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mercredi 29 mai 2013

Alexis Masson, philosophe, sur Epistheo : connaître Dieu par la raison

Bonjour à tous ! Mon blog était en standby depuis quelque temps, pour cause de mémoire de fin d'études à terminer. J'ai rendu mon mémoire ce matin et ai donc maintenant plus de temps pour mes occupations habituelles.

Voici donc un article prévu depuis longtemps déjà. Dans cet article, je voulais vous présenter un ami, Alexis Masson, et son site : Epistheo.com. Alexis est diplômé en philosophie de l'Université de Strasbourg. Au début de ses études de philosophie, il était athée militant, nihiliste, et ne faisait aucun cas de la foi chrétienne qu'il considérait comme irrationnelle et tout juste bonne pour les faibles d'esprit. Sa rencontre avec un camarade de promo chrétien et ses discussions avec cet ami lui font découvrir la réalité d'un christianisme intellectuellement beaucoup plus respectable qu'il ne l'aurait pensé. En 2005, il se convertit finalement à Jésus-Christ à la suite d'une expérience spirituelle. A la suite de sa conversion, il se met à étudier les rapports entre la foi chrétienne et la raison. Alexis a d'ailleurs servi de relecteur pour mon article précédent, je le remercie de ses conseils.
Epistheo, jeu de mots grec signifiant "connaître Dieu", est le fruit de ce travail. Il s'agit d'une émission radio hebdomadaire, diffusée sur plusieurs radios locales (en Alsace et dans le Territoire de Belfort). Chaque émission aborde une question relative à la foi chrétienne d’un point de vue philosophique.
Le format est court, vivant et accessible, permettant d’informer les auditeurs sur des questions qu’ils se sont probablement déjà posés : peut-on prouver l’existence de Dieu ? Pourquoi Dieu a-t-il créé l’univers ? Pourquoi Dieu permet-il le mal ? Comment peut-on comprendre la Trinité ?
Le site Internet permet de découvrir les thèmes traités dans cette émission.
Dans cette vidéo, Alexis raconte sa propre histoire, comment il a lui-même découvert Dieu. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à explorer son site, plein de réflexions de qualité.

samedi 2 mars 2013

Arguments théistes

Bonjour tout le monde !

Socrate, auteur des
 premiers arguments théistes

A-travers les siècles d'histoire de la philosophie, de nombreux raisonnements logiques très divers ont été développés afin de démontrer l'existence de Dieu : les arguments théistes. Les premiers à avoir formulé de tels arguments étaient les 3 grands philosophes de la Grèce antique, Socrate Platon et Aristote, pour qui Dieu, qu'ils voyaient comme un être absolu en tout point, était nécessaire au fonctionnement du monde. Peu usités par les chrétiens des premiers siècles (surprenant d'ailleurs), ces arguments ont ensuite été repris au Moyen-Âge par des théologiens musulmans (Averroès, Al-Kindi...), puis chrétiens (surtout Thomas d'Aquin), avant d'être développés par des philosophes théistes ou déistes comme Leibnitz, Descartes, Voltaire et Kant. Par contre, ils semblent n'avoir jamais eu une grande importance dans la pensée philosophique chrétienne et apparaissent peu chez les plus grands philosophes chrétiens comme Augustin, Pascal ou Kierkegaard. Ils ont cependant toujours joué un rôle très important dans la théologie catholique jusqu'à aujourd'hui. La Réforme protestante les a généralement mis de côté en insistant sur la Révélation, par opposition à la raison, comme base de la foi, mais les arguments théistes reviennent sur le devant de la scène aujourd'hui dans la pensée de plusieurs apologètes évangéliques contemporains (Alister McGrath, Ravi Zacharias, etc). Alors, j'ai eu envie de consacrer moi aussi un article sur mon blog à ces arguments.

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L'argument ontologique, ou argument de l'essence
Cet argument, énoncé pour la première fois par le théologien catholique médiéval Anselme de Canterbury puis repris notamment pas Descartes, veut établir l'existence de Dieu par la seule analyse de son essence, de ce qu'il est, au contraire des autres arguments théistes qui reposent sur l'observation du monde, c'est pourquoi je le mets en premier même s'il n'est pas le plus important.
L'argument consiste à montrer que la nature même de Dieu implique forcément son existence. Pour résumer : Dieu, par définition, est un être infini et parfait ; s'il était inexistant, il ne serait plus parfait ; donc, il doit forcément exister.
Le raisonnement d'Anselme de Canterbury : Dieu est un être parfait, infini, sans aucune limite. L'esprit humain est capable de concevoir un tel être infini et il lui donne le nom de Dieu. Or, un être qui existe dans la réalité du monde est plus grand, plus parfait, qu'un être qui existe seulement dans l'esprit humain. Donc, un tel être infini doit forcément exister dans la réalité.
Le mathématicien et logicien autrichien Kurt Gödel, un ami d'Einstein, connu surtout pour son théorème d'incomplétude, a proposé une reformulation de l'argument ontologique en langage mathématique : la preuve ontologique de Gödel. Il n'a fait circuler ce travail que parmi ses connaissances et ne voulait pas le publier, de peur qu'il ne soit interprété à tort comme une tentative de preuve finale de l'existence de Dieu.
Cet argument repose de toute évidence sur un sophisme et peut être facilement réfuté : si Dieu n'existe pas, alors il n'est évidemment pas parfait ni infini et tout le raisonnement s'effondre. L'argument a donc été très souvent critiqué, notamment par Emmanuel Kant et même par Thomas d'Aquin, qui répond que l'esprit humain, dans sa finitude, n'est pas capable de comprendre l'infinité de Dieu. Pourtant, malgré toutes les critiques, l'argument ontologique continue de fasciner les philosophes, qu'ils l'acceptent comme valide ou non. Le philosophe gallois Bertrand Russell, un des plus grands penseurs athées du 20° Siècle, a dit au sujet de cet argument : « Il est plus facile d’être convaincu que l’argument doit être fallacieux que de trouver précisément où repose l’erreur. » La preuve ontologique a récemment été revalorisée par le philosophe américain contemporain Alvin Plantinga.


L'argument téléologique, ou argument du dessein
Voltaire
Cet argument est certainement l'argument théiste le plus connu. Sa formulation la plus célèbre est celle de Voltaire, connue sous le nom d' « argument de l'horloger ».

Selon cet argument, l'existence même de l'Univers, la complexité de son fonctionnement et l'équilibre qui le régit, sont la preuve de l'existence d'une intelligence créatrice, dont l'action créatrice a un but. Tout ce qui existe et dont le fonctionnement est régi par un mécanisme précis a forcément été conçu par une intelligence créatrice ; or, l'Univers existe et fonctionne selon les lois de la nature ; donc, l'Univers a nécessairement été conçu par une intelligence créatrice, dans un but.

Voltaire, qui s'inspire du philosophe chrétien anglais William Paley, explique que si un jour, en se promenant, il trébuche sur une pierre et se demande ce qu'elle fait là, on pourrait lui répondre tout simplement que cette pierre a toujours été là, que c'est l'endroit où elle se trouve naturellement. Par contre, s'il trouve une horloge par terre, la réponse à la même question sera différente : c'est qu'il a forcément du y avoir, à un moment donné et en un endroit donné, un horloger qui a fabriqué cette horloge. Sans cet horloger, l'horloge ne pourrait pas exister. Même si l'horloge est abimée, qu'elle fonctionne mal, nous savons tout de même avec certitude qu'elle a été conçue par un être intelligent (l'horloger) dans un but précis (montrer l'heure). De même que l'existence de l'horloge prouve l'existence d'un horloger qui l'a conçue, de même l'existence de l'Univers prouve celle d'une intelligence qui l'a créé. Voltaire conclut son argument par sa célèbre formule : « L'Univers m'embarrasse et je ne puis songer Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger. »

Cet argument a été de plus en plus mis en avant avec les découvertes scientifiques modernes, notamment en physique, sur la complexité du fonctionnement du monde et le réglage fin et précis des constantes physiques nécessaires à l'apparition de la vie. Il balaie d'un revers de main l'idée selon laquelle le progrès scientifique a rendu caduque l'idée de Dieu : avec cet argument, au contraire, plus la science progresse, plus notre compréhension du monde augmente, plus il devient infiniment probable qu'il y a un Dieu qui l'a créé.



Les arguments cosmologiques

Thomas d'Aquin
L'argument cosmologique, sous ses diverses formes, trouve son origine chez les 3 grands philosophes athéniens, Socrate, Platon et Aristote. Il a par la suite été abondamment repris, notamment Thomas d'Aquin. Il s'agit ici de partir de l'observation du monde (du cosmos, d'où le nom d'argument cosmologique) pour en déduire l'existence de Dieu. Pour les philosophes athéniens, l'existence d'un être suprême, infini et parfait dans toutes ses caractéristiques est nécessaire à l'existence du monde et de la raison humaine.

Dans sa Somme théologique, Thomas d'Aquin propose trois variantes de cet argument :


  • La voie par le mouvement : Tout, dans l'Univers, est en mouvement (c'est-à-dire, en termes philosophiques, tout change, rien ne reste éternellement identique). Or, tout ce qui est en mouvement est forcément mû par autre chose, il n'y a pas de mouvement sans moteur. Il est donc nécessaire qu'il y ait un premier moteur qui soit le moteur de toute chose.
  • La voie par la cause : Tout ce qui existe a forcément une cause. En remontant arrière la chaîne de cause à effet, il est donc nécessaire qu'il y ait une cause première qui soit la cause de tout.
  • La voie par la contingence : Tout, dans le monde, a un commencement et une fin, donc la possibilité d'exister et de ne pas exister. Par conséquent, puisque ces choses existent alors que leur existence n'est pas nécessaire, il doit y avoir quelque chose qui les fait exister.

Cette cause première, ce moteur premier, cette nécessité première, c'est Dieu. Une réponse facile à cet argument serait : « Dieu a créé le monde mais... qui a créé Dieu ? » Quelle est la cause de cette cause première, le moteur de ce moteur premier ? En réalité, cette question est un non-sens : d'après les lois de la logique, tout ce qui a un commencement a une cause ; tout ce qui est en mouvement a un moteur ; tout ce qui n'est pas nécessaire a quelque chose qui le fait exister. Ce qui est éternel, qui a toujours été et sera toujours, n'a pas de cause puisque rien ne l'a amené à l'existence ; ce qui n'est pas en mouvement, qui reste éternellement identique, n'a pas besoin de moteur ; ce qui est nécessaire, qui existe par lui-même, n'a besoin de rien pour le faire exister. D'ailleurs, puisqu'elle est la cause de tout et qu'il n'y avait rien avant elle qui puisse en être la cause, la cause première doit forcément ne pas avoir elle-même de cause.
La forme la plus simple de l'argument cosmique, et aussi la plus célèbre et la plus âprement étudiée aujourd'hui, nous vient du penseur musulman soufi Al-Ghazâli. Il s'agit de l'argument dit du kalam : « Tout ce qui a commencé à exister a une cause. Or, l'Univers a commencé à exister. Donc, l'Univers a une cause. »

L'argument moral
La présentation la plus célèbre de l'argument moral pour l'existence de Dieu se trouve dans le roman Les frères Karamazov, de l'écrivain russe Féodor Dostoïevski, dans lequel un des personnages s'interroge : « Mais alors, que deviendra l’homme, sans Dieu et sans immortalité ? Tout est permis, par conséquent, tout est licite ? »
Cet argument se résume au raisonnement suivant : si Dieu n'existe pas, les valeurs morales objectives n'existent pas ; or, les valeurs morales objectives existent ; donc, Dieu doit exister.
Cet argument ne vaut évidemment que si on part du fait que le bien et le mal sont des valeurs absolues. On pourrait répondre en défendant une morale purement sociale, dont le seul but serait de garantir le bon fonctionnement de la vie en communauté. Dans ce cas, cette morale varierait en fonction des époques et des cultures, selon l'organisation différente des sociétés humaines, et il n'existerait aucune morale universelle. C'est là que ce raisonnement pose problème : imaginons par exemple si les nazis avaient gagné la Seconde Guerre Mondiale, réalisé leur but d'extermination de tous les Juifs et endoctriné la totalité de la population mondiale ; dans ce cas, avec une morale culturaliste, la Shoah serait moralement bonne dans cette société ! Si, au contraire, la morale est absolue, alors même dans une telle société la Shoah restera moralement mauvaise, en dépit du fait que l'humanité entière la considérerait comme moralement bonne.

Les autres arguments :
En plus des quatre principaux arguments théistes (ontologique, téléologique, cosmologique et moral), d'autres arguments moins connus ont été proposés. En voici quelques-uns :
  • L'argument historique : L'homme est par nature trop anxieux pour développer de lui-même sa créativité et trop égocentrique pour s'orienter de lui-même vers une société organisée ; s'il y est parvenu c'est qu'il y a donc forcément une force extérieure à lui-même qui l'a guidé. Cette idée était répandue surtout dans les sociétés antiques pré-grecques.
  • L'argument de l'absolu : Une chose, une action, n'est bonne ou mauvaise que par rapport à une échelle de valeurs donnée. Or, pour que cette échelle puisse mesurer objectivement le bien et le mal, il faut qu'elle ait une valeur maximale. Donc, il y a forcément un Bien absolu. (Le même raisonnement marche aussi avec les notions de Vrai et de Beau.) Cet argument est tiré de la Somme théologique de Thomas d'Aquin.
  • L'argument spatio-temporel : C'est une variante intéressante de l'argument cosmologique, très utilisé dans la pensée islamique. L'espace et le temps ayant tous les deux eu un commencement, ils doivent avoir une cause. Or, puisque l'espace-temps n'existaient pas avant leur création, leur créateur doit être extérieur à l'espace et au temps, infini et éternel.
  • L'argument du consensus universel : Le fait que toutes les civilisations du monde, même celles qui n'avaient aucune relation entre elles, ont en commun l'idée du divin sous diverses formes, prouvent qu'une forme de divin doit exister réellement. Cet argument a été émis par Cicéron ; il est faible car s'agit d'un argument de la tradition, une forme d'argument d'autorité.
  • L'argument de la limite de la connaissance humaine : La conscience humaine est limitée ; donc il doit forcément exister autre chose qui dépasse sa conscience. L'auteur de cet argument est Kant.
  • L'argument pragmatique : Le fait que, même sans preuve empirique préalable, l'acceptation de l'existence de Dieu et des conséquences qui en découlent (efficacité de la prière notamment) fonctionne dans la vie du croyant, est la preuve que ce que ce croyant croit est vrai. Ce raisonnement vient du philosophe et psychologue américain William James.
  • L'argument anthropique : Nous, humains, sommes des êtres personnels (c'est-à-dire conscients, rationnels, moraux, aimants, etc.), donc la nature dont nous sommes issus doit également avoir pour origine un être personnel ; sinon, ce serait comme si la nature donnait vie à un poisson alors que l'eau n'existe pas. L'auteur de cet argument est le Dr Gregory Boyd, un pasteur et apologète évangélique contemporain.

Un dernier pour la route
Un dernier argument, peu connu mais qui me plaît beaucoup personnellement : celui développé par C.S Lewis, professeur de littérature à l'Université d'Oxford pendant la 1° moitié du XX° Siècle, passé de l'athéisme au théisme puis au christianisme et devenu après sa conversion un des auteurs chrétiens les plus réputés de son époque. Des prémisses de cette idée se trouvent déjà chez Augustin et Pascal, dans leur célèbre formule disant qu'« il y a dans le coeur de tout homme un vide en forme de Dieu. »
Au début de sa carrière universitaire, Lewis était athée. Pourtant, il a toujours gardé une profonde soif de spiritualité, qui se manifestait surtout par sa passion pour les mythologies antiques, soif que sa vision du monde athée et matérialiste ne parvenait pas à satisfaire. Or, la nature est ainsi faite que tout besoin naturel peut être assouvi de façon naturelle : la nourriture répond à la faim ; l'eau à la soif ; etc. Aucun désir n'existe sans que l'assouvissement n'en soit possible. Il en est finalement venu à la conclusion, qui a été une étape importante dans son cheminement intellectuel vers le théisme, que puisque son besoin de spiritualité ne peut être comblé par le monde matériel, c'est qu'il doit exister une réalité au-delà du matériel qui soit en mesure de l'assouvir. Je cite sa conclusion en ses propres mots : « Si je découvre en moi un désir qu’aucune expérience dans ce monde ne peut satisfaire, l’explication la plus probable est que j’ai été fait pour un autre monde. »

Et alors ?!
Pour conclure, je poserais tout simplement la question : à quoi a servi cet article ? Quel est l'intérêt de tels arguments ? Aucun d'entre eux ne prouve l'existence de Dieu de façon absolue ; dans le cas contraire, il n'y aurait plus la liberté de croire qui est si vitale à tout croyant. Quid du pari de Pascal ? D'ailleurs, bien peu d'athées n'ont jamais été convaincu de l'existence de Dieu uniquement par de tels arguments (un exemple où c'était le cas est celui du philosophe britannique Antony Flew, un des plus importants penseurs athées militants de son époque qui, en 2004, a déclaré adhérer à présent au déisme aristotélicien). Et puis de toute façon, la foi chrétienne, c'est beaucoup plus que de croire seulement en l'existence de Dieu.
Je pense tout de même que sans être décisifs, ces arguments ont leur intérêt : ils ne peuvent pas, dans l'absolu, prouver que Dieu existe ; mais ils peuvent servir à défendre la crédibilité de la foi en montrant qu'il est cohérent de le croire. Qui sait, peut-être que l'un ou l'autre de mes lecteurs sera amené à réfléchir par mon article et qu'il se posera plus sérieusement cette question essentielle : et si c'était vrai ?

samedi 24 décembre 2011

Prophéties que Jésus a accomplies

Bonjour à tous !

Aujourd'hui, pour Noël, j'ai eu envie de publier ici un message assez court : tout simplement, une vidéo de 3 minutes, réalisée par une amie à moi il y a plusieurs années déjà, qui montre quelques-unes des prophéties de l'Ancien Testament (Bible juive) que Jésus a accomplies.
Les prophéties réalisées font partie des principales preuves que Jésus de Nazareth est vraiment celui qu'il affirmait être : le Messie ("Machiah", càd "Oint" en hébreux), le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. Des centaines de prédictions, faites plusieurs siècles avant la naissance de Jésus, se sont réalisées avec une précision surprenante. Un petit aperçu dans cette vidéo.



"La Lumière est venue dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas reçue."
Evangile selon Jean, à-propos de la naissance de Jésus

Joyeux Noël à tous :-)

vendredi 2 décembre 2011

Si Dieu est bon, pourquoi la souffrance ?

Salut tout le monde !

Cette semaine, j'ai assisté à trois excellentes conférences sur le campus de Strasbourg, avec pour orateurs David Brown, Secrétaire Général des Groupes Bibliques Universitaires en France, et Emmanuel Maennlein, pasteur et évangéliste itinérant dans toute la Francophonie, sur des thèmes choisis par les étudiants strasbourgeois eux-mêmes par l'intermédiaire de plus de 200 sondages (voir article précédent). Et accessoirement, 2 des 3 soirées ont été animées par mon colocataire, David, pour qui cela représentait une excellente préparation à son futur métier de journaliste.
Le thème de la dernière des trois soirées : Pourquoi tant de souffrance dans le monde ? Pourquoi un Dieu bon, qui aime l'humanité, permet-il sa souffrance et l'injustice ? C'est sans doute LA question la plus souvent posée quand on aborde aujourd'hui le thème de la foi chrétienne : la souffrance est l'argument avancé par d'innombrables penseurs athées comme preuve ultime de la non-existence de Dieu, et elle représente pour beaucoup de personnes en quête d'un sens à leur vie un obstacle insurmontable. Ça fait longtemps déjà que j'avais envie d'écrire un article sur ce thème alors je profite de l'occasion du Dialogue Véritas pour le faire.

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Nous sommes tous d'une façon ou d'une à la souffrance. La souffrance est injuste, elle nous révolte. Et Dieu dans tout ça ? Il paraît qu'il nous aime... ben, heureusement, qu'est-ce que ce serait s'il nous aimait pas ?! Comment un Dieu d'amour peut-il permettre que ses créatures souffrent, surtout s'ils sont innocents et victimes d'injustices contre lesquelles ils ne peuvent rien ? Et même, comme le suggèrent certains philosophes athées : si Dieu est Tout-Puissant, donc que rien n'arrive contre sa volonté, n'a-t-il pas la responsabilité morale de toute la souffrance de l'humanité ?
Lorsque dans des discussions entre étudiants je suis confronté à la question de la souffrance, c'est toujours délicat pour moi d'y répondre. En effet, on ne répondra pas de la même manière à la question : Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ? si elle est posée de manière purement théorique, que si elle est posée par l'homme qui vient d'apprendre qu'il a un cancer en phase terminale, par quelqu'un qui vient de perdre sa famille dans un acciden
t de voiture ou par la jeune fille violée au cours d'une soirée arrosée. Dans le premier cas, la discussion pourra rester philosophique et intellectuelle, dans le deuxième je devrai faire preuve de tact et de compassion. Mais dans tous les cas, je commencerais par dire une chose : la souffrance n'a jamais fait partie du plan de Dieu pour les hommes.

Qu'en était-il au commencement ?
D'après la Bible, la souffrance n'existait pas dans le monde tel qu'il a été créé. Dans le récit de la Création dans la Genèse, chaque jour se termine par : "Et Dieu vit que c'était très bon." Le plan de Dieu était que les hommes vivent heureux, en relation avec lui, entre eux et avec la nature, dans le monde magnifique qu'il avait créé. D
ans ce plan, la souffrance n'avait pas sa place et n'était pas prévue. Mais un jour, quelque chose ne s'est pas passé comme prévu.

Connexion lost
Le premier homme que Dieu avait créé vivait dans un monde parfait, dans lequel la souffrance
n'existait pas. Et il était en relation directe et personnelle avec son Créateur. Mais un jour il y a eu un bug, un virus dans le système, quelque chose qui est venu briser à cette relation. Pourquoi ?
Parce que l'homme a fait un choix. Dieu l'avait créé pour vivre une relation d'amour avec lui. Une relation totalement libre, parce qu'il n'y a pas d'amour sans liberté. Et l'homme a choisi de tourner le dos à Dieu, de l'exclure de sa vie et de vivre pour lui-même, de faire ses propres choix. Ce choix de l'homme était exactement le contraire de ce qui était prévu, mais parce que Dieu nous aime tellement profondément, il a respecté notre liberté. L'homme a mis Dieu à la porte et Dieu s'est retiré. A partir de là, d'une certaine manière on peut dire que l'homme est devenu son propre Dieu. Il a choisi de ne viv
re plus que pour lui-même et de choisir lui-même ce qui est bon pour lui, sans se soucier des plans que son Créateur avait pour lui, du but dans lequel il avait été créé. C'est ainsi que par ses choix, l'homme libre refuse d'entrer dans les plans du Créateur et détruit tout ce que Dieu a créé. La réelle liberté et le bonheur véritable ne se trouvent que dans une relation d'amour avec Dieu, mais l' "homme-dieu" préfère courir après sa fausse liberté et construire lui-même son propre paradis de bonheur illusoire... et cela le mène droit à la catastrophe. Il ne s'agit pas à proprement parle d'une punition : l'homme qui proclame sa divinité et refuse d'écouter la voix de son Créateur fabrique lui-même son propre malheur ; Dieu n'en est pas l'auteur, mais seulement le spectateur malheureux des mauvais choix de sa créature libre.
Et comme la relation de l'homme avec Dieu était brisée, les relations des hommes entre eux se sont détériorées elles aussi, puisque les intérêts d'un individu ou du groupe auquel il appartient divergent souvent de ceux d'un autre individu
ou autre groupe, qui est dès lors vu comme un obstacle à la liberté et au bonheur. Depuis ce moment, l'homme s'est toujours montré d'une très grande ingéniosité quand il s'agit de faire souffrir son prochain. Et ainsi, des hommes innocents deviennent tragiquement les victimes innocentes de la fausse "liberté" d'autres hommes... Quand l'homme pousse son inhumanité à l'extrême, on en aboutit aux horreurs de la guerre du Vietnam, du génocide rwandais ou des camps de concentration nazis (cf photo).

Et qu'en est-il des catastrophes naturelles ? Des maladies ?

D'accord, mais... dans ce cas, qu'en est
-il de la souffrance causée par des phénomènes totalement indépendants de l'action humaine ? Pourquoi Dieu a-t-il permis, par exemple, le tsunami de Noël 2004 ou le tremblement de terre au Japon l'année dernière ? Pourquoi permet-il que des maladies comme le SIDA ou le cancer tuent des millions d'innocents ?
Le choix de l'homme de vivre séparé de Dieu a eu des conséquences non seulement sur lui, mais aussi sur l'ensemble de la Création. Ainsi, l'homme déchu a entraîné la nature entière dans sa déchéance.

Un châtiment divin ?
Régulièrement, lors de grandes catastrophes, on entend des religieux
de tout bord prendre la parole pour déclarer qu'il s'agit d'un châtiment de Dieu pour les fautes de ceux qui ont été les victimes des évènements. A la lumière de la Bible, que devons-nous en penser ?
Il y a effectivement dans la Bible des exemples de catastrophes que Dieu a provoquées pour punir certains hommes ou peuples à cause de fautes concrètes qu'il avaient commises. Mais c'est quelque chose d'assez rare, et ce n'est pas le cas pour la grande majorité des événements douloureux décrits dans la Bible.
Est-ce que cela arrive aujourd'hui encore ? Sans doute parfois. Mais attention : non seulement de tels jugements divins ne sont pas fréquents, mai
s de plus, personne ne peut savoir si tel événement était un jugement de Dieu ou non. En faisant de telles affirmations, nous nous mettons à la place de Dieu en prétendant connaître sa volonté mieux que lui-même. Et de plus, l'intempestivité de tels jugements peuvent causer une douleur encore plus grande pour les victimes.
Quoi qu'il en soit, même s'il s'agit réellement d'un châtiment divin (ce que, je le répète, nous ne pouvons pas savoir), cela ne signifie certainement pas que nous ne devons pas aimer les victimes, leur manifester de la compassion et venir à leur secours dans leur détresse.

Une seule solution...
Jusqu'ici, j'ai parlé des origines de la souffrance et tenté d'expliquer pourquoi un Dieu d'amour permet que la souffranc
e existe. Un verset de la Bible, qui se trouve dans le livre du prophète Esaïe, chapître 59 verset 1, résume de façon complète mais succincte tout ce que j'ai dit : "Non, le bras de l'Eternel n'est pas trop court pour vous sauver, ni son oreille trop dure pour vous entendre. Mais ce sont vos péchés qui mettent une barrière entre lui et vous, ce sont vos fautes qui vous cachent sa face et l'empêchent de vous écouter."
Mais si je m'arrêtais là, ce serait totalement insuffisant. Les hommes ayant ruiné le monde magnifique que Dieu a créé, Dieu aurait tout à fait pu nous abandonner à notre sort. Mais il ne l'a pas fait, parce que même si nous le rejetons, il continue de nous aimer. C'est ça, la bonne nouvelle !!!
Et la réponse de Dieu à notre abandon, la réponse de Dieu à la souffrance, c'est une personne : Jésus. Jésus, c'est Dieu incarné, le Créateur qui devient créature et qui choisit de s'abaisser jusqu'à nous, jusque dans notre misère et notre souffrance. Jésus a connu toutes les souffrances contre lesquelles nous nous débattons : il s'est senti seul, abandonné, trahi par ses amis les plus proches, il a été battu, torturé, il a souffert... et il est mort. La très bonne nouvelle : Dieu peut comprendre ta souffrance, parce qu'il a e
nduré tout ce que tu endures actuellement, et même pire encore. L'écrivain français Paul Claudel a écrit : "En Jésus, Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance, il n’est pas venu l’expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence."
Et maintenant, LA PLUS-QUE-
TRES-BONNE NOUVELLE : Jésus a aussi apporté une solution à la souffrance.
Nous avons vu que l'origine de toute souffrance dans ce monde, c'est ce choix de l'homme de rejeter Dieu. Ce choix nous rend coupables devant lui et le mal que nous avons fait mérite une juste punition : l'Enfer, c'est-à-dire la séparation éternelle de Dieu. Dieu aurait été injuste de passer tout simplement au-dessus de nos mauvaises actions au nom de son amour pour nous : imaginez un criminel reconnu coupable lors d'un procès, mais acquitté parce que le juge l'aime ! Il doit donc bien y avoir une punition. Mais par Jésus, Dieu lui-même a reçu la punition pour toutes nos mauvaises actions : Jésus a été crucifié, il a souffert d'être séparé de s
on Père, et il est mort, volontairement, par amour pour nous. Je ne méritais rien, toi non plus, mais il l'a fait, rien que parce qu'il nous aime. Mais ce n'est pas tout : non seulement il est mort, mais il est ressuscité. Il a vaincu la mort. Jésus a pris ta punition, pour que toi tu puisses être pardonné et que ta relation avec Dieu soit rétablie. Si tu crois qu'il est mort sur la croix à ta place et si tu l'acceptes comme ton Sauveur, il peut guérir ton passé et te donner une nouvelle vie. Il ne mettra pas fin à la souffrance, mais il la guérira et t'aidera à y faire face. Jésus, c'est la solution à la souffrance.

Le mot de la fin
La première partie de mon article parle du commencement. Il est donc logique de conclure par ce qui en sera lors de la fin. Et de terminer cet article avec un message d'espoir : tout comme le mal, la souffrance et l'injustice n'existaient pas au début, pour ceux qui auront mis leur confiance en Jésus ils n'existeront plus après la fin.
Le dernier livre de la Bible s'appelle l'Apocalypse, un livre dont le titre signifie tout simplement "Révélation", et pas "scénario de film catastrophe à la Steven Spielberg". Ce livre est une vision de la fin des temps. Et voici comment il décrit ce que sera le nouveau monde dans l'avenir :

Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis du trône une forte voix qui disait : "Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu." Et celui qui était assis sur le trône dit : "Voici, je fais toutes choses nouvelles."


(Le dernier dessin a été réalisé par une amie pour le magazine Ta Jeunesse.)

mardi 12 octobre 2010

Turquie : L'Arche de Noé découverte ?

Salut tout le monde !

Pour commencer, comme d'habitude, quelques nouvelles de moi : je suis cette année à Cordoue en Espagne, où je vais étudier un an avec Erasmus. Je suis en coloc avec un jeune chrétien espagnol, la vie et les études ici me plaisent beaucoup :-).

Ce matin, je suis tombé sur une nouvelle intéressante : le 29 avril, une équipe de chercheurs turcs et chinois, qui effectuent des fouilles depuis plusieurs années sur le Mont Ararat en Turquie, pense avoir peut-être découvert l'Arche de Noé ! Ils affirment avoir retrouvé des restes en bois de la structure d'un bateau dont la datation au carbone 14 remonte à 4800 ans. D'après Yeung Wing-cheung, originaire de Hong-Kong et un des quinze membres de l'équipe de recherche, "nous ne sommes pas sûrs à 100% qu'il s'agit de l'arche mais nous le sommes à 99,9%". Tout au long de l'article, vous verrez des photos de cette découverte (cliquez dessus pour les agrandir), et vous pourrez constater que ça a l'air tout à fait sérieux. Les sceptiques expliqueront difficilement la présence d'un bateau au sommet d'une montagne, à plusieurs centaines de kilomètres de la mer.

Pour l'instant, le scepticisme est de rigueur, des analyses scientifiques sont encore en cours pour déterminer l'authenticité de cette découverte, et il pourrait même s'agir d'un canular. Mais la piste paraît sérieuse, plus sérieuse en tout cas que les autres "découvertes" fantaisistes qui ont été faites sur ce sujet dans le passé. Et si cela s'avérait vrai, ce serait la preuve la plus convaincante de la véracité de la Bible depuis la découverte des manuscrits de Qumran en 1947.

Pour que chacun puisse se faire une opinion objective, je vous propose deux liens vers des articles parlant du sujet : l'un rédigé par l'AFP et publié sur le site du Figaro, journal français d'actualité réputé pour son sérieux ; l'autre d'une source chrétienne, le site Actualité chrétienne du journaliste Paul Ohlott, personnage connu dans les milieux évangéliques français, qui travaille également pour le TopChrétien.

EDIT janvier 2014 : Entretemps, il s'est avéré que cette affaire était un canular. Je garde cependant l'article en ligne parce que la réflexion reste pertinente.

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D'après la Bible, à la fin du Déluge, l'Arche de Noé s'est échouée sur le Mont Ararat, dans l'actuelle Turquie. Depuis toujours, et encore plus avec l'essor des sciences modernes comme l'archéologie, des explorateurs, scientifiques ou aventuriers plus ou moins sérieux, se sont lancés à la recherche de cette Arche perdue. Le Dr Gilbert Crosvener, du National Geographic Magazine de Washington, déclarait il y a quelque temps : Si l'on découvrait une fois l'Arche de Noé sur le Mont Ararat, ce serait à coup sûr la plus grande découverte archéologique de tous les temps." Si elle s'avérait authentique, il s'agirait d'une preuve indéniable de la véracité historique du récit biblique du Déluge, et d'un argument de poids en faveur de la crédibilité historique et scientifique de la Bible. Pourtant, à part le Figaro, très peu de médias français se sont intéressés à cette découverte...

Pourquoi n'en a-t-on pas parlé ? En partie sans doute parce que l'authenticité de cette découverte n'est pas encore clairement avérée. Dans l'attente des résultats des analyses scientifiques, la prudence est donc de mise. Mais il ne saurait s'agir que de cela. Sans aucun doute possible, la principale raison est que, si l'histoire du Déluge était vraie, cela contredirait énormément de choses que la science actuelle considère comme indiscutables. Et cela montrerait qu'une fois de plus, comme lors de l'affaire Galilée, les scientifiques se sont trompés.

Parce qu'aujourd'hui, pour l'européen moyen, croire que le Déluge a vraiment eu lieu, c'est tout simplement absurde. Tout comme en général, que quelqu'un qui au XXI° Siècle puisse croire que la Bible est vraie, c'est un signe inquiétant d'arriération mentale. Donc si une découverte scientifique comme celle-ci venait montrer le contraire... La société occidentale entière en serait bousculée dans ses certitudes.

Pourtant, la mémoire d'un Déluge universel se retrouve dans énormément de peuples, très divers, très éloignés les uns des autres, et sans relations entre eux. Dans la civilisation suméro-chaldéenne de Mésopotamie, l'Epopée de Gilgamesh, la plus ancienne oeuvre littéraire au monde, évoque des pluies torrentielles que les dieux auraient envoyées comme punition pour exterminer les hommes. La mythologie gréco-romaine relate l'histoire de Deukalyon et Pyrrha, les deux seuls survivants d'un Déluge provoqué par Zeus. En Perse, les textes sacrés de la religion zoroastrienne racontent comment les dieux ont sauvé le seul homme juste de l'extermination de l'humanité en le cachant dans une grotte (ici, le Déluge prend la forme de neige). Dans le Véda, livre sacré de l'hindouisme, le premier homme est sauvé du Déluge par Matsya, le premier avatar du dieu Vishnou, en construisant un bateau. Un mythe scandinave raconte que les géants ont été exterminés de la terre par un Déluge causé par le sang du géant Ymir, tué par Odin : là encore, il n'y a qu'un seul survivant, Bergelmir, le petit-fils d'Ymir. En Chine, les textes anciens parlent d'une "grande crue qui monta jusqu'au Ciel". Dans la mythologie maya, en Amérique, la 2° des 3 générations successives d'hommes est détruite par un Déluge (contrairement aux autres mythologies, il n'y a ici aucun survivant). Et je pourrais multiplier les exemples, il y a des traces du Déluge dans la mythologie égyptienne, celte, slave, germaine, arabe, inca, aztèque, etc. Le Coran, qui reprend beaucoup d'événements bibliques, le mentionne également. Quand une telle mémoire universelle existe, on ne peut logiquement qu'en conclure que cet événement est bien réel, il n'y a pas de fumée sans feu. De plus, la grande distance géographique qui sépare les différents mythes diluviens montre que ce Déluge était très certainement universel, puisque le monde entier en a gardé la mémoire.

Mais, est-ce crédible de considérer qu'à une époque tellement ancienne, la technologie était assez avancée pour pouvoir faire une telle construction, capable de contenir toutes les espèces d'animaux ayant existé ? Il faut ici préciser que la Bible donne elle-même les dimensions précises de l'Arche, et un plan de construction précis, digne du meilleur architecte moderne. D'après le texte biblique, l'Arche mesurait 300 coudées de longueur, 50 coudées de largeur et 30 de hauteur. Compte tenu du fait que la coudée est une unité de mesure quelque peu variable, on peut en déduire que l'Arche faisait au minimum 135m de long, 22,5m de large et 13,5m de haut, et au maximum 157m de long, 26m le large et 16m de haut. Ces proportions sont idéales pour contrebalancer les besoins de confort sur la mer, la force de la coque, et la stabilité du navire. L'Arche avait des ponts inférieur, moyen et supérieur, et même un espace additionnel d'une coudée en-dessous du toit, qui pourrait servir de système d'aération. Un groupe de scientifiques contemporains ont fait un calcul (tout à fait approximatif), compte tenu du nombre et de la taille des espèces ayant besoin de prendre place dans l'Arche (parce qu'évidemment les animaux marins et ceux vivant sous terre n'en avaient pas besoins), la nourriture stockée, et l'espace de vie de Noé et sa famille, et est arrivé à sa conclusion qu'une Arche de cette dimension aurait tout à fait pu flotter.

Mais certains répondront qu'il n'est pas possible qu'à une époque aussi ancienne, une technologie tellement développée ait existé ! Par conséquent, il est certain que ce plan de construction a été rajouté par après. A cela, le scientifique répondra qu'on sait aujourd'hui que les anciens Égyptiens (qui, rappelons-le, ont bâti des pyramides dont la méthode de construction restent un mystère encore aujourd'hui pour la technologie moderne) disposaient d'une technologie assez développée pour construire une telle Arche, alors pourquoi n'aurait-elle pas existé peu de temps avant eux ? Le croyant, lui, répondra que même si Noé lui-même n'avait pas les connaissances nécessaires pour construire cette Arche, le plan lui a été révélé par Dieu directement, et il verra dans une telle précision une preuve de l'omniscience de Dieu.

Bien sûr, ma foi n'a pas besoin d'une découverte archéologique pour subsister. La foi est, comme l'a définie le philosophe Blaise Pascal, un "grand saut dans le vide", le choix de croire, sans preuve, que le message de la Bible est réellement la Parole de Dieu. Mais cette foi, bien que non vérifiable, repose sur des fondements solides, sur des faits historiques et des données scientifiques vérifiables. Et de plus en plus de découvertes de la science moderne, et tout spécialement de l'archéologie, ont confirmé à maintes reprises que le récit biblique. L'archéologie a déjà découvert que plus de 1000 lieux, personnages et peuples mentionnés dans la Bible ont réellement existé à la bonne époque. Et tous les ans, de nouvelles découvertes de ce type sont faites. Si elle s'avérait vraie, la découverte de l'Arche de Noé viendrait s'inscrire dans cette lignée, mais il s'agirait toutefois de la plus importante preuve archéologique de l'authenticité historique de la Bible.

Mais, n'est-ce pas dangereux de vouloir baser la foi sur la science et la raison ? Oui, si on fait de la raison le motif pour lequel on croit. Mais non, si on part de la foi, dans ce qu'elle a de plus irrationnel, et qu'ensuite on cherche à comprendre, et à expliquer à d'autres, ce qu'on croit et pourquoi on le croit, par la raison. Une approche rationnelle de la foi conduit à l'obscurantisme, à l'enfermement et à l'intolérance, mais une approche de la raison par la foi conduit à la réfléchir sur ce qu'on croit, au doute constructif, à la remise en question et à comprendre ce qu'on croit. Et la défense de la foi par des arguments de la raison, tant qu'elle n'est pas faite dans une attitude de vouloir prouver la foi (ce qui serait un contresens) peut donner lieu à des discussions très intéressantes. Non pas prouver par la raison que la foi est vraie, mais montrer par des arguments raisonnables qu'elle est crédible : c'est tout l'art de l'apologétique, la défense de la foi par la raison.

J'en reviens à la découverte de ce qui est peut-être l'Arche de Noé. Un point important : les scientifiques ayant fait cette découverte sont croyants, et dépendent d'un organisme de recherche qui s'affiche clairement comme chrétien. Face à une telle découverte, on peut donc légitimement se poser des questions sur leur neutralité. Sans qu'il s'agisse forcément de mauvaise foi volontaire, n'ont-ils pas été trompés par leur propre foi, au point de voir en cela ? Possible, l'avenir nous le dira, avec les nouvelles recherches sur l'authenticité de cette découverte. Mais, pourquoi partir du point qu'ils ne peuvent forcément pas être objectifs parce qu'ils sont croyants ? La malhonnêteté intellectuelle, volontaire comme involontaire, concerne aussi bien les croyants qui cherchent à tout prix à faire coïncider toutes les découvertes scientifiques avec leur interprétation, parfois bien fantaisiste, de la Bible (et ils existent !) que la position d'une grande partie des scientifiques actuels, qui est d'exclure systématiquement tout élément pouvant donner à penser qu'il existe un Créateur.

lundi 12 janvier 2009

Evangile ? Kézako ?

Yep ! Alors cette semaine j'avais envie de faire un petit article d'étymologie, en bon littéraire que je suis. Je vais étudier l'étymologie du mot : "Evangile", son étymologie a beaucoup de choses à nous apprendre. Et j'illustre mon article par le graff d'un ami d'enfance, le graffeur ScRaZ. (Clic sur l'image pour l'agrandir.)

L'Evangile, c'est le plan de Dieu pour le salut de hommes. Mais, en fait, qu'est-ce que l'Evangile ?

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L'Evangile vient du grec "ευανγελιον", lisez "Evangelion". Ce mot peut se traduire par "bonne nouvelle", "bon message".

Mais l'Evaggelion n'était pas utilisé par les Grecs anciens pour n'importe quelle bonne nouvelle. Ils utilisaient ce mot dans trois contextes très précis :
- la nouvelle de la naissance d'un héritier au trône royal,
- la nouvelle d'une victoire militaire,
- la nouvelle de l'avènement d'un nouveau roi, d'un nouveau dirigeant.

Lorsque l'apôtre Paul a repris ce mot pour désigner la Bonne Nouvelle du salut et Jésus-Christ, ils ne l'ont pas choisi au hasard. En effet :
- L'Evangile, c'est l'annonce de la venue sur Terre du Roi des Rois : Dieu Lui-même est venu habiter parmi les hommes pour prendre sur lui notre faiblesse.
- L'Evangile, c'est la nouvelle de la plus grande victoire de tous les temps : Jésus, en mourrant sur la croix à la place des hommes, a détruit et vaincu le péché qui régnait en maître sur le coeur des hommes. Maintenant, pour tous ceux qui l'acceptent comme étant le seul Sauveur, Jésus peut remporter dans leur vie la victoire sur tout leur péché.
- Enfin, l'Evangile, c'est la nouvelle de l'avènement du plus grand Roi : Jésus-Christ règne, aujourd'hui et éternellement, et son Royaume est dans le coeur de tous ceux qui croient en Lui.

Et toi ? L'Evangile est-il déjà devenu pour toi une Bonne Nouvelle, dans les trois sens dits plus haut ? Ou bien, est-il encore pour toi une nouvelle de mort, de châtiment ?

Pour moi c'est la meilleure des nouvelles.