jeudi 28 février 2013

Démission du pape Benoît XVI : Partir, un choix d'humilité

Bonjour tout le monde !

Aujourd'hui, à 20h, la démission annoncée il y a un mois du pape Benoît XVI en raison de son âge et de sa santé fragile, deviendra effective et le siège de l'évêque de Rome, pontifex maximus, chef suprême de l'Eglise catholique, sera officiellement vacant au Vatican. Je ne compte pas réagir longuement à cet événement qui n'a pas une très grande importance pour moi personnellement, ni pour ma foi ; mais son importance politique et sociale au niveau mondial est telle que je ne pouvais pas ne pas m'exprimer dessus. Je publie donc un article plus court qu'habituellement, dans lequel je m'intéresse essentiellement aux raisons de la décision de Benoît XVI de démissionner.

Lire la suite

Mes sentiments à l'égard de l'Eglise catholique et du Vatican sont très mitigés : des doctrines clairement anti-bibliques où la loi prend le dessus sur la grâce et la tradition humaine sur la Parole de Dieu, certaines pratiques comme le culte de la Vierge et des saints qui mélangent allègrement foi chrétienne, superstitions populaires et paganisme, une morale conservatrice qui ne tient pas face à la réalité du monde, une organisation ecclésiale basée davantage sur l'organisation politique de l'Empire romain antique que sur des principes bibliques, de spectaculaires richesses utilisées pour de luxueux lieux de culte alors que des fidèles meurent de faim, un pouvoir au fond plus politique que spirituel avec tant d'abus dans l'histoire ancienne et même récente, sans compter les nombreux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie... Quant à l'œcuménisme qu'ils promeuvent depuis les réformes de Vatican II... je ne suis jamais fermé au dialogue avec personne, mais si pour eux il s'agit tout simplement de vouloir ramener le « frère égaré » que je suis dans le giron de « l'église mère », très peu pour moi. Mais, je vous rassure, je ne vais pas non plus vous proposer une tirade d'anticatholicisme primaire : je ne fais pas partie de ces évangéliques rageux qui ont besoin de taper sur les cathos pour exister, je suis capable de faire la part des choses et de reconnaître ce qu'il y a de bon ailleurs, par exemple avec un Abbé Pierre qui a fait largement plus pour les pauvres et les sans-abris que n'importe qui d'autre en France.

Mais venons-en aux faits : le 11 février, Benoît XVI annonce qu'en raison de son âge avancé (86 ans) et de sa santé déclinante, il ne se sent plus la force de poursuivre son ministère dans un monde qui traverse de profonds changements. Après un moment de réflexion et de prière, il a donc pris la décision de renoncer à ses responsabilités. Cette annonce a causé un profond choc au sein de l'Eglise catholique : c'est la première fois depuis des siècles que cela arrive.

Alors pourquoi ? Le pape abandonne-t-il le navire en pleine tempête ? Ou bien sa décision est-elle l'aveu que dans la société moderne, la foi et les valeurs qu'il défend sont dépassées ? Ni l'un ni l'autre : je pense que Benoît XVI a tout simplement reconnu et accepté ses limites. Il avait déjà 78 ans lorsqu'il a été élu, ces 8 dernières années ont été profondément éprouvantes pour lui et de son propre aveu, ces derniers temps il sentait de plus en plus ses forces décliner. Benoît XVI a donc compris qu'il n'était plus à la hauteur des responsabilités qui étaient les siennes et décidé qu'il était temps de laisser d'autres continuer. Je trouve que cette humilité l'honore. Ce n'est ni un abandon, ni un aveu d'échec, mais un passage de relais. Dans une société où ce qui compte le plus est la performance et le succès, où les puissants sont si nombreux à s'accrocher désespérément à la moindre miette de pouvoir, la décision à contre-courant de Benoît XVI nous rappelle qu'il n'est pas nécessaire d'en vouloir toujours plus et que choisir de s'arrêter pour que d'autres poursuivent, ce n'est pas échouer mais sortir grandi. Je n'ai pas d'affinités particulières avec Benoît XVI ni avec le système qu'il représente, mais je trouve que sa décision est tout à fait conforme aux valeurs chrétiennes et je le respecte pour cela.

Et quid de la succession ? Là, chacun y va de son prognostic et de ses vœux. Moi, je me tairai sur le sujet : ce choix ne me concerne pas puisque je ne suis pas catholique et rien ne me donne le droit d'exiger un pape selon mes envies (comme le font de nombreux médias français...) à une communauté dont je ne fais pas partie.
Par contre, le choix du pape, chef spirituel de la plus grande communauté religieuse au monde, a évidemment des conséquences très lourdes sur la perception du christianisme, catholique et autre, par l'opinion publique mondiale. Dans ce sens, je me permets tout de même d'exprimer un souhait : puisque le christianisme n'est plus aujourd'hui une foi occidentale (en fait je pense qu'il ne l'a jamais été, mais il a souvent été perçu ainsi à tort), que la grande majorité des chrétiens vivent en-dehors du monde occidental et que c'est dans l'hémisphère Sud que l'Eglise grandit le plus vite, je serais heureux que, pour la première fois dans l'histoire moderne, le prochain pape soit non occidental.

vendredi 15 février 2013

Oscar Pistorius : Un mythe s'effondre

Bonjour à tous !

©Antoine de Ras/AP/Sipa ; image vue dans le Nouvel Obs
Hier, un terrible drame a secoué le monde du sport : Oscar Pistorius, l'athlète sud-africain devenu en 2012 le premier sportif handicapé à avoir participé aux Jeux Olympiques, régulièrement cité en exemple par la presse pour ses performances sportives, sa persévérance malgré les difficultés liées à son handicap et son attitude exemplaire... a été arrêté pour avoir tué sa petite amie, dont le corps criblé de balles a été retrouvé à son domicile. Ironie suprême, cette tragédie conjugale a eu lieu précisément... le jour de la St-Valentin ! Dans un premier temps, on parle d'un accident : Pistorius aurait entendu du bruit, pensé qu'il s'agissait d'un cambriolage, sorti son arme et tiré pour arrêter le cambrioleur... avant de se rendre compte, trop tard, de son erreur. Entretemps, on parle plutôt d'un meurtre, parfaitement conscient et même prémédité ! Lors de sa première audience au tribunal, Pistorius est apparu effondré et a fondu en larmes.
Soyons clairs : je ne prétends pas savoir ce qui s'est réellement passé et ne vais donc pas jouer au justicier dans cet article. J'ose à peine imaginer la souffrance de toutes les personnes impliquées dans cette triste affaire, le terrible désarroi de Pistorius si la thèse de l'accident était vraie, la colère des proches de la victime s'il s'agit bien d'un meurtre. Alors, je vais essayer d'écrire sur ce sujet avec un maximum de sensibilité et sans émettre de jugement... d'autant plus que l'essence de mon message est de dire : quelle que soit la vérité dans cette histoire, je ne suis pas meilleur que Pretorius !



La mort d'un héros
Il y a encore quelques jours, Oscar Pistorius, 26 ans, était une légende du sport, respectée de tous dans le milieu de l'athlétisme et au-delà. Amputé des deux jambes au niveau des genoux, surnommé « the fastest man with no legs » (l'homme sans jambes le plus rapide au monde, mais c'est moins comique en français ^^), il avait défrayé la chronique en se qualifiant avec ses prothèses pour l'épreuve des 400m des Jeux Olympiques de 2012 à Londres, devenant le premier athlète handicapé de l'histoire à avoir participé aux JO. Plus encore : il avait établi un nouveau record du monde en demi-finale, avant de remporter la médaille d'argent ! Dans le monde entier, on loue sa volonté de fer, sa discipline personnelle, sa persévérance. Sa devise : « On n'est pas rendu incapable par son handicap [en anglais, disabled=disability], mais on est rendu capable par ses capacités ! » En plus, il utilise sa célébrité et son argent à bon escient, en soutenant activement des organisations de soutien aux personnes mutilées. Notre monde a tant besoin de héros...

L'envers du décor...
Mais derrière son masque de légende vivante, la réalité de la vie quotidienne de Pistorius est nettement moins glorieuse : ceux qui le connaissent le décrivent comme un « adrenaline freak », un jeune homme sympathique et charismatique mais casse-cou et littéralement accroc aux sensations fortes. En 2009, un grave accident en bateau à moteur lui avait déjà causé 172 points de suture. Voitures de tuning dont les pneus crissent à 250 km/h sur route mouillée, passion pour les films d'action les plus violents, motos de course, chiens dangereux, ou encore couple de tigres blancs élevés dans son appartement en ville... tout y passe, y compris évidemment les armes à feu, qu'il collectionne et dont il enseigne l'usage à ses amis. Ses amis le décrivent aussi comme paranoïaque, obsédé par sa sécurité (alors qu'il réside dans le quartier le plus sûr de son pays). Il a aussi une autre « collection » : les plus belles femmes se succèdent dans ses bras. Sa dernière conquête : la top-modèle Reeva Steenkamp... morte le 14 février 2013 des balles tirées par le pistolet 9mm de notre Don Juan.

Le jour où tout a basculé
Il suffit parfois de quelques instants pour qu'une vie d'apparence épanouie et remplie de succès se transforme en enfer. Pour Pistorius, c'était le 14 février 2013, date à laquelle sa petite amie est morte, chez lui, des balles de sa propre arme ! Ici, il m'est impossible de dire avec certitude ce qui s'est passé : meurtre avec préméditation ? dispute et geste de colère qui aura été fatal ? accident ? Quoi qu'il en soit, une chose est claire : cela faisait déjà longtemps que Pistorius jouait avec le feu. Quel que soit le véritable récit des événements de cette tragique journée, les conséquences sont irrémédiables : Reeva Steenkamp est morte et Oscar Pistorius risque la prison à vie...

Comment est-ce possible ?!
Malheureusement, Pistorius est loin d'être un cas unique : les histoires de célébrités impliquées dans des affaires sordides foisonnent depuis la nuit de temps. Pourquoi ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Et y a-t-il encore un espoir pour les personnes comme Pistorius ?
De toute vraisemblance, même s'il est effectivement coupable de ce meurtre, Pistorius n'a pas eu l'intention de tuer sa petite amie dès le début de leur relation. Mais dès le départ, il était sur une pente glissante : il avait des passe-temps dangereux, était paranoïaque et obsédé par les sensations fortes, et gardait des armes à feu chez lui à portée de main. A force de glisser de plus en plus sur cette pente dangereuse, le pire s'est produit.

Déjà dans l'Antiquité biblique...
Bathshéba au bain, de Rembrandt
Cette affaire me fait penser à une autre affaire, vieille de plusieurs milliers d'années celle-là : une histoire racontée dans la Bible, celle du roi David d'Israël, qui, après avoir couché avec la femme d'un de ses soldats qui est tombée enceinte de lui, a fait assassiner le mari de celle-ci.
Voyez plutôt : au début du récit biblique (qu'on trouve au chapitre 11 du 2° livre de Samuel), l'armée d'Israël est partie en guerre... mais David est resté chez lui, dans son palais, alors que sa position lui confère le devoir de commander ses troupes sur le champ de bataille. Plus précisément, le texte dit que David « se promenait, de nuit, sur le toit de son palais »... un roi qui se la coule douce pendant que son peuple est en train de se battre pour lui ça ne vous choque pas ?! La place de David aurait été au front, avec ses troupes.
Donc, il fait nuit et David se promène sur le toit de son palais... et c'est là qu'il voit une belle femme en train de se baigner ! Au vu de ce qu'on sait de la vie conjugale de David, ce n'était sûrement pas la première fois qu'il voyait un corps féminin... mais là, la vue de cette femme nue lui fait perdre tout bon sens. Alors, David demande d'abord qui est cette femme et apprend qu'il s'agit de Bathshéba, la femme d'Urie, un de ses soldats. Ca tombe bien : il est absent en ce moment, parti à la guerre... Donc, ni vu ni connu, David envoie un serviteur chercher discrètement Bathshéba et passe la nuit avec elle. (L'histoire ne dit pas si elle a eu le choix, mais au vu de ce que représentait l'autorité royale à l'époque elle n'aurait probablement pas eu son mot à dire...)
David se disait que le mari n'en saurait jamais rien... sauf que pas de chance : quelque temps après, Bathshéba lui fait savoir qu'elle est enceinte ! AÏE !!! Son mari n'est pas là et elle est enceinte... les gens vont se poser des questions !
Mari pas là+femme enceinte=problème... solution de l'équation : mari revient=problème résolu. Donc, David envoie un message à son général pour lui demander de lui envoyer Urie, officiellement pour prendre des nouvelles de comment se passe la guerre. Urie revient donc et David lui dit que comme il s'est bien battu il mérite bien un petit congé et d'aller passer un peu de bon temps avec sa femme. Si Urie tombe dans le panneau, tout le monde, y compris Urie lui-même, pensera que c'est le mari qui est le père.
Nouveau problème : Urie est un soldat, et un soldat ça ne couche pas avec sa femme pendant le service ! Urie préfère aller passer la nuit avec les gardes du palais... une nouvelle façon de rappeler à David que lui aussi, devrait être avec ses soldats. Le lendemain soir, David invite Urie à manger et à faire la fête chez lui, s'arrangeant pour que le vin coule à flot : quand il sera ivre, Urie acceptera bien d'oublier son service et de rentrer chez lui pour la nuit. Mais rebelote : Urie repasse la nuit avec les gardes.
C'est alors que David accomplit l'irréparable : il écrit une lettre au général, demandant que lors de la prochaine bataille, Urie soit placé à l'endroit le plus dangereux, pour qu'on soit certain qu'il sera tué par l'ennemi. Le pauvre Urie, en bon soldat loyal, portera lui-même la lettre contenant son arrêt de mort au général, sans se douter de rien... Cette fois-ci, tout se passe comme prévu : Urie meurt lors de la prochaine bataille. Il n'aura jamais su que son roi l'a trahi, puis assassiné. Maintenant, David est libre d'épouser Bathshéba.
Tout ça a commencé par une banale ballade au clair de lune, mais pour finir, un innocent est mort... De fil en aiguille, David, qui dès le départ était dans une situation de compromis, est passé de l'adultère (voire peut-être viol), au mensonge, puis au meurtre. Lorsque la nouvelle de cette affaire se répand parmi le peuple, la royauté est déshonorée.

Un pôv' type comme moi
Il serait facile de montrer du doigt les gens comme Pistorius, ou le roi David, comme des monstres qui méritent d'être haïs pas la société, et c'est ce que certains médias (les mêmes qui il y a quelque temps le couvraient d'honneurs...) n'hésitent pas à faire. Mais moi, je vois les choses différemment : je vois une personne ordinaire qui, à force de petits compromis qui deviennent de plus en plus grands, parfois pour couvrir d'autres manquements passés, en vient finalement à faire des choix aux conséquences destructrices pour elle-même et tous ceux qui l'aimaient. Non, Pistorius n'est pas un monstre inhumain : c'est un homme comme moi, dont la valeur a été à juste titre louée, qui a fait des choix tragiques qui ont causé la mort de la femme qu'il aimait. Attention : je ne fais pas du tout l'apologie de son geste : s'il est coupable de meurtre, il doit être puni par la justice ! Mais moi, je ne suis pas meilleur que lui.
Parce que je crois qu'en fait, nous méritons tous la mort. Le mal que nous commettons, nos fautes, nos mauvais choix... dans la Bible, ça s'appelle le péché, et l'Evangile dit que « Le salaire du péché, c'est la mort. » Moi, je n'ai jamais tué ma petite amie (normal, je n'en ai jamais eue), mais j'ai commis d'autres fautes, fait d'autres mauvais choix, dont certains qui ont blessé des personnes qui comptent beaucoup pour moi, et même si mes mauvais choix n'ont pas eu de conséquences aussi tragiques que ceux de Pistorius, il n'empêche que je ne suis pas moins coupable que lui. Parce que la gravité de nos fautes ne dépend pas de leurs conséquences, mais de ce qu'elles sont mauvaises par elles-mêmes.

Alors... quel espoir ?
Dans un paragraphe précédent, j'ai posé la question : y a-t-il encore de l'espoir pour Pistorius ? Puisque j'ai démontré que je n'étais moi-même pas meilleur que lui, pas plus que chacun de mes lecteurs, je me dois d'élargir la question : y a-t-il encore de l'espoir pour MOI ? pour TOI ???
J'ai cité plus haut un verset biblique qui dit : « Le salaire du péché, c'est la mort. » En fait, le verset complet dit : « Le salaire du péché, c'est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ. »
Ça veut dire quoi ? Pour faire simple : pour avoir la vie, il faut prendre conscience qu'on mérite la mort. Lorsqu'on en prend conscience, on peut voir qu'un autre l'a subie à notre place : Jésus, qui est mort sur la croix pour prendre sur lui la punition que nous méritions.
Renaître... Repartir à zéro... Effacer toutes les erreurs du passé et tout recommencer... Qui n'a jamais rêvé de ça ? Eh bien justement : par la grâce de Dieu, c'est possible. C'est possible pour Pistorius, même maintenant que sa vie est détruite. C'est possible aussi pour moi, et pour toi. C'est la base même du message de l'Evangile : "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles. Cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ." (La Bible, 2 Corinthiens 5:17-18)
Cette nouvelle vie ne signifie pas que les conséquences du passé sont effacées. Quoi qu'il arrive, Reeva Steenkamp restera morte et Oscar Pistorius devra toujours faire face à la justice et être puni pour ses actes. Par contre, pour lui comme pour tout un chacun, il reste possible de recevoir la guérison et une nouvelle vie, une vie transformée.

Le drame de l'affaire Pistorius nous rappelle que si notre monde a tant besoin de héros, les héros humains sont toujours faillibles mais par contre, il y a un héros qui ne déçoit jamais !!!

mardi 25 décembre 2012

Flashmob de Noël

Salut à tous les visiteurs de mon blog ! Comme tous les ans, un article pour vous souhaiter un joyeux Noël.

Pour l'occasion, je vous propose de découvrir un flashmob, spectacle improvisé, qui a réuni quelques milliers de personnes dans un grand centre commercial de Los Angeles, en Californie, la South Bay Gallery, pour chanter des cantiques de Noël. Quand, au coeur des temples de la société de consommation, les foules accourent pour chanter les louanges de l'enfant de la promesse... ça donne ça. Alors, à quand la même chose aux Halles à Strasbourg ?! Ce serait génial !!!
Enjoy :-)

dimanche 16 décembre 2012

Courageous

Visiteurs du jour, bonjour !

J'ai déjà parlé ici de Sherwood Pictures, la principale compagnie de films à message chrétien aux Etats-Unis, avec deux articles sur Facing the Giants et Fireproof. Je remets ça aujourd'hui avec Courageous, leur dernière production qui, comme pour chacun des films, traite d'un thème que les producteurs considèrent comme primordial pour la société : la paternité. Je l'avais regardé avec une amie au moment de la sortie du DVD et je l'ai revu hier soir avec mon colocataire. Les personnages sont de moins en moins caricaturaux et de plus en plus humains, la réalisation a beaucoup progressé en qualité (on sent la hausse du budget dans les moyens mis en oeuvre !), le jeu de certains acteurs reste moyen (la plupart ne sont pas des professionnels), le film n'en est pas moins agréable à voir. Je vous propose donc de regarder la bande annonce avant de lire mes impressions.



Lire la suite

Le film raconte l'histoire de quatre policiers dans une grande ville américaine, qui se trouvent en première ligne de la guerre des gangs. Chaque jour, ils risquent leur vie dans les rues pour protéger la ville (oui, je suis d'accord, ici ce côté de policier-héros ça fait très américain ^^, je n'aime pas trop mais ce n'est pas l'essentiel du film). Chaque soir, lorsqu'ils ont terminé leur service, chacun d'eux rentre chez lui et fait face à un défi d'un tout autre genre : sa vie de famille. D'où le slogan du film : "Honor begins at home", "L'honneur commence à la maison".

Tout au début du film, nos 4 héros sont convoqués par le sheriff, qui leur lit un courrier qu'il vient de recevoir : une étude a montré qu'un jeune qui n'a pas eu un père présent pour s'occuper de lui a nettement plus de chances de tomber dans la délinquance, de devenir membre d'un gang, de prendre de la drogue ou de finir en prison. Son message à ses hommes : "Lorsque vous êtes en service, donnez le meilleur de vous-mêmes. Mais lorsque votre service est terminé, rentrez chez vous et soyez présents pour vos familles, aimez vos enfants." Les paroles de leur supérieur donneront beaucoup à réfléchir à ces hommes... et seront le point de départ de l'intrigue du film.

En effet, nos 4 amis ont des situations familiales très différentes l'une de l'autre. Adam, père de famille quadragénaire de la classe moyenne américaine, aime passionnément sa petite fille de 9 ans mais il est assez distant de son fils adolescent, qui souffre de ce que son père s'intéresse tellement peu à lui. Nathan, un Afro-Américain d'une trentaine d'années, n'a jamais connu son propre père qui a abandonné sa mère avant sa naissance et la souffrance de cette absence l'a conduit à une jeunesse chaotique. Aujourd'hui, il est prêt à tout pour garantir le meilleur avenir possible à ces enfants et leur éviter toutes les difficultés qu'il a lui-même subies... au point de parfois les surprotéger. Il se montre surtout très strict concernant la vie sentimentale de sa fille de 15 ans, qui lui en veut pour cela. Shane est divorcé, de même que ses parents avant lui. Il doit travailler dur afin de gagner assez d'argent pour verser à son ex-femme une pension alimentaire pour leur fils, qu'il ne voit que rarement. Chaque fois qu'il le voit, il constate à quel point sa mère fait tout pour le monter contre lui. David, lui, est une jeune recrue de la police qui a un secret : lorsqu'il était étudiant et jouait au football dans l'équipe de son Université, il a eu une relation avec une pom-pom girl qui est tombée enceinte de lui... et il a ensuite abandonné son enfant. Le groupe se lie aussi d'amitié avec Javier, un immigré latino-américain qui cumule les emplois précaires et lutte pour joindre les deux bouts et pourvoir aux besoin de sa femme et de ses deux enfants.

Quelque temps après cette intervention du sheriff, la famille d'un des 4 policiers est frappée par un terrible drame (je ne vais pas tout dévoiler quand même ^^) qui bouscule le groupe d'amis dans leurs petites habitudes et les fait prendre conscience à quel point leur influence est déterminante pour l'avenir de leurs enfants. Ensemble, ils décident de réévaluer radicalement toute leur vie : leur foi, leurs familles, leurs succès mais aussi leurs failles, et surtout ce que devrait être leur responsabilité en tant que pères, à la lumière de principes tirés de la Bible... Le résultat de leur réflexion : une résolution, détaillée en de nombreux points, par laquelle ils s'engageront tous les 5 (les 4 policiers et Javier) à toujours donner à leurs enfants la première place dans leur vie.

L'histoire continue et chacun de ces hommes fera face à des épreuves inattendues. Que dira Nathan à sa fille pour lui faire comprendre qu'il l'aime tellement qu'il veut le meilleur pour elle et pour son avenir ? Comment réagira Javier lorsqu'il aura enfin (grâce à ses nouveaux amis) trouvé un emploi stable et que son patron lui demandera de frauder ? Quant à Shane, jusqu'où est-il prêt à aller pour payer la pension alimentaire de son fils et lui montrer à quel point il compte pour lui ?

Moi aussi, j'ai un père et je me rends compte tous les jours de l'immense influence que son modèle, en bien et en mal, a eu et continue d'avoir sur ma vie. Plusieurs conversations que j'ai eues récemment, avec mes colocataires et d'autres amis de mon âge, à-propos de nos parents, notamment de nos pères, et des joies et souffrances qu'ils nous ont causées, m'ont montré à quel point un parent façonne une vie... et à quel point l'échec d'un parent peut la ravager. Un jour, je serai probablement un père moi-même (en tout cas j'espère), et ce jour-là, je voudrai construire l'avenir de mes enfants sur les meilleures bases possibles. Ces bases, je devrai moi-même les incarner parce que comme le dit la chanson du groupe de rap Sniper, un père c'est aussi un (re)père. Je n'ai pas envie d'être un père "passable", "pas trop mauvais" ou "meilleur que la moyenne" : je n'aurai que quelques années pour façonner d'une façon définitive l'avenir de mes enfants et je veux leur donner LE MEILLEUR. Alors, j'ai décidé de m'y préparer dès maintenant !

samedi 1 décembre 2012

SIDA : La méthode ABC

Salut tout le monde !

Aujourd'hui, le 1° décembre, nous célébrons la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA. Depuis plus de 30 ans maintenant, cette redoutable maladie qui détruit le système immunitaire des personnes infectées par le virus a tué plus de 34 millions de personnes dans le monde et est considérée à juste titre comme un des plus grands fléaux de notre époque. Alors, j'ai eu envie de m'associer à tous ceux qui aujourd'hui s'engagent pour soutenir la lutte contre cette tragique épidémie. Pour l'occasion, j'ai voulu faire connaître une méthode de lutte contre la propagation du SIDA qui est très connue et usitée dans le monde, mais beaucoup moins en France : la méthode ABC.

Il y a environ un an, je me promenais un soir au centre-ville quand j'ai été abordé par un militant AIDES qui informait sur le travail de son organisme et proposait aux passants de devenir donateurs. Je me suis arrêté pour discuter quelque temps avec ce jeune homme très sympathique et lui expliquer que je respectais beaucoup le travail de toutes les associations engagées dans la lutte contre le SIDA, mais que j'avais malheureusement l'impression qu'elles ne s'attaquent souvent qu'aux symptômes de l'épidémie et pas au fond du problème. Je pense que le seul et unique moyen de porter un coup fatal à l'épidémie du SIDA est de s'attaquer aux circonstances dans lesquelles la maladie se transmet. Ensuite, il faut venir en aide à toutes les personnes déjà infectées, lutter contre toutes les stigmatisations et discriminations desquelles elles peuvent être victimes, leur fournir les meilleurs soins médicaux pour les aider à vivre une vie la plus normale possible et tout faire pour leur éviter de transmettre le virus à leur entourage. Puisque la voie sexuelle est de très loin le principal facteur de transmission du virus du SIDA, c'est dont à ce facteur qu'il faut s'attaquer en priorité, sans négliger les autres. C'est là qu'intervient la méthode ABC, dont le nom est en anglais un acronyme pour : "Abstinence - Be faithful - Condoms".

Lire la suite

La méthode ABC est une stratégie de lutte contre la propagation du SIDA fondée sur l'éducation sexuelle : elle encourage l'abstinence sexuelle jusqu'au mariage, la fidélité dans le cadre du mariage et l'usage de préservatifs pour les couples mariés. Cet ordre a souvent été compris à tort comme un ordre des priorités : il ne s'agit pas d'encourager l'abstinence comme une vertu en elle-même (un non-sens), la fidélité pour ceux qui ne tiennent pas le coup et le préservatif comme moindre mal pour ceux qui n'arrivent pas à être fidèles ; mais plutôt de poser les trois cadres successifs, aussi importants l'un que l'autre, pour enrayer la pandémie. Originaire des Etats-Unis et populaire surtout dans le monde anglo-saxon, la méthode ABC est une des plus répandues dans le monde pour lutter contre le SIDA, notamment en Afrique qui reste le continent le plus touché par la pandémie. Partout où elle est utilisée, elle a fait ses preuves, l'exemple le plus flagrant étant celui de l'Ouganda, jadis un des pays les plus contaminés d'Afrique qui, de 1980 à 1990 puis 2001, a fait chuter son taux d'infection de 30% à 14%, puis 5% ! Pourtant, en France, elle est très peu connue... d'où mon envie de contribuer à la faire connaître davantage.
Voyons donc les 3 points de la stratégie :

Abstinence
A pour Abstinence, le choix de rester vierge jusqu'au mariage. J'ai déjà beaucoup écrit sur pourquoi je suis persuadé que le choix de se préserver en exclusivité pour la personne avec qui on passera sa vie entière est le meilleur choix qu'on puisse faire dans ce domaine, pour soi-même autant que pour les autres. (Voir notamment ici et ici.) Ici, je me contenterai de rappeler que l'abstinence reste le seul contraceptif vraiment à 100% efficace, qui protège à la fois des grossesses non désirées,  du SIDA et des autres MST.

Be faithful
B pour Be faithful, le choix de la fidélité dans le mariage. Chaque nouveau partenaire sexuel sera peut-être celui qui nous transmettra le virus. Bien sûr que le SIDA n'est pas directement lié à l'infidélité, mais n'empêche que mathématiquement, plus on a de partenaires différents, plus il y a de chances que l'un d'entre eux soit séropositif. Donc, si tu sais que tu ne l'es pas et que ton partenaire ne l'est pas non plus, alors il n'y a qu'un moyen d'être certain de ne jamais le devenir (du moins pas par voie sexuelle) : en partageant ton intimité avec une seul partenaire sexuel. La meilleure façon de te protéger toi-même et de protéger la personne que tu aimes et qui partage ta vie : te consacrer à cette personne en exclusivité.

Condoms
Nous arrivons au troisième point : C pour Condoms, les préservatifs, contraceptifs qui protègent contre le virus. Ce n'est pas une option, c'est exactement aussi important que les deux premiers points : pour lutter contre le SIDA, en plus d'éduquer à l'abstinence jusqu'au mariage et à la fidélité dans le cadre du mariage, il faut aussi encourager l'usage du préservatif, informer sur le principe de la contraception pour corriger toutes les idées reçues qu'il peut y avoir et en expliquer le fonctionnement pour une meilleure utilisation possible.
J'ai parlé plus haut du cas de l'Ouganda, qui a défrayé la chronique en devenant le premier pays au monde à réussir à réduire de façon importante son taux d'infection du SIDA. Ce résultat remarquable a été obtenu en grande partie en appliquant la méthode ABC... mais depuis 2004, on constate que malheureusement, le taux d'infection augmente de nouveau. La principale raison : les points A et B de la méthode sont mis en avant aux dépens du C. Le plus grave pour moi : les principaux coupables sont les églises qui, en insistant dans leur discours moral sur l'abstinence et la fidélité, négligent voire découragent l'usage de préservatifs... Ce triste exemple suffit à nous montrer que A et B ne suffisent pas : le virus du SIDA est transmis aussi par les rapports sexuels des couples mariés ! Par conséquent, lorsque le couple sait qu'un des deux conjoints est infecté ou qu'il n'en a pas la certitude mais que la question se pose, l'usage du préservatif est impératif !
Certains répondront que le préservatif n'est jamais efficace à 100% parce qu'il peut craquer. C'est vrai, mais s'il est bien utilisé ce risque est infiniment faible (d'où l'importance d'informer sur l'usage correct) et surtout, est-ce que parce que le risque 0 n'existe pas, on va rejeter une solution qui marche dans bien plus de 99% des cas ?
A noter qu'il existe aussi des moyens médicaux de limiter très fortement le risque de transmission mère-enfant à la naissance et que si ceux-ci se développent au point d'être accessibles à grande échelle, y compris dans les pays pauvres, il faudra également les promouvoir, pour les mêmes raisons.

Cas particuliers
Il faut penser aussi à un certain nombre de situations spécialement douloureuses, dans lesquelles A et B ne suffisent pas, mais C apporte une réelle solution.
Par exemple, les personnes dont le conjoint est infidèle. Ce problème se pose particulièrement dans certaines cultures africaines, dans lesquelles les hommes sont encouragés à avoir des relations avec de nombreuses femmes, ce qui est d'ailleurs pour beaucoup dans l'avancée galopante de l'épidémie sur ce continent. Grâce au préservatif, une femme elle-même fidèle dont le mari aura été contaminé par une de ses maîtresses pourra éviter d'être infectée à son tour.
Ensuite, il y a ce qu'on appelle les catégories "à risque", ces personnes que leur mode de vie expose à un très grand risque de contamination. Il s'agit essentiellement, mais pas exclusivement, des prostitué(e)s. Ces personnes, qui n'ont le plus souvent pas choisi cette vie mais y sont contraintes par la pauvreté et souvent par la méchanceté des autres, sont victimes de toutes sortes d'injustices en plus du risque permanent d'être infectées par le virus, sans même parler de la honte liée à leur situation. En même temps, tant qu'il restera encore des personnes assez mauvaises pour abuser ainsi de leurs semblables, leur calvaire ne pourra malheureusement pas prendre fin. Par conséquent, si les préservatifs peuvent au moins l'atténuer quelque peu en les protégeant contre cette maladie mortelle, c'est déjà une bonne chose.

Capotes & cathos ?!
Quand on parle de contraception, et encore plus quand c'est un croyant, comme moi, qui en parle, cela suscite toujours des interrogations, à cause des idées vraies ou fausses qu'on se fait sur la vision chrétienne de la contraception. C'est pourquoi, j'ai voulu faire une partie spécifiquement pour expliciter comment je vois la contraception par rapport à ma foi.
Il y a quelques années, les propos du pape Benoît XVI sur le préservatif lors de son voyage en Afrique ont fait beaucoup de bruit. En effet, la position officielle de l'Eglise catholique sur le sujet est un refus de principe de la contraception (position officielle ne signifiant évidemment pas que l'ensemble des catholiques est d'accord). J'en ai d'ailleurs débattu pas plus tard que la semaine dernière avec un groupe de jeunes catholiques traditionalistes qui m'avaient invité à une de leurs rencontres. Leurs arguments sont d'une part que l'usage banalisé de contraceptifs donne une fausse impression de liberté en faisant croire, notamment aux plus jeunes, qu'on peut vivre sa vie sexuelle comme on le souhaite sans conséquences (jusqu'ici je suis d'accord), d'autre part que puisque Dieu a créé la sexualité dans le but de la reproduction, user de moyens artificiels pour contrer la nature et empêcher la fécondation lors de rapports sexuels va à l'encontre des plans divins. Cette position ne me paraît ni juste ni fondée : Dieu nous a aussi dotés d'une intelligence qui nous rend capables de maîtriser notre fécondité et d'inventer des outils techniques nous y aidant. Bien sûr que la sexualité existe pour permettre la reproduction, et heureusement, mais il n'y a rien dans la Bible qui indique que le plaisir sexuel n'est pas une bénédiction en lui-même, qu'il est illégitime d'avoir des rapports sexuels sans chercher à procréer ni qu'il n'est pas permis de contrôler sa fertilité ! Je ne vois donc aucune raison de refuser l'usage de contraceptifs dans le cadre que Dieu a prescrit à la sexualité : les rapports sexuels des couples mariés, par exemple pour éviter provisoirement d'avoir un enfant si la situation sociale du couple ne lui permettrait pas de l'élever dans de bonnes conditions, pour maîtriser la fertilité des couples ayant déjà plusieurs enfants et ne souhaitant plus en avoir d'autres... et bien évidemment pour se protéger mutuellement du virus du SIDA. De plus, pour ceux qui choisissent de ne pas tenir compte des principes d'abstinence et de fidélité, il est préférable qu'ils le fassent en se protégeant eux-mêmes et leurs partenaires (principe du moindre mal).

Et après ?
J'ose affirmer que si la méthode ABC était universellement appliquée, le SIDA disparaîtrait de lui-même en l'espace d'une génération. Je ne suis pas naïf et je sais aussi que ça ne sera jamais le cas. Alors, que faut-il de plus que cette méthode pour combattre la maladie la plus terrible que nous connaissons à notre époque ?
La première priorité est à donner à la médecine, qui fait un travail exceptionnel pour soulager la souffrance des malades et développer des traitements (trithérapie, etc.) de plus en plus efficaces pour en combattre les effets... en attendant l'heureux jour de la découverte d'un remède permettant enfin de guérir de SIDA !!! Alors, en cette Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA, je souhaite rendre un profond hommage à tous ceux qui, dans le monde entier, viennent en aide aux personnes victimes de cette terrible maladie, et pour empêcher d'autres d'être eux aussi infectés. Je cite pèle-mêle, et liste bien évidemment pas du tout exhaustive : le Sidaction, AIDES, Aid for AIDS, Caritas, Samaritan's Purse, Christian Aid Mission, ONE (l'organisme de Bono, le chanteur de U2), etc.
Ensuite, un autre chantier important est celui de la prévention. Ici, je pense particulièrement au travail remarquable de AIDES, qui combat tous les facteurs d'infection. Notamment, grâce à leur travail de sensibilisation à l'usage unique de seringues, le taux d'infection chez les toxicomanes en France a été très considérablement réduit. Bien évidemment, il serait encore plus efficace de lutter contre la toxicomanie, mais nous savons tous qu'il est extrêmement difficile d'arrêter de se droguer et en attendant d'y être parvenu, il vaut mieux continuer en limitant au maximum les risques.
Enfin, c'est le rapport de la société aux personnes malades qui doit changer : les malades du SIDA souffrent, mais ils restent des êtres humains avec la même dignité que tous les autres. Pourtant, combien de fois ne sont-ils pas victimes de préjugés, rejetés, stigmatisés, exclus de la société ? C'est souvent le cas dans les sociétés traditionnelles du Tiers-Monde, surtout dans celles où l'épidémie est la plus forte Mais cela arrive aussi dans nos sociétés occidentales... et même surtout dans les cercles les plus "moraux-bien-comme-il-faut", pour lesquels le SIDA est la maladie des gays, des putes, des libertins et des drogués et qui, même s'ils ne le diront jamais ouvertement, ne sont pas loin de penser au fond d'eux que les malades l'ont de toute façon bien mérité... De loin toutes les personnes malades du SIDA n'ont pas été infectées à cause d'un comportement immoral et d'ailleurs même si c'est le cas, ça ne change absolument rien au fait qu'ils ont le droit tout autant que n'importe qui d'autre d'être aimés, respectés et secourus dans leur souffrance !!! Je conclus donc cet article en disant que personne ne mérite d'être rejeté ou discriminé parce qu'il est malade du SIDA et que tout doit être fait pour leur permettre de vivre une vie normale au sein de la société.

vendredi 23 novembre 2012

Philippe Roser, DNA/Rue89 : Une prière pour des affaires

Bonjour à tous !

Fin de la semaine dernière, la presse régionale alsacienne (d'abord dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, repris par Rue89 Strasbourg avec des échos très positifs à chaque fois) a publié l'interview de Philippe Roser, un chef d'entreprise de la région de Saverne qui témoigne sans détours que son entreprise a été sauvée de la crise économique... grâce à Dieu ! Ce patron croyant, impliqué dans le réseau "Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens", raconte comment il a choisi de mettre Dieu aux commandes de son entreprise et explique les principes qu'il tire de sa foi et de la lecture de la Bible pour sa vie professionnelle et ses choix d'entrepreneur. Cette interview m'a touchée, je la partage donc ici.

Lire la suite


Philippe Roser, chef d'entreprise (Photo : DNA)
Il en est convaincu : Dieu a sauvé son entreprise de la crise. Depuis, il prie au boulot tous les jours et avant chaque décision importante. Membre de l’antenne savernoise d’Entrepreneurs et dirigeants chrétiens avec une douzaine de confrères, Philippe Roser témoigne d’un quotidien qui concilie foi et business. Ou comment Dieu sauve le monde… des affaires. Dans le hall d’entrée de la société R & D Project Managing, à Dossenheim-sur-Zinsel, pas de croix ni de citation biblique. Aucun signe « ostentatoire. On n’est pas dans le démonstratif. » Rien ne laisse croire qu’ici, le big boss, c’est Dieu.

Âgé de 47 ans, Philippe Roser a fondé l’entreprise en 1996, rejoint ensuite par ses deux frères.
À la tête de 20 salariés, les trois frères Roser exportent dans le monde des solutions pour l’automatisation de processus industriels dans les secteurs agro-alimentaire, biomédical ou automobile, pour un chiffre d’affaires de 4M € en 2011. Joli résultat pour une société qui, en 2009, a failli succomber face à la crise économique, et qui se prépare aujourd’hui à investir 300 000 € pour doubler sa capacité de production. Un miracle ? Philippe Roser en a la certitude : pour lui, après sa « conversion » fin 2009, Dieu a sauvé R & D.

Membre de l’antenne savernoise d’Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) – créée fin 2011 et septième du type en Alsace, pour 230 antennes en France, elle regroupe des dirigeants catholiques et protestants –, il dit ce que la foi fait à sa boîte au quotidien.

DNA : Vous dites que c’est la crise économique qui a conduit à votre « conversion ».
Je suis né à Weislingen dans une famille chrétienne, mais je n’étais pas attiré par ça, contrairement à mes deux frères. En 2008-2009, ça a été une période très difficile pour l’entreprise, on a failli mettre la clef sous la porte. J’avais beaucoup de pression et de questionnements : est-ce que j’ai bien fait de créer mon entreprise, comment je vais continuer à faire vivre mes salariés ? À Noël, mon frère m’a prêté un livre : ça a été un virage à 180 degrés. Je me suis rendu compte que Dieu n’était pas seulement dans la vie privée, mais aussi dans la vie professionnelle, là où on passe le plus clair de notre temps.

Et ça a changé quelque chose ?
On a prié, on a clairement mis notre entreprise dans les mains de Dieu, comme un contrat. On a tenu encore six mois, puis les commandes sont rentrées, dans un volume jamais vu. Ça nous a permis de sortir du rouge sur le bilan de l’année.

Depuis, comment ça se passe au quotidien ?
Chaque jour, nous remettons notre entreprise à Dieu par la prière, avant un coup de fil, le matin en salle de réunion, chacun pour soi ou les trois frangins ensemble. Quand nous avons un rendez-vous, on prie pour que ça se passe bien. Quand il y a un problème ou une décision stratégique à prendre, on se réfère à la Bible, notre manuel d’utilisation. On prie, on médite et on attend la révélation. Mais ce n’est pas de l’attentisme béat, c’est pratique et concret. »

Qu’en disent les salariés ?
Ça a été clairement annoncé en réunion avec l’ensemble des salariés. Nous sommes ouverts à leur faire partager ça, mais il faut que ça vienne d’eux. On est très attentifs à ne pas aller trop loin pour que personne ne se sente obligé ou mal vu.

Cela n’implique-t-il pas des préférences à l’embauche ou pour les promotions ?
Pas du tout. Ceux qui partagent nos opinions ne sont pas mieux vus que les autres. Les embauches sont faites selon les compétences et les qualités humaines, sans étiquette religieuse : on a déjà eu des salariés musulmans. Moi-même, je suis protestant, mais je préfère aller dans le sens des églises primitives, où il n’y avait pas d’étiquette. Ce qui est clair, par ailleurs, c’est qu’on est disponible pour nos salariés s’ils sont dans une détresse quelconque.

Comment un chef d’entreprise chrétien envisage-t-il le business ?
On doit être exemplaire. Payer les impôts, ne pas chercher à tromper l’État. Les pots de vin, les enveloppes pour qu’une commande soit passée, c’est niet. Il y a aussi un certain nombre de choses que je ne fais plus : je suis incapable de mentir, même par omission. On ne cherche pas non plus à démolir nos concurrents. C’est à nous de faire pour être meilleurs.

Dans un monde des affaires parfois féroce, ne risquez-vous pas de passer pour un enfant de chœur ?
C’est une question de confiance. On se dit que Dieu éclairera notre client.

Qu’en est-il du rapport à l’argent ?
C’est l’amour de l’argent que Dieu condamne. S’il n’y a plus de richesse, comment est-ce qu’on fait tourner un pays ou des entreprises ? C’est hypocrite que de ne pas chercher à gagner de l’argent, parce que plus on en a, plus on peut en donner. Et quand on en a, il faut donner.

Finalement, la foi, ça vous rapporte ?
À titre personnel, indéniablement. L’objectif, nouveau pour moi, est aussi d’apporter autant aux autres. À titre financier, je peux dire que je vais mieux qu’il y a deux ans et que l’entreprise va mieux qu’il y a deux ans.

EDC, est-ce un réseau ? Et y a-t-il un côté sectaire ?
Un réseau, pourquoi pas. Quand on fait partie d’une association où la solution se trouve, on ne va pas la chercher à l’extérieur. Et tous les moyens qui sont mis en œuvre sont légaux et honnêtes. Par ailleurs, EDC est multi-confessionnel et n’est pas sectaire du tout : on n’oblige personne. Notre objectif, c’est de véhiculer des valeurs. Il n’y a vraiment rien de caché, tout est visible et ouvert. Chez R & D, les profits restent majoritairement dans l’entreprise. Ils vont aussi vers les salariés par l’intéressement, vers des dividendes pour les actionnaires. Pour partie aussi, ils vont en dehors, sous forme de dons. Pas pour une étiquette d’église, mais pour une action ponctuelle, au profit d’une association ou d’un mécénat d’artiste, qui nous est révélée par Dieu d’une manière ou d’une autre.

vendredi 26 octobre 2012

Aïd moubarak à tous mes amis musulmans :-)


Salam aleikoum ! Günaydin ! Ruz bihair ! Azul ! Bonjour !

Ce soir, c'est l'Aïd al-Adha (Fête du Sacrifice), ou Aïd al-Kabir (Grande Fête), la plus importante fête islamique. Ce soir, des millions de musulmans, en France et dans le monde entier, vont se retrouver en famille pour manger ensemble le mouton. Ce repas sera l'occasion pour eux de se souvenir du sacrifice d'Ibrahim (Abraham), qui dans son amour pour Dieu et sa soumission à lui a été prêt à aller jusqu'à lui offrir son propre fils. Alors, à tous mes très chers amis musulmans, arabes, turcs, perses, berbères ou autres, je dis : عيد هبارك Aïd moubarak, que Dieu vous donne un moment de fête et de souvenir bénis ! Et je voulais aussi profiter de l'occasion pour m'exprimer sur ce que l'événement que vous fêtez aujourd'hui signifie pour moi, en tant que chrétien. Non non, je vous rassure : pas de prosélytisme bidon ni de cassage gratuit : juste une courte réflexion sur le sens de cette journée, dont j'espère qu'elle vous enrichira vous aussi :-)

(NB : Pour cet article adressé en premier lieu à mes amis musulmans, j'utilise les noms arabes, coraniques, des personnages évoqués. Pour le lecteur qui n'y est pas familier, le nom français est indiqué entre parenthèses. J'en profite pour dire un cordial choukran à chacun des différents enseignants qui m'ont permis de progresser dans ma connaissance de la belle langue arabe.)

Lire la suite

Le Sacrifice d'Ibrahim, par le
peintre perse Riza Abbasi
Un jour, Dieu a demandé à Ibrahim, un des grands Prophètes et hommes de Dieu des siècles passés, de lui offrir en sacrifice ce qu'il avait de plus précieux : son fils. Malgré sa tristesse et son incompréhension, Ibrahim décide d'obéir à l'ordre Dieu. De même, son fils se soumet à Dieu et accepte de s'installer sur l'autel. Mais alors qu'Ibrahim s'apprête à égorger son fils, Dieu envoie son ange pour l'en empêcher : Dieu a vu le coeur d'Ibrahim et il sait à présent que celui-ci lui est entièrement fidèle, même lorsqu'il lui demande de renoncer à son enfant qu'il aimait par-dessus tout. L'ange présente un mouton à Ibrahim : c'est cet animal qui sera sacrifié à la place de son fils, qui aura la vie sauve.
Cet événement, raconté dans la Torah, est connu aussi des chrétiens et des juifs, même si contrairement aux musulmans qui croient que le fils en question était Ismaïl (Ismaël), pour nous il s'agit d'Ishaq (Isaac). Cette question a des implications importantes pour la question de l'héritage spirituel d'Ibrahim, mais ce n'est pas à ça que je compte m'intéresser dans cet article. Juifs, chrétiens et musulmans, nous croyons tous qu'il s'agit d'un magnifique acte de foi et d'un exemple à suivre pour nous. Mais dans l'Injil (l'Evangile), nous est révélé un sens beaucoup plus profond à cette histoire : le sacrifice d'Ibrahim est une image d'un autre sacrifice.

L'Injil (Evangile) raconte que la première fois que le Prophète Yahia ibn Zakaria (Jean-Baptiste le fils de Zacharie) a rencontré Issah (Jésus), il s'est écrié : "Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde !" (Injil selon Jean 1:20) L'Agneau de Dieu... que signifie cette expression ?
Pour mieux comprendre, il faut revenir plusieurs siècles en arrière, à l'époque du Prophète Musa (Moïse) : la Torah, que Dieu a révélée à Musa, demande en effet que lorsque quelqu'un a commis un péché, il doit sacrifier à Dieu un animal, le plus souvent un agneau. Cet animal meurt pour le péché qui a été commis, et le coupable est pardonné.
Mais revenons à nos moutons... je veux dire, au sacrifice d'Ibrahim. Comme nous l'avons vu, la soumission d'Ibrahim à Dieu était totale, au point qu'il a été prêt à lui offrir son propre fils. Son fils aussi s'est montré obéissant jusqu'au bout... et pourtant, Dieu n'a pas tout simplement annulé le sacrifice : il a fallu qu'un être innocent, un mouton, meure à sa place. En allant plus loin, on peut même dire qu'en la personne du fils d'Ibrahim, c'est indirectement toute la descendance du Père des Croyants, c'est-à-dire chaque croyant, qui aurait dû mourir, si un être innocent n'avait pas été sacrifié à leur place.
Pourquoi Ibrahim, ce grand Prophète qui avait une telle confiance totale en Dieu, avait-il besoin d'offrir un sacrifice ? Pourquoi son fils qui avait montré son obéissance totale à Dieu en acceptant de monter sur l'autel aurait-il dû mourir ? Nous avons vu que les sacrifices devaient être offerts par les hommes pécheurs pour recevoir de pardon de leur péché ; il n'y a donc qu'une explication possible : Ibrahim et son fils étaient pécheurs et avaient besoin que Dieu leur pardonne.
COMMENT ???!!! Les plus grands hommes de Dieu, le Prophètes qu'il a envoyés pour nous guider et qui sont des modèles pour nous, même eux avaient besoin du pardon de Dieu ? Pour le musulman qui connaît bien sa religion, cette révélation ne devrait pas être une surprise : dans le Qur'an, Dieu ne demande-t-il pas à Muhammad lui-même de demander pardon pour ses péchés ? (Par ex. sourate 40 (Les Croyants) verset 55, ou sourate 48 (La victoire éclatante) verset 2).
Si ces hommes exceptionnels avaient besoin d'être pardonnés... et moi, qui suis-je par rapport à eux ? ... cela me montre qu'à plus forte raison j'ai moi aussi un ENORME besoin de pardon. En effet, qui peut affirmer n'avoir jamais péché ? Qui sera assez orgueilleux pour prétendre être pur devant son Créateur ? Dieu qui est si saint peut-il supporter qu'un pécheur comme moi entre en Sa présence, dans Son Paradis ? Non, non, trois fois non !
Mais alors... le bien que je fais peut-il compenser le mal ? Serais-je pardonné si mes bonnes actions pèsent plus lourd que mon péché ? Réfléchissons-y : a-t-on jamais vu un juge acquitter un assassin parce que celui-ci avait sauvé une autre vie auparavant ? La victime demande justice, le criminel doit être puni et aucune bonne action ne peut effacer son crime. De même, à cause de notre péché, toi et moi, avec toute l'humanité, sommes coupables devant Dieu, nous encourons sa colère et méritons son châtiment.
N'y a-t-il donc aucun espoir pour moi ? Comment pourrais-je entrer au Paradis alors que j'ai tant offensé Dieu par mon péché ? Justement : c'est possible parce qu'un être innocent a pris sur lui la punition que tu méritais. Tel est le témoignage que le Prophète Yahia ibn Zakaria a rendu à Issah : il est l'Agneau de Dieu. Pour que le sacrifice soit valable, l'agneau devait être sans défaut : l'Agneau parfait qui s'offre pour les péchés de toute l'humanité devait donc être lui aussi parfait, sans péché. Le Coran, à la sourate 19 (Maryam) verset 19, atteste qu'Issah était pur et saint. De même que par Musa, Dieu avait ordonné aux hommes des temps anciens de sacrifier un agneau pour obtenir le pardon de leurs péchés, de même Issah, en mourant sur la croix à notre place, est devenu cet Agneau offert en sacrifice pour nos péchés. De même qu'Ibrahim a accepté de sacrifier son fils bien-aimé par obéissance envers Dieu, de même Dieu a accepté de laisser mourir Issah par amour pour nous. De même que le fils d'Ibrahim s'est soumis à Dieu jusqu'à accepter de mourir, de même Issah s'est soumis à Dieu jusqu'à déposer librement sa vie en sacrifice pour l'humanité pécheresse. Voilà le vrai message de l'Aïd al-Adha, la fête du sacrifice : un être innocent est mort à ta place, pour que toi qui étais coupable puisses être pardonné.
La preuve de tout cela a été apportée par Issah lui-même : 3 jours après sa mort, il est ressuscité, remportant la victoire sur la mort, comme en témoigne le Coran lui-même. En effet, dans la sourate 19 (Maryam), verset 33, Issah annonce : وَٱلسَّلَٰمُ عَلَىَّ يَوْمَ وُلِدتُّ وَيَوْمَ أَمُوتُ وَيَوْمَ أُبْعَثُ حَيًّۭا ce qui signifie : "Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant." Les théologiens musulmans Ismail ibn Kathir et Muhammad al-Tabari ont tous les deux compris ce passage non comme la résurrection des âmes à la fin des temps, mais comme une résurrection physique opérée par Dieu pendant la vie d'Issah sur Terre.

Al-fadhila - la vertu : c'est probablement la qualité que recherche le plus tout musulman pieux. Pourtant, la véritable clé pour l'accès au pardon de Dieu serait plutôt une autre attitude, très présente mais pas du tout valorisée dans la culture arabe : al-hchouma, la honte. Non pas une honte qui conduit au désespoir, mais une honte qui est le chemin vers al-tawba : la repentance. Car celui qui prend conscience de la saleté de son péché, celui qui pleure sur son état, est saisi de honte et se repent d'un coeur sincère, celui-là découvre le pardon.

بسم الله الرحمن الرحيم, Bismillah ar-rahman ar-rahim, Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Cette formule, qui se trouve au début de chaque sourate du Qur'an et que tout musulman pieux récite quotidiennement, exprime la nature même de Dieu : Dieu est miséricordieux, il désire pardonner le péché ! Le sacrifice que vous commémorez aujourd'hui nous montre que c'est possible : par Issah al-Masih, l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, Dieu nous manifeste sa miséricorde et son pardon !

Sur ce, chers amis musulmans de Dijon, de Strasbourg et d'ailleurs, je vous souhaite une très belle fête et que Dieu vous ouvre à tous les portes du Paradis !