus plus profondément.

2. Comment a réagi votre famille à votre décision ?

- Bien sûr ma famille quand elle l'a su a été contre au début, elle a essayé même de faire une certaine pression sur moi pour que j'abandonne ma foi. Mais en vain... ce qui l'a poussée à devenir mon premier protecteur contre les autorités et contre la famille élargie.
En gros, le problème des familles marocaines ce n'est pas la foi en elle-même, mais elles sont plus intéressées par leur image, leur situation et ce que les autres diront !!!!!

3. Le véritable nombre de chrétiens marocains est évidemment impossible à
connaître puisque beaucoup d'entre eux gardent leur foi secrète. Combien y en a-t-il de connus ? Combien environ pensez-vous qu'il pourrait y en avoir en tout ?

- Ceux qui sont connus représentent quelques milliers, un peu plus de 4000, mais je crois que ceux qui suivent Jésus-Christ, grâce à Internet et aux satellites, dépassent les dizaines de milliers et même plus, et c'est ce qui a poussé le gouvernement marocain à s'acharner contre les chrétiens marocains ainsi qu'étrangers, même si certains étrangers étaient sur le sol marocain pour leur business ou autre.

4. Quel est le plus souvent leur profil (sexe, âge, classe sociale, urbains/ruraux, etc) ?

- Les chrétiens marocains viennent de toutes les classes sociales, des 2 sexes, berbères et arabes, des citadins en grande majorité à cause de la marge de liberté dans les villes, il y a des docteurs, des fonctionnaires, des jeunes diplômés, des gardiens, des maçons.... tous égaux en Jésus-Christ. La plupart sont jeunes, mais pas exclusivement.

5. Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous avez à faire face en tant que chrétiens autochtones au Maroc ?

- Le grand problème c'est l'É
tat qui essaye de monopoliser la religion selon sa guise et son intérêt (d'ailleurs même les autres musulmans différents de la doctrine officielle du Royaume souffrent et sont eux aussi réprimés et emprisonnés ! ), et qui donc à travers les différents services secrets officiels et non officiels attaquent les chrétiens marocains et les répriment, certains sont même emprisonnés !!!!!
En plus, différents services secrets montent la société contre nous et lui demandent de nous attaquer ou autre...
6. De quelle manière partagez-vous l'Evangile avec vos compatriotes ?
- De la manière la plus directe, c'est-à-dire leur parler de Jésus-Christ et du vrai chemin de Dieu. Avec certains ils faut juste parler de Jésus, de sa vie de ses miracles. Avec d'autres il faut faire la comparaison avec ce qu'ils croient et les pousser à utiliser leurs cerveaux afin de choisir le vrai Dieu.

7. En Algérie, on constate qu'avec la renaissance de la culture berbère, beaucoup de Berbères qui redécouvrent leurs racines s'intéressent aussi à l'Evangile, notamment parmi les Kabyles. Observez-vous la même chose parmi les Berbères du Maroc ?

- Pas spécialement car au Maroc il y a un grand mixage ethnique et tous les Marocains sont au moins en partie berbères (sauf si on considère que seuls ceux qui parlent berbère le sont).

8. Quand on parle du Maroc, on pense toujours à la majorité de la population, arabo-berbère et musulmane. Pourtant, il y a une autre communauté religieuse qui est présente au Maroc depuis les siècles : les Juifs marocains, qui ont une riche culture et sont une minorité respectée. Y a-t-il des chrétiens parmi eux ? En connaissez-vous ?

- Oui bien sûr, même si leur nombre n'est pas grand à cause de la réaction brutale, dans la majorité des cas, de leurs familles.

9. Quelles conséquences pensez-vous que la vague de changements qui bouleverse actuellement tout le monde arabe aura sur les chrétiens dans ces pays, et tout particulièrement dans votre pays ?

- Je prie pour que ces changements amènent la vraie démocratie (pour quitter à jamais ces entités religieuses actuelles très fermées ! ), et c'est là et seulement là qu'on pourra parler de liberté religieuse tant souhaitée, et c'est notre espoir.

10. Avez-vous déjà commencé à expérimenter ces changements ?

- Sûrement. Le changement viendra tôt ou tard et c'est le moment maintenant, et l'Église marocaine y participe fortement, pour un pays démocratique, civil et laïc !

11. Quelles sont les relations entre les chrétiens marocains et les chrétiens étrangers résidant dans le pays ?

- En général de bonnes relations !

12. Que pensez-vous que les chrétiens en France et en Occident peuvent faire pour vous aider ?

- On demande, SVP, plus de prières pour la situation ici et plus d'actions politiques pour faire pression sur le régime marocain.

13. En conclusion, quel message voudriez-vous faire passer aux jeunes chrétiens français qui vous liront ?

- Notre Seigneur nous demande d'être soit chauds, soit froid, mais pas tièdes !!!!! Ne soyons pas tièdes et proclamons Jésus-Christ haut et fort là où notre Seigneur nous ouvre les portes !

Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Merci beaucoup et soyez béni.

dimanche 6 mars 2011

Flamenco chrétienne

Salut tout le monde !

Puisque je suis en Espagne cette année, je voulais vous faire découvrir quelques échantillons de la musique traditionnelle du pays, et particulièrement d'Andalousie où cet art est né : la flamenco ! Voici donc quelques vidéos de flamenco... mais pas n'importe quelle flamenco : des chansons écrites pour louer Dieu en musique ! Tout y est : rythmes de danse, sons de guitares, voix émotives... et paroles qui glorifient Dieu.
Si tu ne comprends pas l'espagnol, écoute au moins pour le régal de tes oreilles :-).

Allez, je commence par la chanson Todo tiene su tiempo, du groupe Alabastro, un groupe 100% andalou, originaire de la petite ville de Jerez dans la province de Cadiz. Une ville avec une très riche tradition flamenco... et ca s'entend !!! C'est la chanson préférée de mon coloc, David, qui joue lui aussi de la guitare flamenco.



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Une autre d'Alabastro, Que sería de mí sin sí. Pour nous rappeler que nous ne serions rien sans Dieu.



Je continue avec Hecho está, de Diego Salazar. Les paroles nous rappellent que seul Jésus peut nous donner tout ce dont nous avons besoin.



Et pour finir, Dame de beber, de Las Chuches para Dios.

vendredi 4 mars 2011

Pakistan : assassinat de Shahwaz Bhatti

As salaamo alaikum ! (Bonjour en ourdou, langue du Pakistan, on note la ressemblance avec l'arabe).

Pourquoi je vous salue en ourdou aujourd'hui ? Parce que, comme vous l'avez peux-être appris aux annonces, un événement tragique pour le Pakistan, surtout sa communauté chrétienne, a eu lieu dans ce pays cette semaine : la mort de Shahwaz Bhatti (cf photo), Ministre des Minorités et seul chrétien (seul non-musulman même) membre du gouvernement pakistanais, assassiné par des islamistes qui lui en voulait en raison de sa lutte contre la loi anti-blasphème en vigueur au Pakistan. Ce meurtre a eu lieu mardi dernier, le 2 mars, alors à l'occasion de la mort de celui qui a été ces dernières années le plus grand défenseur des chrétiens pakistanais, j'ai voulu écrire un article pour rappeler la triste situation des chrétiens dans ce pays.

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Pour comprendre ce que vivent les chrétiens pakistanais aujourd'hui, il faut remonter à la naissance de l'État du Pakistan. Lors de l'indépendance de l'Inde en 1947, la communauté musulmane du pays qui craignait que les musulmans soient discriminés dans le nouvel Etat à majorité hindoue a insisté pour la création d'un Etat séparé pour les musulmans : c'est ainsi qu'est le Pakistan. A l'Ouest, l'ex-Pakistan oriental a pris à son tour son indépendance en 1971, devenant l'actuel Bangladesh. Depuis son indépendance, le Pakistan a connu une histoire turbulente de gouvernements civils inefficaces et corrompus, dictatures militaires et guerres avec l'Inde voisine. Et surtout, une montée permanente des mouvements islamistes violents, notamment les célèbres Talibans, qui sont pour la plupart des Pachtounes, une ethnie dont le territoire est partagé entre le Pakistan et l'Afghanistan.

Pourtant, il y a une grande communauté chrétienne au Pakistan. Ils seraient entre 3 et 4,5 millions selon les sources, soit entre 1,5 et 2,5 de la population pakistanaise (même si évidemment seule une minorité d'entre eux prennent leur foi au sérieux). Ils constituent donc la plus grande minorité religieuse du pays, devant les hindous, les sikhs et les animistes. Seulement, leur influence dans la société pakistanaine est nettement plus faible que leur nombre, parce que dans le passé l'Eglise a grandi surtout parmi les classes sociales les plus pauvres, essentiellement les hindous de caste inférieure. La grande majorité des chrétiens le sont depuis plusieurs générations, et presque tous les convertis sont d'un arrière-plan non musulman (essentiellement des animistes des petites minorités ethniques). Les chrétiens d'origine musulmane, eux, sont beaucoup moins nombreux et hésitent à faire connaître leur foi à cause des risques. Pour ces raisons, les chrétiens sont à la fois souvent pauvres et culturellement isolés de la majorité musulmane, et sont donc particulièrement vulnérables aux discriminations, aux injustices et aux violences.

C'est pour cela qu'en 2011, le Pakistan est à la 11° place de l'Index de Persécution émise tous les ans par l'ONG Portes Ouvertes, qui travaille à aider les chrétiens persécutés. D'après Portes Ouvertes, au moins 29 chrétiens ont été tués en 2010, 58 enlevés, une centaine agressés et 4 autres condamnés pour blasphème.

Le plus gros problème auquel font face les chrétiens au Pakistan est la fameuse loi anti-blasphème, qui punit de prison ou de mort toute "remarque dérogatoire" à l'encontre du Prophète de l'islam. Cette loi profondément injuste sert de plus de prétexte à toutes sortes de règlements de comptes et d'abus. La majorité des personnes qui ont été accusées de blasphème d'après cette loi sont musulmanes, mais elle sert aussi, et de plus en plus souvent, de prétexte aux islamistes pour s'en prendre aux chrétiens. Souvent, une simple accusation de blasphème provoque des émeutes et des représailles avant même que les tribunaux n'aient le temps d'enquêter. Pour l'instant, personne n'a encore été exécutée à cause de cette loi (du moins légalement, parce que souvent ce sont les islamistes qui s'en chargent avant que la justice n'ait le temps de le faire), mais pour la première fois, fin 2010, Asia Bibi (cf photo), une femme chrétienne, a été condamnée à mort par pendaison, ce qui a valu au Pakistan des condamnations de toute la communauté internationale. Sans doute à cause de la pression internationale, Asia Bibi reste emprisonnée mais n'a toujours pas été exécutée. De nombreuses initiatives ont été lancées afin de la sauver.

Shahbaz Bhatti, le Ministre assassiné, était une des principales personnalités
publiques à s'opposer à cette loi injuste, et c'est sans doute la principale raison de son assassinat. Né dans une famille chrétienne de Lahore, Shahbaz Bhatti était lui-même un chrétien convaincu et une des personnalités chrétiennes pakistanaises les plus connues des dernières décennies. Il s'est battu pendant 25 ans pour défendre les chrétiens pakistanais contre cette loi et les autres injustices desquelles ils sont victimes. En 2008, après la démission du dictateur Pervez Musharraf et la formation d'un nouveau gouvernement (relativement) démocratique, c'est donc tout naturellement qu'il a été choisi pour être Ministre des Drois des Minorités, un nouveau ministère qu'il est le premier à occuper. Il était le seul chrétien membre de ce gouvernement. Là encore, en tant que Ministre, il a beaucoup fait pour aider les chrétiens pakistanais, même si certains lui ont reproché d'être trop absorbé par le système (sans doute vrai, mais malheureusement inévitable, et s'il n'avait pas accepté ce poste il n'aurait jamais pu obtenir tous les changements qu'il a obtenus). Il était très souvent menacé, mais il persévérait malgré le danger pour lui, et il répétait souvent qu'il puisant dans sa foi la force pour continuer. Avec l'affaire Asia Bibi, le Ministre est devenu le plus fervent défenseur de cette femme injustement condamnée à mort... et c'est ce qui lui a valu d'être lui-même assassiné. Début janvier, le gouverneur de la province pakistanaise du Punjab Salmaan Taseer, qui bien que musulman s'était lui aussi opposé à la loi anti-blasphème, avait déjà été assassiné. Ce nouveau meurtre de l'unique Ministre pakistanais non-musulman montre une fois de plus le danger que courent tous ceux qui s'opposent à l'islamiste radical au Pakistan. Il apparaît de plus en plus clairement à quel point les milices islamistes sont puissantes dans ce pays, et que même le gouvernement est incapable de les combattre. Et ça, c'est évidemment très très mauvais signe pour l'avenir des chrétiens pakistanais.

En conclusion, je vous propose de signer une pétition contre la loi anti-blasphème au Pakistan.

lundi 19 avril 2010

Groupe Facebook de prière pour les chrétiens Palestiniens

Salut !

Pour ceux qui ont Facebook, je voulais juste faire un ptit coup de pub pour un groupe Facebook que j'ai créé, suite au congrès GBU du week-end dernier. Il s'agit d'un groupe pour prier pour les chrétiens palestiniens.

Prions pour les chrétiens palestiniens... grands oubliés du corps de Christ

Merci de le rejoindre :-)