dimanche 14 octobre 2012

Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : Perspective chrétienne contemporaine sur l'homosexualité

Salut tout le monde !

C'était une promesse de campagne de François Hollande et elle est en passe de devenir réalité : le 31 octobre, le Conseil des Ministres examinera un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe et permettant à ces couples d'adopter des enfants. Le gouvernement à donc décidé d'avancer dans le sens de cette réforme à hauts risques, malgré les inquiétudes des maires, qui devront célébrer ces unions (et qui demandent au moins une clause de conscience, ce qui serait effectivement la moindre des choses...), du Conseil supérieur de l'adoption, de psychologues, de professionnels de l'enfance, de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, de juristes, de journalistes comme le fondateur de Reporters sans frontières, des différentes églises chrétiennes (catholique, orthodoxes, protestantes, évangéliques) et des autres communautés religieuses, voire même... des homosexuels eux-mêmes ! Alors, n'en déplaise aux nouveaux Inquisiteurs de la pensée unique qui au nom d'une fausse laïcité voudraient que la liberté d'expression soit pour tous les citoyens, à l'exception de ceux d'entre eux qui sont croyants, je vais moi aussi prendre position pour exprimer mon opposition à cette dangereuse évolution de la société.

Ma réflexion sur ce sujet est assez longue. Je la publierai donc en deux parties : aujourd'hui j'expose la pensée chrétienne sur l'homosexualité en général, dans la deuxième partie que je publierai dans deux jours j'aborderai plus concrètement les questions du mariage homosexuel, de l'adoption et de l'homoparentalité.

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Une perspective biblique
Puisque c'est le thème sur lequel je m'exprime sur mon blog, je vais commencer par montrer ce que dit la Bible sur le mariage, la famille et l'homosexualité, avant d'élargir aux enjeux moraux, juridiques et sociaux.
Adam et Eve, dessinés par Rubens
La fondation de la famille intervient très tôt dans la Bible : immédiatement après la Création et avant l'avènement du péché, alors que l'humanité est encore en entière harmonie avec Dieu. En fait, déjà dans le récit de la Création il est fait mention de l'altérité homme-femme : "Dieu créa l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu ; il le créa homme et femme." Ce qui est souligné est que l'homme et la femme (en hébreux "ish" et "isha", terminaison masculine et féminine de la même racine) sont à la fois égaux et distincts dans l'ordre de la création, qu'ils ne sont pas identiques mais ont la même dignité et ont tous deux en eux l'image de Dieu. Le chapitre suivant, considéré comme fondateur du mariage et de la famille, aborde plus spécifiquement les raisons de cette altérité : "Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul, aussi je lui créerai une aide qui soit son vis-à-vis. [...] Et l'homme [lorsqu'il aperçoit la femme pour la première fois] dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! On l'appellera femme [isha] parce qu'elle a été prise de l'homme [ish]. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair." L'homme avait déjà auparavant fait la connaissance des autres êtres vivants et des animaux, mais aucun d'entre eux ne satisfaisait ce dont il avait réellement besoin : "une aide qui soit son vis-à-vis". Mais quand il voit la femme, il sent que "cette fois", il a trouvé celle qu'il cherchait : cette "alter ego", semblable à lui mais en même temps différente, un vis-à-vis et un miroir, deux moitiés distinctes prêtes à se réunir pour former un nouveau tout. L'union du mariage suppose l'altérité, la différence de laquelle découle la complémentarité, c'est cette différence qui donne à la relation amoureuse toute sa profondeur. Dès lors, une relation dans laquelle cette différence serait absente n'a pas sa place dans ce plan.
La destruction de Sodome et Gomorre
par Joachim Patinir
Il y a 4 types de textes dans la Bible qui évoquent directement les pratiques homosexuelles, sous diverses formes. Deux dans l'Ancien Testament et deux dans le Nouveau.
Le plus connu est l'épisode de la destruction de Sodome et Gomorre (auquel fait écho celui de Guibéa, dans le livre des Juges) : il s'agit de deux villes réputées dans tous les environs pour leur débauche, que Dieu a détruites pour les punir de leur immoralité. Le péché de ces deux villes a traditionnellement été interprété comme étant l'homosexualité (d'où le terme de "sodomie") ; en regardant le texte plus attentivement il est clair que c'était beaucoup plus que ça, certainement un ensemble de violence et de perversions sexuelles en toute sorte, dont l'homosexualité faisait seulement partie.
Il y a ensuite les deux passages de la loi de Moïse qui traitent des pratiques homosexuelles (Lévitique 18:22 et 20:13). Dans les deux cas, ces versets sont inclus dans une série de lois qu'on pourrait qualifier de droit commun, qui évoquent la vie sexuelle. Le manque de précisions montre qu'il s'agit des pratiques homosexuelles en général, pas d'une pratique particulière de cette époque. Dans les deux cas, cette pratique est très fermement condamnée : "c'est une abomination" et "une chose infâme".
Passons au Nouveau Testament : dans le premier chapître de la lettre qu'il a écrite aux chrétiens de la ville de Rome, l'apôtre Paul dresse le portrait peu flatteur de la société (de culture gréco-latine) de son époque, qui se désagrège à force d'accepter comme normales de nombreuses choses que Dieu condamne (dont les relations homosexuelles). Sa conclusion : "Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous." Pour ma part, je lui réponds : "Se vantant d'être sages, ils sont devenus folles !"
Enfin, le dernier passage est au chapitre 6 de l'Epître de Paul aux Corinthiens : il s'agit d'une liste de péchés, liés au caractère, à l'argent ou à la sexualité, dont ceux qui les pratiquent "n'entreront pas dans le Royaume de Dieu". Deux des termes de la liste font référence à la pratique de pédérastie, entre éphèbes (adolescents pubères) et leurs maîtres adultes. Cette pratique, qui avait avant tout une portée pédagogique d'initiation à la sexualité, est cependant très différente des couples homosexuels tels qu'on les connaît aujourd'hui.
Pour un croyant qui considère la Bible comme étant la Parole de Dieu, l'homosexualité est et demeurera à tout jamais inacceptable, parce qu'elle est en totale contradiction avec les plans de Dieu révélés dès la création du monde et parce qu'elle est clairement condamnée par tous les textes bibliques qui l'abordent directement.
Ceci dit, ce sujet n'a pas une importance fondamentale dans le message biblique. Il n'y a que 4 courts passages qui en parlent et Jésus lui-même n'a jamais
directement évoqué le sujet (sans doute parce que l'homosexualité était quasi-inexistante en Israël à son époque et ne préoccupait donc pas ses auditeurs). Il s'agit d'un thème totalement secondaire dans le message biblique (ce qui ne signifie pas que son enseignement dessus n'est pas clair). Aujourd'hui, ce phénomène a pris une grande ampleur dans la société, qui s'oppose à ce que la Bible dit sur le sujet. Par conséquent, on en parle beaucoup dans les églises alors qu'à-travers les siècles l'homosexualité était assez peu évoquée (car marginale), ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi car l'Eglise doit savoir interpeler la société sur ses dérives... mais ce faisant, il est important de ne pas donner à ce sujet une importance exagérée, surtout aux dépens d'autres tout aussi importants.

Parler le langage de son temps
Évidemment, le croyant sait aussi qu'il ne vit pas dans une société 100% croyante et que son entourage n'a a priori aucune raison d'accepter une perspective biblique du monde seulement parce qu'elle refléterait soi-disant une volonté divine révélée. De même, il sait que Dieu a doté chacune de ses créatures d'un cadeau inaliénable : la liberté. Par conséquent, le croyant va d'une part accepter le droit des autres personnes à vivre d'une façon qu'il désapprouve et respecter et aimer ces personnes, et d'autre part, défendre ses convictions par des arguments non plus purement théologiques, mais aussi scientifiques, philosophiques, moraux, sociaux, politiques, juridiques, psychologiques, etc. Ce que je chercherai à faire dans la deuxième partie de mon article.

Gay et chrétien...
Dans l'histoire récente, influencés par l'évolution de la société par rapport à l'homosexualité, un certain nombre de mouvements ont voulu réconcilier foi chrétienne et homosexualité en prétendant que les textes bibliques qui condamnent celle-ci sont mal interprétés ou contextuels à leur époque. Le plus célèbre mouvement "chrétien gay" est le mouvement David et Jonathan qui "regroupe des homosexuel-le-s en recherche spirituelle". Ce mouvement se base sur l'amitié entre le futur roi David et Jonathan, le fils de son prédécesseur le roi Saül, pour prétendre que leur relation était homosexuelle... une simple survol du passage en question prouve que cette interprétation ne tient pas debout. Il est vrai que lorsque Jonathan meurt, David en deuil dit littéralement que "son amitié m'était plus précieuse que l'amour des femmes"... pure figure de poésie hébraïque qui n'exprime absolument aucun attachement amoureux ou sexuel. Il n'empêche que c'est une idée que j'entends de plus en plus souvent : "On peut être croyant et gay, Dieu (s'il existe) n'a sûrement rien contre deux personnes qui s'aiment." Que des personnes qui ne considèrent pas la Bible comme étant la Parole de Dieu raisonnent ainsi, aucun problème, j'ai presque envie de dire que c'est normal... mais que des personnes qui prétendent considérer la Bible comme étant la Parole de Dieu tiennent un tel discours, ça relève de la schizophrénie ! Les textes bibliques sont clairs : on peut les accepter ou non comme vrais, mais personne n'a le droit de leur faire dire ce qu'ils ne disent pas !!! Dire : "Je suis chrétien, mais je ne pense pas que ce soit mal d'être homo" n'a pas plus de sens que de dire : "Je suis communiste mais je suis pour l'économie de marché."

Dieu aime les homosexuels !
L'association Oser en parler vient en aide aux
personnes croyantes ou non, souffrant de troubles
de l'identité sexuelle tels que l'homosexualité


Un article comme celui-ci qui ne terminerait pas par ce message serait extrêmement incomplet : la personne homosexuelle (ou devrais-je dire, la personne qui ressent une attirance homosexuelle, puisque je suis convaincu qu'il ne s'agit ni d'une nature ni d'une fatalité) a elle aussi été créée par Dieu et Dieu l'aime telle qu'elle est. De par leur sensibilité particulière, les personnes homosexuelles peuvent même apporter un plus indéniable à la société et ce n'est sûrement pas pour rien que de nombreux très grands artistes (tels Léonard de Vinci, Michel-Ange, Rimbaud, Proust, Gide, Oscar Wilde, Elton John et beaucoup d'autres) étaient homosexuels.
Mais attention : cela ne veut pas dire que Dieu a créé son attirance homosexuelle ni qu'il l'approuve ! Il y a de très nombreuses théories sur les origines de l'attirance homosexuelle (prédispositions génétiques, absence affective du parent de même sexe, etc.), personnellement je ne suis pas du tout spécialiste de ce sujet, alors je préfère m'abstenir pour ne pas dire d'absurdités. Ce que je sais c'est qu'elle n'est pas innée, génétique ou autre, et qu'elle n'est pas voulue par le Créateur. Elle n'est pas non plus une maladie psychologique qui dévaloriserait la personne qui ressent une telle attirance.
Ensuite, je sais aussi que cette attirance engendre souvent, sinon toujours, une profonde souffrance intérieure, évidemment à cause du regard des autres mais pas seulement. Enfin, je sais que cette attirance n'est jamais une fatalité, mais qu'il est possible d'en sortir !
Vincent, un de mes amis qui est étudiant en théologie à Aix-en-Provence, en sait quelque chose. Attiré par les hommes depuis son adolescence, il a pris conscience de la nocivité de cette attirance à la suite de sa conversion au christianisme et a d'abord fait le choix de l'abstinence pendant plusieurs années, pensant qu'il devrait cependant continuer de lutter avec ces pulsions pendant toute sa vie. Par la suite, à la suite de discussions avec d'autres chrétiens qui se sont abstenus de le juger et ont exprimé l'espoir que Dieu puisse le délivrer de son homosexualité. Ils lui ont dit : "Si Dieu a créé l'Univers, tu crois qu'il ne peut rien faire pour ta sexualité ?" Puis il a rencontré d'autres personnes souffrant de la même situation et des ministères connaissant très bien ces problèmes et très compétents pour aider ceux qui y sont confrontés. Aujourd'hui, il peut témoigner qu'il s'en est sorti, qu'il ne ressent plus aucune attirance homosexuelle et qu'il commence à découvrir la beauté d'une attirance basée sur l'altérité. La dernière fois que je l'ai vu, lors d'un camp annuel cet été, il a eu le courage de se lever devant une centaine de jeunes pour témoigner publiquement et de sa propre initiative : "L'année dernière, lorsque j'étais ici, j'étais homosexuel. Maintenant, grâce à Dieu, je suis hétérosexuel." Pour lui, il ne s'agissait pas de rentrer dans le moule, mais de mettre en avant que son identité, sexuelle et autre, se restaure depuis qu'il a trouvé son identité en Jésus. Je le remercie d'avoir accepté de relire mon article avant publication et vous propose de découvrir son blog, sur lequel il s'exprime sur ce sujet et sur d'autres en sortant volontiers des sentiers battus de l'évangéliquement correct. Il vous invite aussi chaleureusement à le contacter si vous voulez en savoir plus, il se fera un plaisir de vous répondre.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour.Je suis une chrétienne,mariée,mère de huit fils,française de 50 ans.Je suis d'accord avec vous.Votre blog est très bien.C'est sympathique.Que notre jeune dieu saint,hétérosexuel,chaste et célibataire,Jésus-Christ,l'Eternel,le Messie,le Sauveur vous bénisse et vous rende heureux éternellement.Cordialement.Salut!

Philip777 a dit…

Commentaire ironique j'ai l'impression ^^

Chronos20051989 a dit…

Comme le chante les wriggles : " pour la morale n'en parlont pas, même si Jésus avait deux papas." Les wriggles - mon petit mec et toi. Une très belle chanson.